FONTENELLE
Maudit soir l'auteur dur, dont l'âpre et rude verve, Son cerveau tenaillant, rima malgré Minerve; Et, de son lourd marteau martelant le bons sens, A fait de méchants vers douze fois douze cents!
(BoiLBxn, sur Chapelain.) LE SIXAIN.
Les deux premiers vers sont à rimes plates ; les quatre derniers peuvent être à rimes croisées ou embrassées :
Que je plains le destin du grand Germanicus! Quel fut le prix de ses rares vertus!
Persécuté par le cruel Tibère, Empoisonné par le traître Pison, Il ne lui restait plus, pour dernière misère, Que d'être chanté par Pradon!
(Racinb, sur le Germanicus de Pradon.)
J'ay vécu sans nul pensement, Me laissant aller doucement A la bonne loi naturelle ; El si, je m'étonne pourquoy La Mort osa songer à moy Qui ne songeai jamais à elle.
(RÉr.NiEn.) LE HUITAIN.
L'^s vers y sont construits sur trois rimes, une rime masculine et deux rimes féminines, ou une rime féminine et deux masculines.
Lorsque Maillart, juge d'enfer, menoit
A Montfaucon Semblançay l'âme rendre,
A votre advis, lequel des deux tenoit
Meilleur maintien'' Pour vous le faire entendre,
Maillart semblait homme que Mort va prendre;
Et Semblançay fut si ferme vieillart
Que l'on cuidoit, pourvray, qu'il menasl pendre
A Montfaucon le lieutenant Maillart.
(Marot.)
Sous ce tombeau gisent Plante et Térence,
Et cependant le seul Molière y gît.
Leurs trois talents ne formaient qu'un esprit,
Dont le bel art réjouissait la France.
Ils sont partis, et j'ai peu d'espérance
De les revoir. Malgré tous nos efforts.
Pour un long temps, selon toute apparence,
Térence et Piaule et Molière sont morts.
(La Fontaine, sur Molière.)