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des extraits moins muqueux ; ex. : bourrache , pensée sauvage ; 4 que le tannin et la matière extractive éprouvent pendant la dessiccation le même genre d’altération que produit le contact de l'air pendant l’'évaporation; et l'on voit en général que les liqueurs fournies par l’eau et les plantes sèches sont plus foncées en couleur que les sues des mêmes plantes obtenus par expression. Ce genre d’altération est surtout fort remarquable dans le rhus radicans, dont le suc se noircit à l’air par oxidation , tandis que ce caractère ne se rencontre plus dans la liqueur aqueuse.obtenue des feuilles sèches. | |
Au reste, l'étude des changements que les diverses parties des plantes peuvent éprouver pendant leur dessiccation est à peine ébauchée. Elle ne pourra être résolue que par un examen spécial sur-un grand nombre de plantes. Elle intéresse hautement l’histoire des extraits, et elle appelle toute l'attention des pharmaciens.
Il est bien certain que, lorsqu'une matière ne nous.est livrée que séchée par le commerce, c'est nécessairement en cet état qu'il faut s’en servir; il est bien certain encore que pour un grand nombre de plantes qui sont peu succulentes , l'extraction du suc présente peu d'avantages, ef que pour la plupart aussi, la dessiccation n’a pu changer leurs propriétés. En ces divers cas, on à recours aux matières sèches pour en préparer les extraits.
Les extraits préparés par l’intermède de l'eau s’obtiennent par l'eau froide , par infusion ou par décoction..En tous cas, il fau obtenir des dissolutions aussi concentrées que possible, pour diminuer les chances d’altération pendant l’évaporation des . liqueurs.
Quand on opère avec l’eau froide, on a recours à la lixiviation ou à la méthodé de Cadet. Dans l’un et l’autre procédés, il faut s'arrêter aussitôt que les liqueurs cessent de couler concentrées; il vaut mieux iei sacrifier une partie de la matière et assurer la bonne qualité du produit. La lixiviation s'applique au plus grand . nombre de matières; mais la nature muqueuse de quelques substances ou quelque circonstance de leur texture, fait recourir pour elles à la macération. Pour ces causes, la scille, la rhubarbe, les baies de genièvre, l’opium, l’aloës , Ja casse, sont {traités par macération. | + |
On traite les matières par l’eau froide, ou mieux, à une tem. pérature de 20 degrés ; quand elles contiennent des principes
DÉS ERPRAETSS 0. 95 faciletient solubles dont l’eau s’empare avec facilité, ‘Ou quand on à intérêt à séparer, quelque matière qui se, dissoudrait par l'effet d’une température plus ‘élevée. Dans le:premier cas, quand les matières ont été bien divisées , l'eau en sépare aisément les parties que l’on y recherche, et l'on obtient généralement plus de produit, ‘parce qu’à cette température, la fibre végétale ne se combine pas à la matière extractive. On chauffe la liqueur, on passe à la chausse pour séparer un coagulun albumineux et
l'on évapere. Pour cette raison on prépare avec l’eau froide les extraits dessmatières suivantes :
Feuilles d’absinthe, Feuilles de pensée sauvage, — aconit, me stramonium, — anémone, Fleurs de petile centaurée, —. armoise, — camomille, a — bourrache, Racines de quassia, — buglosse, ; — saponaire, — Chamædris, — gentiane, — chardon bénit, Tiges de douce-amére, —— ciguë, Écorce de saule, — belladone, — chêne, — digitale, — racines de grenadier, — jusquiame, Casse.
Dans cette série on remarquera la bourrache , la buglosse , la pensée sauvage, dont les sucs sont très visquétit, et qui fournissent après We dessiccation des dissolutions moins visqueuses; ce qui fait préférer l'emploi de ces plantes sèches. Quant aux plantes äcres, la digitale, la ciguë , la belladone , ete., elles fournissent ainsi des extraits dépourvus d'albumine et de chlorophylle ; mais il est difficile de décider s'ils présentent quelques différences avec les extraits correspondants faits avec des sucs “dépurés ; dans le doute, il ne faut pas les substituer les uns ‘aux autres.
On traite par l’eau froide et dans l'intention de ne pas in-
troduire dans l'extrait quelques principes qui se dissoudraient à chaud , les substances suivantes :
Racines de bistorte, Racines de pareira brava, — chiendent , nn bardane, — patience, — aunée, 4 persil , — rhubarbe,
Racines de réglisse, dd te Agaric.blanc, far PR PO" ratanhia, ©! Opium, Se L'fereg ‘de quinquina gris, ? Suc de réglisse, RS Feuillés dé séné, rfi ” Abe” 309!
Baies de genièvre, : C4 SEETL | + + rte UP)
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T DEFANEE AP A RETITIU : $ ! j 14 1 Quand on. veut, obtenir un extrait au moyen de l'alcool, on
simple macération ou digestion, suivant les circonstances de sa texture. Aussi, on préfère le dernier procédé pour la scille, le safran qui sont visqueux ; pour la noix vomique, les semences de jusquiame, de belladone, de stramonium. On opère avec les autres substances par lixiviation : après avoir humecté la substance en poudre avec la moitié de son poids d'alcool, on l'introduit dans le eylindre à lixiviation, que l’on tient fermé jusqu’au lendemain ;. on lessive alors en ajoutant deux , trois ou quatre fois au plus son poids de nouvel alcool; quand celui-ci a pénétré dans la poudre, on le chasse par l’eau, avec la précaution de retirer moins de liquide que la totalité de la liqueur alcoolique dont on s’est servi, car les derniers produits sont mélangés d’eau. Ordinairement, une assez bonne indication du moment où il faut s'arrêter est fournie par cette circonstance, que les liqueurs qui s’écoulent troublent les premières teintures dans lesquelles elles viennent à tomber. On distille les liqueurs au bain-marie pour en retirer tout le liquide spiritueux et. on. achève l’évaporation à la manière ordinaire.
L'emploi de l'alcool présente toujours cet avantage que la plus grande partie de l’évaporation se fait en vases clos, à une température qui n’atteint pas celle de l’ébullition de l’eau, et qu'ilne reste qu’une petite quantité de liquide , dont l’'évaporation doive être achevée à l’air libre : toutes circonstances qui diminuent les chances d’altération de la matière extractive des plantes.
Le:traitement alcoolique est employé spécialement à la préparation des extraits : 1° pour certaines matières dont les parties actives sont insolubles dans l’eau; 2° pour dissoudre en même temps des principes solubles dans l’eau et des principes solubles dans l'alcool; 3° pour éviter d'introduire dans l'extrait certaines matières que l’eau aurait dissoutes,
1° Quand, une matière doit. ses propriétés principales à des principes qui ne sont, pas solubles dans l'eau, l'alcool donne le moyen de faire entrer ces principes dans l'extrait. Par ces motifs, On fait avec de l'alcool fort, les extraits de-fougère mâle, de cubèbes. | own
2° Quand une matière contient en même temps des principes solubles dans l’eau et des principes solubles dans l'alcool, et qui doivent tous faire partie de l'extrait, on. emploie de. l'alcool aqueux (56° 21° Cartier). Cette méthode convient pour les substances qui sont formées én même témps de matières extractives et de parties résineuses et d’huile essentielle. Telles sont la valériane, le jalap, le gayac, le quinquina, la serpentaire, la rhubarbe, la patience, l’ellébore noir ; mais il faut remarquer que ces extraits alcooliques sont généralement plus actifs que ceux que l’on obtient des mêmes substances par l’eau ; et bien que ce mode de préparation soit préférable, il ne faut pas substituer. les extraits alcooliques aux autres sans une prescription spéciale. Le Codex prescrit de préparer avec l'alcool les extraits appartenant à cette série, qui sont fournis par les substances suivantes :
Arnica, Racines d’ellébore noir, Houblon, — jalap, Écorces de buis, — salsepareille, — quinquina, — Serpenlaire, Bois de gayac, — yalériane, Myrrhe, (Voir l’histoire particulière de chacun
deces substances). |
On peut jusqu'à un certain point rapporter à cette série d’extraits la purification que l’on fait subir à beaucoup de gommes-résines quand on n’a pu se les procurer en larmes bien pures. On les concasse, on les traite au bain-marie par de l'alcool à 56°. On passe chaud à travers un linge; on ajoute de nouvel alcool sur la partie non dissoute ; on passe encore avec expression et on rend aux gommes-résines par évaporation leur consistance première. Ve
3 Ona recours à l'alcool à 56° quand les parties actives d’une substance sont solubles dans l'alcool, bien. qu’elles soient également solubles dans l’eau, quand elles sont accompagnées d’une abondante quantité de matières inertes, que l’eau dissoudrait également, mais sur lesquelles l'alcool n'a pas d'action. C’est un
258 DES MÉDICAMENTS PRÉPARÉS PAR L'ÉVAPORATION. moyen dé concentrer la matière active SOUS un plus petit voluine. C'ést pour cés motifs que l’on prépare avec l'alcool les extraits de
Cantharides, Safran,
Pavots, Semences de belladone, Noix vomique, — jusquiame, Scille, . U— stramonium,
On prépare aussi avec l'alcool les extraits suivants :
Racines de Cainça, + Feuilles de digitale, — colchique, —— aconit, — columbo, | te ciguë, — ‘ipécaeuanha, — belladone, — polygala, — jusquiame, Écorce de R. de grenadier, 2” stramonium,
Fleurs de narcisse,
il'est plus difficile de dire pourquoi l'alcool est employé à fa préparation de ces exfraits, parce que nos connaissances ne sont pas ässez avancées ; pour la plupart, c’est que l'usage à consacré cet emploi. Ex : cainça, colchique, columbo, narcisse. Avec Îe polygala qui est visqueux, l'opération est plus facile ; avec l'ipécacuanha la partie vomitive est, pense-1-0n, plus complétement dissoute. Quant aux’ plantes narcotico-àcres de la famille des solanées, l'expérience a montré qu'elles donnaient par l'alcool des extraits actifs, d'une belle couleur verte: L'alcool précipite la matière albumineuse de la plante et sans doute aussi une partie de la matière extractive. Il dissout la plus grande partie de cette matière extractive, des parties gommeuses ef la chlorophylle. Ces extraits ont gagné par la séparation de l'albumine, matière merte comnie médicament ; ils ont perdu par l'introduction de la chlorophylle ; l'expérience médicale doit prononcer lesquels, de ces extraits alcooliques, ou des extraits obtenus par l'eau', ou des extraits par le suc des plantes méritent la préférence ; on sait ‘déjà que les extraits alcooliques sont très actifs; et comme, en outre, ces plantes donnent généralement moins d'extrait par l'alcool que par l'eau, il est probable que le principe médicamenteux y est dans un plus grand état de concentration. Dureste, comme tous ces extraits obtenus d’une même plante, par des procédés différents, ne sont pas identiques, on ne doit pas, dans fa pratique, Les substituer les uns aux autres. |
DES EXTRAITS. Li 229
Nous 0e rapporter aux extraits alcooliques, Fi modes opératoires encore peu usités, mais. api, pourront 0 devenir davantage :
Le prémier consiste 2 à faire un extrait pr NT Île à la manière ordinaire, à le dissoudre dans une petite quantité d’eau, à filtrer el à évaporer de nouveau jusqu’en consistance d'extrait. Le premier traitement alcoolique a pour effet de séparer des matières insolubles dans l'alcool ; le traitement par l’eau a pour effet. de n'admettre dans l’ extrait | parmi les matériaux solubles dans l'alcool, que ceux qui sont également solubles dans l’eau.
Ce procédé est appliqué à la préparation. de l’é émétine brune. qui se trouve débarrassée ainsi des matières gommeuses et amylacées de l’ipécacuanha, et plus tard de sa matière grasse.
La seconde méthode consiste à reprendre. par. l'alcool les extraits obtenus par l'eau pour ne conserver que les corps qui sont également solubles dans:les deux menstrues. M. Dublance à conseillé d'appliquer ce procédé à l'extrait du suc de laitue ; dont la propriété hypnotique augmente alors dans le rapport de: 2 à1 I à été proposé par M. Lombard pour lextrait d’aconit, et MM. Georgeset Hespe ont conseillé de l'appliquer aux extraits aqueux de -jusquiâme: et tes autres solanées obtenus avec la plante sèche.
Résines. Les résines que lon obtient dos les laboratoires des pharmaciens sont:de véritables extraits alcooliques qui ont été séparés par des lavages: à l’eau des matières solubles dans ce véhicule. . | #
Voici par quel procédé ones extrait : après avoir épuisé les substances par de l'alcool à 56°, on distille aux trois quarts ; on mêle au résidu un volume égal au sien d’eau distillée ; on recueille le dépôt résineux qui se forme; on le lave dans l’eau chaude ; on le met dans des-assiettes et on le laisse à l'étuve jusqu’à ce qu’il soit devenu sec et cassant.
On peut, au lieu d’alcool faible, se servir d'alcool à 80e qui dissout moins de parties gommeuses et extractives: mais le résulfat, est le même, puisqu'il faut toujours avoir ecqurs à un lavage à à l'eau Chaude qui enlève ce qui à pu en rester mêlé à la résine, C’est ainsi que l’on obtient les résines de scammonée, de jalap, de quinquina, ete.
Quant aux résines gui peuvent être retirées des térébenthines
du comméree, on les obtient en chassant l'huile volatile au moyen de la chaleur. Afin qué la matière résineuse n "éprouve pas d’altération, on la tient dans l’eau en ébullition, jusqu’à ce qu’elle ait perdu la’presque totalité de son huile volatile, et que 1e résidu ait une consistance assez ferme pour devenir cassant à la température ordinaire. Quand on opère sur la térébenthine ordinaire, Vopération se'fait dans une bassine et on laisse l'huile volatile sé dissipe F; sil'hüile volatile est plus précieuse, on peut opérer dans EnbIé, par exemple, pour le baume de copahu.
Il est à remarquer qu'il faut beaucoup de temps pour chasser Yhuilé volatile; la résine la retient obstinément et retarde surtout beaucoup la votatifisation de ses dernières DOrUUTS,
dxtahrré PRÉPARÉS AVEC LE PATRICE
: C'est le vinaigre distillé qui est employé à la préparation de
ces!extraits quand on les obtient par solution. L’extrait acéteux
d'opium de Lalouette est peut-être le seul dont on fasse encore quelquefois usage. : ‘«
M: Caventou a décrit un mode de préparation dent nous de-
vons parler. H-consisté à mettre les plantes fraîches sur un dia-
phragme (le bain-marie percé d’un alambic convient très bien pour cet usage), et à les faire traverser par de la vapeur d'eau rendue acétique par un peu de vinaigre; jusqu’à ce que l'odeur de la plante soit entièrement dissipée; on retire alors la plante
toute ramollie de déssus le diaphragme ; on l’exprime FRE, et l'on évapore les liqueurs en extrait.
M: Caventou a appliqué ce procédé aux extraits de ciguë, de
blladones de jusquiame, d’aconit, de phellandrium, de douce-
amère, de chicorée, ete., et ces extraits ont été employés avec quelques succès par M. Récamier. Ils sont à peu près complé- |
tement inusités.
: À Ld .