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CHAPITRE VI

Principes généraux sur la manière de conduire le régime de F enfant pendant les maladies et dans la convalescence.

JNous avons décrit, avec tout le soin dont nous étions capables, les moyens de prévenir et de guérir les maladies que peut fournir l'emploi bien réglé

(i) Vacca-Berlingliieri , Codice elementare di Medicina nratica , t. i , cap. vt.

de l'air, des alimens, des boissons, de l'exercice et du repos. Mais nous avons pensé que des instructions générales sur cet objet important, rendraient plus sensible l'utilité des préceptes de chaque cas particulier, et que la pratique de ces règles, étant mieux raisonnée, deviendroit conséquemment plus sûre. D'ailleurs, il n'est pas de médecin qui n'ait mille fois reconnu combien le zèle et l'attachement des parens ont besoin d'être éclairés , pour que ces senlimens ne les entraînent pas à des excès, à raison desquels le mal qu'ils font égale pour le moins le bien qu'ils veulent faire.

Quoique dans les maladies chroniques , un système diététique judicieusement coordonné soit la source des principaux succès; quoiqu'il soutienne, active , complète ceux des remèdes ; cependant les modifications générales qu'il introduit sont ordinairement lentes et réglées sur une échelle dont les graduations sont infiniment délicates. Mais dans les maladies aiguës , qui parcourent leurs périodes avec véhémence et rapidité ; où la nature cl l'art opèrent deschangemens décisifs dans les temps les plus courts; le régime a une si grande influence sur tous les événemens, qu'une seule erreur détruit souvent, en peu d'instans, tout le bien qu'on pou voit espérer de secours parfaitement entendus , ou qu'ils avoient même déjà produit. Des notions précises sur l'art de régler la diète (i) me paroissent avoir ici d'autant plus

(0 Nous entendons par diète cette partie de la thérapeutique qui a pour but la guérison des maladies par la voie du régime.

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d'intérêt, qu'un très-grand nombre de maladit» aiguës, fort graves , figurent dans le catalogue des affections pathologiques des enfansj et que ceux-ci , à raison de leur délicatesse, permettent encore moins que les adultes , que les soins auxiliaires dji traitement se changent en obstacles et rendent plus pénible la lutte que leur constitution doit soutenir. On remarque une singulière opposition, quant à la nourriture des malades , entre l'opinion la plus commune de ceux qui les assistent, et la manière de voir d'Hippocrate. Plus on nourit un corps impur, disoit ce dernier , plus on ajoute à la cause de ses maux (i). Les parens et les garde-malades, quelque aiguë que soit une maladie , semblent , au contraire , n'avoir d'autre crainte que celle de l'épuisement des forces par défaut d'alimens. En conséquence , l'objet principal de leurs pensées est de composer des bouillons extrêmement substantiels, et l'exagération va jusqu'à en répéter les doses à des intervalles quelquefois si rapprochés, que la digestion des premières est sans cesse interrompue par celles qui suivent , et que l'action des remèdes , mal espacés , est à tout instant troublée , détruite. Par ces abus , on opprime les forces qu'on veut soutenir, et l'on soumet un estomac malade , dont les fonctions sont lésées , a des épreuves qu'il ne subiroit pas sans inconvénient dans la plus parfaite santé. Qu'on ne s'étonne donc pas si l'homme nécessiteux, que son indigence met

( l) Nonpura corpora quanto plus nutries, tanto rnagis lœdes, (A.phor. x, sect. n.)Plubius Syrius disoit dans le même sens : Crudelem medicum intemperans œgerfacit. MimiVvMù Syrii.

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à l'abri de pareils excès , malgré mille privations, échappe tous les jours à des maladies graves, que d'absurdes profusions rendent funestes au riche.

Les anciens, extrêmement attentifs à éloigner toute cause de putridité , ne permettoient pas les bouillons de viande qu'ils tenoieiït pour dangereux à raison de leur nature septique. Ils n'employoient que des décoctions plus ou moins épaisses de grains farineux , tels que le riz , l'orge , l'avoine , etc. Proportionnant la consistance de ces décoctions aux forces des malades , ils leur formoient ainsi une nourriture que les médecins de tous les temps ont regardée comme la mieux graduée et la plus convenable sous tous les rapports. La disposition des substances animales à la putrescence les rend surtout redoutables dans les pays chauds et dans l'été. Prosper Alpin dit qu'en Egypte les fièvres les plus légères se changeoient en putrides lorsqu'on donnoit des bouillons faits avec la viande. Mais l'usage de ces derniers ayant prévalu, il faut les rendre le moins nuisibles qu'il est possible. Ainsi, les praticiens les plus sages recommandent de les faire légers, de viandes blanches et de jeunes animaux, tels que de poulet, de veau, de mouton, et de corriger encore leur septicité en y ajoutant de l'oseille, ou du jus de citron , d'orange, de grenade.

Nous avons indiqué la nécessité de placer les alimens à des intervalles snffisans. Dans les hôpitaux militaires et de la marine , il n'y a que deux distributions dans les vingt-quatre heures; elles maladies ainsi que les convalescences y sont (toutes choses égales , dans des temps ordinaires et lorsque les ma-

Jades n'éludent pas toutes les précautions prises pour garantir l'exactitude du régime ) beaucoup plus courtes que dans la pratique civile. J'ai souvent remarqué qu'on présentoit du bouillon à un féhricitaut toutes les quatre et même toutes les trois heures ; j'ai vu pousser l'égarement jusqu'à en rapprocher l'administration à mesure que le danger devenoit plus manifeste , et suivre cette progression au point qu'au jour suprême on en donnoit chaque demiheure. Il faut laisser un intervalle au moins de six heures entre chaque prise de bouillon. Cette raéthodcconcilieplusieursavantagesimportans. Comme la digestion de chaque repas est facile et parfaite , elle ne donne pas lieu à un redoublement considérable de fièvre , et n'est pas suivie d'un accroissement d'embarras gastrique , comme cela arrive quand on s'écarte de ce système. De cette manière enfin, on nourrit suffisamment , on rompt les habitudes de l'estomac le moins possible ; et sans intervertir sensiblement cet ordre , quand on arrive à la convalescence , on n'a qu'à graduer la consistance et la quantité des alimens conformément à l'état des forces , pour opérer cette ascension dans le régime qui doit ramener à celui de la santé. D'après ces principes , on sent que tous les alimens solides qui exigent des efforts de la part des organes digestifs , tels que la viande, les œufs, etc., doivent être proscrits aussitôt que la fièvre se déclare.

Les boissons sont soumises à des règles plus compliquées , parce qu'elles font presque partie du traitement , et qu'elles doivent être constamment en rapport avec lui dans les diverses .phases des mala-

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dies. Il faut bannir le vin en général. La rigueur à cet égard est surtout indispensable , dans le principe des maladies aiguës , à raison de la violence de la fièvre et de l'éréthisme considérable qui y domine communément. Mais celle liqueur doit être surtout sévèrement proliibée dans tous les temps des inflammations légitimes qui conservent leur pureté. La boisson qui est le plus généralement convenable aux malades , c'est une décoction d'orge ou d'avoine oxymélée , émulsionnée ou aiguisée avec les sucs des plantes, le nitre, le cristal minéral; une infusion légère de fleurs de mauve et de violettes, de fleurs de tilleul, de sureau , la limonade, l'orangeade, le petit-lait, etc. , sont également appropriés ; on forme enfin une boisson aussi salutaire qu'agréable avec le jus de prunes , de groseilles , de framboises , éiendu dans l'eau. Dans les cas d'une grande sécberesse de la bouebe et d'une soif incommode , on peut donner à sucer la pulpe d'un citron , d'une orange, en faisant rejeter l'écorce qui est échauffante. Toutes les boissons que je viens d'indiquer doivent être données en petite quantité à la fois , mais si souvent, qu'elles soient prises en grande abondance. Cette règle générale admet cependant quelques modifications : lorsqu'il y a engorgement du poumon , par exemple , il faut s'abstenir de donner les boissons aqueuses sans mesure , pour que le gonflement de l'estomac ne gêne pas encore la dilatation de la poitrine et la respiration.

Ces principes de diète sont, en général, d'une application rigoureuse dans toutes les maladies aiguës des enfans, et dans celles qui tiennent à une

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inflammation plus ou moins vive. Telles sont l'éiysipèle, l'ictère aigu, la diarrhée et la dyssenlerie inflammatoires , et même bilieuses dans le commencement. Il faut les observer avec la plus scrupuleuse exactitude , dans toutes les angines , dans la péripneumonie des enfans et les douleurs d'estomac par inflammation ; dans la petite - vérole , la rougeole, la scarlatine , et enfin dans l'hémoptysie et toutes les phthisies actives.

Toutes les règles de régime reposent sur ce principe essentiel, de retenir les forces et la réaction vitales dans une juste modération , comme aussi de les conserver dans un degré d'énergie suffisant pour qu'elles puissent effectuer , avec facilité et dans le temps le plus court, les élaborations auxquelles est soumise la terminaison naturelle des maladies. De là le précepte d'un régime d'autant plus tenu que la maladie marche avec plus de rapidité et de violence, et d'accorder plus d'alimens quand elle a moins d'intensité, et paroît devoir être plus longue. On place le repas, pour les fièvres intermilten les, dansl'intermission ; pour les fièvres rémittentes , dans la rémission; et dans les fièvres continues, on donne les aliinens préférablement le matin , parce que c'est l'heure du jour où le corps a réparé ses forces, et est dans ce calme qui est l'effet du sommeil , et que les agitations du jour n'ont pas encore troublé. Rien ne mérite plus d'égards que l'empire des habitudes. Ainsi, l'on doit soumettre à un régime moins sévère le malade qui est habitué à une nourriture abondante et succulente ; autant que les circonstances le permettent, il faut rapprocher l'adminis-

traiion des alimens des heures ordinaires des repas; les substances alimentaires les moins convenables sont sans danger, et même quelquefois utiles quand le sujet y est accoutumé. Il convient de prendre aussi en considération le climat et la saison. L'homme supporte plus facilement la privation des alimens dans les pays chauds que dans les pays froids , et pendant l'été que pendant l'hiver. Avertis enfin par des exemples nombreux et quelquefois fort singuliers, les médecins les plus sages ne dédaignent pas les appétits, qui sont souvent les secrètes impulsions d'un instinct conservateur, et auquel il est généralement avantageux d'obéir,- mais toutefois avec réserve et en surveillant attentivement les résultats.

Nos préceptes touchant les boissons ne sont pas plus exempts d'exceptions , que ne le sont nos règles quant aux alimens. Ainsi, le vin, que nous avons exclu du traitement des maladies aiguës, devient le meilleur restaurant quand un état inflammatoire ou d'irritation ne nous oblige pas de le défendre. Dans les fièvres putrides et malignes , et en général toutes les fois qu'il faut soutenir , ranimer les forces, entraver la tendance à la dissolution , comme tonique, cordial , antiseptique, c'est un auxiliaire agréable à la plupart des malades , qui égale presque l'efficacité des plus grands remèdes.

11 n'y a pas de soin indiffèrent pour conserver la pureté et la température modérée de l'air. L'atmosphère qui environne le malade, pour n'être pas nuisible, ne doit pas s'élever au-dessus du quinzième degré du thermomètre de Réaumur. L'air qu'on ne renouvelle pas suffisamment s'échauffe , se corrompt,

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<?t donne le plus fâcheux caractère aux maladies. C'est pour cela qu'il ne finit pas permettre le rassemblement d'un friand nombrede personnes dans la chambre du malade : l'air qu'il respire en est promptemént altéré , et la variété des objets fatigue le cerveau, dispose aux rêveries et au délire, il faut régénérer , deux ou trois fois par jour , le fluide ambiant, en ouvrant, les portes et les fenêtres , avec la précaution toutefois de tirer les rideaux du lit, pour que Je sujet ne soit pas incommodé de l'impression d'une fraîcheur subite. On tempère pour lui les brûlantes chaleurs dé l'été en arrosant le plancher, en tenant dans la chambre , mais seulement pendant le jour, des branches de saule , de frêne , ou autres. Ces hioyen's purifient l'air corrompu , tant par la respiration et les émanations de celai qui souffre et de ceux qui l'environnent, que par la vapeur des charbons , des chandelles , etc. Les excrémens et les urines doivent être emportés immédiatement après "chaque évacuation ; on brûle du vinaigre sur une ■pelle rougie ; on arrose le carreau avec l'eau de chaux ; on opère enfin, au besoin, une épuration 'encore pins parfaite de l'atmosphère du malade , par le dégagement des acides nitrique ou muriatique oxigéné.

On a dû sentir combien il importe de modérer î'affluence des visites , et de ne pas laisser former , autour de celui qui est sur le lit de douleur , un cercle d'assislans pu'rëment officieux qui gâtent l'air qu'il respire , dont le murmure le fatigue , et dont les indiscrétions lui nuisent souvent encore davantage. Cependant il est bon d'observer que dans les

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cas de délire , la présence des personnes familières au sujet, et pour lescpielles il a de l'affection, est propre à produire des interruptions favorables dans le désordre de ses idées. C'est ainsi également que , dans le délire commençant , lorsque le malade , entre la veille et le sommeil , croit voir des spectres effrayans , il est utile de le réveiller doucement en lui présentant , par degrés , une lumière vive , et d'occuper son esprit et ses sens par des objets ou des impressions agréables. Du reste , dans quelque état qu'il se trouve , on ne sauroit écarter avec trop de soin tout ce qui peut émouvoir en lui quelque passiou violente de l'âme, lui inspirer de la crainte, ou même de la défiance sur son sort. En général , il faut beaucoup adoucir la vivacité de la clarté du jour , et l'on doit surtout éloigner les odeurs fortes , le bruit, les sons et les cris aigus.

La modération que nous exigeons dans la température extérieure , nous la réclamons encore dans la chaleur du ht. On bannira les couettes et les couvertures en duvet ; on changera les draps aussi fréquemment qu'il est nécessaire , ou même possible ; enfin on lèvera le sujet au moins une fois par jour , et plus souvent encore , si cela se peut : le malade qui ne quitte pas le lit y perd promptement ses forces ; s'il y est dans une situation incommode ou trop chaudement , la violence de la fièvre augmente ; les angoisses , les rêveries , l'oppression , sont plus graves; il survient des sueurs forcées , et la maladie acquiert avec rapidité un caractère putride et malin qui, pour être factice, n'est pas moins dangereux.

De la convalescence. Une appréciation exacte de

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l'étal général du corps , au commencement des convalescences , n'esl pas moins nécessaire pour en bien diriger le régime , que ne l'est 3a connoissance de la nature de la maladie , pour en régler convenablement la diète. A l'issue de la lutte périlleuse que la constitution a dû soutenir, dans les affections aiguës, le système nerveux , tous les organes , particulièrement ceux des sens et l'estomac , sont dans une exaltation d'irritabilité et de sensibilité qui égale leur foiblesse. C'est sur ces considérations que reposent tous les principes du régime des convalescens.

A raison des dispositions dont nous venons de parler , et qui sont surtout remarquables dans l'appareil digestif, ou par l'effet d'une activité acre que les sucs gastriques ont contractée, il y a un sentiment d'appétit à l'intensité duquel les moyens d'élaboration ne sont nullement proportionnés. Il faut assoupir par degrés cette excitation immodérée de l'estomac par de petits repas répétés , mais pourtant séparés par des intervalles suffisans pour que la digestion soit toujours achevée. On commence par des alimens simples, fluides, et les plus faciles à digérer , tels que soupes légères , potages au riz ou au vermicelle ; les fruits cuits ou confits sont admis; on permet diverses plantes potagères , pourvu qu'elles soient tendres , telles que les épinards , l'oseille , la scorsonnère , les carottes; mais on exige une cuisson parfaite , et qu'elles soient médiocrement assaisonnées d'aromates chauds.

C'est une règle sujette à beaucoup de restrictions que celle qui recommande , en général , la diète végétale pour les convalescens. Si cette nourriture dé-

termine , comme cela arrive souvent , un état de langueur de l'estomac et des rapports acides , on doit la remplacer promptement par des bouillons bien dégraissés de bœuf et de voladle , ou par les gelées fûtes avec les pieds de veau ou la râpure de corne de cerf. Ces gelées tranquillisent , fortifient le ventricule, et, prises même en petite quantité, nourrisent beaucoup. A mesure que les forces se relèvent, on augmente la consistance et la quantité des alimens. On peut donner du cbocolat ou une petite soupe à déjeuner; à dîner, des œufs frais, du poisson léger, des viandes tendres déjeunes animaux ; mais le convalescent doit se contenter , pendant long - temps , dune soupe légère le soir. Le vin généreux, donné avec la discrétion convenable , qui tantôt rend les plus grands services , que d'autres fois il faut proscrire durant la maladie, devient, aussitôt que celleci est finie , le principal moyen de remonter tous les ressorts de la santé.

L'exercice des forces est la voie la plus sûre pour les conserver , en bâter le rétablissement. S'il est utile de lever le sujet aussi souvent qu'il est possible, dans le cours de la maladie , cela est encore plus nécessaire aussitôt qu'il devient exempt de fièvre. Mais il convient d'observer aussi , à cet égard , les gradations dont on ne se départ jamais impunément dans tout ce qui touebe au régime. On fait d'abord tenir le convalescent , à plusieurs reprises et pendant plus ou moins de temps , assis sur son séant dans son lit, à demi babillé. Les jours suivans on le fait lever, et il va alternativement d'un fauteuil se reposer sur un sopiia. On tarde le moins qu'on peut à le faire

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marcher dans la maison , et alors , pour écarter de son esprit les tristes souvenirs, pour récréer son imagination par des objets variés , on le dirige , dès son lever , de la chambre où il a fait la maladie dans celle de l'appartement qui est la plus gaie , qui donne sur la campagne , ou qui a les points de vue les plus agréables. Si enfin une exposition avantageuse , la saison et l'état de l'atmosphère le permettent , on ouvre les fenêtres dans le milieu du jour , pour que le convalescent éprouve les salutaires influences de la lumière et de la chaleur solaires , et pour qu'il s'habitue de nouveau , par degrés , à l'impression de l'air extérieur.

Les moyens croissent chez le convalescent , à mesure qu'il en fait usage. Il lui convient donc de faire des promenades à pied, à cheval , en voiture , aussitôt qu'il peut les soutenir, mais toujours en plein air. L'exercice à cheval et en voiture consiste dans un mouvement communiqué , et il doit être fort doux , au moins en commençant. Mais le rétablissement marche à grands pas , et les dernières traces d'un état valétudinaire font promptement place à la fraîcheur d'une belle santé, lorsqu'on envoie Je sujet à la campagne. Là , des images calmes , riantes , variées , flattent , tranquillisent son esprit et ses sens , et il reçoit sans mélange les restaurantes impressions de l'air pur , de la chaleur du ciel , qui pour tous les corps organisés sont les premiers excitateurs et soutiens des puissances qui les animent. I! devra néanmoins éviter avec soin, pendant long- temps, la fraîcheur humide des matinées et du soir.

Le repos n'est pas moins nécessaire que l'exercice :

les forces que celui-ci développe, il les use en partie, et l'autre les répare. En général , il est bon que le convalescent dorme tranquillement , et même un peu pins qu'à l'ordinaire. Le sommeil occupant , s'il est possible , tout l'espace des nuits , il peut encore lui consacrer quelques heures après dîner. Cependant les maladies longues et d'une solution laborieuse laissent quelquefois après elles un tel état de débilité , que , tandis qu'un sommeil court et léger restaure, un sommeil profond , au contraire , diminue l'énergie du cerveau et du cœur ; le pouls devient foible , languissant ; la respiration pénibie , stertorcuse , et le sujet , en s'éveillant , se trouve plus abattu qu'auparavant. Dans de semblables cas , des interruptions douces du sommeil , au moment où il devient préjudiciable par son excessive intensité, rendent à cette fonction son ordre naturel, son effet réparateur, et le convalescent se rétablit avec promptitude.

Toutes les causes débilitantes et perturbatrices , tant de l'esprit que du corps , les purgatifs, les indigestions , la simple surcharge même de l'estomac par les alimens ou les boissons ; les violentes passions de l'âme, les plaisirs de l'amour , sont contraires au but de la convalescence , la troublent , l'arrêtent , et doivent être soigneusement évités. Je n'ai peut être pas besoin de rappeler que cet ouvrage comprend les maladies propres à une période de la vie , qui s'étend de la naissance à la parfaite jeunesse.

Cette récapitulation de préceptes qu'on a trouvés à chaque page , pourra paroître fastidieuse ; mais cet inconvénient a été effacé à mes yeux par la con-

sidéra lion de son utilité. Les médecins auront le droit de me reprocher de n'avoir dit que des choses triviales pour eux; mais le désir qu'ils ont, ainsi que moi , que ces connoissances deviennent communes pour ceux en faveur desquels j'ai écrit , me garantit de leur part une indulgence à laquelle je n'ai malheureusement que trop peu de droits sous tant d'autres rapports.

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