‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme] (volume 2)Chapitre 92 sur 111 · DE L'EXTREME-ONCTION · texte numérisé non relu

DE L'EXTREME-ONCTION

Dieu, qui est infiniment bon, ne nous a pas seulement préparé des secours salutaires pour le cours de notre vie et dans l’état de la santé, il a encore établi un sacrement pour nous soulager dans le temps de la maladie, et surtout aux approches de la mort, où les tentations sont plus yiolentes et plus dangereuses. Ce sacrement s'appelle l’'Extrême-Onction, parce que c’est ia dernière des onctions que reçoit un chrétien. La première onction se fait dans le Baptême, la seconde dans la Confirmation, et la dernière dans une maladie qui met en danger de mort.

Jésus-Christ a institué l’Extrême-Onction pour le soulagement spirituel et corporel des malades. L’apôtre saint Jacques nous l’explique en ces termes : « Quelqu'un «est-il malade parmi vous, qu’il appelle les prêtres de « l'Eglise, et qu’ils prient sur lui, l’oignant d'huile au «nom du Seigneur; et la prière de la foi sauvera le « malade: le Seigneur le soulagera, et, s’il est coupable « de péchés, ils lui seront remis.»

Selon ces paroles, deux choses sont essentielles à ce sacrement, l’onction et la prière qui l'accompagne: l’onction se fait avec l’huile d'olive que l’évêque bénit le Jeudi saint. L’Huile sainte s'applique à chscun des cinq sens pour le purifier des péchés dont il a été l’organe et l'instrument. Voici la prière que le prêtre prononce en même temps: «Que le Seigneur, par « cette Onction de l’huile sacrée et par sa très-grande « miséricorde, vous pardonne tous les péchés que vous « avez commis par la vue, par l’odorat, etc.» Prière puissante et efficace, puisque Notre-Seigneur a promis, par la bouche de son Apôtre, qu’il l’exaucerait toujours.

Il ÿ a trois principaux effets de ce sacrement : le premier, c’est de donner de la force aux malades contre

les tentations du démon et contre les horreurs de la des

| ‘mort; il affermit leur foi et leur confiance en Dieu, et if, par là il les fortifie contre les attaques du démon; il ss

| excite dans leur cœur le désir et l’espérance de posséder E

| Dieu, et par là il les fortifie contre la crainte de la mort: Il a plus ce désir est ardent et cette espérance ferme, moins ns

d on craint de mourir. a

| Le second effet de l’Extrême-Onction est d’effacer les peu

1 l restes du péché et les péchés mêmes, s’il y en a encore on | ll | quelques-uns à expier; c’est pour cela que les Pères de que h | l'Eglise l’appellent la perfection et le complément de la san | Pénitence. On entend par les restes du péché une fai- vou: blesse et une langueur de l’âme qui restent après que le Ai

péché a été pardonné, qui fait que l’on conserve encore Er

du penchant pour les choses de la terre, qu’on a peu .

de goût pour les choses spirituelles; le sacrement ôte enfs

dette faiblesse, en nous détachant du monde et nous

faisant désirer le ciel. Il remet encore les péchés véniels, Fra

et même les péchés mortels dont on ne se souvient pas, voir

ou que l’on est hors d'état de confesser, pourvu né- : ayai

anmoins qu'on en ait une véritable contrition; mais sent

il faut, s’il est possible, avoir recours au sacrement

de Pénitence auparavant, car l’Extrême-Onction est un E:

sacrement des vivants, que l’on doit recevoir en état de nous

grâce. la m

Le troisième effet de l’Extrême-Onction est de rendre men

la santé aux malades, si elle est nécessaire pour leur on

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Il ne faut pas attendre, pour recevoir ce sacrement, qu’on soit à l'extrémité ; il sufit qu’on soit dangereu- ee : sement malade; et quand on le reçoit avec un jugement à | sain et libre, on s’y dispose mieux, et l’on en tire plus de fruit. D'ailleurs, en différant jusqu’au dernier moment, on court risque de mourir sans l'avoir reçu; il arrive souvent que ceux qui retardent ainsi sont pré- L

venus par la mort.

L , : les ( Quoique ce sacrement ne soit pas d'une nécessité sd absolue, on est cependant obligé de le recevoir quand on hf Lx : saire

le peut; c’est le moyen ordinaire pour obtenir une ii bonne mort; éeux qui le négligent désobéissent au Ke &, 2 “ 10 p

précepte de Jésus-Christ; ils se privent volontairement

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des grises qui lui sont propres, et se mettent en danger de malheurs.

Hisrorres. — Un père était très-dangereusement malade, II avait une fille âgée d'environ huit ans, qui avait bien profité des instructions qu’elle avait entendues au catéchisme, Se trouvant seule avec son père, ell lui dit: « Papa, papa, vous êtes bien malade, le médecin a dit que vous mourrez peut-être demain. Maman est dans sa chambre qui leure ; on la console. J’ai entendu dire au Catéchisme, à M. e Curé, que c’est un très-grand péché de laisser mourir les malades sans confession. Personne n’ose vous dire qu'il faut que vous vous confessiez.—Je te remercie, lui dit-il ; Va, mon enfant, va tout de suite chercher M. le Curé. Que le Seigneur te bénisse ; je te devrai mon salut.» Le curé vint, etadministrA le malade, qui mourut le lendemain. Il avait dit plusieurs fois, après avoir reçu les Sacrements: « Sans ma petite, sans ma chère enfant, qu’allais-je devenir ?» Lasausse.

— Saint Martin, évêque de Tours, saint Louis, roi de France, et Louis le Gros, aussi roi de France, voulurent recevoir l’Extrême-Onction et mourir couchés sur un cilice, et ayant sur eux de la cendre, pour s’exciter par là à de grands sentiments de pénitence; ce qui inspira les mêmes sentiments à ceux qui les assistèrent en ces derniers instants.

Exxroices. — 1. Quel sacrement Jésus-Christ a-t-il établi pour nous soulager dans le temps de la maladie et aux approches de la mort?—2. Combien y a-t-il de choses essentielles au sacrement de l’Extrême-Onction, et en quoi co'isistent-elles ?—8. Quels sont les principaux effets de ce sacrement ?—4, Quand est-il à propos de recevoir l’Extrême-Onction, et de quoi se priverait-on en le négligeant ?

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