‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme] (volume 2)Chapitre 95 sur 111 · DE LA PRIÈRE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DE LA PRIÈRE EN GÉNÉRAL

ARTICLE PREMIER

Nécessité de la Prière.

Nous avons parlé des Sacrements comme d’un premier moyen pour obtenir la grâce; la Prière en est un second. (C’est une élévation de notre esprit et de notre cœur vers Dieu pour lui rendre nos devoirs, et pour lui demander les choses qui nous sont nécessaires.

La Prière est un devoir indispensable, que l’on ne peut omettre sans péché: Jésus-Christ nous en a fait un commandement exprès; et ce précepte est souvent répété dans l'Evangile: Veillez, nous dit-il, et priez ; ril faut toujours prier, et ne point se lasser de le faire. De là ce reproche qu'il fait à ses Disciples : « Jusqu'ici «vous n’avez rien demandé en mon nom; demandez, «et vous recevrez.» Il a pratiqué lui-même ce qu'il nous commande; il passait souvent les nuits à prier, ou, pour mieux dire, toute sa vie a été une prière con-

tinuelle. Jésus-Christ n'avait certainement pas besoin de prier pour lui-même; mais il voulait nous donner l'exemple et nous engager par là à nous livrer à ce saint exercice; nous avions besoin qu'il priât pour nous, et

qu’il nous montrât l'obligation où neus sommes de prier.

emier

n senotre ir lui

n ne a fait avent rie ; faire.

qu'ici ndez, qu'il prier, } con- )esoin

Ce saint exercice est d’une nécessité indispensable ; et quand même l'Evangile ne nous ferait pas une loi positive le prier, et de prier sans cesse, le sentiment de notre misère suffirait seul pour prouver cette nécessité. Les besoins toujours renaissants de notre âme et dé notre corps ne nous avertissent-ils pas continuellement ‘e recourir à Celui qui peut seul y rémédier ? N'est-ce pas le partage des misérables de gémir et .de solliciter du secours ?

Notre indigence st extrême, les biens qui nous manquent sont d’un prix infini. Dieu est prêt à nous les accorder; non-seulement il nous permet, mais il nous commande de les lui demander. Ce n’est pas qu’il ignore nos besoins: il les connaît mieux que nous ne les connaissons nous-mêmes; il exige cependant que nous les lui exposions, pour nous faire désirer avec plus d’ardeur les biens qu’il nous prépare, et pour nous rendre, par ce désir, plus capables de les recevoir.

Le désir des biens spirituels s’enflamme par l'exercice de la prière; et plus ce désir est ardent, plus on reçoit de Dieu: il remplit ceux qui sont affamés, et il renvoie vides ceux qui se croient riches, et qui s’imaginent n’avoir besoin de rien.

Si Dieu nous accorde ses biens sans attendre nos prières, nous serons portés à nous les attribuer; mais quand, après avoir senti notre misère et notre impuissance, nous recourons à lui, nous ne pouvons alors nous dissimuler à nous-mêmes notre dépendance; nous sommes obligés de reconnaître que nous ne pouvons rien sans lui, et que tout ce que nous en recevons est un don de sa pure libéralité : cet humble aveu de notre indi-. gence nous dispose à recevoir ses bienfaits avec abondance.

Appliquons-nons done à ce saint exercice; ne croyons pas que, pour remplir ce devoir essentiel, il suffise d’y employer quelques moments rapides, et de passer le reste du temps sans penser à Dieu; il faut avoir souvent recours à la prière, et y persévérer longtemps. Dieu veut être sollicité, pressé, importuné : il ne se lasse pas de nous écouter; le trésor de ses grâces est infini, et on ne peut rien faire qui lu soit

lus agréable que de demander sans cesse à y puiser.

es rois de la terre ne permettent pas à toutes sortes äe personnes de leur parler: c’est une faveur qu’ils n’accordent qu’à leurs favoris, et dans certains moments; mais il n’en est pas ainsi de notre Dieu: il nous permet de lui parler à toute heure, de lui présenter nos besoius, et de réclamer son secours: il nous ordonne même de le faire en toute liberté, et si l’on ne se présente pas devant lüi, il s’en offense. Quel honneur pour une vile créature de s'approcher ainsi de son Dieu, de lui communiquer ses pensées, ses inquiétudes, ses désirs avec une sainte liberté, avec une douce confiance! Ne serait-ce pas mépriser sa bonté que de ne pas profiter de la faveur qu'il nous accorde de nous écouter, et de s'intéresser à tout ce que nous désirons ?

Hisroires. — La prière est la porte par laquelle le Seigneur nous fait passer ses grâces, disait sainte Thérèse. Si cette porte est fermée, qu’allons-nous devenir? Héias! ajoutait-elle, j’en ai fait l'expérience. J’eus le malheur d’abandonrer la prière aentale, et je devenais tous les jours moins chrétienne. Si je n’eusse repris ce saint exercice, j'étais perdue.

Vie de sainte Thérèse.

— David, quoique placé sur le trône et occupé dec affaires de son royaume, avait coutume de prier sept fois le jour, ainsi qu’il le dit lui-même; il se levait la nuit pour prier. Inspiré de l'Esprit de Dieu, il composa ces cantiques sublimes, que l’on appelle les Psaumes, qui sont encore chantés dans l’Eglise.

— Plusieurs grands princes, tels que Charlemagre, saint

Louis, et saint Henri empereur, observaient religieusement la

ratique de réciter chaque jour l'office de l'Eglise, et se levaient Ë nuit pour assister aux prières des Matines,.

— Un auteur non suspect, et qui a écrit sous l’influence de la philosophie du dix-huitième siècl?, alors dans toute sa nouveauté comme dans toute la violence de sa haine contre le Christianisme, a fait la réflexion suivante: « Chez les Romains, «en se mettant à table, le maître de la maison prenait une « coupe de vin et en versait quelques gouttes À terre: ces «iibations étaient un hommage qu’ils rendaient à ia Provi- « dence. De tout temps les Chrétiens, avant et après le dîner + et le souper, ont fait une prière à Dieu pour le remerrier du

Juiser.

tes àe | n’acnents; )ermet eSOiUS, » de le levant éature aiquer sainte as mér qu'il out ce

igneur e porte le, j'en prière . Sije

affaires r, ainsi piré de ue l’on lise.

à, saint nent la evaient

once de sa nountre le )mains, ait une re: ces

Provie dîner cier du

« repas qu’ils allaient prendre ou qu’ils avaient pris. N'est-il « pas bien condamnable et en même temps bien ridisale qu’en « France, depuis cinquante ans, cet acte si naturel de recon- « naissance et de religion ait été regardé, par les personnes du « grand monde, comme une petite cérémonie puérile, une « vieille mode que le nouveau bel usage doit proscrire? Nos «inférieurs, en devenant, À notre exemple, ingrats envers « Dieu, s’habituent à l’être envers nous.»

Exercices. — 1, Expliquez quel est le second moyen d'obtenir la grâce.—2. Par quelles paroles Jésus-Christ nous a-t-il prescrit l'exercice de la prière, et quels exempies nous en a-t-il donnés ? —8. Qu’est-ve qui rend l'exercice de la prière si nécessaire ? — 4. Suffit-il de donner quelques moments à la prière ?—5, Est-il de notre intérêt de beaucoup prier ?

ARTICLE II

Eficaciié de la Prière.

Tout est promis à la Prière: elle obtient tout quand elle est bien faite. C’est une vérité répétée presque à chaque page de l’Ecriture; la promesse de Jésus-Christ 4 est formelle: « Demandez, et vous recevrez; cherchez, «et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. Tout «ce que vous demanderez dans la prière, si vous le de- « mandez avec foi, vous l’obtiendrez.» Il ne s’est pas même contenté de nous déclarer qu’une prière bien faite est toujours exaucée; il nous l'a assuré avec serment : « En « vérité, en vérité je vous le dis, tout ce que vous de- « mauderez à mon Père en mon nom, il vous le donnera.» Enfin, pour dissiper tous nos doutes, il ajoute cette preuve, qui est bien capable de ranimer les esprits les plus découragés: « Y a-til parmi vous un père qui « donne une pierre à son fil, quand il lui demande du «pain ? et s’il lui demande un poisson, lui donnera-t-il «un serpent?..Si donc, tout méchants que vous êtes, « vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, «combien plus votre Père céleste donnera-t-il les vrais « biens à ceux qui les jui demandent ?» Après une promesse si formelle, il faudrait avoir perdu 4 foi pour douter LE l'efficacité de la prière. Si l’on compte sur les

€ re TT

promesses d’un homme de bien, combien plus doit-on compter sur la promesse et le serment de Jésus-Christ, qui est la vérité même! Donner entrée dans son cœur à la défiance, ce serait lui faire injure. Eh! d’où pourrait donc lui venir cette défiance? Serait-ce de notre indignité? Mais la bonté de Dieu pour nous n'est-elle pas toute gratuite? Mais l’aveu même de notre indignité n'est-il pas un titre pour avoir accès auprès d’une miséricorde que les plus grands crimes ne peuvent épuiser, et qui invite les plus grands pécheurs à s’approcher d’elle avec confiance? Mais n'est-ce pas au nem de Jésus-Christ que nous prions ? et notre indignité n'est-elle pas couverte par ses mérites infinis? Non, jamais la prière du pécheur qui s’humilie n’a été rejetée; elle s'élève jusqu'au trône de Dieu, et elle attire infailliblement un regard de miséricorde sur celui qui la

! fait.

« Est-il quelqu'un, dit le Prophète, qui ait invoqué « le Seigneur, et qui en ait été méprisé? Nos pères ont «crié vers le Seigneur, et ils ont été délivrés; ils ont «espéré dans le Seigneur, et ils n’ont point été con- «fondus: quiconque invoquera le nom du Seigneur «sera sauvé.» (Cette confiance pleine, entière et sans bornes, honore Dieu; c’est un hommage rendu à sa puissance, à sa bonté, à sa fidélité dans ses promesses ; elle obtient tout, Dieu ne lui refuse rien. Moïse prie sur la montagne, et les ennemis du peuple de Dieu sont vaincus; Judith prie, et sa patrie est délivrée; le pieux roi Ezéchias prie, et Dieu révoque l'arrêt de mort qu’il avait prononcé contre lui; le Publicain prie dans le Temple, et il en sort justifié; la femme pécheresse prie, et ses péchés lui sont remis; le bon larron prie sur la croix, et quoiqu'il fût chargé des crimes les plus énormes, il en obtient le pardon. Voilà pourquoi saint Jean disait: « Ce qui fait notre confiance en Dieu, «c’est qu’il nous exauce en tout ce que nous lui de- « mandons qui est conforme à sa volonté: car nous « savons qu’il nous exaucera en tout ce que nous lui de- « manderons, et nous le savons, parce que nous avons « déjà reçu l'effet des demandes que nous lui avons « faites.» N’alléguons donc plus notre faiblesse quand

Le

Ê ment

i1:G Li

prier rites que

doit-on Christ, n cœur ù pourre indiest-elle e indiy d’une Jeuvent à s’appas au dignité

Non, té reje- > attire i qui la

nvoqué res ont ils ont té coneigneur et sans u à sa messes ; ise prie ieu sont rée; le rrêt de in prie | péche- \ larron imes les ourquoi n Dieu, lui dear nous s lui de- S avons i avons > quand

on nous exhorte à pratiquer la vertu; ne disons plus que notre penchant pour le mal nous entraîne, que nous ne pouvons résister à la violence de nos passions. Nous pouvons prier, et la prière soutiendra notre faiblesse; nous pouvons prier, et la prière nous fortifiera contre nos mauvais penchants; nous pouvons prier, et la prière modérera la violence de nos passions. Nous avons besoin de grâces pour pratiquer la sagesse; demandons-les, et Dieu nous les accordera. « Si quel- «qu'un de vous manque de sagesse, dit l’apôtre saint « Jacques, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous « libéralement, et la sagesse lui sera donnée.» On ne manque donc jamais d’obtenir de Dieu les secours qu’on lui demande comme il faut; et si nous ne les obtenons pas, c’est toujours notre faute; c’est que nous ne recourons pas à Dieu avec des dispositions suflisantes, et surtout avec cette confiance qui obtient tout.

Hisrorre. — Saint Jean Chrysostome ne craint pas d’avancer que la prière est, en quelque sorte, plus puissante que Dieu même, puisqu’elle vient à bout de le fléchir, de lui faire rétracter les sentences qu’il a portées contre nous. En voici un exemple: Les Israélites ayant transgressé les lois du Seigneur, et élevé dans le désert un veau d’or pour l’adorer, Dieu, toujours clément, semble craindre la puissance de l’intercession de Moïse. « Laisse agir ma colère, dit-il à son serviteur: ne t’oppose pas à ce que j’extermine ce peuple infidèle.» Mais, vaincu par les prières instantes de Moïse, il n’exécuta pas, dit l’Ecriture, le mal qu’il avait prononcé contre son peuple.

ExerCICES. — 1. Quel est le pouvoir de la prière, et où en trouvons-nous la preuve ?—2. Donnez quelques exemples de ce pouvoir.

ARTICLE III

Qualités de la Prière.

Les grands avantages de la Prière sont attachés à la

. maniäes Aané an son iitis As 42 dl...

+ n e’onnuitis As ne laure Das LE IaRiCre GOnt OR Sacquitie ue Ce GCvVOir. rOur Dien RE " : ati prier, il faut d’abord que ce soit au nom et par les m rites de Jésus-Christ; il n’a promis de nous accorder que ce que nous demanderions en son nom: c’est pour

cela que l'Eglise termine toutes ses prières par ces paroles: Nous vous en prions par Jésus-Christ notre Seigneur.

Secondement, il faut prier avec attention, c’està-dire penser à Dieu et à ce qu’on lui demande. Dieu écoute bien plus les paroles du cœur que celles de la bouche. La prière est une élévation de notre âme vers Dieu; ce n’est done pas prier que de penser à toute autre chose qu’à Dieu quand on lui parle. Il est vrai que les distractions, quand elles sont involontaires, ne rendent pas la prière mauvaise; mais Dieu est offensé par celles auxquelles on a donné occasion par sa faute, ou qu'on ne rejette point après qu'on s’en est aperçu. Ou mérite alors ce reproche que Dieu faisait autrefois aux Juifs: « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son « cœur est loin de roi.»

Troisièmement, il faut prier avec confiance. Notre Seigneur, en nous promettant d’exaucer nos prières, y met toujours cette condition: pourvu qu’elles soient faites avec foi; il disait ordinairement à ceux qui s’adressaient à lui pour obtenir leur guérison: Qu'il vous soit fait selon votre foi. Notre confiance ne saurait être trop ferme, puisqu'elle est appuyée sur la puissance de Dieu, qui peut faire infiniment plus que nous ne lui demandons; sur sa miséricorde, qui n’a point de bornes; et sur les mérites infinis de J'ésus- Christ, au nom duquel nous prions. Eh quoi! nous nous adresserions avec confiance, dans nos besoins temporels, à un ami riche, puissant et éprouvé, et nous en manquerions en nous adressant à Dieu pour les besoins même spirituels, quoiqu'il nous commande et qu’il nous invite lui-même à recourir à lui comme à un bon Père! Une telle défiance ne serait-elle pas injurieuse à sa tendresse? Qu'est-ce donc que la bonté des hommes comparée à celle de Dieu ?

Enfin il faut prier avec persévérance; Dieu, par une conduite pleine de sagesse et de bonté, diffère quelquefois de nous accorder ce que nous lui demandons; ce

délai n’est pas un refus, mais une épreuve. Il veut par là nous faire connaître le prix de ses dons, augmenter l’ardeur de nos désirs, et nous disposer à les recevoir

avec ni 8€ pour se se veuv d'un secon va d derni conti sa p< dem:

une et pa que

où n:

avait la pi obtie

Hi jeun matit de to « mA «que enfar les se

ces pat notre

c’est- Dieu , de la me vers à toute est vrai ires, ne offensé a faute, aperçu.

utrefois ais son

Notre prières, s soient UX qui : Qu'il nce ne yée sur nt plus rde, qui e Jésus- Jus nous mporels, en manbesoins lil nous n Père!

\ sa ten- 168 ComM-

par une quelquelons; ce veut par igmenter recevoir

avec plus d’abondance. On re doit pas se décourager ni se lasser de prier: Jésus-Christ nous l’ordonne, et pour nous faire sentir la nécessité de la persévérance, il se sert de deux comparaisons : la première est celle d’une veuve qui, par ses importunités, touche enfin le cœur d'un mauvais juge et le force à lui rendre justice; la seconde est celle d’un homme qui, au milieu de la nuit, va demander à son ami trois pains à emprunter. Ce dernier refuse de se lever; l’autre ne se rebute point, il continue de frapper à la porte, et il redouble ses prières : sa persévérance est récompensée, et il obtient ce qu'il demandait. Nôtre-Seigneur termine cette parabole par une exhortation vive et pressante de prier sans relâche, et par une promesse formelle de nous accorder tout ce que nous demanderons avec persévérance. Le moment où nous cesserons de prier est peut-être celui que Dieu avait destiné pour nous exaucer. Retenez bien ceci : c’est la prière qui demande, mais c’est la persévérance qui obtient.

Histoire. — C'était, dit un pieux auteur, la pratique d’un jeune enfant de qualité doflrir son cœur à Dieu, tous les matins, avec beaucoup de ferveur, ce qui était comme l’âme de toutes les actions qu’il faisait pendant le jour. «Si je « manque, disait-il, à ce devoir, comme il 1..'est arrivé quel- « quefois, je suis dissipé tout le reste de la journée.» Cesaint enfant, n’ayant pas encore l’âge de douze ans, mourut avec les sentiments d’une rare piété. «Mon Dieu, s’écriait-il de « temps en temps, étant près d’expirer, je vous ai fait presque « tous les jours un sacrifice de mon cœur, je vous en fais un « maintenant de ma propre vie.»

Imitons ce pieux enfant, et soyons exacts, comme lui, à offrir tous les matins notre cœur à Dieu, afin de mourir, comme lui, dans les sentiments d’une vraie piété.

ARVISENET, le bon Ange de l'Enfance.

Exercice. — 1. À quelles conditions est attaché le succès de la prière, et en quoi cunsistent-elles ?

Page 1