‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme] (volume 2)Chapitre 48 sur 111 · SE · texte numérisé non relu

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rité: elle parle aux hommes au nom de Dieu, par l'auto. rité et avec l'assistance de Dieu; et quand nous soumettons notre esprit à l’enseignement et aux décisions de l'Eglise, c'est à Dieu même que nous rendons l'hommage de notre foi. «Qui vous écoute m’écoute, a dit « Notre-Seigneur à ses Apôtres, et qui vous méprise me « méprise: si quelqu'un n'écoute pas l'Eglise, regar- « dez-le comme un païen et un publicain.» La voix des pasteurs est donc la voix de Dieu même. Aussi les Apôtres, instruits du privilége qu'iis avaient reçu de Jésus-Christ, mirent-ils à la tête du premier jugement qu'ils prononcèrent ces paroles remarquables: «Il a « semblé bon au Saint-Esprit et à nous,» pour nous faire comprendre que le jugement de l’Église est le jugement de Dieu même.

En effet, il était nécessaire que Jésus-Christ donnât à son Eglise cette autorité infaillible. S'il n’y avait point de tribunal pour décider souverainement les questions qui s'élèvent sur ce que l’on doit croire, chaque fidèle pourrait s’égarer dans ses propres pensées, et il ny aurait plus d’uniformité dans la croyance. Si ce tribunal n’était pas infaillible, on pourrait douter de la vérité de ses décisions, et les fidèles demeureraient incertains et flottants, exposés à être emportés à tout vent de doctrine. Il était donc de la sagesse de Jésus-Christ d'assurer à son Eglise le privilége d’être préservée de toute erreur dans son enseignement.

Jésus-Christ a donné à l'Eglise le pouvoir de fair: des lois par ces paroles: Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel. . L'Eglise peut porter toutes les lois qu’elle croit nécessaires ou utiles à ses enfants. Les lois portées par le souverain Pontife ou par les conciles généraux sont obligatoires pour tous les fidèles; celles qui sont établies par un concile provincial ou par un évêque ne sont d'obligation que pour la prrvince ou le diocèse pour lesquels elles ont été faites. Toute désobéissance à ces lois générales ou particulières est péché, et peut exclure du royaume des cieux, car désobéir à l'Eglise c'est désobéir à Dieu.

L'Eglise a en outre ie pouvoir de punir par des peines

spirituelles les esprits indooiles et rebelles à ses lois

Ce pouvoir est renfermé dans les paroles précitées de Notre-Seigneur: Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel.

Elle exerce ce pouvoir par les censures. On appelle censure une peine spirituelle et médicinale portée au for extérieur par la puissance ecclésiastique, et qui prive un chrétien pécheur et rebelle de quelques biens qui sont au pouvoir de l'Eglise. La principale censure

et la plus forte peine ecclésiastique est l’excommunication.

Enfin l’Eglise a le pouvoir de remettre les péchés, d’après ces paroles de Jésus-Christ: Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez. Ce pouvoir est si étendu, qu'il n’y a pas de péché, quelque énorme qu'il soit, qui ne puisse être remis par l'Eglise. Il réside dans tous les prêtres légitimement ordonnés ; mais ils ne per rans l'exercer validement qu'avec l'approbation de évêque et dans les limites déterminées par lui.

Iisrorre. — Durant le schisme d’Antioche, saint Jérôme fut inquié 6 dans son désert. On lui demandait avec qui il était en communion, avec Vital, ou Mélèce, ou Paulin, qui tous trois divisaient le troupeau, Dans le doute, il écrivit au pape saint Damase en ces termes: « Ne suivant d’autre chef qi Jésus-Christ, je suis attaché à la communion de Votre

ainteté, c’est-}-dire de la chaire de saint Pierre, Je sais que l’Eglise a été bâtie sur cette pierre. Quiccnque mange l'agneau hors de cette maison est profane ; quiconque n’est pas dans l'arche de Noé, périt dans le déluge; quiconque n'amasse pas avec vous dissipe; ainsi je vous prie de me marquer avec qui je dois communiquer.» Le souverain pontife eut égard À la prière de saint Jérôme, et en conséquence des instructions reçues de Rome, cet illustre docteur adopta la communion de Paulin, 41! l’ordonna prêtre.—$Se soumettre humblement amx i/<:si 18 de l'Eglise, c’est le seul moyen de ne pas errer daus la foi.

| SAINT JÉRÔME, Lettre 57.

* Exercices. — 1. Quel pouvoir Jésus-Christ a-t-il donné à l’Eglise ?—2. Sur quelles paroles s’appuie l'infaillibilité de l'Eglise! —8. Pourquoi devons-nous croire tout ce que l Eglise nous enseigne?— 4. Etait-il nécessaire que Jésus-Christ donnit à son Eglise

une autorité infaillible ?—6. L'Eglise a-t-elie reçu ie droit de faire [ms

des lois ?—6. Comment punit-elle les infracteurs de ses lois ?—

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7. Qr'elle est la plus forte peine ecclésiastique !—8. Sur quelles paroles est fondé le pouvoir qu'a l'Eglise de remettre les péchés ?

ARTICLE V, Tors de l'Eglise point de saïut.

Cette vérité a peut-être plus que toute autre excité, surtout dans ces derniers temps, les outrageantes cola. meurs des ennemis de notre sainte Religion. Rien cependant n’est plus facile à démontrer et à comprendre que ce point capital.

L'Eglise catholique possédant seule la vérité, doit nécessairement professer cette doctrine.

La vérité est une, et l’lglise la possède essentiellement. Donc en dehors d’elle c’est l'erreur, comme en dehors de la lumière ce sont les ténèbres. Mais le salut ne ge être que là où se trouve la vérité.

En effet, s’il est évident qu’il faut une religion à l’homme raisonnable, il ne l’est pas moins qu’il ne peut y eu avoir qu’une qui soit la véritable. Celle que Dieu a donnée est la seule qu’il puisse agréer.

Dès lors que notre sainte religion est prouvée divine, en dehors d'elle il ne peut y avoir de salut ; et les clameurs contre l'intolérance de ce dogme sont aubsi ab. surdes que le serait la prétention de concilier les ténèbres avec la lumière, le oui avec le non, le vice avec la vertu.

Bien plus, toute religion qui prétendrait concilier des enseignements qui se combattent, prouverait par là même qu'elle ne possède pas la vérité.

Mais il ne faut pas croire que ce dogme soit un arrêt de damnation pour tous ceux qui ne paraissent pas appartenir au corps de l'Eglise. Car, pour quiconque cherche la vérité sincèrement, si d’ailleurs j’ ne met pas d'obstacles aux grâces divines, on peut être certain que la vraie lumière lui apparaîtra, et que les miséricordes de Dieu l’introduiront dans la voie du salut.

Et d’ailleurs, par la disposition formelle et constante de croire toutes les vérités que Dieu a révélées, même quasd involontairement on jes ignore, on peut appar. tenir invisiblement mais réellement à l'Eglise.

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Hisrormes. — Avant d'épouser Charles d’Autriche, qui fut depuis empereur sous le nom de Charles VI, la princesse Elisabeth-Christine Wolfenbuttel crut devoir, pour la tranquillité de sa conscience, consulter les luthériens mêmes dont elle avait jusqu'alors professé la foi. Les docteurs protestants, assemblés À Helmstadt, répondirent que «les Catholiques ne sont point dans l'erreur pour le fond de la doctrine, et qu’on peut se sauver dans leur religion.—Dès que cela est ainsi, dit la princesse en apprenant cette décision, il n'y a plus lieu d'hésiter, et dès demain j'embrasse la foi de l'Eglise romaine, car le

arti le plus sûr dans une matière si importante est toujours e plus sage» Le père de la princesse tint le même langage,

et s’attacha comme elle à la religion catholique. De Treverw, Discussion amicale.

— Henri IV, sollicité par ses amis d’embrasser la religion catholique, demanda aux évêques si l’on pouvait se sauver dans l’Église romaine; ceux-ci lui répondirent qu’assurément on pouvait s’y sauver, et, de plus, qu’on ne pouvait pas 8e sauver hors de son sein. Le prince s'étant ensuite adressé aux ministres protestants, leur demanda s’il était possible de trouver le salut dans leur réforme ainsi que dans l'Eglise romaine, Les ministres lui ayant affirmé qu'on pouvait se sauver dans l’une comme dans l’autre, le roi leur répondit : « Les évêques disent que hors de l'Eglise romaine il n’y a point de salut; vous autres vous avouez que l’on peut s’y sauver: dans ce cas je vous déclare que je me fais catholique. Dans une affaire aussi importante, le parti le plus sûr est toujours le meilleur.»

Puisque de l’aveu des protestants on peut se sauver dans la religion catholique, embrasser cette religion n’était pas seulement prendre le parti le plus sûr, c'était évidemment embrasser la vérité; car la vérité est une, et le salut ne peut

être que là où se trouve la vérité.

Exercices. —1. Pourquoi dit-on: Hors de l'Eglise point de galut?-—2. Que doit-on penser des clameurs de ceux qui se révoltent contre cette doctrine ?—3. Tous ceux qui ne paraissent

pas appartenir à l'Eglise, sont-ils pour jamais condamnés i le |

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ARTICLE VI

Tous les fidèles qui composent l'Eglise catholique sont unis ensemble et ne forment qu’un seul eorps, dont

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Jésus-Christ est le chef. L'union étroite de tous les membres de ce corps établit entre eux une communauté de biens spirituels, et c’est ce qu’on entend par la Communion des saints.

On nomme les fidèles saints, parce qu’ils ont été sanctifiés par le baptême, et qu’ils sont tous appelés à la sainteté. Les biens spirituels, qui sont communs entre les fidèles, sont les grâces infinies que Notre-Seigneur nous a méritées par ses souffrances, les mérites de la trèssainte Vierge et des Saints, les Sacrements, les prières ettoutes les bonnes œuvres qui se font dans l'Eglise. De tous ces biens spirituels il se forme un trésor qui appartient à toute l'Eglise; et chaque fidèle y a sa part selon la disposition où il se trouve.

Cette communauté de biens spirituels est une suite de l'unité de l'Eglise. Tous les membres d’une famille travaillent pour son profit, et ont tous part à ses avantages, Il en est de même de l'Eglise, dont tous les membres ne composent qu'une même famille et qu’un même corps. Saint Paul compare l'Eglise au corps humain; en effet, rien n’est plus propre à nous faire comprendre ce que c'est que la Communion des saints; le corps a plusieurs membres, et chaque membre a sa fonction particulière ; mais tous ces membres ensemble ne font qu’un seul corps. Ils ont tous un‘même chef, une même âme, une même vie. Les fonctions de chaque membre, leurs avantages sont pour le bien de tout le corps; tous concourent à la même fin, qui est la conservation du corps; les

eux voient, les oreilles entendent, les mains agissent, es pieds marchent pour tout le corps: en un mot, tous les membres conspirent au bien les uns des autres, et se donnent, dans le besoin, tous les secours possibles, De même, dans l'Eglise, tous les fidèles, vivant du même esprit, sous un même chef, sont unis entre eux dans les différentes actions. Chacun des fidèles prie, travaille, mérite pour tout le corps, et il reçoit en même temps le prix des travaux, des vertus et des prières de toute l'Eglise. Mais pour profiter de ces avantages il faut être membre de l'Eglise; ceux qui sont séparés d'elle par l’hérésie, par le schisme, par l’apostasie, ou ceux qu’elle a retranchés de son sein par l’exçommuni-

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cation, n’ont auoune part aux avantages spirituels qui se trouvent dans la Communion des saints.

Pour jouir pleinement de tous ces biens, il faut même être un membre vivant de l'Eglise, c’est-d-dire être en état de grâce. Les pécheurs, en qui l'Esprit saint u’habite point par la grâce, sont à la vérité membres de l'Eglise, mais ce sont des membres morts; or comment des membres morts pourraient-ils prétendre aux mêmes avantages que les membres vivants? Un bras mort, pue reste uni au corps humain, ne peut recevoir la nourriture, l'accroissement, le mouvement et l'action. Cependant les pécheurs ne laissent pas de tirer beaucoup d'utilité de l'union qu’ils ont avec le reste du corps: c’est un grand avantage d’être de cette société, dans laquelle seule se trouvent la vérité, la charité, la justice, le salut et les moyens qui y conduisent. Un pécheur est mort; mais tant qu’il demeure uni au corps, il peut revivre par les prières de l'Eglise, qui ne cesse de demander pour lui le retour à la vie par une gincère pénitence.

Les fidèles qui forment l'Eglise se divisent en trois branches: l'Eglise militante, composée de ceux qui combattent encore sur la terre contre les ennemis du salut; V'Eglise triomphante, composée de tous les bienheureux qui sont dans 16 ciel; et l’Église souffraate, composée des âmes qui achèvent d’expier leurs fautes avant d’entrer en paradis.

Ainsi les fidèles qui sont sur la terre ne sont pas seulement unis entre eux, ils le sont aussi avec les Saints qui triomphent dans le ciel, et avec les îmes qui sont dans le purgatoire. Nous nous réjouissons du bonheur des Saints, nous en bénissons Dieu, nous les prions d’intercéder pour nous; les Saints, de leur côté, nous aiment comme leurs frères, et ils nous aident par leurs prières auprès de Dieu. Nous adressons nos prières à Dieu

our les âmes du purgatoire; nous faisons des aumônes

et d’autres bonnes œuvres pour qu’il les soulage dans ce la durée par sa

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Aisrorre. — Saint Fructueux, évêque dans le troisième

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