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d'exercice à notre vertu par les combats que nous avons à soutenir pour éviter le mal et faire le bien. Si le Baptême nous délivrait de l'ignorance et de l’inclination au mal, nous ferions le bien sans peine ct comme naturellement ; et quel mérite y aurait-il à le faire s’il ne nous coûtait rien? Le Baptême imprime dans notre âme un caractère ou une marque spirituelle et ineffaçable qui consacre à Dieu ceux qui sont baptisés, et qui les distingue de ceux qui ne le sont pas. Ce caractère de consécration fait qu'on ne peut recevoir le
>aptème qu’une fois, car ce qui est une fois consacré à Dieu lui appartient par un droit inaliénable.
‘T6 Baptême est si nécessaire, qu’on ne peut être sauvé sans le recevoir, conformément à ces paroles de Jésus- Christ: « Si l’homme ne renaît de l’eau et de l'Esprit, il «ne peut entrer dans le royaume des cieux.» Mais il peut être suppléé ou par le martyre ou même par le désir du Sacrement, dans les cas où il y aurait impossibilité de le recevoir; et c'est pour cela qu'on distingue trois sortes de Baptème: le Baptême d’eau, le Baptême de désir, et le Baptême de sang. Il n'y a cependant que le Baptême d'eau qui soit un véritable Sacrement ; et si l'on donne le nom de Baptême aux deux autres, ce n’est que parce qu'ils suppléent au défaut de ce Sacrement lorsqu'on ne peut le recevoir, et qu'ils ont le même effet.
Le Baptême de désir doit être accompag :6 d’un véritable et sincère regret de ses péchés, avec un grand amour de Dieu.
Le Baptême de sang consiste À souffrir le martyre pour l'amour de Dieu et pour la foi de Jésus-Christ avant d’avoir été baptisé: on le nomme ainsi parce qu'on regarde celui qui meurt en souffrant pour la défense de la foi comme baptisé dans son sang, et qu’il obtient la même grâce qu’il aurait reçue par le Baptême d'eau, et même bien plus parfaitement, parce que le martyre est l’acte suprême de la charité.
Hisrorre. — J'ai connu une vertueuse femme, dit le pieux Bourdon, toute pauvre des biens de la vie présente, mais
très-riche des biens du ciel, pleine de l’esprit de Jésus-Christ
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et d’un amour tendre pour la sainte Vierye* Comme on élevait dans la ville qu’elle habitait une magnifique église, elle se sentit pressée d'offrir un écu, fruit de ses épargnes, pour contribuer en quelque sorte à la construction du pieux 6c ifice. Mais e prêtre à qui elle présenta son offrande ln refusa, et lui témoigna même qu’il serait bien aise de lui faire accepter quel ques secours, au lieu d’en recevoir d’elle, parce qu'il voyait bien à ses habits qu’elle était pauvre, Alors cette femme, avec une foi admirable, lui répondit: « Moi pauvre, mon pèré eh! « ne suis-je pas chrétienne, fille d’un grand roi, et héritière « d’un pat royaume?» Mois de Marie par le P. Dspussr.
ExeRCICES. — 1. Quel est le premier et le plus nécessaire de ‘ous les sacrements ?—2, Jusqu'à quel point le Baptême est-il scessaire, et comment peut-il être suppléé?—3. Les diverses manières de suppléer le Baptème sont-elles aussi des sacrements ?
ARTICLE II
Ministre du sacrement de Baptême.
Le Baptême étant aussi nécessaire qu'il l’est pour le salut, Jésus-Christ, en l'instituant, a donné aux hommes toutes les facilités imaginables de le recevoir ; c'est pour ce sujet que, quoique ordinairement il n’ ait que les prêtres qui aient droit de baptiser, et qu’il faille porter les enfants à l’église pour y recevoir ce Sacrement avec les cérémonies ordinaires, cependant toute personne peut baptiser dans le cas de nécessité; et le Baptême est valide, pourvu qu’elle verse de l’eau naturelle sur le baptisé en prononçant ces, paroles : Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Pour être véritablement baptisé, ii faut que l’eau ait touché quelque partie considérable du corps, autrement il faudrait regarder le Baptême comme douteux, et baptiser ensuite l'enfant sous condition.
C’est ce qu’on doit faire aussi si l’on a un doute fondé que l’enfant ait vie, ou qu'il ait été baptisé, ou qu’il lait été comme il faut, ainsi que dans d’autres cas extraordinaires; car alors on doit le baptiser ainsi, en disant lorsqu'on verse l'eau sur lui: ASÿ 4x es capable du Baptême, ou: Si tu n'es posnt baptisé, je te baptise au nom, eto.
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Le Baptême étant absolument nécessaire à tous les hommes, c’est une obligation à ceux qui se convertissent à la foi catholique, ayant l’usage de la raison, de recevoir ce Sacrement; mais alors on a soin de les disposer à cette grande action par une instruction sufisante et par la préparation de leur cœur, principalement en les excitant à la contrition de leurs péchés. Autrefois on n'administrait le Baptême à ces sortes de personnes que deux fois l’année, les veilles de Pâques et de la Pentecôte, à moins que quelqu’une ne fût en danger de mort, et c’est de là qu'est venue la pratique de bénir en ces deux jours l’eau qui doit servir au Baptême.
Hisrorre. — Un missionnaire du nouveau monde parcourait les régions les plus écartées pour gagner des âmes à Jésus- Christ. Ilse présenta un jour à lui un sauvage dont les dispositions lui parurent extraordinaires, Dès qu’il fut bien instruit des mystères de notre sainte Religion et de ce qui regarde les Sacrements, il lui administra le Baptême et la sainte Éucharistie, qu'il reçut avec les plus vifs transports de la reconnaissance et de l’amour. Le missionnaire partit pour aller faire d’autres excursions apostoliques, et revint un an après dans le lieu où était le sauvage devenu chrétien. Dès que celui-ci eut connaissance de l’arrivée du missionnaire, qu’il regardait comme son père, il se rendit auprès de lui, et le conjura de lui donner de nouveau la sainte communion. « Qui, mon fils, lui dit-il; mais il faut auparavant que vous cunfessiez les péchés mortels dont vous avez pu vous rendre coupable: ne craignez rien, je vous aiderai à vous accuser.— Quoi! mon père, répondit le sauvage avec étonnement, il y aurait des Chrétiens qui, après avoir été baptisés et voir reçu le corps de Jésus-Christ, seraient assez ingrats pour l’outrager par quelque péché mortel? Grâce à Dieu, je ne crois pas être coupable d'aucun de ces péchés.» Il fondait en larmes en accusant les fautes les plus légères. Le missionnaire, dans l’admiration, bénissait Dieu, voyant qu’il était servi et glorifié par des âmes fidèles et ferventes jusque parmi les peuples les plus sauvages.
Lettres édifiantes.
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ARTICLE III
Des Cérémonies du Baptême.
Comme le Baptême est le premier et le plus nécessaire des Sacrements, l'Eglise, afin de mieux faire connaître quelle en est l'excellence, et ce à quoi l’on s’engage en le recevant, veut qu’on l’administre avec un grand nombre de cérémonies. On fait très-souvent le signe de la Croix en administrant le Baptême, pour marquer que ce Sacrement tire toute sa valeur de la Croix de Jésus-Christ, et pour marquer que la vie d’un Chrétien est une vie de croix et de souffrances continuelles, et qu’il doit marcher sur les traces de Jésus-Christ. On y fait plusieurs onctions tant avec l'Huile des Catéchumènes qu'avec le saint Chrême, pour marquer l’onction intérieure de la grâce que le Saint-Esprit répand dans l'âme de celui qu’on baptise ; car, comme l'huile pénètre le corps, le fortifie et guérit ses plaies, ainsi la grâce qu’on reçoit dans le Baptême pénètre le cœur et le fortifie contre les passions.
Celui qui doit être baptisé reste d’abord À l'entrée de l’église, pour marquer qu'étant esclave du démon, il n’a aucun droit d'entrer plus avant dans la maison de Dieu, à cause du péché originel dont il est souillé.
Là le prêtre marque l'enfant du signe de la Croix sur le front et sur la poitrine; il fait sur lui des exorcismes pour éloigner de lui le démon; il lui met du sel dans la bouche pour signifier qu'il va lui communiquer l’esprit de sagesse. Puis, ayant de nouveau fait le signe du salut sur le front de l'enfant, avec défense au démon de jamais oser violer ce signe auguste, il invoque et conjure instamment Dieu, auteur de toute lumière et de toute vérité, en faveur du nouveau serviteur qui est présenté à son service. En introduisant l'enfant dans l'église, il demande aux parrain et marraine de réciter avec lui le Symbole des Apôtres, l'Oraison Dominicale et la Salutation Angélique.
Il fait encore des exorcismes, touche les oreilles de l’enfant “dé de la salive, en demandant qu’elles soient
ouvertes aux vérités du salut, et repousse de uouveau le démon.
Les exorcismes ainsi terminés, le prêtre exige une renonciation formelle à Satan, puis il fait à l'erfant Jonction avec l’Huile des Catéchumènes.
Ensuite il lui fait faire une profession de foi eu l’interrogeant sur les points principaux du “ymbol. Et enfin, sur son désir formellement exprimé, il lui admiaistre le Sacrement au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, et achève sa consécration par l'onction du saint Chrême au sommet de la tête, qu'il revêt ensuite d'un vêtement blanc, symbole de l’innocence de l'âmc régénérée par l’eau sainte qui vient de couler sur le front.
Les parrain et marraine interviennent dans le Bap: tôme solennel pour présenter à l’église celui qui doit être baptisé, être témoins de son Baptême, répondre pour lui s’il n’a pas l’usage de raison, et lui servir de caution pour la grâce reçue dans ce Sacrement.
L'obligation des parrains et des marraines est d'aimer leurs filleuls comme leurs enfants spirituels, et de veiller à leur éducation et à leur conduite pour qu’ils remplissent fidèlement les engagements de leur Baptême. Ils doivent y veiller par leurs prières, par leurs exemles et leurs avis dans les circonstances où ils le peuvent. Île contractent avec l’enfant, et les parents de l'enfant, une alliance spirituelle dont l’Eglise a fait un empéchement dirimant au mariage.
Hisroire. — On faisait des réjouissances à Rome, et l’empereur Dioclétien s’y étaitrendu. Le comédien Genès crut ne pouvoir mieux divertir la cour impie qu’en contrefaisant par dérision les cérémonies du Baptême. Il parut couché sur le théâtre comme s'il eût été a et demanda à être baptisé pour mourir tranquille. On fit paraître deux autres comédiens travestis, l’un en prêtre, et l’autre en exorciste. Ils s’approchèrent du lit et dirent à Genès: « Mon enfant, pourquoi nous faites-vous venir?» A l'instant le cœur de Genès fut changé, et il répondit très-sérieusement : « Parce que je veux recevoir la grâce de Jésus-Christ, et par la sainte régénération obtenir la délivrance de mes péchés.» On erut qu’il n’en jouait que mieux son rôle, On accomplit les cérémonies du Sacrement, et quand ou lui eut mis les habits blancs, des soldats le prirent en con-
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tinuant la farce, et le présentèrent à l’émipereut per être interrogé comme les Martyrs. Genès, profitant de la facilité naturelle qu’il avait pour la parole, d’un air et d’un ton inspirés, fit ce discours du lieu élevé où il était: «Ecoutez, empereur et courtisans, sénateurs, plébéiens ; tous les ordres de la superbe Rome, écoutez-moi. Ci-devant, lorsque j’entendais seulement roférer le nom de Jésus-Christ, j’en frissonnais d'horreur, et J'outrageais autant qu’ilétaiten moi ceux qui Rnpasee cette croyance. J’ai pris en haine plusieurs même de mes proches et de mes alliés À cause du nom chrétien, et j’ai détesté cette Religion au point de m’instruire exactement de ses mystères, comme vous avez pu le voir, afin d’en faire le jeu public; mais au moment que l’eau du Baptême a touché ma chair, mon cœur s’est changé, et À l'interrogation que l’on m'a faite, j'ai mn Tv sincèrement que je croyais. Je voyais une main 8’étendre du haut des cieux, et des anges étincelants de lumière planer audessus de moi. Ils ont lu dans un livre terrible tous les péchés que j'ai commis dès mon enfance, les ont effacés aussitôt après, puis m'ont remontré le livre plus blanc que la neige. Vous donc, maintenant, grand empgreur, et vous, spectateurs de toute condition que nos jeux sacriléges ont fait rire de ces divins mystères, croyez avec moi, qui suis plus coupable que vous, croyez que Jésus-Christ est le Seigneur digne de nos adorations, et tâchez d’en obtenir aussi miséricorde,»
L'empereur Dioclétien, également irrité et surpris, fit d’abord frapper Genès À coups de bâton, puis il le remit au préfet Plautien, afin de le contraindre à sacrifieraux idoles. Le préfet employa toutes les tortures en pure perte; Genès répondit constamment: «[l n’est point de maître comparable à celui qui vient de m'apparaître; je l'adore et le chéris de toute mon âme: quand j'aurais mille vies à perdre, rien ne me séparera de lui: jamais les tourments ne m'ôteront Jésus-Christ de la bouche et du cœur; je sens le plus vif regret de tous mes égarements passés et de ce que j’ai commencé si tard à le servir.» On s’aperçut que son éloquence faisait impression, et on s’empressa de lui trancher la tête.
On doit cependant remarquer qu’une cérémonie aussi impie dans son principe ne put être pour saint Genès un Baptême de salut que par une grâce toute miraculeuse, par laquelle Dieu excita dans le cœur de ce saint une vraie et sincère douleur de ses fautes.
Exercices. — 1, Rapportez en peu de mots les principales cérémonies du Baptême.—?, Pourquoi donne-t-on un narrain tt une marraine à ceux qui reçoivent le Baptême?—8, Quelle est l'obligation des parrdins et marraines envers les baptisés et envers l'Égliso?
ARTICLE IV
Promesses du Baptême.
Présentés à l’église pour y recevoir le saint Baptême, on nous a demandé si nous croyions en Dieu, si nous voulions vivre selon les maximes de l'Evangile, et si nous renoncions de cœur et d'affection au démon et à ses pompes, au monde et à ses maximes, et ce n’est qu'après une réponse formelle et affirmative qu'on nous a admis au nombre des enfants de Dieu.
C’est donc à la face du ciel et de la terre, en présence de Dieu et de ses Anges, que nous avons promis de nous soumettre à la Loi de Jésus-Christ, et de l’observer dans toute son étendue. Nous n'avions pas, il est vrai, l'usage de la raison quand nous avons reçu le Baptême; mais c’est pour nous et en notre nom que ces promesses ont été faites; nous les avons ratifiées depuis, toutes les fois que nous avons fait profession publique du Christianisme; nous les ratifions encore tous % jours par le signe de la Croix, la récitation de l’Oraison Dominicale, l'assistance au saint sacrifice de la Messe, la participation aux Sacrements. Nous ne sommes donc plus à nous, nous appartenons à Dieu; notre âme, notre corps, tout est à lui. Suivre les maximes du monde, rechercher ses vanités, aimer les pompes du démon, rougir de l'Evangile, ce serait renoncer à la qualité de Chrétien, violer ses engagements, devenir prévaricateur, fouler aux pieds le sang de Jésus-Christ, outrager l'Esprit saint, et le chasser honteusement de son cœur. N'oublions donc jamais que ces promesses sont écrites dans le livre de vie, que Dieu les garde dans le ciel, et qu’elles deviendront le sujet du jugement que nous aurons à subir à l'heure de notre mort. Notre salut, notre éternelle destinée dépend de notre fidélité à les remplir. Pour ne pas les oublier, nous devons les renouveler souvent, et remercicr sans cesse ie Seigneur de nous avoir arrachts à la puissance des ténèbres pour nous appeler au royaume de son Fils.
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en présence mis de nous > l’observer , il est vrai, çu le Bapom que ces fiées depuis, on re tous les ie l’Oraison e la Messe, ommes donc notre âme, paximes du pompes du ioncer à la its, devenir ésus-Christ, usement de s promesses 1 les garde lu jugement ort. Notre re fidélité à devons les ie Seigneur nèbres pour
Hisroire, — Nous lisons dans l'Histoire de l'Églisé qu'un saint diacre nommé Murrita, ayant tenu sur les fonts sacrés un jeune homme nommé Elpidophore, eut la douleur de le voir devenir apostat, et persécuteur des Chrétiens. Un jour qu'il exerçait publiquement la persécution au milieu d’une foule immense, le saint diacre parut tout à coup; il avait conservé les vêtements blancs dont Elpidophore avait été revêtu lorsqu fut baptisé, et, les lui montrant, il lui adressa ces fou-
royantes paroles: « Voilà les témoins de ton apostasie; ces
témoins t’accuseront au tribunal du souverain Juge, La voilà,
cette robe blanche dont je t’ai revêtu sur les fonts sacrés; elle
demandera vengeance contre toi; elle se changera en un vête-
ment de feu, de flammes qui te dévoreront pendant l'éternité
out entière.» Ceux qui entendirent ces paroles fondirent en larmes, et Elpidophore se retire couvert de confusion. Histoire de l'Eglise.
Exercices. — 1. Quelles sont les promesses du Baptême, et quelle est leur importance pour le salut?—2. Les promesses du Baptême obligent-elles, quoiqu’on les ait fLites par l’orgaue des parrains et marraines avant d’avoir l'usage de la raison ?— 3. Quand et comment ratifie-t-on les promesses du Baptême? —4. Pourquoi faut-il renouveler souvent les promesses du Baptême ?