DE DIEU ET DE LA CRÉATION
Je crois en Dieu le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre.
ARTICLE PREMIER
Je crois, etc.
Nécessité de la Révélation.
Le plus grand intérêt de l’homme est de connaître la fin pour laquelle il est au monde, et ce qu’il deviendra après sa mort; mais son esprit étant très-borné, il ne peut concevoir qu’imparfaitement les choses spirituelles : c’est pour cela qu'il doit s’en rapporter à la connaissance que Dieu a bien voulu en donner lui-même par la révélation.
Parmi les vérités que Dieu a révélées aux hommes, les unes sout contenues dans l’Ecriture sainte, et les autres sont parvenues jusqu’à nous par le moyen Ge la tradition. L’Ecriture sainte se divise en Ancien et en Nouveau Testament. IL’Ancien Testament contient tous les Livres saints écrits depuis Moïse jusqu’à Jésus-Christ; et le Nouveau, ceux qui l’ont été par les Apôtres et par quelques-uns de leurs disciples. Tous ‘es livres ont été écrits par inspiration divine, et leur authenticité est
incontestable. On ne peut douter que ces livres n’aient eu Pour auteurs ceux à qui on les attribue, qu’ils n’aient été conservés avec une vénération religieuse, et qu’ils ne soient venus jusqu’à nous par une transmission constante et non interrompue. Depuis le séjour dans le désert, le peuple hébreu eut en main les livres de Moïse ; on les lisait tous les jours; les pères en transmettaient la connaissance à leurs enfants, comme leur plus précieux héritage ; l'original en était religieusement conservé dans le Tabernacle ; les mots, les lettres même en étaient comptés. Il aurait done été impossible d’y introduire le moindre changement «ans s’exposer aux réclamations d’une multitude de personnes toutes intéressées par conscience à l'intégrité des faits qu'ils rapportent.
Le Pentateuque, Comprenant les cinq premiers livres de la Bible, à toujours été attribué à Moïse par un peuple entier dont la religion, les usages civils, la constitution même sont fondés sur ce livre ; en sorte qu’on ne pourrait nier que Moïse en soit l'auteur sans nier l'existence de ce peuple, ce qui serait une absurdité manifeste. Les autres livres de la Bible ont les mêmes caractères d'authenticité: tout y est. tellement lié, que les faits rapportés dans ceux qui ont été écrits les derniers supposent nécessairement les événements consignés dans ceux qui ont précédé.
Ceux qui ont écrit ces livres ont prouvé leur mission divine par des prodiges éclatants et par des prophéties qui ont été accomplies à la lettre : ils étaient donc les envoyés de Dieu. Les miracles qui attestent l’authenticité des Livres saints ont été d'une évidence si palpable, qu’il était impossible d'y être trompé. C’est un royaume entier frappé, À diverses reprises, de dix plaies terribles; c’est la mer ouverte pour donner passage aux Hébreux, et refermée pour submerger Pharaon 2*ec toute son armée; c’est un peuple immense nourri pendant quarante ans de la manne qui tombait du ciel, désaltéré par des torrents tirés du sein des rochers, couvert par une nuée contre l’ardeur du soleil, et éclairé par une colonne de feu pendant la nuit; c’est le Jourdain ouvert au passage du peuple;
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une nuit, sous les remparts de Jérusalem” ces prodiges, et mille autres de cette nature, dént 3 étaient attestés par des fêtes solennelles, établies dde ge d'en perpétuer la mémoire, ne pouvaient®être An 4 des plus stupides, ni révoqués en douN #5 A
accepte la loi qu’on lui donne, malgré ses nombr gences et les châtiments terribles qu’elle ordonne contre les transgresseurs.
La preuve qui résulte des prophéties n’a pas moins de force: on voit dans les Livres sainte une foue d'hommes inspirés qui ne parlent point en doutant, en hésitant, en conjecturant; mais qui, d’un ton affirmatif, déclarent hautement en public que tels événements arriveront certainement dans le temps, dans le lieu, et avec toutes les circonstances qu’ils marquent. Et quels événements? Les plus détaillés, les plus importants, les plus intéressants pour la nation, et tout à la fois les plus éloignés de toute vraisemblance dans le temps où ils ont été prédits : tels sont l'enlèvement des Juifs à Babylone, après la prise et la ruine de Jérusalem, alors florissante } le terme précis de soixante-dix ans, marqué pour la durée de la captivité; le retour glorieux de ce peuple dans sa patrie; Cyrus, son libérateur, désigné et appelé par son nom plus de deux cents ans avant sa naissance j telle est la succession et l’ordre des quatre grands empires, dont deux sont nommés, celui des Perses et celui des Grecs, quoique ces derniers fussent alors resserrés dans un coin de la terre, et partagés en plusieurs petits Etats. Comment ces prophètes pouvaient-ils pénétrer ainsi dans l'avenir? Qui est-ce qui leur découvrait des événements si éloignés, si peu vraisemblables alors, sinon Celui qui est le maître des temps et qui a tout réglé dans ses décrets? C’est ainsi que les écrivains sacrés ont de tout temps été regardés comme les ministres et les envoyés de Dieu; c'est ainsi que leurs livres ont mérité d'être révérés comme des livres divins contenant la parole de Dieu même.
x. les plus <& incrédules. Aussi le peuple en est si coùvatten gb Z