CHAPITRE v
VE L'INCARNATION, DE LA NAISSANCE ET DE LA VIE DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST.
A été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie,
ARTICLE PREMIER
Mystère de V Incarnation.
Le Fils unique de Dieu, le Verbe, qui est de toute fteruité dans le sein de son Père, s’est abaissé jusqu’à prendre un corps et une âme semblables aux nôtres.
é D = Ce n’est pas le Père qui s’est fait homme, ce n'est pas non plus le Saint-Esprit; c’est le Fils, la seconde personne de la très-sainte Trinité.
La manière dont ce mystère a été accompli ne peut ni être conçue par l’esprit humain, ni s'exprimer -par les que ; mais voici ce que l'Evangile nous apprend.
orsque le temps arrêté dans les conseils divins fut arrivé, un Ange se présenta devant la très-sainte Vierge; il la salua pleine de grâces, lui annonça qu’elle serait mère sans cesser d’être vierge, et que Celui qui naîtrait en elle serait le Fils du Très-Haut et l'ouvrage du Saint-Esprit. La très-sainte Vierge crut à la parole de l'envoyé céleste, et elle y donna son consentement. Dans ce moment lc mystère de l’Incarnation s’accomplit; le Saint-Esprit forma en elle le corps de Jésus- Christ, il y unit unc âme: et en même temps se fit cette union indissoluble de la nature divine avec la nature humaine eh la personne du Fils de Dieu. Ainsi le Fils unique de Dieu devint homme sans cesser d’être Dieu.
D'où il suit que la très-sainte Vierge est véritablement Mère de Mets ayant conçu et enfanté un Homme- Dieu.
Marie devenant mère n’a pas cessé d’être vierge, Jésus-Christ, son fils, ayant été conçu par l'opération du Saint-Esprit.
Ainsi Jésus-Christ, comme homme, n’a pas de père, et Dieu n’a voulu que saint Joseph fût l’époux de Marie qu’afin de pa ce mystère sous le voile d’un chaste mariage; mais comme Dieu, Jésus-Christ a un Père, qui l’a engendré de toute éternité, et auquel il est égal.
Il n’y a en Jésus-Christ qu’une seule personne, mais il y a deux natures distinctes: la nature divine, par laquelle il est Dieu comme son Père, et la nature humaine, par laquelle il est homme comme nous, possédant toutes es qualités propres à notre nature.
Vesprit humain, nous devons cependant, le croire fermement, parce que Dieu, qui est la vérité souveraine, l'a révélé. D'ailleurs il n’est nullement contraire à la
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raison ; et nous en avons en nous-mêmes une image qui, quoique imparfaite, peut aider notre foi. En effet, notre âme, qui est d’une nature spirituelle et incorruptible, est unie à un corps matériel et corruptible, et l’union de ces deux substances si différentes ne fait qu’un seul homme, qui est tout à la fois esprit et corps, incorruptible et corruptible, intelligent et matériel, D même, la divinité du Verbe et la nature de l’homme, unies sans être confondues, forment un seul Jésus. Christ, vrai Dieu et vrai homme, engendré du Père dans l’éteruit”, et né d’une Vicrge dans le temps, tout-puissant comme Dieu, et envirouné de faiblesse comme hornme; car, excepte le péché et les suites inséparabies du péché, telles que sont l'ignorance et la concupiscence, Notre-Seigneur s’est assujetti à toutes nos wisères. Il a eu faim, il a eu soif, il a été sujet à la fatigue, au sommeil et à toutes les infirmités de notre nature, avec cette seule différence qu’il ne souffrait que parce qu'il le voulait, au lien que nous les éprouvons malgré nous,
Mais gardons-nous de croire que la nature divine ait été altérée dans l’Incarnation : Dieu, sans cesser d’être tout ce qu’il est par lui-même, a daigné s’unir à la nature humaine ; il n’a rien perdu par cette union : ses abaissements et ses souffrances ne tombent que sur l'humanité: c’est comme homme que Jésus-Christ a souffert, et c’est comme Dieu qu'il a donné un prix infini à ses souffrances; c’est comme lomme nu a été petit enfant, pour être le mrfèle de tous les âges; et c'est comme Dieu-Homme qu :! : été le Sauveur du genre humain.
Hisroire. — Un hérétique, sectateur d’Eutychès, s’6tant trouvé dans une société où était un enfant qui avait été instruit avec soin, voulut faire dire à cet enfant qu’il n’y avait gs seule nature en Jésus-Christ. Pour l’en convaincre, 1 prit deux morceaux de fer, il les fit rougir au feu, et les Joignit ensuite l’un à l’autre pour n’en faire qu’un seul morceau. « C’est ainsi, lui dit-il, que la nature divine et la nature humaine, unies ensemble dans Jésus-Christ, ne font plug qu uns seule nature dans sa personne.—Mais, répondit l’enant, mettez un petit lingrt d’or à la place de ce petit more
— 09 us
cenu de fer, faites-les rougir tous deux, et n’en faites qu’un seul morceau. Je vous le demande alors, ce morceau sera-t-il tout or ou tout fer? chaque morceau ne restera-t-il pas ce qu’il était auparavant? c’est-à-dire l’un ne sera-t-il pas toujours un lingot d’or, et l’autre un morceau de fer, quoiqu’ils soient unis ensemble? Oui, sans doute, vous n’en pouvez disconvenir. Voilà donc deux morceaux, l’un d’or, l’autre de fer, qui, tout distingués qu’ils sont l’un de l’autre, ne feront plus cependant qu'un morceau. C’est ainsi, conclut l’enfant, que la nature divine et la nature humaine, quoique distinsuées l’une de l’autre, ne font néanmoins qu’une seule per-
sonne en Jésus-Christ.»
Lettres édifiantes, Mission du Levant.
Exercices. — 1. Par quel nr ère Dieu a-t-il exécuté la promesse faite à Adam après sa chute ?—-2, Quelle est des: trois personnes divines celle qui s’est incarnée ?—8. Qu'est-ce que l'Evangile nous apprend sur la manière dont s’est accompli le mystère de l’Incarnation ?—4. Combien y a-t-il de natures en Jésus-Christ ?—5. N’avons-nous pas en nous-mêmes une image du mystère de l’Incarnation ?—6. La nature divine est-elle altérée dans ce mystère ?
ARTICLE II
Suite du Mystère de l Ticarnation.
Le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous racheter de l'esclavage du péché et des peines de l’enfer, et pour nous mériter la vie éternelle, à laquelle nous n’avions plus droit, tant à cause de nos propres prévarications qu'à cause du péché originel. Nous avions offensé un Dieu d’une majesté infinie, et sa justice ne pouvait être satisfaite que par une réparation proportionnée à l’injure que le péché lui avait faite. homme ne pouvait donc pas par lui-même offrir à Dieu cette satisfaction suffisante, ni mériter le pardon. Il n’y avait que le Fils de Dieu fait homme, vrai Dieu et vrai homme, qui pût offrir cette satisfaction en souffrant comme homme, et en donnant comme Dieu un prix infini à ses souffrances. Par ce mystère admirable de la sagesse divine, le péché est puni, et le pécheur est sauvé: ainsi en Jésus-Christ la justice et la miséricorde se concilient; l’injure faite à
tes qu’un u sera-t-il il pas ce 1 pas touquoiqu’ils n pouvez l’autre de ne feront ; l’enfant, ue distineule per-
Levant.
té la prodes: trois st-ce que compli le atures en ine image e est-elle
racheter , et pour n'avions rications fensé un vait être l'injure ait donc ion suff- » Fils de pût offrir en dones. Par le péché as-Christ re faite à
Dieu est abondamment réparée, et Dieu est honoré comme il doit l’être.
Jésus-Christ s’est donc rendu notre médiateur. C’est un médiateur parfait, qui tient à Dieu par sa divinité, et à nous par son humanité; qui peut souffrir comme nous, parce qu’il a une nature semblable à la nôtre, et nous réconcilier avec Dieu par ses souffrances, étant Dieu lui-même: médiateur qui, par sa parfaite sainteté, est infiniment agréable à Celui auprès de qui il s'est entremis pour la réconciliation des pécheurs. Une comparaison fera encore mieux sentir cette vérité : qu'un 1oi ait été insulté, outragé par le dernier de ses sujets; ni le coupable, ni aucun autre sujet du roi ne peut offrir à la majesté royale une satisfaction égale à l'offense ; tout ce que le coupable pourrait faire serait toujours beaucoup au-dessous de la grièveté de l’injure ; mais si le fils du roi même, héritier présomptif de sa couronne, et déjà assis sur son trône, touché de compassion pour ce malheureux, descend du trône, quitte scs ornements royaux, se Couvre la tête de cendre et le corps d’un sac, et qu’en cet état, prosterné devant son père, il s’offre à subir le supplice dû au ecupable pour obtenir sa grâce, on conçoit qu’une si profonde humiliation est une satisfaction proportionnée à la grandeur de la personne offensée, que l’injure est pleinement réparée, et que le roi, sans blesser la justice, peut faire miséricorde au criminel. ÆEh bien! c’est l’image de la grâce que l’homme pécheur a reçu l’Incarnation de son Fils. Que Dieu est toutes ses œuvres, et surtout dans cefgrand ouvrage de son amour! Quel bienfait que celui de nous avoir donvé son Fils unique pour nous sauver! Quelle re- Connaissance ne devons-nous pas à ce Sauveur généreux qui s’est dépouillé de sa gloire pour se revêtir de notre nature, s’assujettir à nos infirmités, paraître et être en tout sembiable à nous !
Histoire. — Nestorius, patriarche de Constantinople, loin d’apaiser le grand scandale qu’un prêtre nommé Athanase avait excité en prêchant qu’on ne devait point appeler Marie Mère de Dieu, loua publiquement le prédicateur, et soutint
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arret atomes
quil y avait deux personnes en Jésus-Christ aussi bien que eux natures, et que la sainte Vierge ne devait point être a pelée Mère de Dieu, mais seulement mère de Jésus-Christ. Saint Cyrille d'Alexandrie combattit et réfuta ces erreurs. Le pape saint Célestin les condamna dans un concile qu’il tint à Rome en 430. Ce fut l’année suivante qu'on assembla contre Nestorius le concile général d’Ephèse. Ce fameux hérésiarque, qui était en horreur à tout le peuple à cause de son impiété, fut condamné et déposé de son patriarcat. Les Pères du concile lui firent signifier la sentence de son excommunication, qui était conçue en ces termes: « Le saint con- «cle assemblé par la grâce de Dieu en la ville d’Ephèso, à « Nestorius, nouveau Judas. — Sache que. pour la doctrine «impie que tu as prêchée, et pour ton obstination à la soute- «nir, tu as été déposé de tout grade, de toute dignité ecclési- « astique, par le saint concile, et selon les lois et règles de « l'Eglise» Nestorius fut envoyé en exil dans l'Afrique par l’empereur Théodose le Jeune. ” 11 se forma sur la langue de cet hérésiarque nn ulcère affreux, où se mirent bientôt des vers qui la lui rongèrent jusqu’à la racine. Après avoir erré de tous côtés, il mourut dans une grande misère, dans de
vives Couleurs et dans l’impénitence, MéRaurr,
EXERCICES. — 1. Pourquoi le Fils de Dieu s'est-il fait homme ? —2. Montrez que Jésus-Christ seul pouvait réparer l’injure faite
à Dieu par le péché.—3, Faites comprendre cette vérité par une comparaison.
ARTICLE III
Naissance de Jésus- Christ.
Auguste César ayant ordonné un dénombrement de tous les habitants de l'empire, Joseph et Marie se rendirent de Nazareth x Bethléhem, d'où leur famille était originaire. C’est 1à que, l’an de la création 4004, le Fils de Dieu vint au monde, au milieu de la nuit et dans une pauvre étable, la pauvreté de Joseph ne lui ayant pas permis de trouver place dans les hôtelleries. Sa naissance fut aussitôt annoncée par des Anges à des bergers qui veillaient tour à tour sur leurs troupeaux. Gloire à Dieu, disaient ces esprits célestes en annon-
gant cette heureuse nouvelle, gloire à Dieu au plus
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haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté !
Huit jours après sa naissance il fut circoncis, et ce même jour la très-sainte Vierge et saint Joseph, selon l'ordre qu'ils en avaient reçu de Dieu par un Ange, lui donnèrent le nom de JÉsus, qui signifie Sauveur, parce qu’il était venu pour sauver tous ies hommes, et les délivrer du péché et de l'enfer.
On a ajouté au nom de Jésus celui de CHRIST, qui signifie oint ou sacré, non pas qu'il ait été sacré d’une manière sensible, mais à cause de son union hypostatique avec la nature divine.
Nous nommons aussi Jésus-Christ NOTRE-SEIGNEUR, parce qu'il a un droit particulier sur tous les Chrétiens, qu’il a rachetés par le prix de son sang.
Peu de jours après que Jésus eut été circoncis, il fut reconnu pour Dieu et pour roi par trois Mages, qui, conduits par une étoile, vinrent de l'Orient pour l’adorer. Arrivés à Jérusalem et ne voyant plus d'étoile, ils demandèrent en quel lieu était né le roi des Juifs ; les docteurs de la loi, interrogés par Hérode, roi de la Judée, répondirent que le Messie devait naître à Bethléhem. Hérode, alarmé, et méditant déjà la mort de ce Dieu enfant, engagea les Mages à lui donner avis du lieu où ils le trouveraient, feignant de vouloir l’adorer. Les Mages, continuant leur course, trouvèrent l'enfant, et lui offrirent de l'or, de l’encens et de la myrrhe; mais, avertis par un ange qu'Hérode voulait faire mourir l’enfant, ils s’en retournèrent par un autre chemin.
Quarante jours après la naissance de Jésus, la trèssainte Vierge et saint Joseph le portèrent au Temple pour
le présenter à Dieu, selon qu’il était ordonné par la loi
des Juifs, parce qu'il était un premier-né, La sainte Vierge accomplit en même temps la loi de la rurification, et offrit, suivant cette loi, deux tourterelles ; e’étaient les présents que les pauvres offraient en pareille occasion: quel exemple d'humilité et de fidélité à la loi!
Hérode, voyant que les Mages ne revenaient pas, conçut le dessein de faire mourir tous les enfants audessous de deux ans qu’il pourrait trouver à Bethléhem
et aux environs, afin d’envelopper le Sauveur dans ce massacre; mais saint Joseph, averti de tout par un Ange, s'était enfui en Egypte avec Jésus et Marie, où il demeura jusque in la mort de ce prince barbare. Alors il revint en Judée, et alla demeurer à Nazareth en Galilée. ;
L’'Evangile nous apprend qu'à l’âge de douze ans Jésus-Christ fut mené à Jérusalem pour célébrer la fête de Pâque, selon la coutume des Juifs, et qu’il demeura dans le Temple sans que ses parents s'en aperçussent ; voyant ensuite qu’il n'était pas avec eux, ils le cher. chèrent pendant tout le jour, mais inutilement, ce qui fut cause qu’ils retournèrent à J érusalem, où ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et leur proposant des questions d’une manière si étonnante, que tous ceux qui l’entendaient étaient surpris de sa sagesse et de ses réponses.
À l’âge de trente ans, Jésus-Christ fut baptisé au fleuve du Jourdain par saint Jean-Baptiste: en même temps le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d’une colombe, et le Père éternel déclara du haut des cieux que Jésus-Christ était son Fils bien-aimé.
Aussitôt après, le Saint-Esprit conduisit Jésus au dé. sert, où il jeûna pendant quarante jours, sans boire ni manger. (C’est sur ce modèle que l'Eglise a établi le jeûne du Carême.
Jésus-Christ permit ensuite au démon de le tenter, pour nous apprendre à ne pas craindre les tentations, et
pour nous enseigner la manière d’y résister et nous en mériter la grâce.
Hisoire. — Une mère aussi pieuse qu'éclairée dans la Foi, recommandait à ses enfants de ne passer aucun jour sans demander à Jésusenfantsa bénédiction. « Aussitôt que vous avez fait votre prière du matin et du soir, leur disait-elle, imaginez-vous que la très-sainte Vierge paraît devant vous portant le saint enfant Jésus dans ses bras; inclinez-vous avec respect, et dites avec ferveur: O Marie, daignez étendre sur moi la main de votre divin Fils, afin que, béni par lui, j’évite le mal qui lui dépiaît, et que je fasse le bien qui lui est agréable : que Je l’imite dans son obéissance et ses autres vertus, et qu’en-
n je me rende digne de le posséder avec vous dans le ciel!»
dans ce in Ange, ù il debarbare.
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moi la le mal réable ; : qu’enciel!»
ÉxenoIGEs. — 1. Rapportez, d'après l'Evangile, les principales circonstances de la naissance de Jésus-Christ. —2, Expliquez le nom de Jésus et celui de CurisT.—3, Pourquoi appelonsnous Jésus-Christ N otre-Seigneur ?—4 Racontez l’adoration des Mages.—5, Que firent la très-sainte Vierge et saint Joseph quarante jours après la naissance de Jésus-Christ ?—6. Comment Jésus-Christ échappa-t-il au massacre ordonné par Hérode ?—— 7. Quelles sont les principales circonstances de la vie de Notre- Seigneur que l'Evangile nous fait connaître, jusqu'à l’éprique de sa prédication ?
ARTICLE IV
Doctrine de Jésus-Christ.
Jésus-Christ étant sorti du désert commença à précher la Loi nouvelle qu’il venait apporter aux hommes. Parmi le grand nombre de disciples qui le suivaient, il en choisit douze, qu’il nomma À ôtres, c’est-à-dire envoyés, parce qu'il devait ’+3 employer à la conversion de toutes les nations. Ces douze Apôtres furent Pierre et André son frère, Jacques et J ean, Philippe, Barthélemi, Matthieu, Thomas, J acques fils d’Alphée, Jude son frère, Simon le Chananéén, et Judas Iscariote.
La Loi que Jésus-Christ est venu apporter au monde est vraiment ravissante : elle forme un corps de doctrine si parfait, qu’on ne peut rien y ajouter ni en rien retran- Cher. Elle montre à l’homme tous ses devoirs envers Dieu, envers son prochain et envers lui-même ; elle convient aux hommes considérés en corps, et à chacun d’eux en particulier, dans toutes les situations où il peut se trouver : elle est propre à tous les pays et à tous les temps. Lorsqu'on examine cette morale de près, on est forcé de
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nn
d'hommes qui aiment Dieu comme leur père, qui s’en-
tr'aiment comme des frères, et qui n'aient tous qu’un cœur et qu’une âme, qui tendent tous à la même fin, ? qui marchent tous vers le même terme, le ciel; aucun < d’eux ne faisant jamais céder le bon droit à la pas- 1 sion, l'intérêt général à l'intérêt personnel; mais cha- : cun faisant au contraire son bonheur de celui de ses semblables, prenant part à leurs peines et les aidant e à les supporter: un tel peuple sera certainement un d
grand ‘spectacle dans l'univers! Et tel serait cepen- L dant un Etat composé de véritables Chrétiens: la paix, Le | qui est le plus doux fruit de la charité, régnerait au mi- L
lieu de ce peuple, jamais le cri de la discorde ne s’y ferait
entendre, parce qu’il n’y aurait jamais ni injustices, ni
violences, ni jalousies, ni rivalités. Là on ne trouverait | :
pas de vrais malheureux, parce qu’on n’y verrait point , q
de méchants. Les bieñs seraient des biens purs, et les è
maux ne seraient plus des maux, parce que la charité
rendrait communs tous les biens et tous les maux. £
Quelle tranquillité dans les événements divers! quelle | è
résignation dans les pertes!...La vieillesse, l’infirmité, ne . h
la maladie seraient consolées par l'assurance d’un ave- 4 vI
oir plus heureux, et la mort même ne serait regardée ; ci
que comme le passage d’un bonheur temporaire à un | su
autre qui doit être éternel. g
Oui, tels seraicnt les fruits que produirait la morale | ‘ de Jésus-Christ mise en pratique. «L'univers ne serait
peuplé que d’amis, et le monde entier deviendrait un 2,
paradis terrestre.» ë A]
Citons seulement quelques-uns de ces enseignements 4 si divins : À Oi «Ne craignez pas, dit le Sauveur, ceux qui ne peuvent À tuer que le corps; mais craignez Celui qui peut préci- {S piter l’âme et le corps dans l’enfer.» Î « Aimez Dieu de tout votre cœur, et souvenez-vous que hi . nul ne peut servir deux maîtres. Ne rougissez pas de À
moi devant les hommes, et je vous reconnaîtrai devant |
mon Père céleste. (Gardez-vous de faire vos actions pour |
être vus des hommes. Si votre œil, votre main, votre |
pied vous sont un sujet de scandale, arrachez-les, cou- o
pez-les et les jetez loin de vous. Les regards, les désirs,
qui s’enus qu’un nême fin, el; aucun à la pasmais chaui de ses es aidant ement un it cepen- : la paix, it au mi- > 8’y ferait ustices, ni trouverait rait point ars, et les la charité es maux.
s! quelle ’infirmité, d’un ave-
regardée aire à un
la morale ne serait ndrait un
ignements
e peuvent eut préci-
-VOUS que ez pas de ai devant ions pour ain, Votre -les, coules désirs,
les paroles inutiles même sont condamnés. Ne vous mettez pas en peine d’où vous aurez de quoi manger et de quoi vous vêtir; considérez les oiseaux du ciel, votre Père les nourrit, dit-il encore; voyez aussi comme il pare les herbes des champs. Faites du bien à tous, aimez même vos- ennemis; pardonnez, et l’on vous pardonnera; ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés. Un verre d’eau froide donné en mon nom ne restera pas sans récompense. Si vous avez des peines, réjouissez-vous ; si vous souffrez pour la justice, soyez ravis de joie, car une grande récompense vous est réservée dans le ciel.»
Quelle sublimité, quelle sainteté dans cette morale !
Les mystères que la Religion enseigne sont sans doute au-dessus de notre portée, mais les motifs de crédulité qu'elle donne sont plus que suffisants pour contenter tout esprit raisonnable.
IisTorRE. — Diderot, faisant réciter l'Evangile à sa fille, fut surpris par un de ses amis, qui lui en témoigna son étonnement: «Après tout, lui répond ce philosophe, que puis-je lui enseigner de mieux?» Le fameux Biron, si ennemi de la vraie piété, voulut aussi que sa fille fût élevée dans les principes de la Foi. Et combien d’autres qui auraient admiré la sublimité de l'Evangile, cru et adoré ses mystères, si l'Evangile n'avait pas commandé la fuite de tout mal et la pratique
e toutes les vertus!
Exercices. — 1. Que fit Jésus-Christ au sortir du désert ?— 2. Que veut dire le mot Apôtre, et quel est le nom des douze Apôtres ?—3. Quels sont les principaux caractères de la perfection de la doctrine de Jésus-Christ ?-—4. Que seraient les hommes s’ils observaient fidèlement la loi évangélique ?—6. Citez quelques-uns des préceptes de l'Evangile.
ARTICLE V
Vie de Jésus-Christ, ses miracles.
Jésus-Christ à prouvé la divinité de sa mission nonseulement par l'acccmplissement exact des prophéties qui, pendant quatre mille ans, avaient annoncé . Sa Yenue, mais encore par un grand nombre de prodiges
qu’il a opérés en son propre nom. Si la prophétie est une preuve de l'intervention divine, le miracle n’en est pas une moindre lorsqu'il est incontestable.
Si nous voyions un homme commander à la nature, par exemple, marcher sur les eaux, rendre la vue à un aveugle, ressusciter un mort, nous ne douterions pas que cet homme ne fût un envoyé de Dieu. Nous sentons que de telles œuvres sont au-dessus des forces humaines, et qu’il n’y a que Dieu qui puisse interrompre le cours ordinaire des lois de la nature. (C’est ainsi que Notre- Seigneur a prouvé sa mission. Ila fait un grand nombre de miracles, ainsi que l'Evangile le rapporte; il a ressuscité les morts; il a calmé la tempête en menaçant les vents et la mer; deux fois il a multiplié les pains dans le désert, pour nourrir une grande multitude de peuple qui le suivait; il a changé l’eau en vin; il a rendu la vue aux aveugles, l’ouie aux sourds, le mouvement aux paralytiques; il guérissait en un moment les maladies les plus invétérées, souvent d’une seule parole, quelquefois sans voir les malades ni les approcher.
Remarquons que tous les miracles de Notre-Seigneur étaient utiles aux hommes ; c’étaient autant des traits de sa bonté que des effets de sa puissance. Il ne les faisait point par ostentation. En vain les Pharisiens lui demandèrent-ils quelque signe dans le ciel; en vain Hérode désira-t-il de voir quelque prodige: jamais il n’en fit aucun pour satisfaire la curiosité; mais il ne refusa de guérir aucun des malades qui implorèrent son secours.
Et la réalité de ses miracles est incontestable ; il ne les à point faits dans des lieux cachés, mais au milieu des rues et des places publiques, dans le Temple et à la vue d’un peuple entier. La résurrection de Lazare se fit à Béthanie, qui n’est pas éloigné de Jérusalem, devant une multitude de témoins; la guérison du paralytique de trente-huit ans, celle de l’aveugle-né ont été opérées au milieu de Jérusalem. Ce dernier miracle fit beaucoup de bruit: les chefs de la synagogue en étant alarmés interrogèrent l’aveugle et ses parents; mais ces
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e; il ne 1 milieu e et à la re se fit , devant alytique opérées it beau.
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en prér
og vo
sn D sence de plusieurs milliers de personnes. 11 a fait la plupart de ses miracles sous les yeux des Pharisiens et des docteurs de la loi, ses ennemis les plus déclarés et les plus disposés à ies révoquer en doute; mais, confondus par l'évidence de ces mêmes miracles, ils n’ont pu les nier, et ont même été obligés de les avouer formellement. Que faisons-nous ? disaïent-ils, cet homme fait beaucoup de miracles; si nous le laissons continuer, tout le monde croira en lui.
Concluons done, et disons hardiment que les miracles de Jésus-Christ étaient assez multipliés et assez éclatants pour prouver qu’il était l'Envoyé, le Fils de Dieu ; aucun des anciens Prophètes n'en avait fait de semblables. Aussi le peuple, plein d'admiration, le reconnut-il pour le Messie. « Voici, disait-il, voici véritablement le Prophète qui doit venir dans le monde. Un grand Prophète s'est élevé parmi nous, Dieu a visité son peuple.»
Notre-Seigneur non-seulement a fait un grand nombre de miracles, mais il a donné à ses disciples le pouvoir d’en faire. Il leur dit: « Guérissez les malades, ressuscitéz les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons.» Et les Apôtres ont opéré ces merveillés dans le cours de leurs prédications. Par là ils ont montré qu'ils parlaient au nom de l’Auteur de la nature, et nous voyons le grand effet que ces merveilles ont produit. C'est par ce moyen qu'ils ont converti le monde entier. L'univers devenu chrétien est une preuve toujours subsistante des miracles que les Apôtres ont faits. Ainsi la Religion ne saurait être établie sur de plus solides fondements ; ses preuves, qui consistent dans les prophéties et les miracles, sont en même temps à la portée des esprits les plus simples, et néanmoins capables de convaincre les plus éclairés, Dieu a suscité une foule d'hommes inspirés qui, plusieurs siècles auparavant, ont prédit avec une entière exactitude des événements qu’il était impossible de prévoir. A cette première preuve se joint celle des miracles les plus incontestables, opérés à la vue de toute la Judée, multipliés en une infinité de manières et répétés dans toutes les parties de la terre. Que peut-on souhaiter de plus fort pour opérer une pleine conviction et une croyance inébranlable ?
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AISTOIRE. — Un jeune homme se trouvant dans une société A Von déclamait contre les miracles, crut devoir prendre la /arole et défendre sa foi. Il cita d’abord Celse, Julien, Porhyre, témoins non suspects, qui conviennent tous que Jésus- Ohrist a étonné la terre par ses miracles. Il cita ensuite l’aveu de Jean-Jacques Kousseau, puis celui de Voltaire, Mais quelle fut sa surprise de trouver des hommes plus incrédules que Rousseau, leur maitre, plus obstinés qu’un apostat à ne pas croire aux miracles!
Reprenant la conversation, il continua ainsi: «Il paraît ue vous êtes absolument décidés à ne pas céder À l'autorité de vos maîtres, et que, selon vous, Julien et autres étaient trop croyants. Je ne vous demande donc plus qu’une chose, et vous me l’accorderez facilement: assurez-moi au moins qu’il est bien difficile de croire nos dogmes, et plus encore, sans doute, de mettre en pratique nos leçons de morale» Ce ne fut qu’un cri: dificile, dites impossible. Le jeune homme reprit: « Mais si nos mystères sont si incroyables, s’il est imossible de les croire, comment donc ont-ils 6t6 crus par toute a terre? Comment l'Evangile a-t-il eu des disciples dans toutes les conditions et jusque dans les palais des rois, lorsque le baptême était un engagement au martyre?» Ce discours les couvrit de confusion, et ils ne purent lui répondre. MérauLr, Apologistes involontaires.
Expncices. — 1. Jésus-Christ n’a-t-il prouvé sa divinité que par l’accomplissement des prophéties qui l’avaient annoncé ?— 2. Quels sont les principaux miracles qu’il a accomplis ?—8. Peut-on contester la réalité des miracles de Jésus-Christ ?—4, Que disait le peuple juif à la vue des nombreux miracles accomplis par Jésus-Christ ?—5. Jésus-Christ a-t-il donné à ses Apôtres le pouvoir de faire des miracles ?—6. La Religion chrétienne est-elle appuyée sur des fondements solides ?
ARTICLE VI
Vertus de Notre-Seigneur.
Jésus-Christ a pratiqué lui-même, dans le plus haut degré de perfection, la loi qu’il nous a enseignée, et toute sa vie n’a été qu’une fidèle expression de sa doctrine. Plus on médite ses actions, plus on admire la sainteté éminente qui éclate dans toute sa conduite. Il a voulu passer par L'état de l’enfance,
une société prendre la [ulien, Porque Jésusita ensuite e Voltaire, es plus ininés qu’un
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pour donner l'exemple des vertus qui conviennent "à cet âge. Son obéissance envers saint Joseph et la trèssainte Vierge renferme toutes les vertus d’un enfant. Quand un enfant est soumis et docile, il écoute, il suit en tout les avis de ceux qui ont autorité sur lui, et, par cette conduite, quels progrès ne fait-il pas dans la science et dans la vertu! Jésus-Christ est resté dans l'exercice de ces vertus paisibles et obscures, jusqu’à l'âge de trente ans, où il a commencé son ministère public; alors on vit briller en lui les vertus les plus sublimes. Sa douceur a été admirable, et, ainsi qu’il était écrit de lui, il n’a pas achevé de briser le roseau cassé, ni d'éteindre la mèche qui fumait encore. Jamais il n’a rebuté personne; les plus grands pécheurs, il les recevait avec bonté; il ne faisait pas difficulté de manger avec eux; si on lui reprochait cette condescendance, il répo-dait qu'il n’était pas venu chercher les justes, mais les pécheurs. «Ce ne sont pas ceux qui se portent bien, disait-il, qui ont besoin de médecin, ce sont les malades.» Il s’est peint lui-même sous l’image d'un bon père qui accourt au-devant d’un enfant ingrat, qui se jette À son cou, qui l’arrose de ses larmes, et qui se livre aux transports de la joie que lui inspire son retour. Il embrassait avec bonté les enfants, il les bénissait en leur imposant les mains, et il disait à ses disciples: « Laissez-les venir à moi, «c'est à eux et à ceux qui leur ressemblent que le «royaume de Dieu appartient.» Partout c'est un caractère de bonté qui charme et inspire la confiance ; mais cette douceur ne l’empêchait pas de reprendre avec force les pécheurs endurcis, et principalement les Pharisiens, à qui il reprochait hautement leur orgueil et leur hypocrisie.
Jésus-Christ a montré une patience invincible dans toutes sortes de maux; en le suivant depuis l’étable où il est né, jusqu’au Calvaire où il est mort, partout on le trouve dans la douleur, dans les travaux, dans les souffrances; il a enduré la faim, la soif, la fatigue des voyages, toutes les incommodités de la pauvreté ; il na rien voulu posséder sur la terre; il n'avait pas même une pierre pour reposer sa tête; il subsistrit de
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ce que lui fournissaient volontairement ceux à qui il annonçait la parole de Dieu; il supportait sans se
plaindre les embarras (2 la foule qui le pressait, les importunités des malaics dout il était continuellement accablé. On lui disiit des injures, on l’outrageait, et jamais il ne s’est ven
C'est surtout dans le. :Térentes circonstances de sa
Passion qu’il a fait voir une patience vraiment divine ; malgré les douleurs «xtr11e8 qu'il à endurées, il n’est sorti de sa bouche aucune plainte, aucun reproche, aucune menace: attaché à la croix, il priait pour ses bourreaux.
Toute la vie de Jésus-Christ a été un exercice continuel de l’humilité la plus profonde. Aussi a-til dit: « Apprenez de moi à être doux et humble de cœur.» Il à voulu naître d'une mère pauvre; il a passé trente aunées dans l'obscurité, et quand il s'est fait connaître, il a toujours fui la grandeur et la pompe du monde. Jamais il n’a cherché sa propre gloire; il défendait de publier ses miracles. n lui, le détachement des richesses allait jusqu’à aimer la pauvreté; le mépris des honneurs, jusqu'à rechercher des humiliations ; et la connaissance qu'il avait de la vanité des plaisirs lui faisait préférer les croix et les souffrances.
C’est donc avec raison qu’il reprochait aux Juifs de ne pas se rendre aux vérités qu'il leur annonçait; car une sainteté si parfaite prouvait certainement qu'il était l'Envoyé de Dieu.
Histoire. — Un saint homme avait coutume de dire à ceux qui le consultaient sur l'affaire de leur salut: « Ayez sans cesse ie Sauveur en vue dans vos différentes actions, et elies acquerront un sublime degré de perfection, et toutes les difficultés que vous rencontrerez s’aplaniront; en vous éveillant, considérez avec quelle ferveur sa sainte humanité rendait ses devoirs à la majesté divine; voyez avec quelles dispositions il se livrait au travaii de la profession qu’il avait embrassée,
our nous apprendre à le sancetifier ; comme il conversait avec e prochain, comme il prenait ses repas, quelles étaient les rivations auxquelles il se condamnait pour l’amour de nous. i vous êtes pauvres, souvenez-vous qu’il n’avait pas même ane pierre pour reposer sa tête ; si vous souffrez, regardez ses
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laies ; si vos ennemis vous persécutent, pensez à la haine des
harisiens ; si vos amis vous abandonnent, considérez qu'il a été vendu par Judas, renié par saint Pierre, et #bandonné de tous ses disciples: en un mot, ne perdez pas de vue ce divin modèle en quelque situation que vous vous trouviez, et votre vie sera vraiment angélique.»
Exercices. — 1. Quelles sont les vertus que Jésus-Christ a pratiquées dans sa vie cachée ?—2. Quelles vertus a-t-il fait briller dans sa vie publique ?—3. Comment le divin Maître a-til pratiqué la douceur ?—4, Quels exemples de pratique nous a-t-il donnés pendant sa Passion ?—5, Comment nous a-t-il enseigné l’humilité ?