‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 45 sur 141 · SES AIN APS PP RIRIN A · texte numérisé non relu

SES AIN APS PP RIRIN A

— 108 … de larmes, entre enfin dans l’heureux port du salut, dan: la “égion des vivants, pour vivre à jamais, dans le sein des élus, de la vie de Dieu même, l’auteur de son être, le terme de ses désirs, le centre de son repos, sans craindre de le

perdre jamais, assurée de le posséder toujours, heureuse du même bonheur que lui !

Mais ce n’est pas assez de connaître le bonheur du ciel, il faut encore s’efforcer de le mériter par la pratique des bonnes œuvres. ‘“ La porte en est étroite, dit Jésus-Christ faisons nos efforts pour y entrer.” Quelque grands que doivept être ces efforts, ils sont peu de chose pour un si grand bien.

Quoi ! nous n’aurions pas le courage de nous faire un peu de violence, de nous priver de quelques satisfactions, de vaincre le respect humain pour mériter un si grand bonheur ! Où est donc notre foi ? où est notre raison ? On fait tous les jours le sacrifice de son repos, de sa santé pour une fumée d'honneur ; on travaille toute sa vie pour un peu d'argent que l’on sait être obligé de laisser en mourant ; et pour le ciel qu’on doit toujours posséder, on ne ferait rien ! ‘ Ce ne serait pas trop, dit saint Augustin, d’une éternité

. de travaux pour s'assurer une éternité de bonheur, et nous

ne pouvons lui accorder un moment!” Un peu de prière, matin et soir, nous effraie ; la confession nous épouvante ; la sanctification du dimanche est sacrifiée au respect humain ; l’abstinence du vendredi et du samedi à la sensualité ; nos devoirs, à l'amour du plaisir; et nous prétendrions être associés aux martyrs, à ces hommes de vertu, à ces liéros de la religion ! Le ciel est une récompense, il faut donc travailler pour le gagner ; c’est une couronne, il faut combattre pour l'obtenir ; c’est une conquête, il faut se faire violence pour le mériter : ceux qui savent se vaincre sont les héros qui l’emportent. Le ciel est le séjour de la sainteté, les portes n’en sont ouvertes qu’à l'innocence ou à la pénitence, Si nous ne nous occépons que des vanités, des biens et des plaisirs de cette vie, nous ne sommes ni innocents, ni pénitents, nous sommes par conséquent indignes d’entrer dans le ciel. Ah! combien il est consolant pour un chrétien vertueux de savoir que tout ce qu'il fait pour

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ieu sera abondamment récompensé, qu’un verre d’eau froi le donné en son nom, qu’un soupir de son cœur ne sera pas perdu devant ce bon maître ! Avec quelle constance ne supporte-t-il pas les épreuves de cette vie! Les pertes, les disgrâces, qui souvent font le désespoir de l’impie, «eviennent pour le juste un sujet de mérite, par la résignation avec laquelle il les reçoit ct l’espoir d’en être dédommagé dans le ciel, qu’il regarde comme sa vraie demeure. C’est là que le jour il envoie le trésor de ses bonnes œuvres ; c'est pour le ciel qu’il travaille, c’est pour le ciel qu'il embellit son âme. ;

Si nous connaissions les grands biens que l'on possède dans le ciel et combien une âme peut y glorifier ie Seigneur, non seulement nous travaillerions avec ardeur à notre salut, mais nous nous efforcerions encore de procurer aux autres le même avantage, et spécialement à nos parents, à nos amis ; ce serait là le vrai moyen de leur témoigner notre amour. On ne peut rien faire de plus avantageux au prochain et de plus glorieux à Dieu. ‘Celui, dit saint Chrysostôme, qui macère son corps par les austérités a moins de mérite que celui qui gagne une âme à Dieu ; c’est quelque chose de plus grand de sauver ses frères que de faire des wuiracles.” C’est ce zèle du salut des âmes qui à porté tant d'hommes apostoliques à quitter leur pays, leurs parents, leurs amis, pour courir, au dépens de leur vie, au-delà des mers, afin d’y convertir quelques païens, d'y baptiser quel. ques enfants en danger de mort. “Celui, dit saint Jacques, qui gagnera son frère a Dieu sauvera son âme et “ couvrira la multitude de ses fautes.”

Hisrorre. —M. Boursol exerça à Rennes, pendant plus de quarante ans, les fonctions du saint ministère ; il soutint sans interruption, sans relâche, jusqu’à la fin de sa carrière, les fatigues de la chaire et les fonctions pénibles du tribunal de la pénitence. Il voulait, disait-il, mourir les armes à la main. ‘ Ah ! si j'étais digne d'obtenir cette faveur de mon Dieu! Je Jui demande chaque jour de terminer ma vie, soit en annonçant son Évangile dans la chaire de vérité, soit en exerçant dans le tribunal sacré les droits de sa justice et de sa miséricorde.”

Une prière dictée par les motifs héroïques d’une si ardente charité méritait d'ôtro exaucée. - Le lundi de Pâques, 4 avril

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1774. M. Boursol dit la mosse à cinq heures et se rendit ensuite au tribunal de la pénitence, Vers les deux heures de

l'après-midi, il se fit porter à Toussaint, paroïsse de Rennes, cel où, malgré son grand âge et ses infirmités, il prêchait le carême de cette année-là ; et à trois heures il monta en chaire pour y prè- co! cher son sermon sur la gloire et le bonheur des saints. î eut mc dans son débit la vigueur et l’impétuosité de la jeunesse ; sa cer voix avait un éclat extraordinaire ; ses mouvements étaient si re rapides, son geste si véhément, qu'il désignait ce qu'il allait Ë dire avant de l’avoir prononcé. Vers la fin du premier point après la description la plus vive et la plus touchante des beautés re du paradis et de la joie des bienheureux dans le ciel, il fit un | le nouvel effort et s'écria : ‘ Non, mes frères, jamais il ne sera rel donné aux faibles yeux de l’homme de soutenir ici-bas l'éclat fa de la majesté divine ; ” ensuite baissant la voix: ‘Ce sera dé dans le ciel que nous le verrons face à face et sans voile.” Ces mots furent prononcés d’une voix sonore et d’un ton pénétrant ; ; il les répéta en latin: Videbimus cum sicuti est. Et en finis- ils sant ces dernières paroles, courbé sur le bord de-la chaire, il | po oxpira. Ses yeux étaient fixés vers le ciel et demeurèrent constäminent dans cette position. . L'église était remplie d’une | en affluence de peuple extraordinaire et la consternation fut er prompte et générale ; ceux-ci tombaient en défaillance, ceux-là disaient tout haut : ‘‘ C’est un saint: il est mort en parlant du de bonheur du ciel.” On entendit la voix d’un enfant qui proféra | ces paroles : ‘‘ Il parlait du paradis et il y va.” we ' —CaRRON, Vie de Boursul. ; Exsrcioms.-—:1. Qu'est-ce que le paradis ? 2. Pouvons-nous comprendre le bonheur qui nous y est réservé ? 8. Que faut-il faire pour le mériter ? 4. Quels sentiments doit nous inspirer la pensée du ciel ? 6. Devons-nous ne travailler qu'à ét nous sauver seuls ?

ARTICLE III

De l'enfer à Il y a un enfer, c’est-à-dire un lieu de tourments cà les méchants seront éternellement punis avec les démons. Cette vérité, comme toutes les autres de notre croyance, a été révélée de Dieu; Jésus-Christ parle, dans l'Évangile, L d’une fournaise de feu, d’un lieu de supplices où il n’y aura d que pleurs et que grincements de dents. Ceux qui doutent :

s’il y a un enfer et qui, sous ce prétente, suivent leurs penchants déréglés, sont aveuglés où corrompus ; ils risquent une éternité de supplices pour un plaisir d'un moment,

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On souffre deux peines dans l'enfer, la peine du dam et

celle du sens, La peine du dam consiste dans la privation de la vue et de la présence de Dieu, La peine du ens consiste à souffrir les tourments les plus violents sans le moindre adoucissement. L’Ecriture sainte nous représente ces tourments dans les termes les plus énergiques : “Le feu “ dévorera les réprouvés, dit l'Esprit saint ; le ver qui les ‘“ rongera ne mourra pas et le feu qui les dévorera ne s’é- “ teindra pas.” Ce feu, devenu comme raisonnable, selon l'expression de saint Augustin, s’attachera aux sens corporels qui auront servi d’instrument au péché, ainsi qu’aux facultés intellectuelles, pour les dévorer sans cependant les détruire.

Tous les damnés sont privés de la présence de Dieu et ils souffrent des tourments épouvantables et toujours proportionnés au nombre et à la gravité de leurs crimes.

Il est donc de foi que les réprouvés souffriront à jamais, en corps et en âme, les supplices les plus cruels, dans un entier désespoir et sans aucune consolation.

Les peines de l'enfer seront éternelles ; c’est un article de la foi fondé sur l’Écriture même. Isaïe nous dit que le ver rongeur des damnés ne mourra jamais. ‘Les réprou- ‘ vs, est-il dit dans saint Mathieu, iront à un supplice qui ne finira point.” |

Mais, dira-t-on, Dieu est trop miséricordieux pour punir éternellement un seul-péché mortel qui ne dure quelquefois qu'un instant, On répond que la miséricorde de Dieu n’est pas contraire à sa justice et que sa justice exige qu'il punisse éternellement le péché d’un howme qui meurt impénitent, car 1° le péché de cet homme est en quelque sorte éternel ; 2° le péché mortel combat et détruit, autant qu'il en est capable, un bien éternel et infini ; il doit être puni d’un supplice éternel et’infini, au moins dans sa duréé, puisque l’homme étant fini n’est pas capable d’un supplice infini dans.sa nature: la justice humaine punit quelquefois un seul péché passager d’une peine éternelle de sa façon, telle que l'exil perpétuel, de sorte que si l'exilé vivait toujours, il serait toujours banni de sa patrie. Eh | pourquoi la justice divine ne pourrait-elle pas bannir éternellement de la patrie céleste un pécheur impénitent qui s'en exclut lui-

même en mourant volontairement dans l’impénitence finale ? .T Jeunes gens, ne vous abusez donc pas, mais prenez dès sist ce moment la ferme résolution d'éviter le péché qui vous bou mènera infailliblement à la réprobation : ne vous exposez Pen pas à un tel malheur ; sacrifiez plutôt tous les intérêts hu- et 1 mains ! Si vous sauvez votre âme, tout est gagné pour vous ; e ‘si vous veniez à la perdre, tout serait perdu pour vous, one eussiez-vous gagé l’univers entier ! les À qu’ HisroiRe.—Quelques jeunes libertins se trouvant avec un Chr religieux d'un ordre très austère, se mirent à le plaisanter sur aim son genre de vie et finirent par lui dire : ‘Ah! mon Père, l’on ‘* vous serez bien attrapé s’il n’y a point de Paradis. —Vous I “ le screz bien plus, leur répond le religieux, s’il y a un enfer, ‘ comme la religion nous l’apprend et comme il n’y a pas lieu de ] ‘ d'en douter.” à le —L'Évangile rapporte que le mauvais riche étant dans l'enfer du . et voyant Abraham dans le sein de la Divinité, lui adressa ces J paroles : ‘‘Père Abraham, ayez pitié de moi et envayez Lazarre, de ‘afin qu’il trempe dans l'eau le bout de son doigt pour me di ‘“rafraîchir la langue, car je souffre dans ce feu des douleurs ne

‘ cruelles et insupportables !—-Mon fils, lui dit Abraham, sou- ‘* venez-vous que vous avez été comblé de biens pendant votre Sur ‘ vie et que Lazarre. au contraire, n’a eu que du mal : mainte- M ‘ nant il est dans la joie, et vous, vous souffrez.” ma

Exercices.1— Y a-t-il un enfer ? 2. Quelles peines y souffre-t-on ? 3. Lespeines des damnés seront-elles éternelles? ‘, Que répondre à ceux qui disent: Dieu est trop bon pour qu'il y ait un enfer éternel? 5. Quel effet doit produire rl sur nous la pensée de l'enfer ? val

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