‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 32 sur 141 · E NOTRE · texte numérisé non relu

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Il n’y a en Jésus-Christ qu'une seule personne, mais il y a deux natures distinctes : la nature divine, par laqualle il est Dieu comme son père, et la nature humaine par laquelle il est homme comme nous, possédant toutes les qualités propres à notre nature.

Quoique ce mystère surpasse infiniment la portée de l'esprit humain, nous devons cependant le croire fermement parce que Dieu, qui est la vérité souveraine, l’a révélé. D'ailleurs, il n’est nullement contraire à la raison et nous en avons en nous-mêmes une image qui, quoique imparfaite, peut aider notre foi. En effet, notre âme, qui est d’une nature spirituelle et incorruptible, est unie à un corps matériel et corruptible, et l'union de ces deux substances si différentes ne fait qu'un seul homme, qui est tout à la fois esprit et corps, incorruptible, intelligent et matériel. De même, la divinité du Verbe et la nature de l’homme, unies sans être confondues, forment un seul Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, engendré du Père dans l'éternité et né d’une Vierge dans le temps, tout puissant comme Dieu et environné de faiblesse comme homme ; car, excepté le péché et les suites inséparables du péché, telles que sont l'ignorance et la concupiscence, Notre-Seigneur s'est assu jetti à toutes nos misères. Ila eu faim, il a eu soif, il a été sujet à lu fatigue, au sommeil et à toutes les infirmités : de notre nature, avec cette seule différence qu’il ne souffrait que parce qu’il le voulait, au lieu que nous les éprouvons malgré nous. <

Maïs gardons-nous de croire que la nature divine ait été altérée dans l’Incarnation ; Dieu, sans cesser d’être tout ce qu’il est par lui-même, a daigné s'unir à la nature humaine ; il n’a rien perdu par cette union : ses abaisseme ts et ses souffrances ne tombent que sur l’humanité : c’est com: me homme que Jésus-Christ a souffert et c’est comme Dieu au’il a donné un prix infini à ses souffrances ; c’est comme Lomme qu’il a été petit enfant, pour être le modèle de tous les âges, et c’est comme Dieu-Homme qu’il a été le Sauveur du genre humain. |

Hisrores.—Un hérétique, sectateur d’Eutychès, s'étant trou-: vé dans une société où était un enfant qui avait été instruit aveo

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sin, voulut faire dire à cet enfant qu'il n'y avait qu'une seule nature en Jésus-Christ. Pour l’en convaincre, il prit deux morceaux de fer, il les fit rougir au feu et les joignit ensuite l’un à l’autre pour n'en faire qu’un seul morceau, ‘C'est ainsi, lui dit-il, que la nature divine et la nature humaine, unies ensemble dans Zésus-Christ, ne font plus qu'une seule nature dans sa >ersonnè.—Mais, répondit l'enfant, mettez un petit lingot d’or Ê la place de ce petit morceau de fer, faites-les rougir tous deux et n'en faites qu'un seul morceau. Je vous le demande alors, ce morceau sera-t-il tout or ou tout fer ? chaque morceau ne restera-t-il pas ce qu'il était auparavant ? c'est-à-dire l'un ne sera-t-il pas toujours un lingot d'or et l'autre un morceau de fer quoiqu'ils soient unis ensemble ? Oui, sans doute, vous n’en pouvez disconvenir. Voilà donc deux morceaux, l’un d'or, l’autre de fer, qui, tout distingués qu’ils sont l’un de l’autre, ne feront plus cependant qu’un morceau. C’est ainsi, conclut l'enfant,

ue la nature divine et la nature humaine, quoique distinguées l’une de l’autre, ne font néanmoins qu’une seule personne en Jésus-Christ.”?

Lettres édifiantes, Mission du Levant.

Exercices.—1, Par quel mystère Dieu a-t-il exécuté la promesse faite à Adam après sa chute ? 2. Quelle est des trois personnes divines celle qui s’est incarnée ? 8. Qu'est-ce que l'Evangile nous LA rie sur la manière dont s’est accompli Je mistère de l'incarnation ? 4. Combien y a-t-il de natures en Jésus‘Christ ? 3, N'a.

vons-nous pas en nous-mêmes une image du mystère de l’Incarnation ? 6. La nature divine est-elle altérée dans ce mystère 1

ARTICLE II Suite du mystère de l’Incarnation.

Le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous racheter de l'esclavage du p ché et des peines de l'enfer et. pour nous mériter la vie éternelle, à laquelle nous n'avions plus droit, tant à cac e de nos propres prévarications qu'à cause du péché originel. Nous avions offensé un Dieu d’une majesté infinie et sa justice ne pouvait être satisfaite que par une réparation proportionnée à l’injure que le péché lui avait faite. L'homme ne pouvait donc pas par lui-même offrir à Dieu cette satisfaction suffisante, ni mériter le pardon. Il n’y avait que le Fils de Dieu fait homme, vrai Dieu et vrai homme, qui pût offrir cette satisfaction en souffrant comme homme et en donnant comme Dieu un prix infini à ses souffrances. Par ce mystère admirable de

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vé ; ainsi en J'ésus-Chrisb la justice et la miséricorde se concilient ; linjure faite à Dieu est abondamment réparée et Dieu est honoré comme il doit l'être.

Jésus-Christ s’est donc rendu notre médiateur. C’est un médiateur parfait, qui tient à Dieu par sa divinité et à nous par son humanité, qui peut souffrir comme nous, parce qu'il a uns nature semblable à la nôtre et nous réconcilier avec Dieu par ses souffrances, étant Dieu Juimême ; médiateur qai, par sa parfaite sainteté, est infiniment agréable à Celui auprès de qui il s’est entremis pour la réconciliation des pécheurs. Une comparaison fera encore mieux sentir cette vérité : qu’un roi ait été insulté, outragé par le dernier de ses sujets ; ni le coupable, ni aucun autre sujet du roi ne peut offrir à ln majesté royale une satisfaction égale à l’offense ; tout ce que le coupable pourrait. faire serait toujours beaucoup au-dessous de la grièveté de l’injure ; mais si le fils du roi-même, héritier présomptif de sa couronne et déjà assis sur son trône, quitte ses ornements royaux, se couvre la tête de cendre et le corps d’un sac, et qu’en cet état, prosterné devant son père, il s'offre à subir le supplice dû au coupable prur obtenir sa grâce, on conçoit qu'une si profonde humiliation est une satisfaction proportionnée à la grandeur de la per. sonne offensée, que l’injure est pleinement réparée et que le roi, sans blesser la justice peut faire miséricorde au criminel. Eh Lien ! c’est l'image de la grâce que l’homme pécheur a reçué de Dieu par l'Incarnation de son Fils. Que Dieu est admirable dans toutes ses œuvres et surtout dans ce grand ouvrage de son amour ! Quel bienfait que celui de nous avoir donné son Fils unique pour nous sauver ! Quelle reconnaissance ne devons-nous pas à ce Sauveur généreux qui s’est dépouillé de la gloire pour se revêtir de notre nature, s’assujettir à nos infirmités, paraître et être en tout semblable à nous !

Hisrorrr.—Nestorius, patriarche de Constantinople, loin d’apaiser le grand scandale d’un prêtre nommé Athanase avait excité en prêchant qu’on ne devait point appeler Marie mère de Dieu, loua publiquement le prédicateur, et soutint qu’il y avait deux personnes en Jésus-Christ aussi bien que deux natures, et que la sainte Vierge ne devait pont être appelée mère de Dieu, mais seulement mère de Jésus-

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Christ. Saint-Oyrille d'Alexandrie combattit et réfuta ces er. reurs, Le pape saint-Célestin les condamma dans un concile qu'il tint à Rome en 430. Ce fut l’année suivante qu’on assembla contre Nestorius le concile général d’Éphèse. Ce fameux hérésiarque, qui était en horreur à tout le peuple à-cause de son impiété, fut condamné et déposé de son patriarcat. Les Pères du concile lui firent signifier la sentence de son excommunication qui était conçue en ces termes : ‘‘ Le saint concile ‘ assemblé par la grâce de Dieu en la ville d'Ephèse, à Nestorius ‘nouveau Jucas.—Sache que, pour la docérine impie que tu ‘“as prêchée et pour ton obstination à la soutenir, tu as été ‘ déposé de tout grade, de toute dignité ecclésiastique, par le ‘ saint concile et selon les lois et les règles de l’Egise. ” Nestorius fut envoyé en exil dans l'Afrique par l'empereur Théodose-le-Jeune. Il se forma sur la langue de cet hérésiarque un ulcère affreux, où se mirent bientôt des vers qui la lui rongèrent jusqu’à la racine. Après avoir erré de tous cotés, il mourut dans une grande misère, dans de vives douleurs et dans l’impénitence MERAULT.

ExEercICES.— 1. Pourquoi le Fils de Dieu s'est-il fait homme ? 2. Montrez que

Jésus-Christ seul pouvait réparer l’injure faite à Dieu par le péché, 3. faites compre..ase cette vérité par une comparaison.

ARTICLE III Naissance de Jésus-Christ

Auguste César ayant ordonné un dénombrement de tous les habitants de l'empire, Joseph ei Marie se rendirent de Nazareth à Bethléem, d’où leur famille était ‘originaire, C'est là que, l’an de la création 4,004, le Fils de Dieu vint au monde, au milieu de la nuit, dans une pauvre étable, la pauvreté de Joseph ne lui ayant pas permis de trouver place dans les hételleries. Sa naissance fut aussitôt annoncée par des anges à des bergers qui veillaient tour à tour: sur leurs troupeaux. Gloire à Iheu, disaient ces esprits célestes en annonçant cette heureuse nouvelle, gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté !

Huit jours après sa naissance, il fut circoncis et ce même jour, la très sainto Vierge et saint Joseph, selon l’ordre qu'ils en avaient reçu de Dieu par un ange, lui

donnèrent le nom de Jésus, qui signifie Sauveur, parce

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