CHAPITRE XIV DE NOTRE FIN DERNIÈRE Je crois à la vie éternelle
Notre âme, immortelle de sa nature, sortant de son corps, passe de cette vie dans une autre, de ce monde visible dans
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un monde invisible. Les païens eux-mêmes croyaient à une vie future, dans laquelle on sera récompensé ou puni selon ses œuvres. JL’attente d’une vie future est donc le dogme du genre humain et la foi de la nature.
Il y a donc une autre vie après celle-ci, et cette vie ne finira jamais. Nous y serons éternellement heureux ou malheureux, selon que nous serons justes su injustes aux yeux de Dieu au moment de notre mort. Mais comme, au sortir de cette vie, l’âme peut emporter des souillures qui, sans la rendre digne de l'enfer, l’excluent cependant du ciel tant qu’elle ne sera pas purifiée, il s’ensuit qu'outre le paradis préparé aux justes et l’enfer destiné à punir les méchants, il y a un lieu nommé purgatoire, établi temporairement pour purifier les âmes coupables, en mourant, de quel-
ques péchés véniels, ou qui n’ont pas satisfait à la justice
divine pour la peine qui reste due ordinairement après que le péché mortel est remis par le sacrement de pénitence.
Hirsrorre.— Saint Bernard quittant la maison paternelle pour aller s'ensevelir avec ses frères dans la solitude, ils rencontrèrent le jeune Nivard, leur frère, et ils lui dirent : ‘‘ Désormais ‘6 l'héritage te regarde ; nous allons en religion.—C'est-à-dire ‘ -eprit l'enfant avec vivacité, que le ciel sera pour vous et la ‘“ terre pour moi : assurément le partage n'est point égal. ” Et bientôt après il les suivit. —GopEscarn, Vie de Saint Bernard.
Exsroices.—1. Y a-t-il une vie qui succèdera à la vie présente, et ce dogme .
n’a-t-il été connu que des chrétiens ? 2. Quel sera le sort des justes et des pécheurs dans la vie future ?
ARTICLE PREMIER Du purgatoire Pour entrer dans le ciel immédiatement après la mort,
il faut que l’âme ait conservé son innocence baptismale, ou qu’elle l’ait entièrement réparée par la pénitence, car rien
d’impur n’entrera dans le ciel. Cependant, la faiblesse hu- :
maine étant si grande, il est bien difficile de se conserver tellement pur de la contagion du siècle, qu’on n'ait pas à se reprocher au moment de la mort au moins quelques fautes légères : de là, la nécessité d’un lieu d’expiation pour ces fautes légères, ainsi que pour suppléer la pénitence qu'on
aurait dû faire pour certains péchés nd que remis, quant À
la peine éternelle, par le sacrement nitunce,
Dès la lai ancienne, cette vérité jt a parfaitement connue ; les hommes instruits de la religion savaient que les âmes étaient purifiées de leurs fautes légères par des peines temporaires avant que d'entrer dans les limbes, lieu de repos où les justes attendaient la venue de J ésus-Christ, qui devait les introduire dans le cie!. Le courageux Judas Machabée envoya une somme d’argent à Jérusalem afin qu’on offrit au Seigneur des prières et des sacrifices pour ceux qui étaient morts en combattant, ‘ parce que, dit-il, c’est ‘“ une chose salutaire de prier pour les morts, afin qu'ils ‘“ soient délivrés de leurs péchés.” Mais cette vérité a été mise dans son plus grand jour par les décisions de l’Église, fondées sur les paroles de Jésus-Christ même, qui fait la distinction entre les péchés qui peuvent ou ne peuvent pas être remis en ce monde ou en l’autre.
Quoique l'Église n’ait rien décidé sur la grandeur des peines du purgatoire, il est certain qu’elles sont proportionnées à la grièveté des péchés qui restent à expier ; il est certain aussi qu'elles sont très grandes ; plusieurs Pères de l'Église assurent même qu’elles ne différent de celles de l'enfer que par le terme dé leur durée et par la patience avec laquelle les âmes les souffrent,
Nous pouvons et nous devons soulager les âmes du purgatoire. : Ce sont des prédestinés, des amis de Jésus-Christ destinés à régner un jour avec lui et qui sauront bien nous dédommager au centuple des sacrifices que nous aurons faits pour les soulager ou pour abréger leurs peines. Ce sont peut-être nos proches, nos parents, nos amis, nos bienfaiteurs, qui du fond de leurs cachots nous disent d’une voix lamentable : * Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous ‘ au moins qui êtes mes amis !’ Mon cher enfant, s’écrient ce père, cette mère, du milieu des flammes où ils sont ensevelis, nous souffrons des peines incompréhensibles aans ce lieu de douleurs ; ayez pitié de ceux à qui vous avez de si grandes obligations, à,qui vous devez la vie et les biens que vous possédez ; laissez-vous attendrir par nos gémissements et soulagez-nous dans nos peines ; vous le pouvez si facilement! L'assistance à la sainte messe, une aumône, une
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prière, le sacrifice de quelques plaisirs que vous offrirez à notre intention, la plus mince privation, etc., peuvent nous délivrer des tcurments que nous endurons et nous procurér
la gloire du ciel ! Ah} serez-vous insensibles à nos maux .
et nous oublierez-vous au jour de notre nécessité? Oserezvous vous liyrer à la joie tandis que nous sommes plongés dans des feux dévorants 1
Eh quoi ! dans le purgatoire, ce sont toujours nos frères en Jésus-Christ qui souffrent &e cruels tourments : comment donc pourrions-nous les abandonner ? Ces âmes ne peuvent satisfaire à la justice de Dieu qu’en payant à la dernière rigueur ; ce sont des prisonniers retenus pour dettes en c:s l'eux de supplices ; mais nous pouvons les délivrer en satisfaisant pour elles par la prière, le jeûne, l’aumôn:, les indulgences et les communions, particulièrement par la sainte messe dite ou entendue en leur intention.
LA charité nous fait un devoir de soulager ces saintes âmes, nous ordonnant de faire- à autrui ce que nous voudrions qui nous fût fait à nous-mêmes,
Notre intérêt propre nous impose la même obligation : les âmes justes que nous aurcas soulagées s’intéresseront pour nous dans le ciel avec autant d’ardeur que d'efficacité; elles deviendront des protecteurs puissants que nous nous serons acquis pour ce monde et pour l’autre.
La justice même nous fait un devoir de soulager les âmes
du purgatoire ; c’est peut-être à cause de nous que plu-
sieurs y souffrent, soit pour nous avoir trop aimés en flattant nos passions, soit pour avoir offensé Dieu à notre occasion.
Hisrorre.— Sainte Perpétue, saiate Félicité et d’autres servantes de Jésus-Christ, ayant été arrêtées pour la foi, furent enfermées dans une étroite prison, où Perpétue eut différentes visions. Dans la première, le Seignevr lui fit connaître qu'’elles souffriraient toutes le martyre ; dans la seconde, elle vit un de ses frères, mort depuis quelque temps. Il lui paraissait que cet enfant souffrait d’horribles douleurs, qu'il était surtout tourmenté d’une soif dévorante, sans qu’il lui fût possible d’ap- "rocher sa bouche du bord d’un bassin plein d'eau, malgré les efloris réitérés qu'il faisait pour se procurer ce soulagement. La sainte, ayant reconnu par cette vision que son frère était
dans le purgatoire, se mit en prière, ainsi que ses compagnes.
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Quelques jours après, elle revit son frère, le corps bien net, bien vêtu, et se refraîchissant au milieu de la plaine où était le bassin. C'est ainsi que le Seigneur voulut faire connaître l’efficacité des prières que l'on fait pour le soulagement des défunts, — Histoire ecclésiastique.
EXxERCICES.—1, Toutes les Ames des justes entrent-elles dans le ciel aussitôt après leur séparation du corps ? 2 Sur quoi est fondée la nécessité du purgatoire ? 8. Sous la Ici mosaïque savait-on que les âmes devaient être purifiées de leurs légères scuillures par des peines temporelles ? 4. Que savons-nous sur la nature des peines du purgatoire ? 5. Quels motifs doivent nous porter à soulager les âmes du purgatoire? 6. Par DS moyens peut-on les soulager ? 7. Quels avantages nous procure la dévotion aux âmes du purgatoire ?
ARTICLE II Du paradis
Le paradis »st le séjour de la magnificence et de la gloire de Dieu, c’est la demeure qu’il a préparée à #3 anges et aux hommes qui auront vécu dans sa crainte et seront morts dans son amour. Mais pour nous faire comprendre quels sont les biens immenses, quelles sont les joies ineffables du paradis, il faudrait qu’une de ces Âmes bienheureuses descendiît du ciel et nous en racontât les merveilles. ‘ Non, dit saint Paul, l'œil de l’homme ne saurait entendre ‘“ le cœur ne goûtera jamais en ce monde le bonheur. que it Dieu a préparé à ses élus dans sa gloire” Imaginonsnous, si nous le pouvons, quelle sera la joie d’une âme qui entrera un jour dans le ciel ! © le doux moment que celui qui, terminant les misères de cette vie, commencera le bonheur de son éternité |! Quelles délices, quel contentement, quels transports, quand elle verra enfin son Dieu, quand elle se verra à jamais assurée de son sort !
Quelle joie pour un captif quand il vient à recouvrer sa liberté et.à sortir de son triste esclavage ! Quelle joie pour un prisonnier longtemps enfermé dans les horreurs d’un sombre cachot, quand il revoit enfin la lumière ! quelle joie pour un homme qui a fait un long trajet sur une mer orageuse, à travers les tempêtes et les écueils, où il à été mille fois en danger de périr, quand il arrive enfin heureusement au port ? Faible imagé, image bien imparfaite de la joie,
* de la-consolation, du bonheur d’une âme qui, après la cap-
tivité, le triste exil, les longues souffrances de cette vallée
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