Du grec Ô!j.ô:, çwvr; : ressemblance de sons
4. Ce vers serait une imitation du vers saphique latin, suivant M. Littré :
Âblû I lit clâ I rûm |1 cïtâ j mors A | chîllôm;
[ùxi daclylifiue tôtraniotre catalectique, selon M. L. Gautier : TiîstUi I âm II vi | tâequë là | bôrés.
plus sensible à l'oreille en dédoublant la période rythmique :
Caries li mâgn(e)s | a^! Espaigne guastée, Les casiels pris, | les citez violées.
{Chanson de Roland.)
Le vers de dix syllabes a été soumis plus tard à des coupes différentes ^ Mais nous ne nous occuponsici que des éléments primitifs de notre versification, et il nous suffit de constater l'apparition, avec le vers de dix syllabes, d'un nouveau procédé rythmique, la césure, qui consiste dans un repos marqué à l'iatérieur du vers par une syllabe fortement accentuée.
On retrouve naturellement la césure dans le vers de douze syllabes, lequel se rencontre pour la première fois dans le Voyage de Charlemagne à Jérusalem et à Constantinople (fin du xi* siècle) et doit son nom d'alexandrin au grand succès du Roman d'Alexandre (xii° siècle) composé par Alexandre de Paris ou de Bernay^. La césure, dans ces poèmes primitifs, est toujours à la sixième syllabe :
Etdist li Emperér(e) | : <( Gabez, bel niés Rollânz! »
{Voy. de Charlemagne.)
Les vers de huit, dix et douze syllabes sont, comme on le voit, les plus anciens mètres employés par nus poètes. Ils sont seuls usités dans les chansons de geste.
2. Quelques savants voient dans ce vers une extension du vers de dix syllabes. Selon d'autres, il serait sorti d'un vers classique transformé par la substitution de l'accent tonique à la quantité; c'est ainsi que M. L. Gautier le fait venir de l'asclépiade :
Crôscên | têm scquï | tûr 1| cûrâ pé 1 cûnï | am;
Les autres sont nés plus tard chez les lyriques des xii^ et xiii" siècles. On peut donc affirmer qu'ils ne tirent pas leur origine des mètres latins. Lorsque nos trouvères les ont inventés, notre versification était en possession de son caractère propre, et, pour lui donner de la variété et la plier à l'expression des sentiments les plus divers, il suffisait de mettre en œuvre les procédés dont elle avait usé déjà : un nombre fixe de syllabes pour déterminer l'étendue du vers, la rime pour en marquer la chute, et la césure pour rendre le rythme des grands vers plus sensible à l'oreille.
Ce sont ces trois éléments que nous étudierons ici l'un après l'autre.
Vkiisificatio.n.