‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme] (volume 2)Chapitre 77 sur 111 · NÉCESSITÉ DE LA GRACE ET MOYENS DE L'OBTENIR · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DE LA GRACE ET MOYENS DE L'OBTENIR

Nous avons besoin de la grâce pour accomplir les Commandements de Dieu et pour nous sauver. Sang ce secours divin nous ne pouvons rien dans l’ordre du salut. C’est. ce que Nas n nous a enseigné par ces paroles: « Sans moi vous ne pouvez rien faire ;» et saint Paul par celles-ci: « Nous ne sommes pas Ca- «pables d’avoir par nous-mêmes aucune bonne pensée, «comme de nous-mêmes; mais c’est Dieu qui nous eu «rend capables.» La grâce est un don surnaturel que Dieu nous fait par sa pure miséricorde, et en considération des mérites de Jésus-Christ, Il y a deux sortes de grâces: 1° la grâce sanctifiante, qui nous jusiifie, ç’est-

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à-dire qui nous fait passer de l'étas du péché mortel à l’état de la justice, elle nous rend enfants de Dieu, agréables à ses yeux, et nous donne droit à l’héritage du ciel: cette dr “e nomme habituelle, parce qu'elle nous est donnée pour demeurer en nous ; 2% Ja grâce actuelle, qui consiste dans une lumière, dans une sainte pensée que Dieu nous donne, dans un bon mouvement qui prévient, qui excite, qui aide notre volonté pour faire

le bien.

Le péché originel ayant répandu d'épaisses ténèbres dans notre esprit et une profonde corruption dans notre cœur, nous naissons dans l'ignorance et avec une forte inclination au mal, qu’on appelle concupiscence; ce sont les deux sources générales de tous nos péchés: nous ne péchons que parce que nous ignorons nos devoirs, Où parce que, les connaissant, nous aimons mieux suivre n08 penchants que nos lumières.

Nous ne pourrions jamais sortir de l'état du péché ni faire le bien, si Dieu ne nous ouvrait les yeux de l'esprit, et s’il n’imprimait à notre cœur un bon mouvement qui le tournât vers la vertu. La grâce nous fait connaître le bien ; elle nous en inspire le désir, et nous donne la force

de le pratiquer. Que deviendrait l'homme attaqué de toutes parts au dedans et au dehors, si Dieu ne l’aidait dans sa faiblesse ? car à cette pente qu’il a pour le mal se joignent encore les tentations qu’il éprouve de la part du démon et des créatures. Que de piéges le monde he lui dresse-t-il pas de tous côtés ! Il étale à ses yeux ses pompes et ses faux biens pour y attacher son cœur et le détourner de Dieu. Le démon lui livre de continuelles attaques, présentant à ses sens des objets flatteurs et séduisants, remuant son imagination par mille prestiges, et excitant en lui des mouvements de révolte contre l'esprit. Non, il ne pourrait certainement résister à tant d’assauts gi Dieu cessait un seul instant de le soutenir. Voilà pourquoi, en récitant tous les jours la prière du Seigneur, nous demandons à Dieu que son nom soit sanctifié, que sa volonté soit faite sur ln terre comme dans le ciel, qu’il ne nous abandonne point à la tentation, et qu'il nous délivre du mal.

Il est donc vrai, selon la doctrine de Jésus-Christ,

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que nous ne pouvons glorifier le nom de Dieu, ni faire sa volonté, ni résister à la tentation, ni être délivrés des piéges du malin esprit que par le secours de Dieu même ; mais avec la grâce nous pouvons tout, selon cette parole du même Apôtre : « Je puis tout en Celui qui me fortifie.»

e secours ne nous ést point dû, autrement ce ne serait plus une grâce: nous n’y avons aucun droit; Dieu ne nous le donne que par sa pure bonté, et en vertu des mérites de la Passion et de la Mort de Jésus-Christ ; mais cette grâce n’est refusée à personne, et c’est notre faute quand nous n’en profitons pas pour faire le bien et pour nous sauver. (Ce n’est pas la grâce qui nous manque, c'est nous qui manquons à la grâce. Dieu l’a attachée spécialement aux Sacrements quand on les reçoit avec de bonnes dispositions ; il l’a promise à la prière quand elle est bien faite; nous avons donc deux moyens irGillibles pour obtenir la grâce: ce sont les Sacrements et la prière.

On reçoit la grâce sanctifiante par le canal des Sacrements, surtout par le Sacrement de Baptême et le Sacrement de Pénitence, que Jésus-Christ a institués pour cette fin. En second lieu, Dieu a promis de nous exaucer quand nous nous adressons à lui par la prière, quand nous implorons le secours de sa grâce, quand nous sollicitons sa miséricorde au nom de son Fils unique, ui nous à aimés jusqu’à se livrer à la mort pour nous. Nous pouvons donc attirer en nous la grâce de Dieu, et avec ce secours puissant nous pouvons accomplir ses Commandements; car Dieu ne nous commande point des choses impossibles, mais il nous avertit de faire ce que nous pouvons, et de demander ce que nous ne pouvons pus, et il nous aide afin que nous le puissions. Dieu n'abandonne point ceux qu’il a une fois justifiés par sa grâce, s’il n’en est abandonné le premier; il ne

cesse pas de protéger ceux qui ne cessent pas de lui être fidèles.

Hisrorre. —S, Augustin résistait à la grâce lorsque, pressé

de se convertir, il disait à Dieu: « Seigneur, encure un peu

8 temps, encore un peu de temps; bientôt, bientôt, demain, demain,» Mais ayant appris la conversion de deux officiers de

l'empereur, qui lecture de la vie de gaint Antoine,

ui . saint Paul, et lut ces paroles :

« bauche et l’impureté.»

« @ et

« bien moins po « brillante fortune € « qu’à le vouloir : si Je VE

les commandenents de ce que la grace, et combien y en

ét

__4, Montrez quel besoin nous av sortir de cet état.—5.

u monde à l’occasion de la et ayant entendu une voix z et lisez,» il prit les mu sd «Ne vivez pas dans la dé- Il se dit à lui-même: « Jusques à

uand balancerai-je ? Jusques à quand remettrai-je de jour tout à l'heure? Pour-

avaient renoncé a

disait: « Prenez et lisez, prené

« en jour ? Pourquoi ne serait-ce pas « quoi ne me retirerais-Je PAS

dès ce moment de mes ordures

t de mes infamies?» Augustin coopéra alors à la grâce,

éprouva ce qu'avait dit l’un de ces officiers: «Il en coûte

ur être ami de Dieu que pour parvenir à une

t devenir ami de l’empereur. I n'ya

ux l'être, je le serai dans le moment.»

LAsAUSSE.

quoi avons-nous besoin pour accomplir

Dieu et pour nous Sauver ?—2, Qu'esta-t-il de sortes ?—3. Dans quel les sources de tous nos péchés?

ons du secours ”* Dieu pour oit-il la grâce, et par quel

ExXERCICES. — 1. De

atnaissons-nous, et quelles sont

Dieu nous d

moyen nous la donne-t-il ?

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