DU SACREMENT DE L'ORDRE
Les cinq premiers sacrements sont communs à tous les Chrétiens, et tous doivent les recevoir dans le tem et dans les circonstances où ces secours leur sont nécessaires : les deux suivants sont particuliers à deux états qui, par leur importance et les grandes obligations qu’ils imposent, ont besoin de grâces toutes partisulières.
mourir mal, ce qui est le plus grand de tous les .
Le sacrement de l'Ordre donne à l'Eglise des pasteurs
‘qui la gouvernent:; c’est par l'imposition des mains et 8 ; P P
par la prière dont elle est accompagnée qu'ils sont séparés du reste des fidèles, et qu’ils reçoivent le pouvoir d'annoncer l'Evangile, d’administrer les Sacrements, d'offrir le saint Sacrifice; en un mot, d'exercer le saint ministère. Jésus-Christ institua ce sacrement lorsqu'il appela les Apôtres et qu’il leur dit: «Je vous envoie «comme mon Père m'a envoyé; allez, instruisez les « nations; baptisez-les. Recevez le Saint-Esprit; les « péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, « ete. »» et lorsque, après avoir établi le Sacrifice de son corps et de son sang, il ajouta: « Faites ceci en mémoire « de moi.»
L'Ordre est done un sacrement qui donne le pouvoir de faire les fonctions ecclésiastiques et la grâce pour les exercer saintement. ‘es Apôtres n’ont pas reçu ce pouvoir pour eux seuls, mais pour le communiquer à d’autres. Nous voyons dans l'Ecriture qu'ils ont ordonné des évêques, des prêtres et des diacres par l'imposition des mains; et nous lisons dans l’Histoire ecclésiastique que les premiers évêques, établis par les Apôtres, en ont ordonné d'autres pour leur succéder : et cette succession, qui n’a jamais été interrompue, continuera dans l’Église jusqu'à la fin des siècles.
On parvient au Sacerdoce par plusieurs degrés ou ordres différents. Il y a quatre ordres qu’on appelle mineurs, savoir: celui de portier, de lecteur, d’exorciste et d’acolyte; et trois majeurs, savoir: le sousdiaconat, le diaconat et le sacerdoce.
Un état si saint demande de grandes dispositions dans ceux qui veulent l’embrasser. La première est d'y être appelé et de ne pas s’y ingérer de soi-même. S'il n’y a aucun état où il soit permis d'entrer sans avoir consulté Dieu pour savoir s’il nous y appelle, cette précaution est bien
lus nécessaire encore quand il s’agit du Sacerdoce, dont les fonctions sont si saintes et si sublimes. «Ce n’est pas vous, disait Jésus-Christ à ses Apôtres, ce n’est pas vous qui m’aves choisi; mais c'est moi qui vous ai établis, afin que vous alliez et que vous portiez du fruit.»
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La seconde disposition pour entrer dans l’état ecelésiastique, c’est d’être animé du zèle de la gloire de Dieu et du salut du prochain. Malheur à ceux qui n'auraient en y ev-rant que des vues humaines, qui ne consulteraient que l'intérêt ou l’ambition, qui ne se proposeraient que de s’y enrichir et d'y vivre plus commodément et plus honorablement! La troisième disposition est d’être irréprochable dans ses mœurs ; il rerait bien à souhaiter que l’on eût conservé la grâce de son Baptême : du moins faut-il lavoir recouvrée depuis longtemps, et mener une vie édifiante et exempte de reproche. ŒÆEnfin la quatrième disposition est d’être en état de grâce; ce serait un horrible sacrilége de recevoir un sacrement si saint avec une conscience souillée par le péché mortel.
Hisrorre. — Savez-vous ce que c’est qu’un prêtre, vous que ce seul nom irrite ou fait sourire de mépris? Un prêtre est par devcir l’ami, la providence vivante de tous les malheureux, le consolateur des afigés, le défenseur de quiconque est privé de défense, l'appui de la veuve, le père de l’orphelin, le réparateur de tous les désordres et de tous les maux qu’engendrent vos passions et vos funestes doctrines. Sa vie entière n'est qu’un long et héroïque dévouement au bonheur de ses semblables. Qui ds vous consentirait comme lui à échanger les joies domestiques, toutes les Jjouissances, tous les biens que les hommes recherchent si avidement, contre des travaux obscurs, des devoirs pénibles, des fonctions dont l’exercice brise le cœur et rebute les sens, pour ne recueillir d’autre fruit de tant de sacrifices que le déain, l’ingratitude et l’insuilte ! :
Vous êtes encore plongés dans un profond sommeil, et déjà l’homme de charité, devançant l’aurore, a recommencé le cours de ses bienfaisantes œuvres. Il a soulagé le pauvre, visité le malade, essuyé les pleurs de l’infortune ou fe’t couler ceux du repentir, instruit l’ignorant, fortifié le faible, affermi dans la vertu les âmes troublées par les orages des passions, Après une journée toute remplie de pareils bienfaits, le soir arrive, mais non: le repos... À l'heure où le plaisir vous appelle aux spectacles, aux fêtes, on accourt en grande hâte auprès du ministre sacré: un chrétien touche À ses derniers moments, il va mourir, et peut-être d’une maladie contagieuse; n'importe, le bon pasteur ne laissera point expirer sa brebis sans adoucir ses angoisses, sans l’environner des consolations de l'espérance et de la foi, sans prier à ses
Le
eôtés ie Dieu qui mourut pour elle, et qui lui donne à ot instant même, dans le Sacrement d’amour, un gage certain
de l’immortalité.
Il est encore plus aux yeux de la Foi; il est le ministre de
Jésus-Christ sur la terre, son représentant chargé d’exercer des fonctions qui n’ont pas même été confiées aux Anges.
Voilà le prêtre, non tel que l’aversion se plaît à se À figurer, mais tel que réellement il existe au milieu de vous.
Exenotces. — 1. Quelle différence y a-t-il entre les cinq premiers sacrerments et les deux derniers, per rapport à tous 1es Chrétiens ?—2. Qu'est-ce que le sacrement de l'Ordre, et quel pouvoir donne-t-il?—8. Nommez les divers degrés par lesque:a on parvient au sacerdoce, qui complète ce sacrement.—4. Quelles dispositions faut-il apporter à la réception de ce sacrement ?
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