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Pour satisfaire à ce précepie, il faut entendre la messe tout entière ; on ne remplirait pas cette obligation si l’on arrivait, la messe étunt déjà avaneée, ou qu’on sortît avant qu’elle fût finie. Il faut l'entendre avec attention, avec respect et avec piété, ne se contentant pas d’être présent de corps seulement. Se distraire volontairement, promener ses regards de tous côtés, se permettre des entretiens, ce n’est pas entendre la messe ni remplir le précepte de l’Eglise ; c’est outrager Jésus-Christ, c'est renouveler les opprobres du Calvaire, c’est déshonorer la religion. Il faut donc s'appliquer à la prière pendant tout le temps de la sainte messe, en se servant, soit d’un livre, soit d’un chapelet, ou de tout autre moyen qui puisse maintenir l’attention.
J1 ne suffit pas au pieux fidèle d'assister à la messe, les saints jours de fête et de dimanche, il assiste encore, autant qu’il lui est possible, aux instructions et autres exercices qui se font à l’église ; il fait quelque bonne lecture, vaque à quelques bonnes œuvres. L'Eglise, il est vrai, n’a fait de précepte absolu que pour l’assistance à la sainte messe, mais la piété demande quelque chose au-delà du strict précepte.
Hisrorre.— Les persécutions mêmes n’empêchaient pas les chrétiens de célébrer les fêtes de l'Eglise. Une vierge chrétienne nommée Anysie se rendait à l’assemblée des fidèles lorsx garde de l’empereur Dioclétien l’apercevant, fut frappé
e sa modestie. Il alla au-devant d'elle et lui dit: ‘* Demeure là : où vas-tu ?” Anysie, craignant à ce ton qu'il ne l’insultât, fit sur son front le signe de la croix pour obtenir de Dieu la grâce de résister à la tentation. Le soldat se trouva offensé de ce qu'elle ne répondait que par un tel signe à la question qu'il lui faisait. Ï1 mit la main sur elle et lui dit avec colère : ‘‘ Réponds : qui es-tu ? où vas-tu ?” Elle répondit courageusement : ‘* Je suis servante de Jésus-Christ et je vais à l’assemblée du ‘* Seigneur—Je t'empêcherai bien d'y aller; je t’emmènerai ‘“ sacrifier aux dieux : nous adorons aujourd’hui le soleil, tu ‘{ l'adoreras avec nous.” Il lui arracha en même temps le voile dont son visage était couvert. Anv<°-",cua de l’en empêcher et lui souffletant le visage, elle lui dit ? ‘Va, misérable, ‘‘Jésus- ** Christ te punira !”’ Le soldat devint alors si furieux, qu'il tira son épée et l’enfonça dans le cœur de la vierge chrétienne, Elle tomba baignée dans son sang, mais son âme fut couronnée de gloire dans le ciel.—FLiausy, Hist. ecclésiastique
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Fxancrems.—1. À quoi nous oblige le dixième commandements de lEgliset 2 A quelle messe conviént-il d'assister? 8. Pourquoi faut-il s'eflorcer d’a:sister À la messe de ]a paroisse ? 4. Comment faut-il entendre la messe pour remplir l'obligation que nous impose l'Eglise ? 5. Quand on eut bien eanctifier le di. manche, faut-il se contenter d'assister au saint sacrifice ?
ARTICLE III
Troisieme Commandement Tous tes péchés | Riga au moins un: fois l'an,
Par ce commandement, l'Eglise ordonne deux choses : la première est de se confesser au moins une fois l’année, quand on est, parvenu à l’âge de raison, c’est-à-dire lorsqu'on est capable de discerner le bien d'avec le mal; la seconde est de se confesser à son propre pasteur. Elle a voulu, par ce sage. règlement, remédier à deux abus. Et d’abord elle a voulu mettre des bornes à la négligence des mauvais chrétiens qui passaient plusieurs années sans s'approcher du tribunal de la pénitence et qui croupissaient dans leurs habitudes criminelles. En second lieu, elle a voulu prévenir l'abus où tombaiemt ceux qui s’adressaient à des prétres étrangers dont ils n’étaient point connus, pour en obtenir plus facilement l’absolution sans être obligés de renoncer à leurs péchés et de changer de vie. |
Pour accomplir le précèpte de l’Église, nous devons donc nous présenter au moins une fois l’année au tribunal de la pénitence et faire l’humble aveu de nos fautes à notre propre pasteur, ou, avec sa permission, à un prêtre approuvé.
Quoique l’Église, par condescendance, n’exige qu’une seule confession par an, pour ne pas rebuter ceux à qui ce devoir paraît pénible et difficile, cependant elle désire qu’on y ait recours beaucoup plus souvent, ce qu'elle témoigne assez par ces mots au moins, qu’elle a ajoutés. Ainsi,
quoiqu'il suffise absolument, pour ne pas transgresser le précepte de l'Eglise, de se confesser une fois dans l’année, ce n’est pas assez pour répondre à son intention et pour remplir son désir, surtout quand on a eu le malheur de tomber dans quelque péché mortel. Dieu oblige tous ceux qui se sentent chupables de né pas différer de se convertir à lui ; il faut donc alors s'adresser au plus tôt à un prêtre prudent et éclairé, añu d'en recévoir les conseils nécessaires
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pour se relever. Le précepte de l'Église, loin de nous dispenser de cette obligation, n’a pour but que de nous empécher de croupir dans le péché, qui est une plaie faite à notre âme, Or, quand on a reçu quelque blessure, diffère-t-on si longtemps à y appliquer le remède? Et pourtant le péché est une maladie bien plus dangereuse que celle du corps. Quand le corps est attaqué de quelque maladie, attend-on une année entière à appeler le médecin} Mais de plus, n'est-ce pas s’exposer visiblement à mourir dans le péché mortel que d'y passer presque toc sa vice? Au reste, l'expérience fait voir qu’une confession par an ne suffit pas pour se soutenir dans une vie chrétienne ; ceux qui se bornent là sont presque toujours des pécheurs engagés dans des habitudes mauvaises, ou du moins des chrétiens lâches et indifférents.
S’approcher du sacrement de Pénitence sans un examen sérieux et une véritable contrition, ce n’est pas accomplir le précepte de l'Église, c'est ajouter un nouveau péché à ceux dont on était déja coupable.
L'Église n’a point fix le temps précis de la confession annuellé : mais comme t Ile ordonne, dans le même canon, de communier à Pâque, il est visible qu’elle désire que sette confession se fass de manière à servir de prépara-
ion à la communion ps scale. Ilest donc bien à jropos de se présenter au sain ; tribunal, dès les premiers jours du carême, afin de recevoi: les avis du confesseur pour se préparer à cette grande action.
Hisrorme.—Le vénérable Bède rapporte, dans son histoire d'Angleterre, que Conre,d, prince très pieux, avait à sa cour un soigneur à qui il était très attaché à cause des grands services qu’il en avait reçus, mais qui, malgré les instances du prince, demeura plusieurs années sans approcher du tribunal de la pénitence. Ayant été attaqué d’une maladie dangereuse, le roi le visita et l’engagea à se ‘confesser, mais'il ne put rien obtenir. Jlrevint, et Le tro ivant à l'extrémité, il le conjura de ne pas mourir en ‘cet état. Mais ce malheureux après être demeuré quelque temps sans répondre, regarda le roi avec des yeux effrayants, et s’écria : ‘Il n’est plus temps, je suis per- ‘€ du, l’enfer est mon partage !”” En disant ces mots terribles, il expira dans l’impéritence 8 le désespoir.
E DE, Hist, d'Angleterre, livre v.