‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 106 sur 141 · DU MAINTIEN DE TOUT LE CORPS · texte numérisé non relu

DU MAINTIEN DE TOUT LE CORPS

Il est plus important qu’on ne pense d’accoutumer les enfants à tenir tout leur corps dans une situation conve: nable : l'honnêteté et la pureté des mœurs l’exigent également.

Les jeunes gens ne sont que trop sujets aux défauts qni blessent en ce genre l'honnêteté et les convenances. Il faut donc leur faire éviter cette affectation ridicule qui met le corps à la gène et le rend semblable à une machine dont les mouvements sont mécaniquement ordonnés ; une démarehe guindée ou composée avec art n’est pas moins opposée à la modestie qu'une négligenee qui annoncerait de la paresse et peu d’élévation dans les sentiments.

Les enfants d’un caractère vif et pétulant doivent s’observer avec plus de vigilance que les autres, ne pas gesticuler ni changer d'attitude par légèreté.

La hauteur et la fierté annoncent de mauvaises dispositions, elles décèlent un principe d'orgueil, vice détestable dans l’homme et surtout dans le chrétien, et elles ne sauraient jamais être prises pour de la gravité, qui est une qualité louable.

La haute idée que toute personne doit avoir de sa destinée suffit pour lui donner cette gravité douce qui inspire également le respect et la confiance. L'air d’élévation et de grandeur dans le maintien doit toujours être réglé par la modestie et soutenu par le sentiment de ce

que l’on est et de ce que l’on doit être.

Lorsque les circonstances demandent que l'on soit debout, il ne faut ni se voûter, ni pencher la tête par affectation, ni l’élever avec une fierté ridicule. Il faut encore éviter de s’appuyer sans besoin contre la muraille, de faire des contorsions en s’agitant inutilement ; enfin d’allonger ou d'étendre négligemment le corps ou les bras, etc., etc,

Lorsqu'on veut s asseoir, il ne faut pas choisir les sièges les plus commodes, et lorsqu'on est assis, il ne faut pas s'appuyer avec négligence contre le dossier de la chaise et du fauteuil ; on doit aussi éviter de s’y tenir penché ou de tavers, de changer souvent de place, de balancer le corps

FE ou les jambes, etc.

Se placer dans un endroit passant et gêner ainsi les personnes qui ont besoin de passer, est encore une impolitesse.

Il faut aussi observer de ne jamais se lever sans besoin Ù lorsque tout le monde est assis, ni de demeurer sur son ls siège quand la compagnie se tient debout.

Un peu plus de soin et de vigilance rendrait ces règles familières au jeunes gens, lesquels s’accoutumeraient ainsi à paraître en public avec cet air d’honnêteté qui décèle une bonne éducation et un cœur réglé,

Enfin, considérant son corps comme un temple du Saint- Esprit, un chrétien évitera non-seulement tout ce qui pourrait blesser les regards des personnes avec lesquelles il vit; il s’accoutumera à souffrir diverses incommodités, sans se tourner, se gratter ou tenir une posture indécenté. Il f évitera encore avec plus de soin tout regard et toute action j tant soit peu libres sur lui ou sur autrui.

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