‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme] (volume 2)Chapitre 76 sur 111 · DES PÉCHÉS CAPITAUX · texte numérisé non relu

DES PÉCHÉS CAPITAUX

On réduit ordinairement tous les péchés que l’homme peut commettre.à sept péchés principaux, qu’on nomme

capitaux parce qu’ils sont comme la source et le principe de tous les autres péchés. Les péchés capitaux sont l'orgueil, l’avarice, la luxure, l'envie, la gourmandise, le colère et la paresse.

Hisroire. — Un jeune homme traversant une forêt n’y eut pas plutôt marché quelque temps, qu’il fut assailli par un monstre épouvantable qui sur un corps de lion portait sept grosses têtes de serpent. L'animal, au sortir de sa caverne, vint droit à lui avec des yeux étincelants, élevant ses sept têtes, dardant ses sept langues, et faisant retentir l’air de ses horribles sifflements. Le jeune homme, qui était fort et coura-

eux, ne se déconcerta point à cette vue; il l’attendit de pied ferme. Il n'avait d’autres armes qu’une hache suspendue à sa ceinture, selon l’usage du pays: il la saisit, et du premier coup qu’il porte à la bête il lui abat quatre têtes ; d’un second coup il lui en abat deux. Le dragon, affaibli par cette perte, resta quelque temps étendu sur la place. Notre voyageur, le croyant mort, remit sa hache à son côté, et continua sa route sans abattre la septième tête. A peine avait-il fait quelques

as, que le monstre, se ranimant, se jeta sur lui avec furie,

e saisit avec ses dents meurtrières, et l’emporta dans sa caverne, où il le dévora.

Voici l'explication de cette parabole. 1° Ce dragon représente les sept péchés capitaux, qu’il faut combattre courageusement avec les armes de la Foi. 2° Il ne suffit pas d’abattre six têtes à ce monstre; si vous.lui en laissez une, vous êtes perdu. Que sert-il d'être exempt de plusieurs passions, si vous en avez une qui soit maîtresse de vous? Le plus souvent ce n’est qu’un simple vice qui damne les hommes. Examinez si, en combattant le lion infernal, vous ne lui avéz point laissé une tête qui suffit pour vous dévorer; voyez si, en combattant vos passions, vous n’en épargnez pas une favorite, qui seule suffit pour causer votre damunation; votre victoire est vaine si elle n’est pas entière. 3° Il faut persévérer jusqu’à la fin, combattre jusqu’à la mort; n’allez pas vous lasser dans le combat; ne vous donnez aucun repos que vous n’ayez défait tous vos ennemis, autrement ils se saisiront de vous lorsque vous vous croirez en sûreté, et vous entraîneront avec eux dans l’abîme de l'enfer. Le P. B. GIRAUDEAU.

Exprci0es. — 1. A quels chefs principaux se réduisent tous les péchés que l’homme peut commettre ?—2. Suffit-il d’en éviter quelques-uns ?

et le prinpitaux sont urmandise,

forêt n’y eut ailli par un portait sept > sa caverne, ant ses sept r l’air de ses fort et courandit de pied spendue à sa du premier d’un second r cette perte, voyageur, le rnua sa route fait quelques i avec furie, , dans sa ca-

lragon reprébattre courapas d’abattre ne, vous êtes | passions, si plus souvent s, Examinez Li avéz point voyez si, en une favorite, votre victoire vérer jusqu’à as lasser dans n'ayez défait vous lorsque ont avec eux AUDEAU.

‘éduisent tous t-il d’en éviter

MI Le

ARTICLE PREMIER

De V Orgueil.

L'Orgueil' est ur estime et un amour déréglé de soimême Di l'effet est de se préférer aux autres et de rapporter tout à soi et rien à Dieu.

Lorgueil offense Dieu en ce que nous nous glorifins de ses dons, au lieu de lui en renvoyer la glons : de là viennent la vanité et le désir déréglé de l’estime et des louanges. L’orgueilleux veut être admiré et applaudi dans tout ce qu'il fait; dès qu’il a obtenu l’approbation des hommes, il est content; il reçoit avec avidité la flatterie; il la recherche même avec empressement. L’orgueilleux cache avec soin les défauts qu'il a, et il affecte des vertus qu’il n’a pas: il a une attention continuelle à s’attirer les regards publics et à paraître meilleur qu’il n’est en effet: de là le mépris du prochain. La haute opinion que l’orgueilleux a de luimême et de son mérite fait qu’il méprise les autres ; comme il se croît fort au-dessus d’eux, il tient à leur égard une conduite rleine de fierté; il leur parle avec hauteur, il prend avec eux un air dédaigneux: de là la désobéissance. L’orgucilleux ne veut pas se soumettre aux ordres de ses supérieurs, reçoit mal leurs avis; toute autorité le blesse et le révolte; il ne se croit pas fait pour obéir: de là enfin cet oubli de ses vrais intérêts. L’orgueilleux néglige totalement le soin de son âme: son étude, son application continuelle est de parer son corps de tous les ornements de la mondanité, et de promener ainsi cette idole de chair dans tous les cercles, afin de lui attirer des adorateurs ; la décence, le respect des bonnes mœurs sont même quelquefois sacrifiés, si les modes et les coutumes l’exigent, quel qu’en soit d’ailleurs le ridicule. Que ce vice est détestable! et avec quel soin ne devons-nous pas l’éviter! Souvenons-nous que l’orgueil est odieux à Dieu et aux hommes, et que Dieu se plaît à confondre les orgueilleux, au lieu qu’il accorde sa grâce aux humbles,

h | el Eu

L'humilité chrétienne est la vertu opposée à l’orguail: elle est le fondement de toutes les vertus: l’homme humble connaît le fonds de misère qui est en lui, il se méprise lui-même et consent à être méprisé des autres. En effet, si nous réfléchissons sur ce que nous sommes véritablement, quels sujets ne trouverons-nous pas de nous humiier! Sans parler des infirmités du corps, de ce corps sorti de la poussière, et destiné à y retourner bientôt, considérons quel est l’état de notre âme: qu'y verrons-nous? Ignorance dans l'esprit, corruption dans le cœur; quel penchant pour le mal! quelle inconstance pour le bien! Nous n’avons de nous-mêmes a le néant et le péché; s’il y a en nous quelque chose

e bon et d’estimable, nous le tenons de Dieu: les avantages de l'esprit et du corps, les dons de la nature et de la grâce, tout vient de Dieu. Un homme pénétré de cette vérité est bien éloigné de s’enorgueillir, de rechercher des louanges, ou d’ambitionner de vains honneurs; s’il trouve en lui suelques bonnes qualités, il en rapporte à Dieu toute la gloire; mais il fait beaucoup plus d’at. tention à ses défauts, et s’en humilie devant Dieu: Heureux ceux qui sont humbles de cœur, parce qu’ils seront comblés des bénédictions du Seigneur! malheur aux âmes hautaines et présomptueuses, parce que Dieu les couvrira de confusion !

Hisrotre. — Fier d’un nom qu’il déshonorait par ses vices, un noble voulut humilier un homme sans naissance, mais d’un grand mérite, et lui reprochait de manquer d’ancêtres. Le sage, loin de s’irriter, lui dit en souriant: « Si mon origine me déshonore, toi, tu déshonores la tienne.» Apprenons de là à respecter la vertu partout où elle se trouve, et n’oublions jamais que le vrai mérite dépend de nos œuvres, et non de nos emplois, ni de notre rang.

Exercices. — 1. Qu'est-ce que l’orgueil ?—2. Tracez le nortrait de l’orgueilleux.—3. Quels sont les principaux effets de ce vice, et à qui est-il odieux ?—4. Faites connaître la 7ertu oppo:ée à l’orgueil.—5, Sur quoi devons-nous réfléchir pour combattre J'orgueil ?

sée à l’orgucil:

rtus: l’homme est en lui, il > méprisé des r ce que nous rouverons-nous infirmités du et destiné à y ‘état de notre s l’esprit, corle mal! quelle le nous-mêmes quelque chose heu: les avana nature et de énétré de cette de rechercher honneurs; s’il il en rapporte coup plus d’at it Dieu: Heue qu’ils seront malheur aux que Dieu les

it par ses vices, Jaissance, mais qjuer d’ancêtres.

: « Si mon ori- 16,» Apprenons trouve, et n’ous œuvres, et non

lracez le nortrait effets de ce vice, x vertu oppo:ée

pour combattre

ARTICLE II

De 7 Avarice.

L’Avarice est un attachement déréglé aux biens de la terre.

Ce n’est pas un péché d’avoir des richesses, mais c’en est un d’y attacher son cœur, de les rechercher avec empressement, de mettre son bonheur à les posséder, | d'employer des voies injustes pour se les procurer. L'avarice produit l'oubli de Dieu, en engageant l’homme à faire de son trésor l’objet de son culte ; C’est pour cela que saint Paul appelle l’avarice une idolâtrie. On n’a que de l’indifférence pour son salut quand on pense avec trop d'inquiétude à sa fortune; on est peu touché du désir et de l’espérance des biens éternels quand on est si fort occupé du soin d’amasser des biens temporels ; il est à craindre que l’on ne cesse d'être chrétien quand on a la passion de devenir riche.

L’avarice produit la dureté pour Îles pauvres. Un homme attaché à ses richesses est insensible à la misère du pauvre ; il ne connaît point le sentiment de la pitié. Bien plus, l’avare s’oublie lui-même ÿ il devient insen- Rsible à ses propres besoins, préfère son argent à sa santé, à la vie même, et se refuse le nécessaire, de peur de diminuer son trésor ; il accumule ses richesses sans en faire usage, il est indigent au milieu de ses biens, et il manque de tout au milieu de l'abondance. Quelle folie! Enfin ce vice produit‘la duplicité: l’avare, pour avoir le bien d’autrui qu'il désire, emploie le mensonge, la fraude et l'injustice. « Rien n’est plus injuste, dit le 2 Saint-Esprit dans l’Ecriture, que celui qui aime l’ar-

“gent: un tel homme vendrait son âme.» Quand on est dominé par cette passion, on ne connaît plus ni bonne foi, ni honneur, ni conscience; on devient injuste, fourbe, violent: tous les moyens, même les plus criminels, sont employés pour grossir le trésor où l’on a attaché son cœur.

Et ce qu’il y a de plus déplorable, c’est que cette Passion se fortifie avec l’âge. La réflexion, les années

affaïblissent les autres passions; mais l’avarice semble se ranimer et prendre de nouvelles forces dans la vieillesse. Plus un avare avance vers ce moment fatal où il faut tout abandonner, plus il s'attache à son misérable trésor; plus la mort approche, plus il tient à son argent, et plus il le garde comme une précaution nécessaire pour un avenir chimérique. « Insensé, lui dit « Notre-Seigneur dans l'Evangile, cette nuit même on «va te demander ton âme: pour qui seront les richesses «que tu as amassées 9, Il laissera ses richesses à d’autres, et il ne lui restera qu’un linceul usé et un sépulere pour y être enseveli.

Gardons-nous bien d’une passion si déraisonnable et si dangereuse. Instruits à l’école de Jésus-Christ, «ne cherchons point à amasser des trésors sur la «terre, où les vers et la rouille les mangent, et où les «voleurs les déterrent et Îles dérobent; mais travail- «lons à amasser des trésors dans Île ciel, où il n'y a «ni vers ni rouille qui les consument, ni voleurs qui «les dérobent.» Efforçons-nous d'acquérir la vertu opposée à l’avarice: cette vertu est un détachement chrétien des biens de ce monde, soit dans la pauvreté, soit dans l’opulence. Si nous sommes pauvres, ne portons point envie à ceux qui sont riches, ne désirons pas de le devenir nous-mêmes ; ces biers fragiles et pé- Kesubles ne font ow’irriter rs désirs, loin de les satisfaire. Le juste est plus heureux avec le peu qu’il possède, que les méchants avec de grandes richesses. « Ne « craignez point, disait le saint homme Tobie à son «fils: il est vrai que nous sommes pauvres, mais nous «aurons beaucoup de biens si nous craignons Dieu, si «nous nous éloignons de tout péché, et si nous faisons «de bonnes actions.» Ayant de quoi nous nourrir et de quoi nous vêtir, nous devons être contents. Ainsi, que ceux qui ont des richesses pensent bien qu'ils n’emporteront rien avec eux dans l’autre monde; qu'ils les répandent donc dans le sein des pauvres, afin de se faire par ce moyen un trésor qui ne périra jamais.

Hasrorme. — On raconte, au sujet d'un avare, un trait bien singulier et une fin bien tragique. Cet homme, possédé du

démo biens lui e

cave de m:

quelq or et une & tirer lui et à lois en de On p funes longt avisé Ce coma cha, aucu!

u’il dent serru cet a porte u à erm où il furen cada On c 80m malé.

Ex elle ?.

ment quell des r

sirs

ce semble ns la vieilfatal où il misérable à son artion néces- 6, lui dit , même on sg richesses richesses à usé et un

raisonnable ésus-Christ, sors sur la t, et où les ais travailoù ilnya voleurs qui r la vertu détachement la pauvreté, res, ne porue désirons ragiles et péde les satis- Jeu qu’il posesses. « Ne Tobie à son 8, mais nous nons Dieu, sl | nous faisons as nourrir et tents. Ainsi, n qu’ils n’'emde; qu’ils les fin de se faire

, un trait bien me, possédé du

démon de l’avarice, ne pensait qu’à accumuler biens sur biens et richesses sur richesses. Comme il craignait qu’on ne lui enlevôt ses trésors, il avait pratiqué dans le fond de sa cave un endroit souterrain avec une porte de fer, masquée de manière à n'être point aperçue: là, dès qu’il avait reçu duelque somme, il l’allait cacher, et contemplait à loisir son or et son argent, dont il faisait son dieu. Un jour qu’il porta une somme considérable dans ce sombre réduit, il cublia de tirer sa clef, et de la prendre avec lui: il ferma la porte sur lui et compta les trésors entassés. Quand il ies eut comptés à loisir, il voulut se retirer: mais la porte ne pouvait s'ouvrir en dedans, de sorte qu’il se vit renfermé sans pouvoir sortir. On peut juger de la situation horrible où il se trouva dans ce funeste moment. Il y a apparence qu’il cria, qu’il frappa longtemps; mais qui aurait pu l’entendre, et qui se serait avisé de le chercher dans un tel endroit ?

Cependant, cet homme ne paraissant plus, sa famille fut, comme on peut le juger, dans la plus grande peine. On chercha, on fit chercher de tous côtés sans pouvoir en apprendre aucune nouvelle: on peusa, ou qu’il s'était peut-être noyé, ou

w’il avait été assassiné ; en un mot, que, par quelque acciie funeste, il avait péri. Dans cet intervalle de temps, un serrurier “ entendit parler de cet événement so rappela que cet avare lui avait autrefois ordonné de faire secrètement une porte de fer, avec une serrure à ressort, et qu’il aurait bien

u arriver que, par méprise, il se fût malheureusement en-

ermé. Il déclara la chose ; il conduisit dans l’endroit caché

où il avait placé en secret cette porte ; on l’eufonça: et quels furent l’étonnement, l’effroi et l'horreur, quand on aperçut le cadavre de cet homme entièrement pourri et rongé de vers! On comprit alors ce qui en était, on fouilla, on trouva des sommes immenses accumulées, vrais trésors de colère et de malédiction devant Dieu. BaupraAnND, Hist. édif.

Exercices. — 1. Qu'est-ce que l’avarice ? quels effets produitelle ?——2, Montrez que l’avarice détruit tous les nobles sentiments.—3. Cette passion s’affaiblit-elle avec l’âge?—4. Par quelles paroles Jésus-Christ a-t-il voulu nous éloigner de l’amour des richesses ?-—5. Les richesses assurent-elles le bonheur ?

ARTICLE III

De la Luxure.

. La Luxure est une affection criminelle pour les plaisirs contraires à la chasteté chrétienne.

ctahe semmnee:

mg met ‘

re am

Rien n'est plus indigne de l’homme que ce vice honteux, rien n’est plus opposé à la sainteté de notre vocation: des Chrétiens ne devraient pas même le connaître. Pour concevoir de ce vice l'horreur qu’il mérite, il n'y a qu'à considérer les malheureux effets dont il est ln cause. Il produit la haine de Dieu, l'éloignement des devoirs de la religion, l’endurcissement du cœur, la ruine de la société: les excès mènent bien vite au tombeau ceux qui s’y livrent. Un homme attaché à ce vice ne peut ignorer que Dieu l’a en horreur; aussi, il ne l’envisage que comme un vengeur sévère des excès que ce vice fait commettre, et il conçoit dans son cœur des sentiments d’.version pour Celui qui doit un jour le punir avec rigueur. Les exercices de la religion ne peuvent s’allier avec ce vice quand on s’y est une fois adonné. La prière ennuie, on la néglige; la parole de Dieu condamne, on ne l'écoute plus; pour s’approcher des Sacrements, il faudrait renoncer à ce vice, on les abandonne. En étouffant ainsi le cri de la conscience, on tombe dans l’engourdissement, c’est-àdire dans un état d’insensibilité où l’on n’est plus touché de rien: on s'aveugle sur ses devoirs, sur sa réputation, sur sa santé; on oublie tous ses intérêts, on w’écoute ni avis ni remontrances; on ne songe qu'à se satisfaire à quelque prix que ce soit; on ne craint que ce qui peut troubler la jouissance de ces plaisirs criminels. De là l’horreur de la mort, qui tourmente le voluptueux, parce qu’elle doit le séparer de ce qu'il aime et le faire paraître au redoutable jugement de Dieu.

Détestons done un vice si funeste; affermissonsnous, avec la grâce de Dieu, dans la vertu contraire, dans la chasteté chrétienne, qui nous règle, par rapport à la pureté, selon l’état où la Providence nous a placés.

Cette belle vertu nous rend semblables aux anges mêmes: elle est infiniment agréable à Dieu, et il la récompense d'une manière magnifique, souvent dès cette vie: Notre-Seigneur promet le ciel à ceux qui la pratiqueront: « Bienheureux ceux qui ont le cœur «pur, parce qu’ils verront Dieu.» Pour conserver cette

vertu, qui est exposée à bien des dangers, il y a deux

D passait

moye dans « nou:

«en t Ve tout :

à cett afin d reux ; écoute esprit, les id son < dès le «sitôt « espri «8’éloi « cette « neste « CONSe «à Pl à la toutes chaîne Sécc que 1 Slon, « Sauv tendon

Courir

de not ÿner la secours et den pratiqu et que

nous af

Hüisr

es Sac

» viée honnotre voca- , connaître.

rite, il n'y it il est lin ement des cœur, la ite au tom- 16 à ce vice aussi, il ne des excès j son cœur it un jour religion ne st une fois à parole de ur S’approà ce vice, cri de la nt, c’est-àn’est plus irs, SET Sa ses intérêts, songe qu’à nn ne craint ces plaisirs ourmente le de ce qu’il ent de Dieu.

affermissonsu contraire, le, par raponce nous à

j aux anges jeu, et il la souvent dès

à ceux qui nserver cette il y a deux

jner la force de les surmonter.

moyens, que Jésus-Christ lui-même nous a enseignés dans l'Evangile: la vigilance et !: prière. « Veillez, «nous dit-il, et priez, afin que vous n’entriez point «en tentation.»

Veiller sur soi-même, c’est se tout ce qui pourrait donner is à cette précieuse vertu. Il faut veiller sur ses yeux, afin de ne jamais les arrêter sur aucun objet dangereux; il faut veiller sur ses oreilles, pour ne jamais écouter de mauvais discours; il faut veiller sur son esprit, pour en chasser toutes les pensées, toutes les idées contraires à la pureté ; il faut veiller sur son Cœur, pour y étouffer tous les mauvais désirs dès les premiers instants qu'ils s’y font sentir. « Aus- «sitôt qu’une mauvaise pensée s’élèvera dans votre «esprit, dit saint Bernard, rejetez-la avec force, et elle «s'éloignera de vous; mais si vous vous y arrêtez, «cette image produira dans votre cœur un plaisir fu- «neste à votre innocence: ce plasir vous conduira au «consentement, le consentement à l’action, l’action «à l’habitude, l’habitude à lg nécessité, la nécessité «à la mort éternelle.» En rejetant aussitôt avec force toutes les pensées dangereuses, on évite cet affreux enchaînement de malheurs. ;

Sécondement, il faut avoir recours à la prière dès que l’on sent les premiers mouvements de cette passion, et dire avec confiance comme les Apôtres : «Sauvez-moi, Seigneur, sans vous je périrai» N'attendons pas même que nous soyons tentés pour recourir à Dieu. Prions-le souvent et avec ferveur, ou de nous préserver de ces tentations, ou de nous don- Demandons aussi le secours de la très-sainte Vierge, de notre saint Ange et de nos saints Patrons. Si nous sommes fidèles à cette pratique, soyons sûrs que nous remporterons la victoire, et que nous tirerons même avantage de la tentation pour nous affermir dans la vertu.

précautionner contre plus légère atteinte

Hüsrorre. — 11 y avait dans une certaine ville un écolier qui

assait avec raison pour un modèle de vertu, et fréquentait es Sacrements de la manière la plus édifiante. Allant un

disanche à l'église pour y faire ses dévotions comme à l'ordinaire, il rencontra deux de ses camarades qui n'étaient pas à beaucoup près aussi pieux que lui. On l'invite à déjeuner dans un cabaret voisin; il résiste longtemps: on insiste, on presse, on l’entraîne par force: on 8e met à table. Il but

’abord par violence, puis par plaisir; sa raison s’altéra insensiblement: dans cet état affreux on le fit tomber dans un crime horrible, et ce fut à cet instant mêine qu'il lut frappé . à mort!

Que vos jugements sont terribles, à mon Dieu! que vos voies sont impénétrables! Les malheureux compagnons de cet infortuné, saisis de terreur, allèrent expier par une pénitence austère le mal à peine réparable d’avoir précipité une âme dans l’enfer! CoLLET.

Exercices. — 1. Montrez que rien n’est plus dégradant pour l'homme que la luxure.—2. Quels sont les funestes etfets de ce vice ?—3. Quels sentiments doit-il nous inspirer ?—4. Quels sont les charmes et les récompenses de la chasteté ?—5. Quel est le premier moyen de la conserver ?—6. La vigilance sufitelle pour persévérer dans la pratique de cette vertu ?

ARTICLE IV. De Envie.

L'Envie est une tristesse criminelle du bien de notre prochain.

L'envieux est blessé du mérite des autres : il ne peut souffrir d'en être surpassé, ou même égalé ; il est fiché de voir en eux des talents ou des vertus qu’il n’a pas lui-même, ou qu’il voudrait posséder lui seul. Si la vue de ces avantages qu'il remarque dans les autres ne lui inspirait que le désir de les imiter, ce ne serait plus envie, ce serait une noble émulation; mais ce n’est point là le sentiment qu'éprouve l'envieux ; il désire

lui-même ces qualités estimables il regarde le bien qui leur succès

comme une perte qu'i tache qui le flétrit.

son cœur est un ver qui m

reau. Que ce vice est sont funestes !

| qui p

lomnie N’o table :

0ppos( rende

) en vue

Cet que la

B ses frà

D il s'afi

mme à l'ordi- ’étaient pas à ite à déjeuner on :nsiste, on able. IL but n s’'altéra innber dans un il dut frappé .

jeu! que vos ompgnons de par une péniprécipité une CoLLET.

\égradant pour tes etfets de ce er?—4. Quels teté ?—5. Quel igilance sufltrtu ?

bien de notre

utres: il ne égalé; il est s vertus qu il - lui seul. Si ans les autres , ce ne serait ; mais ce n'est ux; il désire és estimables de le bien qui le, leur succès )»n comme une disposition de 1 poison qui le 1 propré Dour ue les effets en

| et ensuite de le vendre comme esclave.

Le prémier effet de l'envie c’est la joie que cause le malheur d'autrui. Ceux à qui il porte envie tombentils en disgrâce, l’envieux s’en réjouit, il triomphe de leur chute, il trouve un plaisir malin à les voir humiliés, quoique ceux qu'il traite si indignement ne lui aient fait aucun mal. Un vindicatif n’attaque que ses ennemis, ceux dont il a reçu ou dont il croit avoir reçu de mauvais services ; mais l’envicux hait ceux à qui il u'a rien à reprocher que leurs vertus: tout leur crime est d’avoir trop de mérite et de talent. Quel monstre ! le cœur de l’homme est-il donc capable d’une telle noirceur ?

Le second effet de l'envie c’est la médisance et la calomnie: l’envieux s'efforce d’obscurcir la réputation de ceux dont le mérite le blesse; il affaiblit, autant qu'il peut, le bien qu’on en dit ÿ il donne des interprétations malignes à toutes leurs actions; il travestit en vices les vertus les plus pures ; leur piété n’est à ses yeux que dissimulation et hypocrisie, leurs succès que l'effet du hasard, et non pas le fruit des talents.

Le troisième effet de l’envie c’est l'attention de nuire au prochain. Des paroles on en vient aux actions; on traverse ses desseins, on emploie toutes sortes de moyens pour lui faire de la peine, pour l’empêcher d'obtenir «5 qu’il désire, ou pour le lui ôter s’il l’a déjà obtenu. Enfin on se porte quelquefois aux plus grands excès et aux dernières violences. C’est par envie que Caïn tua son frère ; c’est l’envie qui inspira aux frères de Jose, le dessein de le faire mourir, C’est l’envie qui porta les Pharisiens et les docteurs de la loi à calomnier, à persécuter, à crucifier le Fils de Dieu même.

N’ouvrons donc jamais notre cœur à ce vice détestable: faisons tous nos efforts pour acquérir la vertu

à opposée, c’est-à-dire une affection chrétienne, qui nous ; | 2

rende sensibles au bonheur et au malheur du prochain, en vue de Dieu et du salut de nos frères.

Cette affection n’est autre chose que la charité: celui que la charité anime prend part à tout ce qui &

wyize À Se LS & VA VO 4% arrive &

ses frères ; il se réjouit avec ceux qui sont dans la joie, il s'aflige avec ceux qui souffrent : i partage avec eux le

bien et le mal qu’ils éprouvent, les ressent l’un et l’autte comme s’il les éprouvait lui-même.

Hisrorre. — Il y avait dans une ville deux marchands voisins et jaloux l’un de l’autre, qui vivaient dans une inimitié perd arr L'un d'eux, rentrant en lui-même, écouta la voix de LL. religion qui condamnait ses ressentiments ; il consulta une personne de piété qui avait sa confiance, et lui demanda comment il fallait qu’il s’y prit pour se réconcilier. « Le meilleur moyen, répondit-elle, est celui que je vais vous indiquer : lorsque des personnes viendront à votre boutique pour acheter, et que vous n’aurez pas Ce ui leur convient, conseillezleur d’aller chez votre voisin.» { le fit. L'autre marchand, instruit d’où lui venaient ces acheteurs fut sensible aux bons offices d’un homme qu’il regardait comme son ennemi ; il alla chez lui pour l’en remercier, lui demanda pardon de la haine

w’il lui avait portée, et le conjura de le recevoir au nombre

e ses meilleurs amis. Sa prière fut exaucée, et la religion

unit étroitement ceux que l'intérêt etla jalousie avaient divisés. ct. chrétiennes.

Exer 10E8.— 1. Qu'est-ce que l’envie, et quelle différence y a-t-il entre se vice et l'émulation ?—2. Quel est le premier effet de l’envie ?—8. Quel en est le second ?—4. Quel en est le troigième °—65. Que faut-il faire pour déraciner ce vice détestable ?

ARTICLE V

De la Gourmandise.

La Gourmandise est un amour déréglé pour le boire et le manger.

Li n’est pas défendu de sentir du plaisir en mangent et en buvant: c’est par une sage prévoyance que Dieu a assaisonné d’un sentiment agréable l’usage des aliments qui sont nécessaires pour conserver notre santé et notre vie; mais on abuse de ce bicnfait quand on ne recherche que le plaisir seul: il faut manger et boire pour vivre, et non pour flatter la sensualité; on ne doit se proposer dans cette action que de satisfaire

le besoin, afin d’être en état de remplir ses devoirs et

de servir Dieu, suivant cette parole de l'Apôtre: « Soit «que vous mangiez, soit que vous buviez, faites tout

« pour l'amour de Dieu.»

goût,

cepte viand En gein ( eMmpor lEcri tracé servi :

« quer « qui

Bule te

« coup

et l’autte

hands voi- 16 inimitié uta la voix il consulta i demanda

« Le meil- 3 indiquer :

pour ache-

conseillezmarchand, le aux bons emi ; il alla de la haine

au nombre la religion ent divisés.

nes.

différence y remier effet 1 est le troidétestable ?

ur le boire

r en manprévoyance ble l’usage erver notre nfait quand manger et aualité ; on de satisfaire s devoirs et jôtre: « Soit faites tout

Pour observer cette leçon de saint Paul, il faut, dans les repas, ne point songer à contenter le corps, mais à suivre l'ordre de Dieu, qui veut que nous conservions notre vie, N'y cliercher que la satisfaction des sens, c'est gourmandise, c’est un vice indigne de l’homme: il appesantit l’âme, il abrutit l'esprit, il ruine la santé gp — abrége la vie.

Ft gourmandise tue plus d'hommes que l'épée,» a dit un ancien. Elle produit l'ivrognsrie et les exoûs dans le manger. Ce vice détestable dégrade l'homme, l'avilit et le met même au-dessous de la bête. Aussi, les honnêtes gens ne sont-ils pas sujets à ce vice grossier ; il suffit d’avoir de l'éducation € ues sentiments pour l'éviter avec soin.

Elle produit la sensualité, qui consiste à rechercher des mets exquis et délicats, ou à prendre des choses que l’on sait être nuisibles à la santé, parce qu’elles flattent je goût, ou enfin à manger avec avidité des viandes communes. Quelle honte pour un homine raisonnable de se laisser dominer par la sensualité, au lieu d’en réprimer les mouvements !

La gourmandise produit encore le mépris des lois de l'Eglise. Quand on est livré à ce vice, on n’est guère disposé à pratiquer les jeûnes et les abstinences que l'Eglise ordonne: on ne sait ce que c’est que de se mortiñer ; les lois qui prescrivent certaines privations paraissent un joug insupportable, on cherche des prétextes pour s’en

ispenser, et l’on en vient non-seulement à violer le précepte du jeûne, mais encore à user sans scrupule des viandes défendues.

Enfin la gourmandise produit la dissension: c’est du sin de l’intempérance que naissent les querelles, les “hportements et les violences. Nous en avons dans Ecriture un tableau frappant que le waint-Esprit a tracé lui-même; voici les propres ter ues dont il s'est servi: « À qui dirat-on malheur ? pour qui seront les “querelles ? pour qui les précipices et les chutes? pour “qui les blessures, si-ce n’est pour ceux qui passent «le tempe à boirégt mettent leur piaisir à vider des

« coupes ?» re Il faut done avoir une vive horreur d’un vice si in.

digne d’un homme et encore plus d’un chrétien. Pratiquons dans tous nos repas la sobriété chrétienne, cette vertu qui nous règle dans Je boire et le manger selon la nécessité, cette vertu qui rend le corps plus robuste et qui prolonge la vie : veillons beaucoup sur nous-mêmes, pour ne point passer les bornes du besoin dans une action qui d'elle-même tend à contenter la nature. Un chrétien regarde la nourriture comme un remède: il n’écoute ni l’avidité ni la sensualité; il évite la délicatesse et la recherche de ce qui flatte les sens; en un mot, il pense à imiter Jésus-Christ, qui à bien voulu s’assujettir à cette action humiliante, pour nous y servir de modèle; il à toujours présent à l'esprit cet

} avis salutaire qu'il nous à donné: « Veillez avec atten-

«tion sur vous-mêmes, de peur que vos CŒUTÉ ne s'appe- «santissent par l'excès des viandes et du vin, et que le «jour du Seigneur ne vienne vous surprendre tout à

«coup.» Le moyen le plus propre à nous rappeler les règles de la sobriété et à nous donner la force de les suivre, c'est de faire avec piété la prière qui se dit avant et après le repas. Par là novs attirerons la bénédiction de Dieu sur nous, et nous obtiendrons la grâce de ne

point l’offenser.

H, .… ar. — En fait de crimes, de désordres et d’'excès, peut-être n'est-il rien de si horrible et de si tragique que ce ui arriva à un jeune homme en Afrique, du temps de saint Augustin. Ce jeune homme se nommait Cyrille; il tait extrémement adonné à la boisson, et passait une partie de sa vie dans les cabarets avec des compaznons déhauchés comme lui. Un jour qu’il s'était livré à tous les excès de l’intempérance et de «a passion, il retourna chez lui, et commença ses :#*entats pes poignarder une de ses sœurs. Aux cris qu’elle fit entendre, e père alarmé accourut; etce fils, plus furieux encore, trempa ses mains dans le sang de celui qui lui avait donné la vie, et l’égorgea: il poignarda encore une de ses autres sœurs, qui voulut prendre la €'fense de son père, et l’arracher des mains de ce âls indigne, ou plutôt de ce monstre exécrable.

Que de crimes, que d’horreurs dans un seul homme ét dans an seul jour! Saint Augustin fut bientôt informé de cet événement funeste; et quoiqu’il eût déjà prêché deux fois ce jour- 1à, il assembla sur-le-champ une troisième fois le peuple, et monts en chaire les larmes aux Yeux et les soupirs dans 16

jen. Praenne, cette er selon la robuste et ous-mêmes, dans une ature. Un remède: il e la délicans; en un bien voulu ur nous y l'esprit cet avec attens ne s'appen, et que le udre tout à ler les règles » les suivre, dit avant et . bénédiction grâce de ne

es et d’excès, agique que ce temps de saint 3 il était extrêartie de sa vle hés comme lui.

l’'intempérance a Se © t'ontats Île fit entendre, encore, trempa donné la vie, et tres sœurs, qui cher des mains crable.

homme ei dans rmé de cet évéeux fois ce jourois le peuple, et soupirs dans ls

cœur, pour faire part à ses auditeurs des horreurs que vena: de commettre ce fils indigne de jamais avoir vu la lumière. Au récit de ce qui venait d’arriver, toute l'assemblée poussa des cris et des gémissements lamentables; on ne pouvait comprendre qu’un homme eût pu se porter à tant et à de tels attentats. On craignit que la vengeance et les foudres du Ciel ne tombassent sur une ville qui avait produit un tel monstre. Saint Augustin profita del'océision pour montrer à quel excès peut conduire une passion malheureuse. Ses larmes et ses sanglots en dirent plus que ses paroles et ses discours. apporté par saint Augustin.

Exercices. — 1. Qu'est-ce que la gourmandise, et que faut-il faire pour l’éviter?—2. Indiquez les funestes suites de ce vice. —3. Montrez combien il dégrade l’homme.—4. Quelles règles faut-il suivre dans le boire et dans le manger ?

ARTICLE VI

De la Coîère.

Il ya une sainte colère excitée par le zèle qui nous porte à reprendre avec force ceux que notre douceur n'a pu corriger: telle est la colère d’un père ou d’un maître à la vue des désordres qu'il est obligé d’empécher. Notre Seioneur lui-même a été ému de cette colère lorsqu'il chassa du Temple les profanateure qui en violaient la sainteté; mais la colère qui est un péché capital est bien différente: c’est un mouvement impétueux de notre âme qui nous porte à repousser avec violence ce qui nous déplaît. Elle vient d’un mauvais principe; c’est l’effet d’une passion qui règne dans le cœur, et qui rencontre quelques obstacles. Un orgueilleux s’emporte contre ce qui blesse sa vanité ou son ambition; un avare s'irrite quand quelque chose dérange ses projets de fortune; un voluptueux s’indigne lorsqu'on traverse ses plaisirs.

Cette colère n’est ni selon Dieu, ni selon la droite raison: elle porte le trouble dans l'âme, et le désordre qu’elle y cause se peint sur le visage et dans tout l’extérieur de l’homme qui s’y livre; ses yeux s'enflamment, sa voix est entrecoupée, tout son corps tremble, il ne se connaît plus, il ne respecte rien: de là les injures qu'il vomit contre ceux qui en sont,

ed UE

mt nm te 0 RS

‘ l'objet; le venin coule de sa bouche à grands flots; les médisances les plus atroces, les calomnies Îles Lg noires, tout est employé pour les déchirer: de là es imprécations qu'il fait contre lui-même; de là quelquefois les horribles blasphèmes que son aveugle fureur lui met dans la bouche: rien n’est sacré pour cette langue impie; il en vient ensuite aux dernières violences; les cruautés les plus révoltantes suffisent à peine pour satisfaire sa vengeance, pour assouvir sa rage. Voilà quels sont les funestes effets de cette passion terribie.

I1 faut donc s’accoutumer de bonne heure à la maitriser dès qu'on en sent les premières atteintes, ne pas

rler quand on se sent ému: il faut encore s'exercer à la douceur chrétienne. (Cette vertu nous fait supporter en vue de Dieu les contradictions qui nous arrivent, elle réprime toutes les vivacités et les saillies que la colère peut exciter; elle fait qu'on ne donne alors aucun signe d'impatience ou d’aigreur, qu'on ne laisse échapper aucune parole de mépris ou de plainte, qu’on a toujours un air honnête et modeste, que l’on se contraint en faveur de certains esprits difhciles, et qu'on tâche dé les gagner à force de complaisance.

Hasrorre. — Ruïin rapporte qu’un solitaire, 8e sentant gouvent ému de colère dans son monastère, dit en lui-même: « Je m'en irai dans le désert, afin que, n’ayant là personne «avec qui je puisse avoir des démêlés, je ne sois plus dans « l'occasion de me fâcher.» S'en étant donc allé dans la solitude, il se retira dans une caverne. Un jour qu’il se félicitait d'avoir su éviter les occasions de la colère, il arriva que 8a cruche, qu'il avait remplie d’eau, se renversa trois fois de suite, faute de précaution: ce qui l'impatienta tellement, qu'il la

rit et la brisa de dépit. Etant aussitôt rentré en lui-même, il dit: « Le démon de la colère m’a trompé; car, quoique je « sois seul, il ne laisse pas de me vaincre: puis donc que nos « passions nous accompagnent Le et qu’il y a partout à

« combattre, je retournerail dans le monastère.» Vie des Pères du Désert.

Exercices. — 1. Quelle est la coïère qui est irrépréhensibie, et quelle est celle qui offense Die ?—2. Quels effets produit cette violente passion ?—3. Quels sont les fruits dé la douceur

et de la patiente qui lui sont opposées ?

‘ands flots; omnies les irer: de Îà de là quel-.

aveugle fu- ; pour cette ières violennt à peine ir sa rage.

passion ter-

e à la mafntes, ne pas , s'exercer à it supporter rrivent, elle pue la colère aucun signe chapper aun à toujours contraint en on tâche dé

», se sentant en lui-même:

t là personne ois plus dans 6 dans la soliil se félicitait arriva que 84 is fois de suite, ment, qu’il la en lui-même, ar, quoique Je ; donc que nos | y a partout à

lu Désert. rrépréhensibie,

effets produit s de la douceur

ARTICLE VI

De la Paresse.

La Paresse est une lâcheté, et un dégoût volontaire du travail, qui fait que l’on néglige ses devoirs plutôt que de se faire violence.

Il n’y a point de péchés, point de désordres auxquels la paresse ne conduise, parce qu’elle met Vâme dans un état d’engourdissement et de faiblesse qui l'empêche £e résister à ses mauvaises inclinations : on l'appelle ordinairement la mère de tous les vices. Ceux qui en naissent plus directement sont, le premier, l'oisiveté et la perte du temps: un paresseux passe les jours, les mois, les années, où à ne rien faire, ou dans des amusements frivoles ; il ne remplit point les devoirs de la religion ; la prière est ou entièrement omise, ou mal faite; les Sacrements sont abandonnés, ou reçus sans la préparation nécessaire. Il ne s’acquitte pas mieux des devoirs de son état: un jeune homme, par exemple, ne profite point de l’éducation qu’on lui donne, il ne fait rien de tout ce qu'on lui prescrit, ou le fait mal, sans atten- “ion, sans application; de Ià son esprit n’est point cultivé, sa mémoire n’est point exercée; il sort de la maison d'éducation presque aussi ignorant qu'il y était entré. Qu’arrive-t-il? Si on lui donne un emploi important et qui exige des lumières et. des connaissances étendues, il est incapable d’en exercer les fonctions, il s’en acquitte mal, son ignorance perce, son incapacité est reconnue; il tombe dans un souverain mépris. Que de regrets alors d’avoir perdu le temps de sa jeunesse! Regrets inutiles! il est trop tard; cette perte est irréparable.

Le second vice qui naît de la paresse est la pusillanimité. Le paresseux n’a pas la force d'entreprendre les choses les plus faciles: il est arrêté par le moindre obstacle, tout lui paraît impossible, parce qu'il ne veut faire aucun effort. « Malheur, dit l'Écriture, à ceux qui «manquent de cœur !»

La paresse produit l’inconstance. S’il arrive que l’on

conçoive quelque désir de se corriger, ce désir est faible. et il ne dure pas longtemps; on 86 lasse bientôt, et l’on retombe dans sa première indolence. « Les désirs tuent «le paresseux, dit le Saint-Esprit; il veut, et il ne veut «pas; il veut aujourd’hui une chose, et demain une «autre; aujourd’hui il veut bien, et demain il changera « d'avis.»

De là cette tiédeur qui l'accompagne partout, c’est-à. dire une langueur de cœur qui ne laisse aucun goût pour ses devoirs; de là enfin cette insensibilité qui le rend sourd aux remontrances eb aux exhortations de ceux qui veulent le réveiller de cet assoupissement; rien ne Je remue, rien ne le touche, ni les reproches qu’on lui fait, ni les bons exemples qu’il a sous les yeux. Que de péchés dans une âme lâche et indolente! L'Ecriture la compare à une terre inculte et abandonnée. «J'ai passé, «dit l'auteur sacré, par le champ du paresseux, et il « était plein de mauvaises herbes; les épines en cou- «vraient toute la surface, et l’enceinte de pierres qui «devait l’environner était renversée.» Econtons encore les paroles que Dieu adresse lui-même au paresgeux dans le livre des Proverbes: « Allez à la fourmi, «Ô paresseux. considérez sa conduite, et apprenez «d'elle à être sage: car, quoiqu’elle p’ait ni chef qui «la conduise, ni maître qui l'instruise, elle a soin de «faire sa provision pendant l'été, et d’amusser dans la « moisson de quoi se nourrir. Jusques à quand dormirez- «vous? quand vous réveillerez-vous de votre sommeil ? «Si vous ne sortez de votre assoupissement, l’indigence « viendra fondre sur vous et vous accablera.»

P'emandons à Dieu la vertu contraire à la paresse, c’est, à-dire une sainte activité, qui nous fasse aimer nos de voirs, et qui nous rende prompts à les remplir, en vue de lui plaire et pour notre salut. Que les difficultés du travail ne nous rebutent point; ayons bon courage, et Dieu rendra doux et facile ce qui nous avait d’abord paru dur et pénible: c’est lui qui nous a imposé l'obligation de travailler; il nous aide à pratiquer ce qu'il nous com mande, Soyons persuadés que l'ennui qui accompagne toujours l’oisiveté est mijle fois plus insupportable que k travail le plus fatigant,

est faible, ôt, et l’on sirs tuent il ne veut main une changera

at, c’est-àgoût pour u le rend y de ceux ‘; rien ne qu'on lui . Que de jcriture la J'ai passé, eux, et il 58 en Couierres qui patons enau paresla fourmi, apprenez i chef qui a soin de er dans la d dormirez- > sommeil ?

l’indigence

resse, c’est:

ner nos de:

r, en vue de ficultés du courage, et l’abord paru bligation de | nous CORaccompagne

rtable que ke

Hisrorres. — Allez à la fourmi, considerez sa conduite, et apprenez À devenir sage, disait souvent, d’après Salomon, un pasteur des âmes. Cette vie est le temps de la moisson, faites provision de bonnes œuvres, afin que vous ayez de quoi acheter le ciel. Paresseux, jusques à quand dormirez-vous ?

— Un saint homme disait chaque fois qu’il entendait l’horloge: «O mon Dieu! voilh une heure assée de celles qui « composent le nombre de mes jours: il udra que j'en rende « compte, ainsi que de tous les moments de ma vio.»

Exercices. — 1. Qu'est-ce

que la paresse, et de quoi est-elle la source ?—2, Quelles sont,

Pour un jeune homme, les suites de la paresse ?—3, Comment la paresse produit-elle la pusillani-

mité et l’inconstance ?—4, Citez quelques paroles de l’Ecriture propres à nous faire sentir les dangers de la paresse.—6, Que faut-il faire pour vaincre la paresse ?

= ere aenrenanee commen à = een comen eo

Page 1