‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 69 sur 141 · ER · texte numérisé non relu

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Quelques-unes de ces fêtes ont été établies pour célébrer les mystères de Notre-Seigneur, son incarnation, sa naissance temporelle, sa circoncision, sa manifestation aux gentils, sa présentation au temple, sa résürrection et son ascension dans :s ciel, la descente du Saint-Esprit sur les apôtres et le mystère de la divine Eucharistie. Ces mys-

.tères étant la source de toutes les grâces que Dieu nous

accorde et du salut que nous attendons, leur souvenir doit exciter en nous des sentiments de reconnaissance, d’adoration, de confiance, et nous animer à en recueillir lea fruits par un accroissement de foi, d'espérance et de charité.

Les autres fêtes sont destinées à honorer, dans la très sainte Vierge et les Saints, les grâces dont Dieu les a comblés et la gloire dont il les a couronnés. On y rapporte leurs principales vertus et nous nous encourageons à les imiter par la vue du bonheur ineffable qui en est la récompense. En même temps, pénétrés du sentiment de notre faiblesse, dont une expérience continuelle nous avertit, nous les prions d'employer pour nous leur crédit auprès de Dieu et de nous obtenir, par les mérites de notre commun

médiatear, la grâce de marcher sur leurs traces, afin d’arri-

ver à l’éternelle félicité dont ils jouissent.

Voilà pourquoi chaque année l’Église nous remet sous les yeux les bienfaits de Dieu et les exemples des saints.

Dans l’ancienne loi, Dieu avait prescrit aux Tsraëlites un certain nombre de fêtes pour perpétuer la mémoire des merveilles qu'il avait opérées en leur faveur. C’est sur ce divin modèle que les fêtes de l'Eglise chrétienne ont été instituées, afin d’honorer Dieu, d’instruire les fidèles et de nourrir leur piété. La majesté des divins offices, les lectures qu’on y entend, les saints cantiques dont les temples retentissent nous transportent en esprit aux temps et aux lieux où les mystères ont été accomplis et nous y adorons Jésus-Christ comme si ces mystères s’accomplissaient actuellement sous nos yeux. Ces grands objets ainsi rendus présents à notre foi et secondés des instructions et des exhortations des pasteurs, augmentent la ferveur de leur piété,

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C’est d’ailleurs une occasion pour les plus simples d'entre les fidèles et pour les enfants mêmes de s’instruire du sujet de la fête et d’en apprendre l’histoire. L'Eglise ordonne aux parteurs de l’enseigner aux peuples qui leur sont confiés ; elle veut que les pères et les mères en instruisent leurs enfants. C’est ce que Dieu avait prescrit lui-même aux Israëlites. Après avoir commandé d'immoler chaque année l’Agneau pascal et de célébrer la fête des Azymes, il leur déclara la raison de cette instruction. ‘Quand vos ‘ enfants, dit-il, vous demanderont quel est ce culte reli- “ gieux, vous leur répondrez : c’est la victime du passage “ du Seigneur, lorsqu’en frappant de mort les premiers-nés “ des Egyptiens il passa nos maisons et les préserva.” |

Pour sanctifier les fêtes, nous devons entrer dans l'esprit de l’Eglise, considérer le mystère ou la vie du saint qui en est l’objet, louer Dieu de ses bienfaits et lui demander la grâce d’en profiter. Nous devons nous exciter à pratiquer les vertus qui ont éclaté dans les saints qu’elle honore, afin d’avoir part un jour au bonheur éternel dont ils jouissent. Nous devons les prier d’intercéder pour nous auprès de Dieu et de nous obtenir les recours dont nous avons besoin.

Histoire. —L'impie Nicanor ayant pris la résolution de combattre les Juifs un jour de Sabbat, un certain nombre d'autre: Juifs que la nécessité avait retenus dans son armée, lui repi sentèrent qu’il n’était pas convenable de livrer bataille un jow consacré à Dieu. Cet homme enflé de sa vaine grandeur répondit : ‘* Y a-t-il un Dieu puissant dans le ciel qui ordonne de *“ célébrer le iour du Sabbat ? —Oui, dirent ces Juifs avec mo- ‘ destie, s’est le Dieu vivant, le puissant maître du ciel.—Eh ‘ bien ! répondit l’orgueilleux Nicanor, moi qui suis: puissant ‘ sur la terre, je vous ordonne de prendre les armes pour obéir ‘aux ordes du roi. ” Nicanor livra bataille, fut vaincu et trouvé au rang des morts.—Il Macrabées, xv.

ExercICES.—1. Qui'aous ordonne ie premier commandement de l'Eglise? 2. Comment livise-t-on les fêtes que l’Eglise à instituée ? 3. Quels sentiments doivent nous inspirer les fêtes établies pour honorer les mystères de Notre-Seigneur? 4. Pourquoi les fêtes en l'honneur des Saints ? 5, Sur quel modèle l'Eglise a-t- L ae id sès fêtes ? 6. Que faut-il faire pour sanctifier les fêtes instituées par

"Eglise ?.

ARTICLE 11

Second commandement Les dimanches messe ouïras et les fêtes pareillement.

De toutes les œuvres de piété par lesquelles on doit sanctifier les dimanches et les fêtes, la principale, la plus indispensable, c’est d'entendre la messe, et l'Eglise en a fait un commandement exprès. Le sacrifice est l’action la plus sante de la religion et celle qui rend à Dieu l’honneur le plus parfait ; l'obligation d'y assister tous les jours spécia. lement consacrés à son culte est aussi ancienne que l’Eglise. Nous lisons dans les actes des apôtres que le premier jour de la semaine, qui est le dimanche, les fidèles s'assemblaient pour la fraction du pain, c’est-à-dire pour offrir Ja . victime sainte et y participer.

La messe de paroïsse, où le pasteur offre le saint sacrifice au milieu de son peuple réuni, est une imitation fidèle de ce qui était observé parmi les premiers chrétiens et c’est à cette messe célébrée par le pasteur, qu’il convient que les fidèles assistent autant qu’ils le peuvent. Dans les premiers siècles de l'Eglise, l’évêque présidait en personne la grande assemblée des fidèles de son diocèse. Dans la suite, lorsque les chrétiens se furent multipliés, chaque diocèse fut partagé en différentes paroisses, où l’évêque envoyait des prêtres pour les gouverner sous son autorité, pour y instruire les fidèles, célébrer le saint sacrifice et adrministrer les sacreinents. Depuis cet établissement, chaque .paroisse est une famille dont le curé est le chef et le père : n'est-il pas dans l’ordre que tous ceux qui la composent se rassemblent avec leur chef pour rendre à Dieu le culte solennel de l’adoration et du sacrifice ? La messe de paroisse se dit pour les fidèles réunis sous un même pasteur et en leur nom ; il est donc très convenable qu’ils s’unissent à lui dans cette auguste fonction et qu’ils entendent sa voix. Les instructions qu'on y fait s'adressent à eux ; elles sont plus proportionnées à leurs besoins, que le pasteur connaît mieux, que celles qui se font ailleurs ; elles sont donc plus

utiles.

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