CHAPITRE
DU NEUVIÈME COMMANDEME?L
Tu ne sonvoiteras point la femme de ton prochain.
L'œuvre de chair ne désireras Qu'en mariage seulement.
Dieu, après avoir défendu par le sixième commandement toutes les actions extérieures de l’impureté, en défend, par le neuvième, tous les désirs et toutes les pensées. Ne croyons pas qu’il suffise, pour accomplir la loi de Dieu sous ce rapport, de s'abstenir des actions criminelles. Non, cela ne suffit pas : le désir seul est un crime. Dieu, qu: sonde les cœurs et les reins, ne se contente pas d’une pureté extérieure, il veut que notre cœur soit pur; il ne permet pas de désirer ce qu’il défend de faire. La pensée même db du mal nous rend coupables à ses yeux quand elle est déli-
bérée et consentie, c’est-à-dire quand on s'y arrête avec ré- 2 flexion et qu’on prend plaisir à s’en occuper. “Les mau- pa ‘“ vaises pensées, dit } Écriture, séparent de Dieu.” Elles | éte donnent donc la mort à notre âme, si l’on n’a pas soin d’en détourner son esprit et de les rejeter aussitôt qu’on s’en | ] aperçoit. | ho:
Ainsi, la loi de Die: :: jusqu’à la racine du mal: elle qu l'étouffe dans son princir re, L'expérience prouve qu ‘on n’en un vient pas d’un coup à des actions criminelles ; ce n'est que rot par degrés qu’on s’y abandonne. Le mal commence par 8 une pensée que l’on écoute, à laquelle on s'arrête volontai- | rement ; de la pensée naît le désir et du désir on passe aux E effets extérieurs. “C’est du cœur, dit Jésus-Christ, que me ‘ sortent les mauvaises pensées, les fornications, les homi- mo
‘“ cides.” Ce divin maître met les mauvaises pensées à la
tète de tous les séiaes à parce qu’elles en sont le principe et la source.
Le vrai moyen de prévenir le désir du mal, c’est donc d'en rejeter la pensée; et celui d'empêcher la mauvaise sction, c’est d'en étouffer le désir. Nous ne pouvons pas,
à, la vérité, nous garantir de toutes les mauvaises pensées ; nais nous pouvons n'y pas consentir : il ne dépend pas de nous de ne pas en avoir; mais il dépend de nous de ne pas !
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y donner cccasion, de n'y pas prendre plaisir ei do Van ct battre quand elles se présentent. Ii ne faut point 26:07 dans cette vie une paix qui soit exempte de comb:#.
La vertu ne consiste pas à n'être point attaqri, sai ol consiste à résister avec courage à tous les assauts «7 ous livrent les passions ét à ne jamais donner occasion :, 1 95. tation. Si, malgré notre vigilance, elle se présenté à »sire esprit, détournons aussitôt notre attention, élevons notre cœur à Dieu, appliquons-nous à quelque occupation honnête. C’est un grand remède contre ce vice que de s’appliquer sérieusement à quelque travail utile et de ne jamais rester oisif, Que le démon nous trouve toujours occupéset ses traits seront impuissants. Soyons fidèles et ne craignons rien ; si le démon nous impurtune et cherche à nous effrayer, ne j’écoutons pas et nous l’aurons vaincu. Atta. chons-nous à Dieu : il ne permettra jamais que nous soyons tentés au-delà de nos forces ; alors la ‘entation que nous aurons combattue, loin de nous nuire, deviendra le sujet de notre triomphe et notre fidélité méritera une récompense éternelle.
Hisrorre.—Saint Bernardin de Sienne avait une si grande horreur pour tout ce qui pouvait blesser la chasceté Que, lorsqu’il arrivait à quelqu'un de ses compagnons d+ tenir a propos un peu libre, il en rougissait pour lui. Sa s&:le présence les retenait dans les bornes de la plus grande honnêteté. Lorsqu'ils le voyaient venir à eux, ils disa‘ent : ‘ Voici Eserrsrdin, prenôns garde à ce que nous diront:
Exsrcoices.—1. Que défend le neuvième commandement? 2. Pourquoi Îles mauvais désirs sont-ils condamnés ? 3. Peut-on 86 garantir de toutes les mauvaises pensées? 4. La vertu consiste-t-elle à n'être point tenté? 6. Quels moyens faut-il prendre pour triompher des tentations?
CHAPITE XI