CHAPITRE X
A côté de l'élégie, de la satire, de la fable, del'épître, de l'idylle, etc., qui ne sont soumis à aucune règle précise, il existe, dans notre versification, un certain nombre de poèmes à forme fixe qu'il importe de bien connaître. Les plus anciens de ces poèmes sont le Triolet, le Rondel^ le Rondeau^ V Acrostiche, la Ballade, le Chant royal, le Lai et le Virelai; vinrent ensuite la Villanelle, le Sonnet, la Terza-rima,\'àSextineellaiGlose; de nos jours, Vlambe et le Pantoum ou Pantoun. On considère enfin comme poèmes à forme fixe le Distique, le Quatrain, le Sixain, le Huitain et le Dizain.
Un mot seulement de ces derniers. Leur composition ne diffère point, en effet, de celle des strophes correspondantes; mais ils présentent cette particularité d'offrir un sens complet. Les poètes du xvi*, du xvii'et du xviu® siècles, qui y excellèrent, les employaient surtout en madrigaux, épigrammes, épitaphes, inscriptions, étrennes, logogriphes, etc. Les mètres les plus usités sont ceux de douze, dix et huit syllabes.
DES POÈMES A FORME FIXE. d33
Mais on peut aussi les combiner entre eux ou avec d'autres vers. Voici, h la file, des exemples de ces différents poèmes :
IJS DISTIQUE.
Eglé, belle et poète, a de"*: petits travers : Elle fait son visage et ne fait pas ses vers.
(Lbohun.) LE QUATRAIN.
Les rimes y peuvent être embrassées, croisées eu plates.
Vous qui pleurez, venez à ce Dieu, car il pleure. Vous qui souffrez, venez à lui, car il guérit. Vous qui tremblez, venez à lui, car il sourit. Vous qui passez, venez à lui, car il demeure.
(V. Hugo.)
Je vous envoie avec ces pommes Des serments du môme terroir.
Le plus normand de tous les hommes Jure qu'il ne veut plus vous voir.