‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 63 sur 141 · DU SEPTIÈME COMMANDEMENT : CN · texte numérisé non relu

DU SEPTIÈME COMMANDEMENT : CN

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Tu ne déroberas point, paire 1

Le bien d'autrui ty ne prendras de ne

Ni retiendra, à ton escfent. L les cho

Dieu nous défend par son septième commandement de M ©! "°° prendre et de retenir injustement le bien de notre prochain. de. cat Maître de tous les biens, Dieu les distribue comme il lui M truire plaît et veut qu’on respecte l’ordre que sa providence a éta- rar. à

bli, défendant d’ôter aux autres ce qu’il leur a donné. Cette loi est écrite dans notre cœur: consultons-le et nous y Qua lirons qu’il ne faut pas faire aux autres ce que nous ne Æ luia c voulons pas qu’ou nous fasse. Si l’on nous enlevait ce qui M pentür nous appartient, nous crierions à l'injustice ; c’en serait à tuer a une, en effet ; mais un autre a le même droit que nous de RS quon se plaindre, quand on n’observe point la justice à son égard. M pardo: Sans la justice la société ne saurait subsister ; il est donc Æ entrer défendu de faire tort à son prochain dans ses biens, en D peutr quelque manière que ce soit. lonté

«6 Les ravisseurs du bien d'autrui, dit saint Paul, ne se. D qu'on “ ront point héritiers du royaume de Dieu.” C'est une in: M état d justice de prendre le bien d'autrui var surprise, par ‘violen- RW Ce ce ou par fraude, c’est-à-dire en trompant son prochain soit Æ selon par rapport au poids, soit par rapport à la qualité ou à la Æ qui nc quantité de la marchandise qu’on lui vend. | À caus

I1 n’est pas non plus permis aux enfants de rien prendre R pauvr

à leurs parents; c'est un véritable vol, contre lequel le Æ ce mo Saint-Esprit s'élève avec force dans l’Ecriture. Il déclare Æ son ca que ‘* celui qui dérobe à son père ou à sa mère et qui dithS Chr ‘que ce n’est pas un péché, a part au crime des homi-| de l'as ‘ cides.” Comment cela? C’est qu’un jeune libertin qui On vole ses parents pour satisfaire ses passions, semble vouloir Æ pauv

- s'emparer de leur succession et jouir de leur bien avant leur Æ le néc mort, qui tarde trop à son gré, ce qui suppose un cœur bar- Qu bare et qui s 2st dépouil!é de tous les sentiments de la na-Æ Lutio ture. dire c C'est encore une injustice que de retenir le bien d'autrui E elle o en ne payant pas ce que l'on doit, comme les gages aux ser-

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viteurs ou le salaire aux ouvriers. “Lorsque quelqu'un a “travaillé pour vous, disait Tobie à son fils, payez-lui “ aussitôt ce qui lui est dû et que la récompense du mereenaire ne demeure jamais chez vous.” (C'est une injustice

| de ne pas rendre ce qui nous a été confié, de s'approprier | les choses que l’on a trouvées, de prêter à usure, c’est-à-dire

en recevant plus qu'on a prêté. C’est encore une injustice de causer quelque dommage au prochain, comme de détruire ou de gâter ce qui lui appartient, soit qu'on fasse le mal par soi-même, soit que l’on conseille aux autres de le faire,

Quand on a pris quelque chose au prochain, ou quand on lui à causé quelque préjudice, il ne suflit pas de s’en repentir, d’en demander pardon à Dieu, il faut encore restituer au prochain ce qu'on lui a pris et réparer le dommage qu'on lui a causé : sans cette réparation il n'y a point de pardon à espérer, point de salut à attendre, car on ne peut entrer dans le ciel avec le bien d'autrui. Lorsqu'on ne peut restituer tout de suite, il faut au moins avoir une volonté sincère de s'acquitter de cette obligation aussitôt qu'on le pourra et faire tous ses efforts pour se mettre en état de la remplir.

Ce commandement oblige aussi de faire l’aumône, chacun selon ses moyens et les besoins des pauvres. (C’est le Sage qui nous en assure lorsqu'il dit qu’on doit assister le pauvre

| à cause du commandement et ne le pas abandonner dans sa | pauvreté. Saint Jean dit que si quelqu'un a des biens dans

ce monde et que, voyant son frère en nécessité, il lui ferme son cœur, la charité ne peut démeurer en lui et que J'ésus- Christ condamnera au feu éternel ceux qui auront refusé de l’assister dans la personne des pauvres.

On est obligé, dit saint Thomas, de faire l’aumône aux pauvres lorsqu'ils sont dans la nécessité et qu'on a plus que le nécessaire selon son état et sa condition.

Quoique l’aumône se prenne directement pour la distri. bution qu’on fait aux pauvres de biens temporels, on peut dire cependant qu’il y en a une autre bien plus méritoire : elle consiste à soulager le prochain dans ses misères et ses besoins spirituels en contribuant au salut des âmes, sois

è EU 7e L eu, 156 —

par dé bons exemples et de bons conseils, soit en leur pro. curañt ou en leur donnant l'instruction, C’est à quoi sont principalement obligés les pasteurs et tous ceux qui sont chargés d’instruire les autres et de travailler à leur salut et à leur sanctification. |

Sauver la vie à un pauvre qui manque de nourriture est sans doute un grand bien ; mais contribuer au salut d’une âme est une œuvre dont on ne connaîtra le prix que dans l’autre monde.

‘ Celui, dit saint Jacques, qui gagsera sen frère sauvera ‘“ son âme et couvrira la multitude de ses péchés.” Celui “ qui en instruira plusieurs, dit le prophète Daniel, brillera “ comme les astres du firmament.”

HisroiRe.—Un barbier chinois, qui était chrétien, trouva dans une rue de Pékin une bourse où il y avait vingt pièces d'or. Il regarde autour do lui pour voir si personne ne la réclame et jugeant qu’elle pouvait appartenir à un cavalier qui . marchait à quelques pas devant lui, il court, l'appelle et le joint. ‘4 N’avez-vous rien perdu, monsieur,” lui dit-il. Ce cavalier fouille dans sa poche et n’y trouve plus de bourse. ‘‘ J'ai per- ‘* du, répondit-il, tout interdit, vingt pièces d’or dans une ‘ Lourse. —N'en soyez point en peine, répliqua le barbier: la voici ; rien n’y manque.” Le cavalier la prend et, revenu de sa peur, il admire une si belle action dans un homme d’une condition obscure. ‘‘* Mais qui êtes-vous donc ? demande:-t-il, ‘ comment vous appelez-vous ? d’où êtes-vous Il importe “4 pou reprend le barbier, que vous sachiez qui je suis ; il suf- ‘fit de vous dire que je suis chrétien et un de ceux qui font ‘ profession de Ja sainte loi. Elle défend non seulement de ‘6 dérober le bien d'autrui, mais mêmo de retenir ce que l’on ‘trouve par hasard, quand on peut savoir à qui il appartient.” Le cavalier fut si touché de la pureté de tette morale, qu’il alla sur le champ à l'église des chrétiens pour se faire instruire des mystères de la religion. d

Un fameux usurier, se vuyant près de mourir, fit appeler un confesseur. Celui-ci ayant trouvé que tout son bien était acquis, par la voie injuste de l'usure, lui dit qu’il fallait absolument restituer. ‘‘ Mais que deviendront mes enfants ? dit le ‘€ malade.—Le salut de votre âme, dit le confesseur, doit vous ‘ être plus cher que la fortune de votre famille.—Je ne puis ‘ me résoudre à ce que vous exigez, reprit le moribond, et j'en ‘6 courrai les risques.” Il se tourne vers la muraille de son lit et meurt, Quelle mort ! combien elle doit faire trembler ceux

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—— ‘157 — e ne doivent les biens qu'ils possèdent qu'à la fraude et à

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— Erplications du Cathéchisme de l’Empire.

ÉxercioKs.—-1, Que nous défend le septième commandement ? 2, Sur quoi est tondé le respect du bien d'autrui ? 3, Ën combien de manières prend-on le bien d'autrui ? 4. Est-il permis aux enfants de prendre quelque chose à leurs parents ? 5, Peut-on retenir le salaire des ouvriers, des serviteurs ? 6. À quoi est-on obligé quand on a fait tort à son prochain ? 7. À quoi sommes-nous encore obligés par ce dommandement ? 8 Ne devons-nous assister le prochain que de nos biens ie 6 ! 9. Quelle sera la récompense de ceux qui contribuent au salut des autres

CHAPITREIX

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