OO
Dieu nous défend par le huitième commandement non seulement de parler mal de notre prochain, mais encore d’en avoir mauvaise opinion sans de justes raisons, Il n est donc pas permis de juger son prochain sur de faibles indices sur des apparences équivoques ; croire sans preuve qu'il & fait une faute, c’est une injuste témérité, puisque par là or s'expo$e à condamner un innocent, Il a droit à notre es time tant qu’il n’est pas convaincu ; la lui retirer, sans unt raison suffisante, c’est lui faire tort.
Le jugement téméraire est donc contraire à la justice. il ne l’est pas moins à la charité, Cette vertu, qui nou: est si fort recommandée dans l’ Evangile, nous porte à pen! ser avantageusement de nos frères, à interpréter favorablement leurs actions, à excuser tout ce qui n’est pas manifestement mauvais. ‘ La charité, dit saint Paul, ne pense point le mal ;” elle ne voit le crime que lorsqu'il est évident, elle ne le croit que lorsqu'il est prouvé. En effet, quand om aime quelqu'un, on est bien plus disposé à le croire innocemt que coupable. Voudrions-nous que, sans des raisons suffisantes, on nous jugeât coupables d’une mauvaise action ou sujets à quelque défaut ? Non, sans doute : ne faisons donc pas aux autres ce que nous ne voudrions pas qu’on nous fit,
Ce serait un jugement plus téméraire encore et beaucoup plus criminel, d'attribuer de mauvaises intentions à des actions bonnes et louables par elles-mêmes et de supposer des motifs vicieux dans ceux dont la conduite extérieure est régulière et édifiante. Rien, cependant, n’est plus ordinaire que de voir la malignité répandre son poison sur des actions vertueuses, Ce fonds de malignité, qui voit lc vice à travers les apparences de 1. vertu ne peut donc partir que d’une âme noire et corrompue. Les gens de bien jugent les autres d’après eux-mêmes ; comme ils sont droits et sincères, ils se persuadent aisément que les autres le sont aussi ; ils sont édifiés d’un extérieur qui convient à la vertu et il ne leur vient pas dans l'esprit que ces dehors puissent cacher le vice. Occupés de leurs propres défauts, dont ils doivent rendre compte, ils ne font point attention à ceu». des autres et, par cette conduite charitable envers le pro- Chain, ils se préparent à eux-mêmes un jugement favorable
au t nous autre
Hr:
chari mou où ét:
66 Fi «6 che ment mêm «6 je ‘6 rit ayant ce à vaub proc
ordin mars
Et ui défait disan on q ferm vons
EXxE ment odieu: porte a fait Monti 9, De permi parfoi fend-i ment en m£ de cet
ent non
encore Il n'est s indices qu'il & ar là or otre es ans unt
justice:
ui nou; à pen vorable- $s manie pense est évi- In effet, , le croians des mMauvaiite : ne ons pas
t beautions à | suppoxtérieust plus sn Sur voit 1G nc parle bien droits le sont la ver- $ puiss, dont à ceux.
le prororable
au tribunal de Dieu, car Jésus-Christ nous a promis de
nous juger de la même manière que nous aurons jugé les autres. |
Hisrorres.—L'évêque Firmus, dit saint Augustin, cachait par charité dans sa maison un homme qu’on cherchait pour le faire mourir. Les officiers de l’empereur demandèrent à cet évêque où était cet homme. ‘‘ Je ne puis pas vous répondre, leur dit ‘€ Firmus, car je ne puis ni mentir, ni découvrir celui que vous ‘* cherchez.” On fit souffrir au saint évêque de cruels tourments pour savoir de lui où était cet homme ; on le menaça même de la mort. ‘Je sais souffrir et mourir, leur dit-il, mais ‘‘ je ne sais point parler quand il s’agit de parler contre la vé- ‘“ rité ou contre le prochain.” On le présenta à l’empereur qui, ayant admiré la vertu de ce saint évêque, le renvoya et fit grâ-
ce à celui qu’il cachait chez lui. Ce trait nous fait voir qu'il.
vaut mieux souffrir la mort que de blesser la charité envers le prochain. —Rapporté par S. Auaustin.
—Saint Augustin, pour empêcher la médisance qui est trop ordinaire dans les repas, avait fait écrire dans le lieu où il mangeait deux vers latins dont voici le sens :
Loin d'ici, médisants,
Dont la langue coupable Déchire l'honneur des absents :
On ne permet à cette table Que des entretiens innocents.
Et un jour quelques-uns de ses amis commençant à parler des défauts de leur prochain, le saint les en reprit aussitôt en leur disant que s'ils ne cessaient, il fallait ou qu’il fit effacer ces vers on qu'il se levât de table.—C'est ainsi que nous devons user de fermeté pour empêcher la médisance autant que nous le pouvOns.
— Vie de S. Augustin, par PossIDIUs.
EXERCICES.—1, Quels sontles péchés défendus par le huitième commandement ? 2. Vaites comprendre pourquoi le mensonge est si opposé à Dieu et si odieux aux hommes. 3. La calomnie est-e le bien coupable ? 4. Qu'est ce qui porte à son comble l’énormité de la calomnie ? 6. A quoi est-on obligé quand on à fait du tort à la réputation du prochain ? 6. Qu'est-ce qüe la médisance ? 7. Montrez combien la médisance est répréhensible. 8, Quellesen sont les suites ? 9. De toutes les médisances, quelles sont les plus funestes ? 10, Quand est-il permis de découvrir les défauts du prochain ? 11. Montrez que la médisance est parfois plus nuisible que la œlomnie. 12. Le huitième commandement ne défend-il que les paroles contre le prochain ? 13, Faites comprendre que le jugement téméraire est contraire à la justice et à la charité. 14, Interpréter le bien en mal, juger témérairernent, est-il un défaut bien rare ? 15. Que doit-oa penser de ceux qui voient si facilement les défauts d'autrui ?
tirent amenant ner
tonne
pure + 2