‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 54 sur 141 · DU SECOND COMMANDEMENT. DE DIEU · texte numérisé non relu

DU SECOND COMMANDEMENT. DE DIEU

: Tu ne prendras point en vain......

Dieu en vain tu ne jureras Ni autre chose pareillement.

Le second commandement nous défend tout jurement ou serment injurieux à Dieu et aux saints.

C’est comme si le sauveur nous disait : révérez mon saint nom je vous défends de le profaner en l’employant pour auturiser le mensonge, l'injustice et même la vérité sans aucune raison suffisante.

Jurer, c’est prendre Dieu ou quelque saint à témoin de ce que l’on dit ou de ce que l’on promet.

Le jurement ou serment est un acte de religion ou un péché, selon les circonstances et les dispositions qui l’accompagnent.

Pour que le jurement ou serment soit un acte de religion, il fs ut qu’il soit fait avec vérité, justice et jugement.

Par défaut de vérité le jugement est faux, c’est un parjure ; par défaut de justice, le jurement est injuste; et par défaut de jugement, c’est-à-dire quand il est fait par légère. té, sans raison suflisante, il est indiscret.

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Le serment indiscret, quoique fait pour assurer une chosa vraie et juste, est un péché : il peut devenir considérable,

suivant les circonstances et à cause du scandale qu'il peut occasionner, On ne doit faire de serment que pour une

| cause grave et jamais par passion, Les serments injustes, les serments fanx ou parjures sont

des péchés plus ou moins grands, selon la malice qu’on y apporte et le scandale dont ils sont la cause.

Il y a un serment qu’on appelle promissoire : c’est celui qu’on emploie pourrendre plus certain l'exécution de ce que l'on promet.

Celui qui promet une chose avec serment, sans avoir l’intention de faire ce qu’il promet, pèche très grièvement et se rend coupable de parjure.

Quant à l'exécution de ce qu’on a promis avec serment, il y trois circonstances où le serment n’oblige pas : c’est lo lorsque la chose est mauvaise et défendue, car Dieu ne veut exiger l'exécution de ce qui est un péché; 20 lorsque la chose qui était possible lorsqu'on a juré est devenue impossible par divers événements ; 30 enfin quand la promesse avec serment n’a pas été libre, qu’elle a été arrachée par la violence. Mais dans ces sortes d'occasions il est nécessaire de recourir à l’autorité ecclésiastique, de peur de s’égarer en se faisant juge de sa propre cause. Si la chose promise

avec serment est licite et possible, on doit l’exécuter et le

défaut d'exécution alors est un péché énorme.

Le serment hors le cas de nécessité-est très snuvent criminel, toujours inutile et même dangereux. On s'expose à en contracter l’habitude et ensuite à se parjurer.

Il y a trois espèces de paroles qui ont rapport au jure.

ment: le blasphème, les imprécations et les jurements déguisés. |

Le blasphème est une parole ou un discours injurieux à Dieu, à ses saints ou à la religion. su

C’est blasphémer contre Dieu que de lui attribuer des défauts, ou ce qui ne peut lui convenir, comme font ceux qui taxent sa conduite de partialité, d’injustice, etc.

C'est blasphémer contre Dieu que de lui dénier ce qui lui appartient, comme serait de prétendre que Dieu dédaigne

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ments de ce monde, etc.

C'est blasphémer contre Pieu que de parler avec mépris

de ses divins attributs, de ses perfections, etc.

C’est blasphémer horriblement que de prononcer contre Dieu des expressions injurieuses ou grossières, quand même ce ne serait que par suite d'une mauvaise habitude, et à plus forte raison si elles sont accompagnées de la colère, de l’emportement, du mépris.

C’est blasphémer contre Dieu que de joindre à à son nom adorable certains termes qui le déshonorent. Le mot sasré dans la bouche de ceux qui se livrent à ces exécrations, fait frémir les pieux fidèles.

C’est basphèmer contre les saints que de s’en moquer, de leur attribuer des défauts, de blâmer le culte que l’Église leur rend, etc., etc-

C’est blasphémer contre la religion que de la tourner en dérision, de blâmer ses pratiques, de parler mal des Saintes Écritures, etc., etc. .

Il est encore des blasphèmes de l'esprit et du cœur: ce sont les pensées, les désirs contraires aux perfections divines ou aux choses qui concernent la religion. Tel est le blasphème de l’impie qui a dit dans son cœur : Il n'y a pas de Dieu, péché horrible, péché excécrable, digne des châtiments les plus terribles. :

On ne lapide plus aujourd’hui les blasphémateurs, on ne leur perce plus la langue ; mais qu’ils ne triomphent pas, le temps du châtimeut viendra bientôt, et alors ils recevront, ces audacieux, la peine due à de tels crimes.

Les imprécations sont des paroles par lesquelles on souhaite du mal aux autres ou à soi-même, comme la mort, la damnation, etc., etc., soit en promettant, soit en niant, ou en assurant quelque chose,

Les jurements déguisés sont de deux espèces : lo Les uns sont les jurements mêmes avec quelques changements dans les termes ; 20 d’autres, les jurements déguisés sous les paroles qui, n’énonçant pas précisément le jurement, s’y rapportent pourtant en quelque manière, comme ces expressions : ‘En conscience, comme je suis devant Dieu, etc.”

Je soin de ses ourel: qu'il ne s'oçcupe pas des événe.

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Des chrétiens ne doivent point s'exprimer ainsi, encore moins se permettre habituellement ces mots.

Par le jurement ou serment nous assurons ou promettons quelque chose aux hommes, en interposant le nom de Dieu mais il arrive que des personnes promettent à Dieu luimême des choses qui lui sont agréables. (Cette promesse qu'on lui fait est ce qu’on appelle un vœu.

Le vœu est la promesse d'un plusgrand bien, fait à Dieu librement, avec intention de s’obliger.

Un vœu est plus qu’une simple résolution. Parle vœu on s'oblige envers Dieu à faire la chose promise, sous peine de péché.

L'obligation d'exécuter ce qu’on a promis à Dieu tombe sur toutes les circonstances promises, le lieu, le temps, etc.

L'Église peut dispenser de l'obligation d'exécuter ce qu'ou à promis à Dieu par vœu, parce qu’elle tient sa place et qu’elle parle en son nom ; mais elle ne le fai que pour des raisons légitimes.

Hisrorre.— Un enfant élevé avec beaucoup de soin par des maîtres vertueux donna, il y a quelques années, une preuve bien touchante de sa foi. I] rentrait peut-être un peu tard après la classe et son père en colère l’en reprit vivement en jurant le saint nom de Dieu. Ce pauvre enfant; tout déconcerté d’avoir donné lieu à ses blasphèmes, se jette à genoux et lui dit en pleurant : ‘* Mon papa, je vous en prie, frappez-moi, mais ne jurez pas.” Le père, interdit, voyant l'horreur que témoignait cet intéressant enfant de ses abominables propos, profita de la leçon et n’osa plus blasphémer. Ah! que de fautes, sils le voulaient, des enfants chrétiens feraient éviter à

leurs parents ! à — Essai sur le Blasphème.

EXERCICES.—1. Que nous défend le second commandement ? 2. Que faut-il pour que le serment soit un acte de religion? 3. Qu'est-ce que le parjure, le jurement indiscret, le serment promissotre ? 4. En quels cas le serment n’est-il pas obligatoire ? 5. Comment doit-on considérer des serments faits hors le cas de nécessité? 6. Dites ce que c’est que le blasphème et dans quels cas on le commet? 7. Qu'entend-on var les blasphèmes d'esprit et de cœur? 8. Qu'estce que les imprécations ?. 9. Combien a-t-il d'espèces de jurements déguisés ? 10. Qu'est-ce qu’un vœu ? 11. Quelle différence y a-t-il entre une résolution et un vœu? 12. A | oblige un vœu? 13 À qui est réservé le pouvoir de dis-

penser des vœux

CHAPITREIV

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