RE RES NE TE
soyons psrsuadés que rien n’est encore perdu pour nous tant qu'il nous est permis d'espérer le ciel,
. Pour augmenter en nous l'espérance, nous devons en faire souvent des actes, surtout lorsque nous nous trouvons exposés à quelque épreuve.
Hisrorre.—Dieu permit que saint François de Sales éprouvât une tentation bien pénible. Comme il achevait ses études à Paris, n'ayant alors que seize ans, l’ennemi du salut se jeta dans son imagination qu'il était du nombre des réprouvés. Cette tentation fit une telle impression sur son âme, qu'il en perdait le repos et ne pouvait ni boire ni manger ; il desséchait à vue d'œil et tombait en langueur. Son précepteur, qui le voyait dépérir tous les jours, ne pouvant prendre goût ni plaisir à rien, . ayant un teint pâle, jaune, lui demandait souvent le sujet de sa mélancolie ; mais le démon qui l’avait rempli de cette illusion était de ceux qu’on appelle muets, à raison du silence qu'ils font garder à ceux qu'ils affligent. ©
Il sv vit en même temps privé de toute la suavité du divin amour. Les douceurs et le calme qu'il avait goûtés avec tant de contentsmenñt avant cet orage, lui revenaient à la mémoire st redoublaient sa peine. ‘‘ C'est donc en vain, se disait-il à lui-même, que la bienheurouse espérance me rourrissait de l'attente d’être enivré de l’abondance des douceurs de la maison de Dieu et noyé dans le torrent de ses plaisirs ! O aimables tabernacles de la maison de Dieu, je ne vous verrai donc jamais !”
Il demeura un mois entier dans ces angoisses et ces amertumes du cœur, qu’il pouvait comparer aux douleurs de la mort et à tout ce qu’on peut endurer de plus cruel en ce monde. Il passait les jours dans des gémissements douloureux et es nuits il arrosait son lit de ses larmes. Enfin, étant entré par une inspiration divins dans l'Église de Saint-Etienne-des-Grès pour invoquer la grâce de Dieu sur sa misère et s'étant mis à genoux devant une image de la sainte Vierge, il pria cette mère de miséricorde d’être son avocate auprès de Dieu ct de lui obtenir re sa bonté que, ‘‘s’il était assez malheureux pour être destiné
le haïr pendañt l'éternité, il pût au moins l'aimer de tout'son cœur pendant la vie.”
. Une prière si éloignée des sentiments d’un réprouvé fut aussitôt exaucé : les ténèbres qui étaient répandues sur son esprit se dissipèrent et il demeura rempli de consolation et de joie.
Exsroicss.—1. Qu'est-ce que l’éspérance ? 2. Quels sont les biens que Dieu nous a promis ? 8. Sur quoi est fondée notre espérance ? 4. Quels doivent en être les caractères ? 6. Montrez combien le désespoir est coupable aux yeux de Dieu ? 6. Comment pèche-t-on par présomption ?. 7, Ne pèche-t-on pas encore
contre l'espérauce, en manquant de soumission à la conduite de 1a providence 1 8. Doit-on faire des acten d'espérance et dans quelle circonstances ?
IS — “à ARTICLE IIT De la charité
La charité est une vertu surnaturelle par Jaquelle nous aimons Dieu par-dessus toutes choses, parce qu'il est infiniment aimable, et notre prochain comme nous-mêmes pour l'amour de Dieu. “Voilà le premier et le plus grand com- ‘“ mandement,” dit Jésus-Christ. La charité est la troisième des vertus théologales,
tait-il nécessaire que Dieu nous commandât de l'aimer ! N'est il pas de lui-même souverainement aimable? Ses perfections infinies, sa bonté pour nous, les bienfaits dont
. il nous comble, les avantages que l’on trouve à s'attacher
à lui, tout ne nous engage-t-il pas à l’aimer? Il nous a créés, il nous concerve, il nous nourrit ; il a formé le ciel et la terre et toutes les créatures pour notre usage : tout cela ne nous crie-t-il pas que nous devons l'aimer? Dieu a fait encore beaucoup plus pour nous dans l’ordre du salut : il nous a donné son propre fils ; il l’a sacrifié pour nous racheter, il nous a admis au nombre de ses enfants ; chaque jour, à chaque instant, il nous soutient par sa grâce ; il nous destine après cette vie une félicité éternelle dans le séjoux de la gloire : comment, après cela, pourronsnous lui refuser notre cœur ? Quoi donc ! faut-il prouver à un enfant bien né qu’il doit aimer son père? Ce sentinient n'est-il pas naturel à l’homme? Le cœur ne s’y porte-il pas de lui-même? Un enfant n’éprouve-t-il pas cet attendrissement au souvenir d’un père? Et Dieu n'est-il pas notre père? Est-il quelqu'un à qui ce nom convienne mieux qu'à lu° ? y en eut-il jamais un meilleur? Ajoutons à tous ces motifs les douceurs que l’on goûte dans l'exercice de ce saint amour, Oh ! quelle joie pure, quelle douce consolation ne répand-il pas dans un cœur qui est embrasé! Non, tous les plaisirs que le monde nous offre n’ont rien de comparable à cette paix délicieuse que Dieu met dans une âme qui l’aime. Attachons-nous donc à Dieu ; hâtons-nous de lui donner notre cœur avant que le péché le rende indigne de lui être offert. Nous ne pouvons être heureux qu’en l’aimant et plus nous l’aimerons, plus nous serons heureux.
: Oui, Dieu seu} peut faire notre atom: : un homme à qui Dieu manque est malhoureux, même ds le sein des richesses, de la gloire et des plaisirs ; il désire toujours - quelque chose, il n’est pas eontent,. Muis celui qui aime Dieu trouve dans ce saint amour des consolations qui lui tiennent lieu de tout le reste. Ses désirs sont satisfaits, son cœur est tranquille et rien ne peut troubler le calme de son âme : dans lindigence même il est riche ;, dans l’humiliation il est grand ; dans les souffrances il est. comblé de joie. C’est donc de tout notre cœur que nous devons aimer Dieu ; il est notre premier principe et notre dernière fin. Ce grand maître veut posséder notre cœur tout entier ; il faut donc le préférer à toutes les créatures, être disposé à perdre tout plutôt que sa grâce, enfin n'aimer rien que par rapport à lui.
C'est pécher contre ce commandement que à mettre son souverain bien dans un autre objet que Dieu, comme les ambitieux dans les honneurs, ies avares dans les richesses, les voluptueux dans les plaisirs des sens.
amour de Dieu doit être agissant, ‘“ Si quelqu'un m'aime, dit Notre-Seigneur, il gardera mes commande- ‘ ments.” En effet, l’on cherche à plaire à celui qu'on aime, et le moyen de lui plaire, c’est de faire sa volonté, d'accomplir fidèlement tout ce qu’il exige et de faire souvent des actes qui prouvent la sincérité de cet amour. On doit donc prouver son amour par les œuvres, car l’amour de Dieu ne peut être oisif, c’est un feu qui agite toujours ; s’il cesse d’embraser le cœur, c'est une preuve qu'il est éteint.
: Mais celi qui a dit : “ Vous aimerez le Seigneur votre ‘ Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de tout ‘votre esprit et de toutes vos forces,” a tout de suite ajouté: ‘Et vous aimerez votre prochain comme vousmême.” | |
L'amour du proc doit aussi se prouver par les œuvres.
Il n’y a rien que Jésus-Christ nous ait recommandé plus fortement que cet amour du prochain. ‘“ Le commande-
‘ ment que je vous fais, nous dit-il, c’est de vous aimer les
‘ uns les autres.” Aussi, dans les beaux jours du Christia-
nisme naissant, vit-on régner parmi les fidèles l'union la plus intime et-la charité la plus tendre ; ils n'avaient tous qu'un cœur et qu’une âme. “ Voyez, disaient les païens ‘ eux-mêmes, eomuwe ils s'aiment les uns les autres ! ”
On peut réduire tous nos devoirs envers le prochain à celui de la charité ; et, en effet, si on aime véritablement le prochain, on sera bien éloigné de faire à son égard rien de ce qui est défendu : on ne lui dira point d’injures, on ne commettra point de violences contre lui, on ne lui fera point de tort, on ne le trompera point, on lui rendra même toutes sortes de bons offices.
Mais ne croyons pas que par ce mot de prochain l’on entende seulement ceux avec qui nous avons quelque liaison de parenté ou d'amitié, “Si vous n’aimez, dit Notre- “ Seigneur, que ceux qui vous aiment, que faites-vous en cela “ de plus que les païens?” Par le prochain, il faut donc entendre tous les hommes, parce qu’ils ont tous le même Créateur et la même origine, parce qu’ils ne composent tous
u’une même famille, dont Dieu est le père ; parce qu'ils ont tous été créés pour la même fin, qui est la félicité éternelle, et qu’ils ont tous été rachetés :.u même prix, c’est-àdire par le sang de Jésus-Christ, qu’ est mort pour tous les hommes. Cet amour doit s'étendre à 03 ennemis mêmes ;
- le précepte de Jésus-Christ est formel : “Et moi je vous dis :
‘ aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, ‘ priez pour ceux qui vous persécutent et qui vous calom- ‘ nient ; 5 rendez le bien pour le mal, afin que vous ressem- “ bliez à votre Père céleste, qui fait luire son soleil sur les ‘ bons et sur les méchants.” Gardons-nous de dire que c'est assez de ne point vouloir de mal à ceux qui nous huïssent ; mais que de les aimer, de les prévenir, de leur rendre service, cela est impossible. Non, cela n’est pas impossibic avec la grâce, et Dieu la donne, cette grâce, à ceux qui la lui demandent. Dieu nous le commande et il ne commande rien d’impossible ; mais il veut que nous fassions tout ce que nous pouvons, àvec les forces qu'il a mises en nous, et que nous demandions ce que nous ne pouvons pas encore.
On fait connaître qu’on aime son prochain en exerçant énvers lui les œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles,
! Les œuvres spirituelles de miséricorde sont de ramener à la vertu ceux qui s'en écartent, d'enseigner les ignorants, de donner conseil à ceux qui en ont besoin, de consoler les affigés, de pardonner les offenses, de souffrir patieinnment les injures, de prier pour les vivants et pour les morts.
Les œuvres eorporelles sont de donner la nourriture à ceux qui en manquent, des vêtements à ceux qui en ont besoin, de racheter les captifs, de visiter les malades et les prisonniers, de loger les étranger et d’ensevelir les morts.
Histoire. —L'apôtre saint Paul peut être proposé comme un modèle excellent d’un. parfait amour pour Jésus-Christ, qui l'ayant destiné à un grand ouvrage et à beaucoup souffrir, lui avait donné une grando âme, un grand courage et une grande
charité, ‘‘La charité de Jésus-Christ nous presse, dit-il dans
‘ses Ébpitres, considérant qu'il est mort pour tous, afin que d ‘* ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour
‘t Celui qui est mort. et est ressuscité pour eux. Je vis, dit-il x ‘* encore, mais ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus-Christ qui fi ‘vit en moi. Qui donc nous séparera de l’amour de Jésus- C ‘6 Christ ? Sera-ce l’aflliction, ou les angoisses, ou la faim, ou 1 ‘* ]a nudité, ou les périls, ou la persécution, ou le glaive ? Par-
‘ mi tousces maux nous demeurons victorieux à cause de Celui
‘ qui nous a aimés ; car je suis assuré que ni la-mort, ni la vie,
‘ ni les puissances, ni aucune créature ne pourra nous séparer ‘ de l'amour de Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur. Si quel- ‘qu’un n'aime point notre Seigneur Jésus-Christ, qu'il soit ‘6 anathème |!” |
—Saint Paulin, de riche devenu Re pour avoir soulagé les indigents qui avaient eu recours à lui, n'ayant plus rier à dorner, se vendit lui-même pour rendre la liberté au fils d'-in0 pauvré veuve qui n'implora pas en vain sa charité. Saint (régoire le Grand, qui rapporte ce trait dans ses dialogues, ajoute que saint Paulin travailla comme un esclave dans un gr jusqu'à ce que son maître, ayant découvert son mérite, le mît en l berté et le renvoyât.
—-GoDEsCARD, tome V, page 445,
Exrercices.--1. Qu'est-ce que la charité ? 2. Par quelles paroles Jésus-Christ nous montre-t-il l'importance de la charité? 3. Quels sont les principaux motifs de l’amour que nous devons avoir À ss Dieu? 4. Montrez que Dieu seul peut faire le bonheur de l’homme? 6. Comment devons-nous aimer Dieu ? . Quelle est la meilleure preuve que nous aimons Dieu? 7. Sur ques parole ‘le l'Écriture est fon‘ié le devoir que nous avons d'aimer le prochain ? 8. Quels sont nos devoirs envers le prochain ? 9. Qu’entend-on par le prochain ? 10. Devons-nous aimer nos ennemis? Est-ce possible? 11. Quelles sont les œuvres spiiituelles de miséricorde ? 12. Quelles sont les œuvres corpore!!e de miséricorde ?
EEE # ÿ SA ds sp»
RES veritlou MMA SES RESS da M nt NAS TER PE
ARTICLE IV
De l'udoration
Le premier commandement nous ordonne en termes formels d'adorer Dieu, c’est-à-dire de lui rendre le culte et l’hommage qui lui sont dus comme au souverain Seigneur de toutes choses.
On distingue trois sortes de cultes: celui de latrie, qui est dû à Dieu; celui d’hyperdulie, qui est dû à la très sainte Vierge, et celui de dulie, que nous devons aux saints.
L'adoration, due à Dieu seul, est un profond abaissement de l’âme devant la majesté suprême, devant Celui qui d’un seul mot à créé. le ciel et la terre, qui d’un regard fait fondre les nations comme la cire, sous les pas duquel les collines se courbent avec respect ; devant ce Dieu qui envoie les foudres et les tempêtes pour être les ministres de sa colère et qui les enchaîne quand il lui plaît d'exercer sa miséricorde. À la vue de la grandeur de Dieu, l’âme qui adore s’humilie, se confond et s’anéantit en sa présence : elle fait l’humble aveu de sa dépendance et de sa servitude ; elle loue et glorifie le saint nom de Dieu ; elle lui rend grâces des biens qu’elle à reçus de lui ; elle lui demande humblement tous ceux qui manquent et qu’elle n'attend que de sa bonté; elle s'offre elle-même et se consacre à lui sans réserve pour accomplir en tout sa sainte volonté.
Ces sentiments intérieurs se manifestent au dehors par des actions qui y répondent, comme des génuflexions, des prières, l’offrande de nos actions et surtout par le sacrifice de la messe, qui est de tous les actes d’adoration le plus excellent et le plus auguste.
Nous devons rendre à Dieu tous les jours, principalement le matin et le soir, le tribut de louange et d’adoration qu'il exige de nous. C’est par cet exercice de religion qu'il faut commencer et finir la journée. Ne manquons jamais de remplir un devoir si important et si essentiel ; que notre première pensée, que le premier mouvement de notre cœur s'élève vers Celui qui nous conserve et qui nous comble chaque jour de nouveaux bienfaits; que notre première
action soit de nous prosterner aux pieds de la souveraine Majesté, de l’adorer, de la remercier de ses bienfaits, de nous consacrer à son service et de lui demander les grâces dont nous avons besoin.
Avant et après chaque repas, adorons ce père tendre qui ouvre 8a main bienfaisante et qui remplit ses enfants de bénédictions.
A la fin de la journée, nous devons renouveler à Dieu l'hommage que nous lui avons rendu le matin. Humilionsnous alors en sa présence des fautes que nous avons commises ; demandons-lui-en pardon et remercions-le des grâces qu’il nous a accordées. Mais souvenons-nous que les formules de prières et les autres pratiques sensibles de piété ne sont que le corps de la religion ; c’est le sentiment intérieur d’adoration qui en est l’âme. Sans cette disposition du cœur, les paroles et toutes les actions extérieures ne sauraient plaire à Dieu ; elles nous attireraient ce reproche qu’il faisait autrefois au peuple juif: “Ce peuple m’honore des lèvres et son cœur est loin de moi.”
L'adoration n'appartient qu’à Dieu. Nous honorons à la vérité les saints, nous les révérons ; mais nous ne les adorons point, Nous ne leur rendons point le culte suprême, qui n’est dû qu’à Dieu ; nous les honorons seulement comme ses serviteurs et ses amis. Il est bon et utile de les invoquer pour obtenir de Dieu, par leur intercession, les grâces dont nous avons besoin ; mais c'est à Dieu seul que nous les demandons, au nom de Jésus-Christ, leur Sauveur et le nôtre, qui seul nous les a méritées par ses souffrances et par sa mort. Nous honorons aussi leurs reliques, parce que ce sont les précieux restes d'un corps qui a été le temple du Saint-Esprit et qui doit ressusciter glorieux ; en cela nous ne faisons que suivre l'usage de tous les siècles. Nous honorons aussi leurs images ; mais cet honneur se rapporte à l’objet qu’elles représentent : nous ne connaissons point en elles d'autre vertu que celle de nous rappeler le souvenir de ceux dont elles portent la ressemblance. Ainsi, en nous mettant à genoux devant l’image de Jésus-Chtist, devant celle de la très sainte Vierge ou de quelque autre saint, ce n'est pas l'image, c’est Jésus-Christ que nous adorons ; ce n'est pas l’image que nous honorons, c’est celui ou celle dont elle nous rappelle le souvenir et les vertus.
L'\ les 2 gloir
Or par 8
O1 qui 1 à de:
légu:
divi d'hu inse
poin “ di 6 Si « di aux enc.
pra
(€ div:
ou qu’ effe cac la :
L'usage des images est très utile ; elles nous rappellent les exemples des saints, leurs combats, leurs victoires et la gloire dont ils jouissent dans le ciel.
On pèche contre l’adoration due à Dieu, par idoldtrie, par superstition, par irrévérence.
On pèche par idoldtrie en rendant à des créatures le culte qui n’est dû qu’à Dieu seul, comme les païens, qui rendaient à des hommes, à des figures, à des animaux, aux astres, aux légumes de leurs jardins, aux vices même, des hommages divins. Si cette idolâtrie grossière n'existe plus aujourd'hui, l’irréligion, l’impiété en ont pris la place. Il y a des insensés qui disent : il n’y a point de Dieu, et n’en adorent point, ou plutôt, comme dit l’'Apôtre : “Ils se font d’autres “ divinités : leur orgueil, l’amour des richesses et des plai- “ sirs, l'impureté, la gourmandise, etc., deviennent leurs “ dieux.” Il ya une autre sorte d’idolâtrie abominable aux yeux de Dieu : elle consiste à prodiguer un sacrilège encens à ces idoles de chair qui tiennent dans un cœur dépravé Ja place de la Divinité.
On pèche par superstition en se servant, dans le culte divin, de certaines pratiques que l’Église n’autorise point ou en mettant sa confance en des paroles ou en des actions qu’elle désaprouve et par lesquelles on prétend obtenir des effets particuliers, la connaissance de l’avenir, des choses cachées, etc. Toutes ces choses nesont propres qu’à attirer la malédiction de Dieu sur ceux qui s’en servent.
On pèche par trrévérence en profanant les églises, les reliques des saints, leurs images, l’eau bénite et autres choses saintes et plus encore par le sacrilége que l’on commet en recevant les sacrements sans les dispositions nécessaires. C’est encore un sacrilège de voler une chose sainte dans l'église, ou de frapper une personne consacrée à Dieu, etc.
Hisrorre.—Constance Chlore, prince sage et humain, estimait et protégeait le Christianisme. Il usa cependant quelque temps de dissimulation et déclara publiquement que tous les chrétiens de son palais eussent à offrir des sacrifices à Jupiter et aux autres divinités du paganisme, s'ils voulaient conserver leurs charges et ses bonnes grâces. Il s’en trouva qui, préférant leur fortune à leur intérêt éternel, s’empressèrent d’obéir à cet ordre, qui n'avait été donné que pour les éprouver ; mais pour prix de leur obéissance, ils n’obtinreni que le mépris du
UNE ae EP PEL .
prince qui, indigné de leur lAcheté, les éloigna pour toujours de sa personne, Un de ses confidents lui ayant demandé la raison de cette conduite, dont il était fort étonné, Constance lui fit cette sage réponse : ‘‘ Les hommes qui sacrifient leur religion à ‘4 Jeur intérêt sont capables de manquer à tous les devoirs et je ‘€ ne pouvais espérer que ceux dont la disgrâce vous a surpris ** me fussent plus fidèles qu'ils ne l’ont été à leur Dieu.” Peu content d’avoir puni et humilié les apostats, le prince crut devoir encore récompenser avec éclat les chrétiens qui, s’élevant au-dessus des vues temporelles, avaient persévéré dans la profession ouverte du Christianisme, et pour bien convaincre ses courtisans qu’il ne comptait que sur la fidélité de ceux qui étaient fidèles à leur religion, il confia à ces chrétiens généreux et incorruptibles la garde dè sa personne et de ses États.
—L'’empereur Constantin Copronyme excita une persécution violente contre les fidèles, pour le culte des saintes images. ]1 fit appetor un saint solitaire, nommé Étienne, et lui demanda avecironie s’il persistait dans son idolâtrie, car c’est ainsi qu'il traitait l'honneur que les catholiques rendent aux ‘mages. Quel est l’homme assez peu instruit, lui répondit le saint, pour adorer des pierres, l'or et l'argent, parce qu’ils représentent Jésus-Christ ou les saints ? Notre culte se rapporte à celui que ces objets représentent.” Et, tirant de son sein une pièce de monnaie où était l'empreinte de l’empereur, il demanda à ceux qui étaient présents s’il serait puni en jetant à terre ct foulant aux pieds cette image du prince : on lui répondit que oui. ‘O hommes aveugles ! repartit alorssaint Étienne, vous punir:ez de mort celui qui foulerait aux pieds l’image d’un roi de la terre, d’un homme mortel, et vous vsez fouler aux pieds l’image de Jésus-Christ, le roi des rois !”
Hist. ecclésiastique.
EXERCOICES.—1. Avons-nous d’autres devoirs à remplir envérs Dieu que ceux que prescrivent les vertus théologales ? 2. Qu'est-ce qu'adorer Dieu? 8, Combien y a-t-il de sortes de cultes? 4. Quels sentiments doit nous inspirer la supréme majesté de Dieu? 65. Comment les sentiments intérieurs se manifestent-ils au dehors? 6. Quand devons-nous principalement adorer Dieu? 7. Adore-t-on les saints ? 8. À qui se rapportent les honneurs que nous rendons aux croix, aux images de Ja très sainte Vierge et des saints? 9. Quelle est l'utilité des images ? 10. Comment pèche-t-on contre l’adoration due à Dieu? 11. Quand
tombe-t-on dans l’idolâtrie ? 12. Qu'est-ce que la superstition ? 13, Comment pèche-t-on par irrévérence ? ‘
ARTICLE V Respeot dû aux églises
L'église est la maison de Dieu ; il la remplit de sa gloire et de sa présence ; c’est le lieu où il reside d’une manière
jours de la raison e Jui fit eligion à Dirs et je à SurDrig ge Peu nce crut s’élevant ÿ la proncre ses eux qui énéreux sécution ges. ]Jl emanda si qu'il ‘mages.
& saint, >présen- > à celui e pièce nanda à erre ct dit que le, vous l’un roi x pieds
Le.
ue cenx 3. Coma supréstent-ils ore-t-on X Croix, lité des Quand omment
gloire nière
D TR à St MNT LS bat FRET CL 2 CR Nu
particulière et qui est spécialement consacré à son culte; c’est là que les fidèles s’assemblent pour prier, pour chanter ses louanges et pour eélébrer les saints mystères; c’est à que Jésus-Chist habite corporellement et qu'il s’offre à son Père pour nous. En faut-il davantage pour nous inspirer le respect le plus profond et l'attention la plus religieuse ? Ne devrait-on pas, en entrant dans ce lieu, être saisi de crainte et s’écrier avec un ancien patriarche :. ‘ Que ce lieu est terrible ! c’est véritablement ‘la maison de Dieu, c’est la porte du ciel.” Oui, les temples sont un nouveau ciel où Dieu habite avec les hommes. Celui qui réside dans ce tabernacle auguste n'est-il pas le même Dieu que les bienheureux adorent dans le ciel! Nous devrions donc, comme eux, être anéantis d'esprit et de cœur devant la Majesté divine : elle est voilée dans nos temples, j’en conviens, mais en estelle moins digne de nos profondes adorations ! comment donc, ose-t-on entrer dans les églises sans respect ? comment ose-t-on s’y tenir sans recueillement, sans modestie, quel: quefois même avec la dissipation la plus scandaleuse ?
Tout dans ce saint lieu nous parle des bienfaits de Dieu : ces fonts sacrés, où avec la vie de la grâce nous ayons reçu le droit inestimable à l'héritage céleste; ces tribunaux de réconciliation, uù nous avons été si souvent purifiés de nos péchés et guéris de nos blessures ; cette croix où Jésus- Christ notre Sauveur est mort pour nous ; cet autel, enfin, où il s’immole chaque jour pour nous appliquer le fruit de ses souffrances ; c’est là aussi que nous avons participé.à la table du Seigneur et reçu l’onction du Saint-Esprit dans la confirmation. Des objets si touchants ne devraient-ils pas remplir notre esprit de saintes pensées et hotre cœur de pieux sentiments et nous rendre agréable le séjour de ce saint lieu ? Comment arrive-t-il donc qu’on n’y aille qu'avec répugnance, qu’on n’y reste qu'avec dégoût, qu'on n’y soit occupé que de pensées vaines, pour ne pas dire criminelles Tant de monuments de la bonté de notre Dieu ne disent-ils donc rien à notre cœur ? Quel outrage de ne répondre à tant d'amour que par une coupable indifférence !
Hisrorxe.—Les turcs ont un tel respect pour leurs mosquées,
qu'ils ne ent jamais devant sans en donner quelque marque extérieure : un cavalier qui ne descendrait pas de cheval
Hhnet En MAUTE