‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 22 sur 141 · Nécessité d’étudicr la Religion · texte numérisé non relu

Nécessité d’étudicr la Religion

Croire à l'existence de Dieu, à l’immortalité de l’âme, aux récompenses et aux chôtiments de l’autre monde et vivre, néanmoins, comme si l’on était persuadé du contraire, est une inconséquence dont le principe ne peut se trouver que dans l’ignorance ou le 'bertinage.

Aussi la Religion n’a-t-elle pas d’ennemis plus à craindre que l’aveuglement de l'esprit et la dépravation du cœur. Il y aurait moins d’incrédules si la Religion était mieux con: nue et il n'y en aurait pas un seul si les hommes étaient sans passions. Mais ni la coupable négligence des uns, ni la corruption des autres, ne feront jamais que ce qui est ne soit pas. Or, le consentement unanime des peuples, le sens intime de chaque homme, l’univers et tout ce qu’il contient, sont autant de témoins qui attestent l'existence de Dieu. La pensée, la volonté, l'intelligence de l’âme sont autant de preuves de sa spiritualité et, par conséquent, de son immortalité. Cela étant, comment expliquer la stupide indifférence de celui qui, sans précaution et sans crainte, ose s’avancer vers le terme fatal qui doit décider de son éternité ? Je ne sais, dit-il, ce que je Ceviendrai un jour : tout ce que je puis dire, c’est que je mourrai et qu’en sortant de ce monde, je tomberai ou dans le néant comme la brute, ou entre les mains de Dieu pour être jugé. Je sais que, s’il y a un Dieu, il doit punir ceux qui, comme mut, ne se mettent nullement en peine de le servir ; tout me di que ce Dieu existe, mais, parce que cette croyance gênerait mes inclinations, je préfère ne rien croire jusqu’à ce que je le voie. Peut-être qu’il ne sera plus temps alors de me répentir ; le témoignage de la foi, celui de l’univers et celui de ma propre conscience me l’assurent même : mais n'im-

Peut-on se rendre compte de l’aveuglement de celui qui se. joue ainsi de son sort éternel ? Car peut-il croire de bonnie foi que le sort de l’homme pervers puisse être le même que celui de l’homme vertueux ? Ze Dieu de toute justice regarde-t-il du même œil le vice et la ver‘ l'impie qui le blasphême et le juste qui l'adore dans u. . ant tremblement ?

De toutes les connaissances, la Religion est donc la plus importante pour l’homme ; c’est elle qui le modère dans la prospérité et le soutient dans l’adversité, lui apprenant que le temps n’est rien, mais que l'éternité est tout ; c'est elle qui assure la tranquillité des Etats, en apprenant à obéir aux puissances établies de Dieu, non seulement par la crainte du châtiment, mais par une obligation do conscience ; c’est elle qui forme le prince clément et le sujet fidèle, le maître juste et le serviteur probe, le magistrat intègre et l’ami véritable. Non seulement elle défend l’usurpation du bien d'autrui, elle en interdit même le désir ; elle va plus loin encore, elle veut qu’on partage son pain avec celui qui est dans le besoïn ; elle condamne non seulement le meurtre et la vengeance, mais elle ordonne le pardon des injures et l'amour des ennemis ; elle veut que nous fassions du bien à ceux qui nous font du mal et que nous priions pour ceux qui nous persécutent. ‘ Chose ‘ étonnante ! dit Montesquieu, frappé de ces vérités, la Re- “ligion qui paraît n’être que pour l’autre vie, fait encore ‘le bonheur de l’homme en ce monde.”—‘ La société sans “religion, dit le trop fameux Voltaire, ne serait qu’un re- ‘ paire de bêtes féroces.” TA

Concluons donc et disons que rien n’est plus important pour l’homme que l'étude de la Religion ; elle-même lui en fait une obligation : le premier devoir qu’elle impose est l'étude de ses préceptes et si elle demande la croyance de ses mystères, elle veut aussi qu’on reconnaisse les raisons qui en prouvent l'existence, Malheur donc à l’impie qui, blasphémant ce qu’il ignore, ose traiter avec mépris et regarder comme préjugés populaires les vérités les plus certaines et les plus respectables ! vérités que les plus grands

génies et qui leurs

Je jamai ne vo exem

de la

Ne plus instr diere divi subti pour

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ee 5 ame génies ont reconnues après les avoir examinées avec soin, et qui, par suite d’une entière conviction, leur ont sacrifié

leurs affections les plus tendres,

Jeunes gens, qui allez entrer dans le monde, n'oubliez jamais les préceptes de l’église ; soyez fidèles à vos devoirs ; ne vous laissez entraîner ni par les railleries ni par les exemples de ceux qui ont lâchement abandonné le sentier

de la vertu.

Ne lisez que de bons livres, afin de vous instruire de plus en plus des vérités de la Religion; plus vm=s serez instruits, plus vous serez fermes dans la foi ; plus vous étudierez la Religion, plus vous y trouverez des caractères de divinité, Ne vous laissez jamais éblouir par les vaines subtilités de l’irréligion ; ne prenez jamais des blasphèmes pour des raisons, ni des plaisanteries pour des preuves. Fuyez les mauvaises compagnies ; elles corrompent les bonnes mœurs. Fuyez le vice et vous conserverez la foi.

Si, cependant, vous aviez le malheur de vous égarer, rovenez à Celui qui vous tend les bras et qui ne rejette jamais celui qui implore sa clémence : ne sacrifiez pas votr éternité à un vil et méprisable respect humain. :

Hisroire.—Un de ces Chrétiens, qui n’ont du Christianisme que le Baptême, et qui n'avait jamais su son Cathéchisme ou qui l'avait entièrement oublié, voulut (sans douée après une conversion sincère ct daris les sentiments d’une profonde humilté) qu'on gravât sur sa tombe cette épitaphe : ‘‘ Ci-gît l’in- ‘sensé qui est sorti de ce monde sans presque se demander à

‘lui-même pourquoi il y était venu.” — Extrait du C'athéchisme de toutes les Eglises de France.

ExrRœICES.—1. A quoi faut-il attribuer l’inconséquence de ceux qui, persuadis de l'existence de Dieu, vivent néanmoins comme s'ils n'avaient à attendre, après cette vie, ni récompense ni châtiment ? 2. Quels sont les ennemis les plus à craindre pour la religion ? 8. A quoi aboutiront la coupable négligence des ignorants et la corruption des libertins ? 4. Que prouvent la pensée, la volonté et l’intelligence de l’âme ? 6. Fuites comprendre quelle est la stupide indifférence de . celui qui ose g’avancer sans précautions vers le terme qui doit d“-ider de son éter: nité. 6. Quelle est pour l’homme la plus importante de toutes 128 connaissances ? 7. Pourquoi ? 8. Citez les paroles de Montesquieu et de Voltaire sur les bienfaits et la nécessité de la Religion ? 9. Ranportes les principaux avis que doivent suivre les jeunes gens à leur eutrée dans le monde, s'ils veulent conserver leur foi

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