DU PREMIER COMMANDEMENT DE DIEU
Je suis le Seigneur, etc.
Un seul Dieu tu adorerag Et aimeras parfaitement.
ARTICLE PREMIER De la foi
La foi est une vertu surnaturelle par laquelle nous croyons toutes les vérités que l'Église enseigne, parce que Dieu, qui ne peut ni se tromper ni tromper personne, les a révé-: lées, C’est la première des trois vertus théologales.
Les vérités que nous devons croire sont contenues dans l'Écriture.sainte et dans la tradition. On appelle Écriture sainte les livres sacrés qui ont été écrits par l’inspiration du Saint Esprit: ce sont l'Ancien et le Nouveau Testament. Par la tradition, on entend la parole de Dieu non écrite dans les livres saints et transmise de génération en: génération jusqu'à nous. C'est à l'Église que le dépôt de l'Écriture et de la tradition a été confié ; c’est elle qui en : fixe le véritable sens et qui le propose aux fidèles par un jugement infaillible et avec une souveraine autorité. Dieu: lui a donné ce pouvoir ; il lui a promis de la préserver de: : toute erreur et de l’assister dans son enseignement jusqu’à la fin du monde. Nous devons donc croire tout ce que 1 Église nous enseigne et il n’y a point de salut à espérer pour celui qui n'a point la foi. ‘“ Celui qui croira et-sera Laptisé, sera sauvé, dit Jésus-Christ ; et celui qui ne “ croira point sera condamné.”
La foi est donc d’une nécessité indispensable pour être : justifié et pour être sauvé. La foi honore Dieu et lui rend hommage comme à la souveraine vérité; elle est, enmm. parle saint Paul, un sacrifice et une offrande que nous lus faisons, en soumettant notre esprit à sa parole infaillible et en faisant taire nos difficultés, nos préjugés et nos répugnances, pour croire, sans aucune ombre de doute sur l’au-. toys de cette divine parole, ce que nos señs n int
rit. ut comprendre.
Nous devons souvent faire des actes de foi sur les vérités de notre sainte religion, afin de témoigner à Dieu notre soumission aux vérités qu’il a révélées.
Cette soumission, que nous devons à la parole de Dieu et à l’enseignement de l’Église, est d'autant plus raisonnable, que tous les jours nous croyons, sur le témoignage des hommes, des choses que nous n’avons jamais vues et d’autres que nous ne comprenons pas, quoiqu'elles frappent nos sens.
Le témoignage de Dieu, qui ne peut ni se tromper ni nous tromper, ne mérite-t-il pas plus de créance que celui d'un homme et que l'attestation de nos sens et de notre esprit, dont les facultés sont très bornées ?
Rien n’est donc plus raisonnable que de croire, sur la parole de Dieu, des choses même que l’on ne comprend pas. On croit alors, non parce que l'on conçoit, mais parce que Dieu l’a dit.
La foi est fondée sur la parole de Dieu et non pas sur nos propres lumières. Nous ne pouvons connaître les mystères que par la révélation ; Dieu les a révélés ; de plus, il a établi une autorité infaillible pour nous les proposer. Comme il appelle tous les hommes à la connaissance de la vérité, il leur a fourni un moyen qui est à la portée de tous. Pour être chrétien, il ne faut que de la docilité, et cette docilité n’est pas une crédvlité aveugle et stupide, maïs une soumission éclairée et appuyée sur les motifs les plus forts et les plus capables de déterminer un homme raisonnable. Des faits publics, des miracles éclatants sont des preuves incontestables qui établissent la vérité de la religion.
Jésus-Christ a exigé des hommes le témoignage de leur foi, mais auparavant il a confirmé leur foi par des miracles. C’est à cette preuve qu’il rappelait lui-même les Juifs. Il leur disait: ‘ Les œuvres que je fais au nom de mon Pere rendent témoignage de moi ; si je ne fais pas les œuvres de. mon Père, ne me croyez pas; mais si je les fais, quand même vous ne voudriez pas me croire, croyez à mes œuvres.” Les miracles sont donc la voix de Dieu et l’on ne peut sans impiété rejeter une doctrine confirmée par des miracles, car ce serait une absurdité impie de dire que Dieu a déployé sa toute-puissance pour autoriser une fausseté,
Il faut donc croire touteé les vérités que l’Église enseigne * en rejeter un seul article serait avoir perdu la foi.
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C’est pécher contre la foi que de douter volontairement de quelqu’une des vérités qu’elle enseigne, et l’on s'expose à tomber dans ce péché quand on a la témérité de lire les livres des héritiques et des impies, car quiconque arme le danger y périra. On pèche contre la foi quand, par la crainte des hommes, on la renonce extérieurement et de bouche, quoique que l’on en conserve le sentiment dans le cœur : les martyrs ont mieux aimé souffrir toutes sortes de tourments et la mort même que de dissimuler leur foi devant les tyrans. Enfin, c’est pécher contre la foi que de négliger de s’instruire des vérités dont la ccnnaissance est nécessaire au salut. C’est par cette négligence que beaucoup de chrétiens vivent dans l'ignorance de ce qu'ils devraient savoir, qu’ils commettent un grand nombre de fautes dont ils ne s’aperçoivent même pas.
HistorRe.—Dans une société où, par un effet de la Providence, se trouvait un ecclésiastique, plusieurs jeunes gens jouaient le rôle d’impies et débitaient avec emphase des tirades de J.-J. Rousseay contre la divinité du Christianisme. ‘“Messieurs, leur dit l’ecclésiastique, vous ne croyez pas maintenant, mais vous croirez un jour ; si ce n’est point dans le temps, ce sera dans l'éternité. Vous croirez alors comme les démons ; ils croient et ils sont dans les tourments.”—MÉ£RaAULT.
ExarcicEs.--1. Qu'’ordonne le premier commandement ? 2. Qu'est-ce que la toi? 3. Où sont contenues les vérités que nous devons croire? 4. Dites si la foi.est nécessaire et comment elle honore Dieu? 65. Quelles sont les vérités que nous sommes tenus de croire ? 6. La soumission à la parole de Dieu et à l’enseignement de l'Église est-elle raisonnable? 7. Comment pèche-t-on contre la foi
ARTICLEII De l'espérance
L’espérance est une vertu surnaturelle par laquelle nous attendons avec une ferme confiance de la bonté de Dieu les biens qu’il nous a promis, C’est la seconde des vertus théologales,
Qu'ils sont grands, les biens que Dieu nous a promis : qu’ils sont précieux ! Ce n’est rien moins que la possession étern:lle de Dieu même. Ce bonheur est infiniment audessus de nous et de nos efforts: aussi est-ce par sa pure miséricorde qu’il nous en a fait la promesse, Nous ne sommes pas capables par nous-mêmes de mériter un tel
vue LS LAN FPE PO Er A DE A € pin à
bonheur ; mais Dieu, qui nous aime mulgré notre indignité, nous pramet toutes les grâces nécessaires pour y parvenir : ; 1 nous a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.
La vue de nos misères ne doit point nous empêcher d’es. pérer en Dieu et d'attendre la possession des biens qu’il nous & promis, sa toute-puissance, à laquelle rien n'est impossible ; sa miséricorde, qui est infinie, les mérites de
Jésus-Christ, qui sont inépuisables, la vertu de sa grâce, :
ses promesses, le commandement qu’il nous a fait d’espérer en lui, tels sont les fondements de l'espérance chrétienne. Après de telles assurances, nous lui ferions injure de ne pas espérer. Coinme Dieu veut être cru quand il parle, il veut aussi qu’on se confie en lui quand il promet, ainsi notre confiance doit être absolue et constante.
: Non, l'espérance chrétienne n’est point incertaine et chancelante, c’est une confiance ferme, parce qu’elle est sypuyée sur un fondement inébranlable ; Saint-Paul la compare à une ancre ferme et assurée qui retient un vaisseau au milieu des flots et de la tempête. Cette espérance n’est jamais confondue quand elle est humble, sincère et persévérante, car Dieu ne peut manquer à sa promesse, Le ciel et la terre passeront, mais ses paroles ne passeront point. Nous sommes donc assurés que si nous ne manquons pas de confiance en Dieu et si d’ailleurs nous ne mettons pas d'obstacles, il nous accordera tout ce qu’ il nous a promis.
L’espérance chrétienne est combattue par deux vices opposés : le désespoir d’un côté et la présomption de l’autre.
On pèche contre l'espérance lorsque l’on désespère de son salut. Tel a été le péché de Caïn qui, après avoir tué son frère, dit : ‘“ Mon iniquité est trop grande pour en obtenir le pardon ” Le désespoir est le péché le plus horrible aux yeux de Dieu, parce qu’il l’outrage dans sa bonté, celle de toutes les perfections qu’il aime le plus à manifester aux hommes et à laquelle il désire le plus que nous rendions hommage par une confiance sans bornes.
# Une mère peut abandonner son enfant; mais moi je n’abandonnerai jamais celui qui espère en moi, dit le Sei-
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gneur. Quand vos crimes seraient rouges comme l’écarlate et votre âme noire comme le charbon, je ne vous rejetterai pas dès que vous reviendrez à moi avec aouleur et confiance.” Il n’y a point de péché que Notre-Seigneur n’ait expié par sa mort et dont il ne nous ait mérité le pardon. Il nous crie du haut de sa croix que tout son sang est pour nous. Ce père plein de bonté ne demande que le retour de son enfant; notre repentir réveillera toute sa tendresse ; mais, de notre côté, n’abusons pas de sa patience et de sa bonté pour l’offenser avec plus de liberté et pour persévérer dan: le désordre.
Car on pèche aussi contre l’espérance lorsque, présumant de la miséricorde de Dieu, ou de ses propres forces, on diffère sa conversion : tel est le péché de ceux qui, se formant une fausse idée de la miséricorde de Dieu, croient qu'ils se sauveront sans cesser de l’offenser, ou qui, comptant sur uue longue vie, se persuadent qu’il suffira de penser à son salut quand le temps de la jeunesse sera passé. Gardons-nous de dire : la miséricorde de Dieu est grande ; il me pardonnera malgré la multitude de mes péchés. Combien de gens ont été trompés par cette fausse confiance! Ils ont compté sur un avenir et il ne devait pas y avoir d'avenir pour eux. ÆEvitons cette illusion ; ne diiférons point à nous donner à Dieu; nous ne savons quelle sera la durée de notre vie. La mort ne peut-eile pas nous surprendre à tout moment? Il est vrai que le bon larron s'est converti en mourant, mais c’est un miracle opéré à la mort de Jésus-Christ, et malheur à celui qui ferait dépendre son salut d'un pareil miracle !
Onvpèche encore contre l'espérance quand on manque de soumission à la conduite de la providence dans les choses de ce monde. Et comment peut-on ainsi manquer de confiance à l’égard d’un si bon père, qui nous assure que les cheveux de notre tête sont tous comptés et qu’il n’en tombera pas un sans sa permission. L.
Tout ce qui nous arrive en ce monde est pour notre plus grand bien et peut nous mériter un bonheur éternel ; comprenons bien que la santé, les richesses et les autres avantages de ce monde peuvent être nuisibles à notre salut et qu’il est bon d’en soufirirla privation lorsque Dieu le veut ;