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Des éloges

© Qu'un autre vous loue et non votre propre bouche, dit Sa-

lomon ; que ce soit un étranger et non vos propres lèvres.

C’est, en effet, de toutes les affections de l’amour-propre, la moins supportable ; un homme qui ose faire son éloge fait assez connaître qu'il n’en mérite aucun. Ainsi il ne faut jamais parler avantageusement de soi-même ; mais aussi ne faut-il point taire les louanges dues au mérite ou à la vertu observant d’en écarter tout ce que l’adulation et la flatterie pourraient y mêler. On doit recevoir modestement les éloges et ne jamais les mendier. Ce serait une sotte modestie de se mettre de mauvaise humeur contre les personnes dont on recoit des applaudissements, s'ils sont mérités par quelque action dont on ne.puisse.se dissimuler à soi même la bonté naturelle.

T1 est des hommes qui s’offensent des louanges que l’on donne aux autres ou qui les affaiblissent par d'odieuses res-

: trictions ; il faut éviter ce défaut et ajouter touiours aux

éloges des autres. Il n’est pas cependant de la sagesse de donner à qui que ce soit, présent ou absent, des louanges excessives, ni de blesser la vérité en voulant préconiser les autres. :

Si l’on entend faire äes éloges de ses parents, on ne doit nas y ajouter, mais témoigner sa reconnaissance et applaudir modestement.

Ceux qui, en faisant quelque présent, sont assez peu circonspects pour vanter le don qu'ils font, perdent une partie de leur générosité ; et ceux qui, en recevant un présent, le méprisent, méritent de n'en jamais recevoir et prouvent qu'ils sont mal élevés. On ne doit pas Jouer toutes choses par ‘une surprise accompagnée d’exclamations, c’est faire sentir qu'on n’a jamais rien vu. nd lite

En général, il faut être réservé, économe dans la distribution des louanges, envisager toujours les choses, apprécier ce qu’elles valent, pour les estimer et les louer selon les règles de la prudence et du discernement.

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6. Comment on doit interrompre, répondre et. dire son sentiment

Rien n’est plus insipide, plus importun que l'entretien .

de ceux qui font des questions à l'infini sur les choses les plus indiflérentes ou sur celles qu’ils devraient toujours ignorer.

I] est des personnes qui, à chaque phrase de leurs discours, demandent si on les entend, si on conçoit ce qu 'elles disent. Rien n’est plus indécent : l’on doit achever ce que l'on avait à dire, et si la personne à qui l’un parlait n'avait pas entendu ou compris ce qu'on lui disait, il faut le répéter et sans témoigner aucune peine. On n’est pas entendu souvent parce que l’on s'énonce mal ou parce que l'on se sert de termes obscurs ou équivoques.

La bienséance exige que l’on ne s’informe pas, en entrant dans une compagnie, de ce que l'on y a dit ; et sil’on ne peut suivre le fil de la conversation, faute d’ en connaître le sujet, il faut en demander une explication succincte, si on le peut sans distraire la compagnie. Mais si l’on prévoit qu'une semblable explication puisse jeter les autres dans une répétition ennuyeuse et embarrassante, on doit se taire et attendre que l’occasion se présente de s’en informer sans gêner qui que ce soit. Les enfants font souvent répéter ceux qui parlent ; c'est une étourderie qui tient de l'incivilité, dont il faut les corriger et les garantir.

Toutefois il est de la politeise d’instruire brièvement du sujet de la conversation ceux qui surviennent dans la com-. pagnie, surtout les personnes auxquelles on doit des égards,

Les enfants ne doivent jamais interrompre ceux qui parlent, mais ils doivent répondre avec modestie aux questions qui leur sont adressées et placer toujours .le nom de . Monsieur, Madame, etc., cte., dans la réponse qu’ils ont à faire.

Ce serait une impardonnable grossièreté, étant obligé de contredire quelqu'un, de le faire en disant: Cela n’est pas vrai, vous meniez, vous ne savez ce que vous diles, vous en imposex. Ces expressions son indignes d’un homme bien élevé, On doit toujours chercher à déguiser la dureté de la contradiction seus des termes olis. On peut dire à une

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On ne doit donner son avis en pleine compagnie que quand on en est prié et les jeunes gens encore moins que les autres ; ii faut Je faire modestement et ne pas affecter un ton décisif, Si cet avis est contredit universellement, on doit se taire, ne pas le défendre avec opiniâtreté ; si l'on croit qu'il est juste, exact et prudent, on peut exposer les preuves qui constatent la vérité, mais éviter tout entêtement.

7. Des règles que l’on doit observer dans les disputes et lorsqu'on est obligé de répondre

L’apôtre Saint Paul exhorte son disciple Timothée à fuir les disputes de mots : l’esprit de contention et de dispute est entièrement opposé à la douceur évangélique, la bienséance, le prescrit de toutes les assemblées. La dispute prend ordinairement sa source dans la présomption et !: fausse idée que l’on se forme de son propre mérite ; il est des caractères qui s'opposent perpétuellement au sentiment

: des autres et à qui, pour entrer en dispute, il suffit de voir

une opinion suivie par le plus grand nombre. Cette manie déshonore et rend odieux , .… faut toujours être assez prudent pour ne pas contenter sans sujet et pour le seul plaisir de disputer. Quand on se trouve obligé de disputer en faveur d’une vérité combattue, il faut le faire modestement, car la bouche sur les lèvres de laquelle répose la douceur, dit le Sage, multiplie les amis et gagne Îles ennemis.

Les grands parleurs sont ordinairement de grands disputeurs ; le seul parti qu'on doit prendre avec eux est

‘ celui du silence ; les contredire, c’est les échauffer et les

animer à la dispute. Un homme sage ne doit jamais se compromettre avec des esprits contentieux.

T1 est important de ne s’opiniâtrer jamais dans son sentiment, surtout s’il n’est pas absolument exact ; et dans le cas même où il serait vrai en tout, il faudrait, après l'avoir

défendu, se taire si on continuait à le combattre.

11 n’est jamais perinis d'interrompre qui que ce soit dans la conversation ou dans la dispute, de commencer la nurra-

” doivent être bannis.

ment, sans marquer trop de satisfation ni trop d’indiffé-

tion que l’on entend, de la reprendre sous prétexte de la rendre plus claire, Si l'on 4 des observations à. faire, il faut attendre que la personne qui parle ait fini son discours pour les proposer.

. C’est une impolitesse de reprendre avec autorité celui qui s’est mépris, et lorsque l'erreur est si manifeste, qu'on ne puisse Ja dissimuler, on doit attendre que la personne qui l’a avancée se rétracte d'elle-même, et si elle s'obstine à la défendre, on peut alors, mais poliment, lui faire sentir an : laut,

re doit jamais rougir d’une correction équitable : u: jusonne qui fait une faute dans la conversation donnerait l'exemple d'une obstination déplacée, si elle prenait en mauvaise part les observations qu'on lui ferait pour la redresser et lui faire connaître son erreur.

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