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de tous rent de ginaire, eu vint able, la trouver tôt antour à ent ces bu velle, sur la
et ce selon nge, lui , parce
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qu’il était venu pour sauver tous les hommes et les délivrer du pêché et de l'enfer.
On a ajouté au nom de J'Ésus celui de Cxrisr, qui signiñe oint ou sacré, non pas qu’il ait été sacré d’une manière sensible, mais à cause de son union hypostatique avec la nature divine.
Nous nommons aussi Jésus-Christ NOTRE-SEIGNEUR, parce qu’il a un droit particulier sur tous les chrétiens, qu’il a rachetés par le prix de son sang.
Peu de jours après que Jésus eût été circoncis, il fut reconnu pour Dieu et pour roi par trois mages qui, conduits par une étoile, vinrent de l'Orient pour l'adorer. Arrivés à Jérusalem et ne voyant plus d'étoile, ils demandèrent en quel lieu était né le roi des J'uifs ; les docteurs de la loi, interrogés par Hérode, roi de la J udée, répondirent que le Messie devait naître à Bethléem. Hérode, alarmé et méditant déjà la mort de ce Dieu enfant, engagea les mages à lui donner avis du lieu où ils le trouveraient, feignant de vouloir l’adorer. Les mages, continuant leur course, trouvèrent l'enfant et lui offrirent de l'or, de l'encens et de la myrrhe ; mais, aver tis par un ange qu'Hérode voulait faire mourir l'enfant, ils s’en retournèrent par un autre chemin.
Quarante jours après la naissance de J'ésus, la très sainte Vierge et saint Joseph le portèrent au Temple pour le présenter à Dieu, selon qu’il était ordonné par la loi des Juifs, jarce qu’il était un premier-né. La sainte Vierge accomplit en même temps la loi de la purification et offrit, suivant cette loi, deux tourterelles : c’étaient les présents que les pauvres offraient en pareille occasion. Quel exemple d’humilité et de fidélité à la loi.
Hérode, voyant que les mages ne revenaient pas, conçut le dessein de faire mourir tous les enfants au-dessous de deux ans qu'il pourrait trouver à Bethléem et aux environs, afin d’envelopper le Sauveur dans ce massacre ; mais saint Joseph averti de tout par un ange, s'était enfui en Egypte avec Jésus et Marie, où il demeura jusqu’après la mort de ce prince barbare. Alors ii revint en Judée et alla demeurer à Nazareth, en Galilée,
L’'Evangile nous apprend qu’à l’âge de douze ans Jésus- Christ fut mené à Jérusalem pour célébrer la fête de Pàque, selon la coutume des J vin et qu'il demeure dans le
57 étesoait AS "a
Temple sans que ses parents s'en a are 3 voyant ensuite qu'il n’était pas «vec eux, ils le cherchèrent pendant tout le jour, mais inutilement, ce qui fut cause qu’ils retournèrent à Jérusalem où ils le trouvèrent dans le Temple assis au milieu des docteurs, les écoutant et leur propos:int des questions d’une manière si étonnante, que tous ceux qui l’entenäaient étaient surpris de sa sagesse et de ses réponses.
A l’âge de trente ans, Jésus-Christ fut baptisé au fleuve du Jourdain par saint Jean-Baptiste ; en même temps le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d’une colombe et le Père éternel déclara du haut des cieux que Jésus- Christ était son fils bien-aimé.”
Aussitôt après, le Saint-Esprit conduisit Jésus au désert, où il jeûna pendant quarante jours, sans boire ni manger. C’est sur ce modèle que l’église à établi le jeûne du carême.
Jésus-Christ permit ensuite au démon de le tenter, pour nous apprendre à ne pas craindre les tentations et pour nous enseigner la manière d’y résister et nous en mériter la grâce.
Historre.—Une mère aussi pieuse qu'éclairée dans la foi, recommandait à ses enfants de ne passer aucun jour sans demander à Jésus enfant sa bénédiction. ‘‘Aussitôt que vous avez fait votre prière du matin et dusoir. leur disait-elle, imaginez-vous que‘ la très sainte Vierge paraît devant vous portant le saint enfant Jésus dans ses bras ; inclinez-vous avec respect et dites avec ferveur : O Marie, daignez étendre sur moi la main de votre divin Fils, afin que béni par lui, j’évite le mal qui lui déplaît et que je fasse le bien qui lui est agréable ; que je l’imite dans son obéissance et ses autres vertus et qu’enfin je me rende digne de le posséder avec vous dans le ciel !”
Exrroiow.—1. Rapportez, d'après l'Evangile, ies principales circonstances de Ja naissance de Jésus-Christ. 2. Expliquez le nom de Jésus et celui de Cugisr. 8. Pourquoi appelons-nous Jésus-Christ Notre Seigneur ! 4. Racoutez l’adoration des mages. 5. Que firent la très sainte Vierge et saint Joseph quarante jours après la naissance de Jesus-Christ? 6. Comment Jésus-Christ échappa-t-il au massacre ordonné par Hérode ? 7. Quelles sont les principales circonstances
de la vie de Notre Seigneur que l'Évangile nous fait connaître, jusqu'à l’époque de sa prédication ?
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ARTICLE IV Doctrine de Jésus-Christ
Jésus-Christ étant sorti du désert commença à prècher la loi nouvelle qu’il venait apporter aux hommes. Parmi le grand nombre de disciples qui le suivaient, il en choisit douze, qu’il nomma apôtres, c’est-à-dire envoyés, parce qu’il devait les employer à la conversion de toutes les nations. Ces douze apôtres furent Pierre, et André son frère, Jacques et Jean, Philippe, Berthélémi, Mathieu, Thomas, Jacques, fils d’Alphée, Jude, son frère, Simon le Chananéen et Judas Iscariote, AU
La loi que Jésus-Christ est venu apporter au monde est vraiment ravissante : elle forme un corps de doctrine si parfait, qu’on ne pert rien y ajouter ni rien en retrancher. Elle montre à l’honuue tous ses devoirs envers Dieu, envers son prochain et envers lui-même ; ele convient aux hommes considérés en corps et à chacun d'eux en particulier, dans toutes les situations où il peut se trouver : elle est propre à tous les pays et à tous les temps. Lorsqu'on examine cette morale de près, on est forcé de convenir que Celui qui en est l’auteur a dû avoir la connaissance la plus profonde de tout l’homme, de son esprit, de son sœur, de ses passions, de ses faiblesses, de tous ses maux et des remèdes qu’il y fallait appliquer, aussi bien que sa véritable finet des moyens qu'il doit employer pour y parvenir.
Il est évident que si les hommes se conformaient à cette morale, ils seraient aussi bons et aussi heureux qu'on peut l'être en ce monde. Et, en effet, qu’on se représente un peuple de vrais chrétiens, c’est-à-dire d'hommes qui aiment Dieu comme leur père, qui s’entr'aiment comme des frères et qui n’aient tous qu’un. cœur et qu’une ê me, qui tendent tous à la même fin, qui marchent tous vers le même terme, le ciel, aucun d'eux ne faisant jamais céder le bon droit à la passion, l'intérêt général à l’intérèt personnel ; mais chacun faisant au contraire son bonheur de celui de ses semblables, prenant part à leurs peines et les aidant à les supporter ; un tel peuple sera certainement un grand spectacle dans l’univers! Et tel serait cependant un état composé de véritables chrétiens ; la paix
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qui est le plus doux fruit de la charité, règnerait au mi. lieu de ce peuple, jamais le cri de la discorde ne s’y ferait entendre, parce qu’il n’y aurait jamais ni injustices, ni vio- Jences, ni jalousies, ni rivalité. Là on ne trouverait pas de vrais malheureux, parce qu’on n’y verrait point de méchants. Les biens seraient des biens purs et les maux ne sc- -raient plus des maux, parce que la charité rendrait communs tous les biens et tous les maux. Quelle tranquillité dans les événements divers ! quelle résignation dans les pertes !......[La vicillesse, l’infirmité, la maladie seraient consolées par l'assurance d’un avenir plus heureux et la . mort même ne serait regardée que comme le passage d’un - bonheur temporaire à un autre qui doit être éternel.
Oui, tels seraient les fruits que produirait la morale de Jésus-Christ mise en pratique. “L'univers ne serait peuplé que -d’amis et le monde entier deviendrait un paradis terrestre.”
Citons seulement quelques-uns de ces renseignements divins :
‘: Ne craignez pas, dit le Sauveur, ceux qui ne peuvent tuer que le corps ; mais craignez Celui qui peut précipiter l'âme et le corps dans l'enfer. ” |
‘ Aimez Dieu de tout votre cœur et souvenez-vous que nul ne peut servir deux maîtres. Ne rougissez pas de moi devant les hommes et je vous reconnaîtrai devant mon Père Céleste. Gardez vous de faire vos actions pour être vus des hommes. Si votre œil, votre main, votre pied vous sont un sujet de scandale, arrachez-les, coupez-les et jetezles loin de vous. Les regards, les désirs, les paroles inutiles même sont condamnés. Ne vous mettez pas en peine d'où vous aurez de quoi manger et de quoi vous vêtir; considérez les oiseaux du ciel, votre Père les nourrit, dit-il
encore ; voyez aussi comme il pare les herbes des champs. Faites du bien à tous, aimez même vos ennemis; pardonnez et l’on vous pardonner» ; ne jugez pas et vous ne serez pas jugés Un verre d’eau froide donné en mon nom, ne restera pas sans récompense. Si vous avez des peines, réjouissez-vous ; si vous souffrez pour Ja justice, soyez ravis de joie, car une grande récompense vuus est réservée dans le ciel.
Quelle sublimité, quelle sainteté dans cette moralo {
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Les mystères que la religion enseigne sont sans doute audessus de notre portée, mais les motifs de créGulité qu’elle donne sont plus que suffisants pour contenter tout esprit
raisonnable.
HsTOIRE.— Diderot, faisant réciter l'Evangile à sa fille, fut surpris par un deses amis, qui lui en témoigna son étonne nent. ‘* Après tout, lui répond ce philosophe, que puis-je lui enseigner de mieux ? ” Le fameux Piron, si ennemi de la vraio piété, voulut aussi que sa fille fût élevée dans les principes de la Foi. Et combien d’autres qui auraient admiré la sublimité de l'Evangile, cru et adoré ses mystères, si l'Evangile n'avait pas commandé la fuite de tout mal et la pratique de toutes les vertus |
EXERCICES.—.1 Que fit Jéius-Christ au sortir du désert ? 2. Que veut dire le mot apôtre et quel est le nom des douze apôtres ? 8. Quels sont les r'-incipaux caracteres de Ia perfection de la doctrine de Jésus-Chiist ? 4. Que-scraient les hommes s'ils observaient fidèlement la loi évangélique ? 6. Citez quelques-uns des préceptes de l'Evangile ?
ARTICLE V Vie de Jésus-Christ, ses nuracles
Jésus-Christ a prouvé la divinité de sa mission non seulement par l’iccomplissement exact des prophéties qui, pendant quatre mille ans, avaient annoncé sa venue, mais encore par un grand nombre de prodiges qu’il a opérés en son propre nom. Si la prophétie est une preuve de l’intervention divine, le miracle n’en est pas une moindre lorsqu’il est incontestable.
Si nous voyions un homme commander à la nature, par exemple, marcher sur les eaux, rendre la vue à un aveugle, ressusciter un mort, nous ne douterions pas que cet homme ne fût un envoyé de Dieu. Nous sentons que de telles œuvres sont au-dessus des forces humaines et qu'il n'y a que Dieu qui puisse interrompre le cours ordinaire des lois de la nature, C’est ainsi que Notre Seigneur a prouvé sa mission. Il a fait un grand nombre de miracles, ainsi que lEvangile le rapporte : il a ressuscité les morts ; il a salmé la tempête en menaçant les vents et la mer ; deux fois il a multiplié les pains dans le désert, pour nourrir une grande multitude de peuple qui le suivait ;il a changé l'eau en via ; il a rendu la vue aux aveugles, l’ouie aux sourds, Île
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mouvement aux paralytiques ; il guérissaiv en un moment les maladies les plus invétérées, souvent d’une seule parole; quelquefois sans voir les malades, ni les'approcher.
Remarquons que tous les miracles de Notre Seigneur étaient utiles aux hommes ; c'étaient autant de traits de sa bonté que des effets de sa puissance. Il ne- les faisait point par ostentation. En vain, les Pharisiens lui demandèrent-ils quelque signe dans le ciel: en vain Hérode désira-t-il de voir quelque prodige: jamais il n’en fit aucun pour satisfaire la curiosité ; mais il ne refusa de guérir aucun des malades qui implorèrent son secours.
Et la réalité de ces miracles est incontestable ; il ne les a point faits dans des lieux cachés, mais au milieu des rues et des places publiques, dans le Temple et à la vue d’un peuple entier. La résurrection de Lazarre se fit à Béthanie, qui n’est pas éloignée de Jérusalem, devant uno multitude de témoins ; la guérison du paralvtique de trente-huit ans, celle de l’aveugle-né ont été opérées au milieu de Jérusalem. Ce dernier miracle fit beaucoup de bruit : les chefs de la synagogue en étant alarmés interrogèrent l’aveugle et ses parents; mais ces recherches ne servirent qu'à confirmer la vérité du miracle et à lui donner plus d'éclat. Si Notre Seigneur en a fait quelques-uns dans le désert, c'était en présence de plusieurs milliers de personnes. Il à fait la plupart de ses miracles sous les yeux des Pharisiens ct des docteurs de la loi, ses ennemis les plus déclarés et les plus disposés à les révoquer en doute ; mais, confondus par l'évidence de ces mêmes miracles, ils n’ont pu les nier et ont même été obligés de le: avouer formellement. Que faisons-nous ? disaient-ils, cet homme fait beaucoup de miracles ; si nous le laissons continuer, tout le monde croira en lui.
Concluons donc et disons hardiment que les miracles de Jésus-Christ étaient assez müultipliés cet assez éclatants pour prouver qu’il était l’envoyé, le Fils de Dieu; aucun des anciens prophètes n’en avait fait de semblables. Aussi le peuple, plein d'admiration, le reconnut-il pour le Messie. ‘ Voici, disait-il, voici véritablement le prophète qui doit venir dans le monde. Un grand prophète s'est élevé parmi nous, Dieu a visité son pouple. ”
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Notre Seigneur non seulement a fait un grand nombre de miracles, mais il a donné à ses disciples le pouvoir d’en faire. Illeur dit : ‘‘ Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les dé nons.” Et les apôtres ont opéré ces merveilles dans le cours de leurs prédications, Par là ils ont montré qu’ils parlaient au nom de l’auteur de la nature, et nous voyons le grand effet que ces merveilles ont produit. (C’est par ce moyen qu’ils ont converti le mondeentier. L'univers devenu chrétien est une preuve toujours subsistante des miracles que jes apôtres ont faits. Ainsi la religion ne saurait être établie sur de plus solides fondements ; ses preuves qui consistent dans les prophéties et les miracles, sont en même temps à la portée des esprits les plus simples et néanmoins capables de convaincre les plus éclairés. Dieu à suscité une foule d’hommes inspirés qui, plusieu”s siècles auparavant, ont prédit une entière exactitude des événements qu’il était impossible de prévoir. A cette première preuve se joint celle des miracles les plus incontestables, opérés à la vue de toute la Judée, multipliés en une infinité de manières et répétés dans toutes les parties de la terre. Que peut-t on souhaiter de plus fort pour opérer une pleine conviction et une croÿance inébranlable ?
Historre.—Un jeune homme se trouvant dans une société où l’on déclamait contre les miracles, crut devoir prendre la parole et défendre sa fot. Ilcita d’abord Celse, Julien, Porphyre, témoins non suspects, qui conviennent tous que Jésus- Christ a étonné la terre par ses miracles. Il cita ensuite l’aveu de Jean-Jacques. Rousseau, puis celui de Voltaire. Mais qu’2lle fut sa surprise de trouver des hommes plus incrédules que Rousseau, leur maître, plus obstiné qu’un apostat à ne pas croire aux miracles |
Reprenant la conversation, il continua ainst: ‘‘ Il paraît que vous êtes absolument décidés à ne pas céder à l'autorité de vos maîtres, et que selon vous, Julien et autres étaient trop croyants. Je ne vous demande donc plus qu'une chose, et vous me l’accorderez facilement : assurez-moi au moins qu’il est bien difficile de croire nos dogmes, et plus encore, sans doute, de mettre en pratique nos leçons de morale. 7 Ce ne fut qu'un cri : difficile, dites impossible. Le jeune homme reprit : * Mais sinos mystères sont si incroyables, s'il est impossible de les
Le
croire, comment donc ont-ils été crus par toute la terre ? Com.
ment }'Evangile a-t-il cu des disciplos dans tontes les conditions ot jusque dans les palais des rois, lorsque lo baptêmo était un engagement au martyre?” Ce discours les couvrit de confusion et ils ne purent lui répondre. |
MErauLT, Apuologistes involontaires.
Exercices.—1, Jésus-Christ n'a-t-il prouvé sa divinité que par l'accomplissement des prophéties qui l’avaient annoncé ? 2. Quels sont Ics principaux miracles qu’il a accomplis ? 3. Peut-on contester la réalité des miracles de Jésus-Christ? 4. Que disait le peuple juif à ia vue des nombreux miracles accomplis par Jésus-Christ ? 5. Jésus-Christ a-t-il donné à ses apôtres le pouvoir de faire des miracles ? 6. La religion chrétienne es -elle appuyée sur des fondements £olidesf
ÀARTIOUE VI Vertus de Notre Seigneur
Jésus-Christ a pratiqué lui-même, dans le plus ‘haut degré de perfection, la ioi qu’il nous a enseignée et toute sa vie n’a été qu’une fidèle expression de sa doctrine. Plus on médite ses actions, plus on admire la sainteté éminente qui éclate dans toute sa conduite. Ila voulu passer par l'état de l’enfance, pour donn : l’exemple des vertus qui conviennent à cet âge. Son obéissance envers saint Joseph et la très sainte Vierge renferme toutes les vertus d’un enfant. Quand un enfant est soumis et docile, il écoute, il suit en tout les avis de ceux qui ont autorité sur lui, et par cette conduite, quels progrès ne fait-il pas dans la science et dans la vertu! Jésus-Christ est resté dans l'exercice de ces vertus paisibles ot obscures, jusqu’à l’âge de trente ans, où il a commencé son ministère public; alors on vit briller en lui les vertus les plus sublimes. Sa douceur a été admirable, et ainsi qu’il était écrit de lui, il n’a pas achevé de briser le roseau cassé, ni d’éteindre la mèche qui fumait encore. Jamais il n’a rebuté personne : les plus grads pécheurs, il les recevait avec bonté, il ne faisait pas de difficulté de manger avec eux ; si 6n lui reprochait cette condescendance, il répondait qu’il n’était. pas venu chercher les justes, mais les pécheurs, ‘“ Ce ne sont pas ceux qui se portent bien, disait-il, qui ont besoin
de médecin, ce sont les malades. ” 11 s’est peint lui-même *
sous l’image d’un bon père qui accourt au-devant d’un enfant ingrat, qui se jette à so, cou, qui l’arrose de ses armes et qui se livre aux transports de la joie que lui
ait un b con-
res.
plisse.
iracleg -Christ ?
lis par ire des tolidesf
ditions
inspire son retour. Il cmbrassait avec bonté les enfants, il les Lénissait en leur imposant les mains et il disait à ses disciples. ‘“Laissez-les venir à moi, e’est à eux et à ceux “ qui leur ressemblent que le royaume de Dicu appar. ‘tient. ” Partout est un caraetère do bonté qui charme et inspire la confiance ; mais cette douceur ne l’'empéchait: . pas de reprendre avec force les pécheurs endureis, et principalement les Pharisiens, à qui il reprochait hautement leur orgueil et leur hypocrisie.
Jésus-Christ a montré une patienes invincible dans toutes sortes de maux ; en le suivant, depuis l’étable où il est né, jusqu'au Calvaire où il est mort, partout on le trouve dans la douleur, dans les travaux, dan les souf. frances ; il a enduré la fair, la soif, la fatigue 4-3" yages, toutes incommodités de la pauvreté ; il n’a “ei voulu posséder sur la terre; il n'avait pas même vae pierre pour reposer sa tête ; il subsistait de ce que li fournis: saient volontairoment ceux à qui il annonç: !4 parole de Dieu ; il supportait sans se plaindre, les embarras de la foule qui le pressait, les importunités des malades dont il était continuellement accablé. On lui disait, des injures, on l’outrageait et jamais il no s’est vengé.
C’est surtout dans les différentes circonstances de sa passion qu’il a fait voir une patience vraiment divine ; malgré les douleurs extrêmes qu'il à endurées, il n’esv sorti de sa bouche aucune plainte, aucun reproche, aucune menace : attaché à la croix. il priait pour ses bourreaux.
Toute la ve de Jésus-Christ à été un exercice continuel de l'humilité la plus profonde. Aussi a-t-il dit : ‘ Apprenez de moi à être doux et humble de cœur. ” J1 a voulu naître d’une mère pauvre ; il a passé trerte années dans l’obscurité, et quand il s’est fait connaîtré, il a toujours fui la grandeur et la pompe du monde. Jamais il n’a cherché sa propre gloire ; il défendait de publier ses miracles. En lui, le détachement des richesses allait jusqu’à aimer la pauvreté, le mépris des honneurs jusqu’à rechercher des humiliations et la connaissance qu’il avait de la vanité des plaisirs lui faisait préférer la croix et les souffrances.
C’est donc avec raison qu'il reprochait aux Juifs de ne pas se rendre aux vérités qu'il leur annonçait, car une
sainteté si par aite prouvait certainement qu'il était Venvoyé de Dieu.
Histoire. Un saint homme avait coutume de dire à coux qui le consultaient sur l'affaire de leur salut : ‘‘ Ayez sans cesse le Sauveur en vue dans vos différentes actions et elles acquerront un sublime degré de perfection et toutes les difiicultés qe vous rencontrerez s’aplaniront. En vous éveillant, consi-
érez avec quelle ferveur sa sainte humanité rendait ses devoirs à la majesté divine ; voyez avec quelles dispositions il se livrait au travail de la profession qu’il avait embrassée, pour nous apprendre à la sanctifier ; comme il conversait avec le prochain, comme il prenait ses repas, quelles’ étaient les privations auxquelles il se condamnait pour l’amour de nous. Si vous êtes pauvres, souvenez-vous qu'il n'avait pas même une pierre pour reposer sa tête ; si vous souffrez, regardez ses plaies ; si vos ennemis vous persécutent, pensez à la haine des Pharisiens ; si vos amis vous abandonnent, considérez qu'il a été vendu par Judas, renié par saint Pierre et abandonné de tous ses disciples : en un mot, ne perdez pas de vue ce divin modèle en quelque situation que vous vous trouviez, et votre vie sera vraiment angélique. |
ExercicEs.—1. Quelles sont les vertus que Jésus-Christ a pratiquées dans sa
vie.cachée? 2. Quelles vertus a-t-il fait briller dans sa vie pubiique ? 8. Com-
ment le divin Maïtre a-t-il pratiqué la <ouceur ? 4. Quels exemples de pratique nés Vs donnés pendant sa passion ? 5, Comment nous a t-il enscigné l’hum
CHAPITRE VI DU rt DE LA RÉDEMPTION ARTICLE PREMIER Jésus-Christ a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié
La sainteté divine qui brillait en Jésus-Christ, la pureté de sa doctrine, l'éclat de ses miracles, au lieu d’adoucir et de gagner les Pharisiens et les principaux d’entre les Juifs, ne firent qu’allumer leur envie et leur inspirer le cruel dessein de le mettre à mort.
Le moment auquel Jésus-Christ devait s’abandonner à la haine des J'uifs et opérer notre salut étant près d'arriver ce divin Sauveur envoya deux de ses disciples préparer la Pâque et le soir il se rerdit avec les autres dans le lieu désigné. Ayant mangé l’agneau pascal selon la loi, il se
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à COUx 8 cesse cquercultés consit 4es ions il }, pour vec le bg prius, Si e une ez ses ne des qu'il a iné de b divin votre
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leva de table, mit un linge autour do lui et il commença À laver les pieds à ses disciples ; s'étant ensuite remis à table, il prit du pain, le bénit, et ayant rendu grâces, il le changea en son corps ; il prit ensuite la coupe où était le vin, et il le changea en son sang. Il institua ainsi le sacrement de l’Eucharistie et ordonna à ses disciples de renouveler ce qu'il venait de faire et de perpétuer ainsi, jusqu’à la fin du monde, le souvenir de sa mort. Après cette action mémorable, Jésus-Christ fit un long discours à ses apôtres, leur témoigna la grandeur de son amour, leur annonça leur fuite prochaine, et leur promit de se montrer à eux après sa résurrection.
Il sortit ensuite du cénacle et se rendit au jardin des Oliviers où, étant arrivé, il s’éloigna de ses disciples pour prier. Considérant alors l’énormité du péché, la grandeur des souffrances qu’il allait endurer et l’abus que les hommes feraient de ses mérites, il fut saisi d’une tristesse mortelle ct la douleur qu’il en ressentit lui causa une abondante sucur de sang. Revenu à ses disciples et les ayant trouvés endormis, il retourna au lieu de sa prière, et, prosterné le visage en terre, il disait : ‘“ Mon père, éloignez de moi ce ‘* calice, si cela cst possible : néanmoins, que ma volonté ne se fasse pas, mais la vôtre.” Alors un ange lui apparut pour le fortifier.
Aussitôt que Jésus eut achevé sa prière, Judas, qui sur la fin du souper s'était séparé des autres apôtres, parut à la tête d’une troupe de gens armés d’épées et de bâtons, pour se saisir de lui. Ce traître alla droit à Jésus et le baisa, selon le signal dont il était convenu avec ceux qu’il conduisait. Jésus eut assez de bonté pour lui donner le nom d'ami, et se contenta de lui représenter le crime dontil s'était rendu coupable en le trahissant ainsi, Il demanda ensuite aux gens qui accompagnaïent Judas qui ils cherchaïent ; ils répondirent que c'était Jésus de Nazareth. Alors il leur dit : “C’est moi.” A ces mots, ils tombèrent tous par terre à la renverse. (Cette chute, aussi extraordinaire qu'imprévue, aurait dû les faire entrer en eux-mêmes et leur faire reconnaître la puissance de Jésus-Christ ; mais leurs cœurs étaient si endurcis, qu’aussitôt qu'il leur fut permis de se relever, ils se saisirent de lui et le lièrent
RÉ 27 TARCES È :
. = je TES cs RER NOM Er WT aol EE et
ciples l’abandonnèrent et s’enfuirent.
Les Juifs menèrent Jésus premièrement ehez Anne, beau-père de Caïphe, qui l’interrogea touchant ses disciples et sa doctrine. Et Jésus lui répondit: “Je n'ai point “ parlé en secret ; interrogez eeux qui m'ont entendu, ils “ rendront témoignage de ce que j'ai dit.” Alors un des sergents lui donna un soufflet et Jésus le souffrit avec une patience toute divine. | Les princes des prêtres, sachant bien qu'ils ne pouvaient accuser Jésus d'aucun crime qui fût véritable, cherchèrent de faux témoins, afin d’avoir un prétexte pour le condamner à mort ; mais ce dessein ne leur réussit point, parce que les témoignages n'étaient pas conformes l’un à l’autre, ce qui fit que le grand prêtre l’obligea, même par serment, de dire s’il était le Christ, Fils de Dieu. Jésus- Chist lui répondit qu’il l'était et qu'il le verrait un jour assis à la droite de la puissance du Père. Le Pontife l'ayant entendu, se leva de son siège, et déchirant sa robe, dit que Jésus avait blasphémé, qu’il n’était plus besoin de témoins et qu’il méritait la mort, ce qui fut confirmé par les scribes qui étaient présents. Alors ceux qui tenaient Jésus lui crachèrent au visage et lui ayant bandé les ycux, les uns lui donnaient des coups de poing et les autres des soufflets, en disant : ‘ Prophétise, Christ, qui t'a frappé.” Et ils proféraient beaucoup d’autres blasphèmes contre lui. Pendant que Jésus souffrait tous ces outrages, Pierre lui causa une peine bien plus sensible : ce disciple, l'ayant suivi de loin, était entré à sa suite chez le Pontife, où une servante l’abordant, lui dit que sans doute il était disciple de Jésus, ce que Pierre nia. D’autres soutenant la même chose, il le nia encore ; un serviteur du Pontife ayant ajouté qu’il l'avait vu au jardin, Pierre , saisi de crainte, jura que cela n'était pas. Ce fut alors que Jésus, l’ayant regardé, le fit souvenir de ce qu’il lui avait dit, qu’il le renierait, et Pierre sortit dehors et pleura amèrement. Cependant Jésus, resté au pouvoir de ses ennemis, eut à souffrir pendant toute la nuit les injures et les traitements les plus pénibles. Le matin étant venu, les princes des prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil pour trouver le moyen de le
ur l'emmener à Jérusalem; en même temps tous ses dis-
faire mourir ; ils le menèrent à Ponce Pilate, gouverneur de la Judée, lui disant que c'était un homme qui pervertissait leur nation, défendant de payer le tribut à Césaret se disant le roi Messie, Pilate, ayant interrogé Jésus-Christ et ne le trouvant coupable d'aucun crime, dit aux Juifs de le prendre eux-mêmes et de le juger selon leur loi ; mais les princes des srêtres lui répondirent qu’il ne leur était pas permis de faire mourir personne, et redoublant leurs instances, ils dirent que Jésus soulevait le peuple par une doctrine qu’il avait publiée depuis la Galilée jusqu’à Jéruer- salem.
le Pilate, ayant appris que J'ésus était Galiléen, et à ce 1int, tre soumis à la juridiction d’'Hérode, roi de cette contrée, et à étant d’ailleurs bien aise de se débarrasser de cette affaire, par l'envoya à ce prince qui était alors à Jérusalem. Hérode us- ayant interrogé Jésus sur les chefs d'accusation que les pur . princes des prêtres et les scribes qui étaient présents lui ife imputaient, et n’en pouvant tirer aucune réponse, le mépribe, sa et l’ayant fait revêtir par moquerie d’une roble blanche, de il le renvoya à Pilate.
les Pilate, qui avait beaucoup plus de droiture que les prin- US cipaux d’entre les Juifs, avait désiré délivrer Jésus, parce les qu’il voyait bien que c'était par envie que les, princes des es prêtres le lui avaient livré ; mais, ne voulant pas déplaire , aux Juifs, il essaya de les adoucir. Ayant donc appelé u, © ceux qui accusaient Jésus, il leur dit que ni lui ni Hérode ai ne l'avaient trouvé coupable d’aucun des crimes dont 1 ils l’accusaient : que, néanmoins, pour les contenter, il al- Fe lait le faire châtier et ensuite le renvoyer. Mais les Juifs e ne se contentant pas de cette proposition, il fut obligé de , chercher un autre moyen de délivrer Jésus. Il crut l'avoir l trouvé dans la coutume qu'avait le gouverneur romain | d'accorder, au jour solennel de Paque et à la demande du peuple, la liberté d’un prisonnier, quel qu’il fût. (Comi:e
il y avait alors en prison un insigne voleur, nommé Barabbas, Pilate demanda à ceux qui étaient présents lequel des deux, ou dé Jésus ou de Barabbas, ils souhaiuient qu’ leur délivrât, croyant qu’ils seraient bien éloignés de de: mander un séditieux et un homicide préférablement à Jé
sus, en qui on ne trouvait point de crime. Mais les prin-
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ces des prêtres leur persuadèrent de demander Barabbas, ce qui fit qu’ils crièrent tous ensemble ! Que Jésus soit cructi- Jié et qu’on nous délivre Barabbas !
Pilate, voyant que toutes les propositions qu'il avait faites aux princes des prêtres et au peuple ne lui réussissaient pas, et ne trouvant plus moyen de délivrer Jésus, prit la résolution de le faire flageller cruellement, afin de les exciter à la compassion en le leur montrant tout couvert de sang.
T1 l’abandonna donc à la fureur des soldats qui, l'ayant déchiré de coups, le revêtirent d’une robe de pourpre, lui mirent sur la tête une couronne d'épines et un roseau à la main, puis, fléchissant le genou, ils se moquaient de lui en disant : Vous te saluons, roi des Juifs. Ils lui crachaiïent aussi au visage, et prenant son roseau, ils lui en donnaient des coups sur la tête.
Pilate, voyant Jésus en ce pitoyable état, le mena hors du prétoire et s'étant assis sur son tribunal, il dit aux Juifs : Voilà l’homme ! ajoutant que, quoiqu'il l’eût fait maltraiter ainsi, il ne trouvait point de crime en lui. Mais les princes des prêtres et leurs officiers l'ayant vu, crièrent : Crucifez-le ! Crucifiez-le ! Pilate leur dit encore : Voilà votre roi !/ mais ils répondirent qu’ils n'avaient point d’autre roi que César, et que, selon leur loi, Jésus devait mourir, parce qu'il s'était dit Fils de Dieu. Pilate encore plus effrayé de ces dernières paroles, cherchait quelque autre expéd'?nt pour sauver Jésus ; mais les Juifs ne pouvant plus suuffrir de délai, criaient hautement que sil le délivrait il se déclarait l’ennemi de César. Cette parole acheva d'intimider Pilate, qui s'étant fait apporter de l’eau, se lava les mains en disant qu’il était innocent du sang de ce juste, Les J'uifs voulant le rassurer répondirent : Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! Alors le faible gouverneur abandonna Jésus à la fureur de ses implacables ennemis, qui l’ayant dépouillé de sa robe de pourpre, lui remirent ses habits, le chargèrent de sa croix et l’emmenèrent pour le crucifier., Epuisé de fatigues et de souffrances, le Sauveur succomba plusieurs fois sous le poids de cet énorme fardeau, ce qui fit que les soldats, rencontrant un homme appelé Simon, qui revenait des champs, l’obligèrent à
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porter la croix. On ignore le motif d’une telle conduite, mais il est probable que ce fut plutôt par la crainte de le voir mourir en chemin et de ne pouvoir le crucifier, que par quelque sentiment de compassion qu’ils en agirent ainsi,
Ce fut en un lieu nommé Calvaire et proche de Jérusalem que Jésus-Christ fut sacrifié. On mit pour inscription au haut de ia croix: Jésus Nazaréen, roi des Juifs.
Les passants le blasphémaiïent en branlant la tête et en lui disant: ‘Toi qui détruis le temple de Dieu et qui le rébâtis en trois jours, sauve toi toi-même” et ‘ Si tu es le fils de Dieu, descends de la croix.” Les princes des prêtres, les scribes et les anciens, se moquant de lui aussi, disaient : “IL x sauvé les autres et il ne peut se sauver lui-même.” Deux voleurs qui avaient été crucifiés avec J'ésus- Christ, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche, lui faisaient les mêmes reproches : l’un d’eux, cependant, se convertit et pria Jésus de se souvenir de lui lorsqu'il serait. dans son royaume, ce qui fit que Jésus l’assura que dès le même jour il jouirait avec l'ui de la gloire du Paradis. Jésus pria ensuite son Père de pardonner à ceux qui le faisaient mourir, puis s'adressant à sa sainte mère, qu’il vit au pied de la croix, il lui dit, en lui montrant saint Jean : Femme, voilà votre fils, et à saint Jean: Voilà votre mère. Il dit ensuite: J'ai soif / et on lui présenta du vinaigre. C’est ainsi que le prophète avait annoncé qu’il serait traité pour l'amour de nous et qu’il guérirait nos plaies par ses meur-
trissures.
Hisrorre.—-Une jeune personne, voulant embrasser la vie religieuse, alla voir la supérieure d'un couvent pour lui faire part de ses dispositions. Celle-ci voulant mettre la constance de la postulante à quelque épreuve, la mena à la chapelle et lui fit connäître le temps qu’elle aurait à employer à la prière, non seulement durant le jour, mais durant une partie de la nuit ; elle la mena ensuite au Gortoir, lui fit remarquer l’incommodité et la dureté du lit où elle aurait à prendre un peu de repos que la règle permettait ; elle lui fit aussi parcourir les différents endroits de la maison où la nature avait à souffrir ; elle la conduisit donc au réfectoire, où elle n'aurait qu’une nourriture mal apprêtée ; au chapitre, où la moindre faute serait rigoureusement punie, etc., etc., et lui demanda ensuite si elle persistait dans sa résolution. Quel fut son étonnement lorsque la néophyte lui répondit avec autant de candeur que de
fermoté : Ma mère, je conçois que la nature doit avoir -beaucoup à souffrir ici ; mais une chose me console : c’est que partout où vous m'avez conduite, j'y ai vu un crucifix ! et peut-on trouver quelque chose de difficile lorsqu'on a un tel spectacle sous les yeux ? ”
Exercices.—-1. Dites en peu de mots ce que Jésus-Christ a souffert. 2. Comment Jésus-Christ institua-t-il le sacrement de l’Eucharistie ? 3. Exposez les principales circonstances de l'agonie de Notre-Seigneur au jardin des Olives. 4. Par qui et comment Jésus-Christ fut-il livré aux princes des prêtres ? 5. Comment Jésus-Christ fut-il traité chez Anne et chez Caïphe ? 6. Que firent les Juifs afin d'avoir un prétexte pour condamner Jésus-Christ ? 7. Saint-Pierre resta-til fidèle à son maître ? 8. Pourquoi Jésus-Christ fut-il conduit chez Pilate ? 9. Comment Jésus-Christ fut-il traité par Hérode ? 10. Que fit Pilate pour délivrer Jésus ? 11. Rapportez ia flagellation de Nôtre-Seigneur. 12. Comment les Juifs traitèrent-ils Jésr:s après que Pilate le leur eût abandonné ? 13, Racontez la mort de Notre-Seigneur.
ARTICLE 11 Est mort, a été enseveli.
Depuis trois heures, Jésus-Christ souffrait sur la croix d’extrêmes douleurs, lorsqu'il s’écria d’une voix forte : “Mon Dieu ! je remets mon esprit entre vos mains !” puis, baissant la tête comme pour donner permission à la mort de le frapper, il expira.
Des prodiges extraordinaires eurent lieu durant que Jésus-Christ était en croix : la terre trembla, les rochers se fendirent, plusieurs sépulcres s’ouvrirent et des morts ressuscitèrent ; le voile du temple se déchira ; le soleil s’obscurcit et il offrit l’aspect d’une éclipse totale, quoique ce fût en pleine lune, ce qui fit dire à Denis Aréopagite que le Dieu de la nature souffrait ou que le monde allait finir.
Ces prodiges furent inutiles à la conversion des Juifs : quelques-uns seulement, à l’imitation du centurion romain, se frappaient la poitrine en disant : “Cet homme était vraiment le fils de Dieu.”
Cependant les Juifs, ne voulant pas que les corps restassent sur la croix le jour du sabbat, prièrent Pilate de leur faire rompre les jambes et de les en faire descendre.
Le gouverneur envoya donc des soldats qui rompirent les jambes aux larrons, et voyant que Jésus était mort, ils lui percèrent le côté avec une lance. Ainsi le Prophète l'avait annoncé : “Vous ne briserez aucun de ses os” et ailleurs : “Ils verront celui qu'ils ont percé.”
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Cependant Joseph d’Arimathie, voulant ensevelir le corps de Jésus-Christ, demanda à Pilate la permission de le descendre de la croix, et Nicodème s'étant joint à lui, ils l'embaumèrent avec des parfums précieux, le mirent dans un sépulcre neuf, taillé dans le roc et en fermèrent l’entrée avec une grosse pierre en présence des saintes femmes. qui les avaient accompagnés. '
Par ces mots : Jésus est mort, on doit entendre que son âme a été séparée de son corps ; mais il faut bien remarquer que sa divinité n’a été séparée ni de l’âme ni du corps : elle est toujours demeurée unie à l’unet à l’autre.
Jésus-Christ s’est soumis à la mort et par sa mort il a sanctifié la nôtre. Il nous à mérité la grâce de fuire de cette peine du péché un sacrifice volontaire et très agréable à Dieu. Il s’est soumis à l’humiliation de la sépulture pour ôter à cet état ce qu'il a de triste pour la nature et ain de nous remplir de l'espérance consolante de la résurrection future de notre corps.
La vue de notre chef renfermé dans le tombeau d’où il doit sortir plein de vie, nous assure l’accomplissement de ce que l’Apôtre nous promet pour nous-mêmes, en ces termes : ‘Le corps, comme une semence, est mis en terre dans un état de corruption et il ressuscitera incorruptible ; il est mis en terre tout difforme et il ressuscitera glorieux ; il est mis en terre comme un corps animal et il ressuscitera comme un corps spirituel.”
Hisrorre.—"‘D'où vient que vous ne vous fâchez jamais et ‘que vous ne paraissez jamais ému, quoi qu’on puisse vous ‘ dire et quelque chose qu’on vous fasse ? ‘‘disait à saint Elzéar « comte d'Arian en Provence, sa vertueuse épouse. Il lui fit « cette réponse : ‘‘Comment pourrais-je me fâcher contre quel- « qu’un et former des plaintes , lorsque je pense de quelles « ignominies Jésus-Christ, mon Sauveur, à été rassassié pour «« moi ? Que d’affreux tourments il a endurés pour mon salut ! « La seule pensée de ses souffrances ct de la charité admirable « qu’il a eue pour ceux qui l’ont fait souffrir et mourir, me cou «. vre de confusion en voyant que je ne souffre rien pour lui, ”