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EXERCICES SUR TOUTES LES DIFFFCULTÉS DU PARTICIPE PRÉSENT

Dès le premier choc, les jeunes recrues plièrent; mais, entendant les discours menaçants de leur chef, ils s'arrêtèrent, reprirent courage , et attaquant à leur tour avec vigueur des ennemis qui se croyaient déjà triomphants, ils les taillèrent en pièces. — L'Angleterre et la France, Ltats industrieux, commerçants et florissants, vont étendant chaque jour les relations existantes entre elles et les différentes parties du globe, dont les habitants sont, pour ainsi dire, leurs tributaires. — De vastes montagnes traversant l'Espagne procurent aux peuples habitant les parties méridionales des vents rafraîchissants, sans lesquels ils ne pourraient résister aux chaleurs accablantes occasionnées par les rayons brûlants du soleil. — Les troupes assiégeantes ,

e.isayusil de forcer l'entrce de la ville , el rtî'unissaiU toutes leurs forces pour un dernier assaut , ont ùlé repoussées avec perte, et obligées de fuir, traînant après elles une foule de blessés et de mourants. Infanterie et cavalerie, fuyant confusément, s'efTorçant d'échapper h une mort certaine, et s'élançant en désordre sur de»ix petits ponls étroits et chancelants, ont péri pour la plupart en tombant dans le fleuve , dont l'eau profonde et mugissante les a engloutis, et a entraîné à la mer une énorme quantité d'armures flottantes sur son sein, ou roulant h travers ses tourbillons écumauls. Nos soldats, voulant se venger des cruelles souffrances que la longueur du siège leur avaitfaitéprouver, poursuivant avec acharnement les fugitifs, et ne faisant quartier ni aux combattants ni aux suppliants, ont immolé tous ceux qu'ils ont pu atteindre danslcur fuite. La plaine, dégouttant de sang, et répandant au loin une odeur infecte, est restée pendant plusieurs jours couverte de débris et de morts.

La lune paraissant à l'horizon , et dissipant peu h peu les ténèbres naissantes, éclairait les lieux environnants dune douce et mystérieuse lumière. L'oiseau des nuits troublait seul de ses cris perçants le calme solennel de la nature. A cette heure de paix, dirigeant ma course errante vers

la demeure dernière où reposent, dormant de l'éternel sommeil, les chrétiens qui ont accompli leur terrestre pèlerinage, j'en franchis le seuil, et, m'appuyant sur une tombe, je me dis : La voix retentissante du coq ne doit plus réveiller ces pâtres qui , gisant aujourd hui sous une couche agreste , ne se ranimeront qu'à la voix éclatante de Dieu. Mourant loin d'un monde trompeur, et emportant leurs vertus dans la tombe, ils ont traversé la vie sans bruit ; une pierre portani leurs noms, et implorant de tous les vivants, traversant ou visitant l'enclos funèbre , une larme et une prière, est le seul monument rappelant leur souvenir. Cette pierre tombant, et les caractères qui y sont gravés disparaissant , leur mémoire sera h jamais oubliée. Hélas ! parmi tous tes hommes obscurs, succombant à leurs pénibles travaux sans qu'aucune auie, compatissant h leurs peines , ait tenté de relever leurs forces défaillantes , combien sont morts inconnus, seulement pour n'avoir pas reçu une éducation approchant delà nôtre! Leurs occupations assujettissantes ne permettant pas h l'intelligence résidant en eux de s éveiller, ils ont passé ici bas , ignorant toutes choses, et ne soupçonnant même pas qu'ils auraient pu, en naissant dans une autre condition, devenir des hommes marquants, et peut-être immortaliser leurs noms.

ni.

Hier, à la nuit lombanle , des volsurs franchissant le mur du jardin de la oiaison aliénant h. la nôtre, et pénétrant, h l'aide do fausses clefs, dans une pclile salle basse donnant sur la cour d'entrée , ont volé une douzaine de couverts d'argent appartenant à une pauvre vieille femme infirme, qui , apercevant en se levant son armoire ouverte, a poussé aussitôt des cris déchirants. Lu police, agissant en celte occasion avec une grande habileté , et mettant en campagne ses agents les ])lus adroits , est parvenue à se saisir des coupables encore nantis des objets provenant du vol fait à celte pauvre femme. Une arrestation si prompte, en rassurant une population tremblante , et en satisfaisant aux vœux de tous les honnêtes gens , intimidera sans doute ces hommes vivant d'une coupable industrie, et qui s'abandonnent au crime, espérant échapper au châtiment,'et confiants dans l'impunité. Ils seront jugés par la cour d assises séant h Versailles. Tous les jeunes gens appartenant à cette commune veulent, toute affaire cessante, assister h l'audience le jour où , comparaissant devant le tribunal, les deux coupables subiront leur jugement. La pauvre femme, ne désirant pas les voir condamner, mais souhaitant de rentrer le plus tôt possible en possession de son argenterie, vou-

(Irait cjiie celle affaire se lerminâl h l'aiiiiable , el qji'cn lui resliltiant les objets 5 elle appartenant, les magistrats fissent grâce aux coupables repentants. Mais il n'en sera pas ainsi; et les juges, punissant les criminels et vengeant la société, intimideront par un arrêt sévère ceux qui seraient tentés de les imiler.

Nous fûmes conduits par un chemin de fleurs naissantes au pied de quelques rochers menaçants, du sommet desquels plusieurs torrents précipitaient en mugissant leur onde écnmanto. Une caverne se présentant h nos yeux ^nous y entrâmes, pensant que c'était la demeure d'un mortel, A peine y eûmes-nous mis le pied, que nous sentîmes nos membres tremblant et frémissant (*) d'une horreur convulsive. Avançant dans ce lieu, nous aperçûmes bientôt la Jalousie siégeant au milieu de sa cour : la Pâleur, la Tristesse , le Silence , lentourant alors , les Ennuis volant près de son trône, lui formaient un cortège digne d'elle. Nos cheveux se dressant d'épouvante, il nous sembla qu'ils étaient changés en serpents qui, s'agitant sur nos têtes, s'élançaient vers la

(*) C'est-à-dire qui tremblaient et qui frémissaient; ce xont des participes pri^senf».

déesso fil dcroiilaul leurs onnciinx monvanl.';. Dans lajrilalion où nous étions, nous nous Imaginions tourner sous les coups sanjjlanls des fouets retenlissanls des Furies. Nous avançâmes encore. Par delà des marais croupissants, el des lacs exhalant une odeur de soufre el de bilumc, la Jalousie nous apparul de nouveau , dormant parmi des vipères et des reptiles menaçants. Ses lèvres tremblantes respiraient l'homicide; près d'elle une coupe d airain, qui recevait la sueur coulant de son front et les larmes tombant de ses yeux : c'est le breuvage dont, en sa soif biûlanle, elle se désaltère. Frémissant et reculant à celte vue, nous nous empressâmes de sortir de ce séjour d'horreur.

Notre cause qui était depuis un an pendante devant la Cour royale séant 5 Orléans, est terminée. Plusieurs avocats consultants de cette ville, auxquels nous avoienl adressés des personnes appartenant au barreau de Paris, après avoir long-temps étudié l'affaire, ont publié dans un long mémoire l'opinion résultant de leur examen. Les dépenses que nous avons faites, montant à plus de trente mille francs, et une prompte solution important h nos intérêts, nous n'avons rien régligé pour que les juges pussent, séance tenante, prononcer un arrêt définitif. Notre par-

lie adverse, ne doutant pas que la décision de la

Cour ne nous fût favorable, s'était montrée fort accommodante, et nous avait fait proposer des arrangements assez satisfaisants; mais, nous reposant sur notre bon droit , et repoussant des propositions qui , tout avantageuses qu'elles étaient, nous paraissaient alors inacceptables, nous n'avons pas voulu entrer en accommodement. Les magistrats, tranchant enfin toute difficulté, et comprenant la légitimité de nos droits, nous ont donné gain de cause, en condamnant nos adversaires au paiement intégral de toutes les sommes provenant des avances que nous leur avions faites , et h cinquante mille francs de dommages et intérêts pour les pertes résultant de l'interruption de nos affaires par suite de ce long procès.

Voyez-vous ces rochers s'élançant jusqu'aux nues , et tout resplendissants de l'éclat que répandent sur eux les rayons brûlants du soleil? Sur une roche existante au milieu de ce groupe, et si haute et si mince qu'elle paraît vacillante, vous découvrez sans doute ces jolis quadrupèdes semblant faire sentinelle, tandis que, sur les plateaux environnants , d'autres animaux bondissants de la même espèce, broutant paisiblement la carline et le génépi, ne semblent craindre

aucun des dangers effrayants menaçant de tous côtés le voyageur. A la première vue , vous les prendriez pour des chèvres domestiques errant à l'aventure. Ils en ont la taille et presque la figure ; mais leurs yeux, différant (*) de ceux de la chèvre, quoique éclatants (**) de vivacité, annoncent cependant un naturel plus timide et plus craintif. Sur le front sont placées deux petites cornes d'un noir d'ébéne, s'éleva nt élégamment entre les deux yeux, et se recourbant ensuite, comme pour protéger deux oreilles fines se dressant derrière ell'^s. Celte robe d'un fiuive de biche, parcourue par une bande noire régnant de la tête jusqu'au bout d^^ la queue , c'est la robe d'été qui , les jours d'hiver arrivant, prendra une couleur brune ressemblant au noir. Sentinelles vigilantes , ces charmants animaux promènent leurs regards craintifs sur tous les lieux environnants, prêts à donner 5 la troupe paissant paisiblement le signal do la retraite h la moindre apparence du danger. Mais tout-h-coup ils frappent la terre de leurs pieds tremblants; s'élançant de leur rocher sur des rochers plus élevés . ils vont, viennent, descendant et remontant av(>c la rapidité de la flèche sifilante , l'œil fixé au loin ,

'*) Au lieu ftii jiarliripe présent différant ^ la phrase peut !\dme[[reVa(iiec\\{ différents ; l'un et l'autre sont l)ons, mais avec des sens flifférents.

('*i On peut éiialement voir l'action d'éclater : quoiqu'ils éclatent de vivacité, cl conséqticmmcnt employer le part'cipo iiré^enî.

les narines ouvertes et soufflante» , et les oreilles se dressant subitement.

Suite du même sujet.

Ecoutez les sifflements qu'ils font entendre; ils sont si forts, si perçants, que les rochers sourcilleux et les forêts frémissantes, retentissant à une grande dislance , font naître chez le voyageur IVlonnement cl lacrainle. Certes, ces animaux timides et tremblants doivent être animés dune violente passion, car leur voix ordinaire est |)lus faible que celle de la brebis bêlante. Quelle est donc la cause de celte agitation éclatant si soudainement? C'est qu'h une demi-lieue de là est un chasseur dans une vallée subsistant entre deux montagnes escarpées. L'air a transmis h ces animaux les émanations décelant l'ennemi redor.té. Ces lidèles gardiens, veillant au salut de la bande, n'auront pas de repos qu'ils n'aient aperçu le chasseur; ils déploieront lout ce que la nature prévoyante leur a donné de force et d'agilité; vous les verrez gravissant les sommets les plus inaccessibles, ou descendant d'une hauteur prodigieuse le long d'un rocher presque perpendiculaire, en frapper la surface trois ou qnnlrc foi? des pieds en se précipitant, et s'arrè-

ter subitement sur une étendue de terre h peine suffisante pour porter leurs pieds. En les voyant s'élançant ainsi de précipice en précipice, on serait tenté de croire que ce sont des animaux volant. Ces quadrupèdes si craintifs, si tremblants, et pourtant si hardis, si agissants, si entreprenants, ce sont des chamois.

Figurez:-vous la triste vallée de Bar(><^e, s'élendant comme un désert, et h Ihorizon le plus lointain les hantes montagnes de Bagnères-de- Luchon s'élevant à perle de vue, couvertes d'une neige éblouissante élincelant de mille couleurs. Autour de vous est le Mont-Perdu, couché comme un ours blanc au milieu de ces frimas désespérants. Le Pic du Midi montre sa verdure toujours subsistante et ses lacs dont les eaux coulant sans cesse limpides oflVent aux nombreux troupeaux errants (*) dans ces pâturages nourrissants une boisson rafrakhissante. A votre droite, la rampana de vacca (la cloche de la vache), montagne au nom pittoresque, laisse tomber doucement ses cascades bondissantes, dont les eaux, courant

(*; C'esl-àf (lire r/(ti sont crranfî On per.t comtirendre aussi ytH errent, et dans ce cas en faire un participe présent: cranf daus cc^ pâturages.

d'abord et se ralentissant peu à peu, vont fertiliser les champs environnants. A vos pieds, une multitude de petites cabanes blanchâtres , ressemblant de loin à d'élégants kiosques animent ces paysages ravissants , dont la nature a fait les frais, (le sont les bergeries de Tréma s ai gués. Au travers de ce petit monde champêtre et bucolique, de nombreux troupeaux bondissant et broutant (*) çà et là sont gardés par des bergers jouant des airs rustiques retentissant (**) au loin.

Suite du même sujet.

Si, après avoir descendu des pentes douces et présentant un tapis toujours vert, on arrive à l'ouverluri^ de la vallée de Campan , la scène, changeant lout-à coup, prend un aspect majestueux. Crs collines s'inclinant doucement, ces roches menaçant do s'écrouler, forment un magnifique ;iniphithéâlre en s'étageant les unes audessus des autres comme des gradins. Dans l'intervalle séparant les montagnes, ce ne sont que

(•) Le complénieiil circonstanciel fàet/à annonce l'action : qui iionrlissenl, qui broulenl çà cl là. Ce sont des participes |irésents.

(**) C'csl-à-dire qui rclenlisscnt au loin.

des allées de frênes subsislanl depuis un siècle, et dont les feuilles Iremblantes s'aillent au souille caressant de la brise rafraîchissante; des ruisseaux dont les eaux courant, revenant, s'éloii^nanl, en formant mille contours ressemblent aux replis ondoyants du serpent. Ici des pâturages nourrissants , où paissent les troupeaux bêlants; là des maisons s'élcvant au milieu des champs verdoyants, et se montrant dans toute leur simplicité aussi propres, aussi confortables, et surtotit aussi attrayantes que nos palais resplendissant (*} de tout l'éclat du luxe. Ici, de? cultivateurs en culotte courte, labourant ou semant du maïs; plus loin , des pasteurs tondant leurs brebis, et des jeunes filles chantant, conduisant leurs provisions à la ville. Encore deux heures de marche , et l'on arrive, en traversant Cri|)pe et Sainte-3Iarie, gracieuses bourgades arrosées par des eaux vives et murmurant agréablement, au village même de Gampan. Là, on visite cette fameuse grotte tant vantée pour ses stalactites pendantes (** à la voûte, et qui, en reflétant la lumière des torches de ceux qui la visitent, ofiVent un des spectacles les plus intéressants.

• l.e sens qii'on donne ici à resplendissant es[ qui refpiendissenl La phrase comporlerail aussi celui-ci: qui sont resplendissants, cl alors il serait adjectif verbal : nospala:^ resplendissants.

'". Pendant à la vortte ne serait pas une Taute , el alors le >pns sérail fjui pendent

CORR. DES EXERG. SUR LES PàRTIC. Q

Que tout esl grand et imposant dans les forêts du Nouveau- Monde ! Les rayons vivifiants du soleil, niellant en action l'humidité fécondante des grands lacs existant (*) dans celle partie du globe, donnent des formes gigantesques à la végétation. Les arbres, s'élevant à peine h quelques pieds de terre dans d'autres endroits, prenant ici majestueusement leur essor, et montant à îles hauteurs immenses, donnent h ces forêts une physionomie toute particulière. Autour des troncs d'arbres on voit les greuadilles, les vanilles, les fougères grimpant, s'entorlillant ; la liane flexible et rampante s'élançant toul-h-coup, s'attachant en serpenlant h l'arbre colossal qui la couvre de ses guirlandes tombant en festons; les palmiers, les lauriers élalant leur feuillage toujours verls; des fleurs de couleurs variées jonchant la terre; des arbres dont la têle est dans les cieux, fleurissant et portant des fruits, sans que les yeux perçants de 1 homme puissent les apercevoir. Les chanls des oiseaux, voltigeant de branche en branche, ou les cris des divers animaux peuplant

(*) On jieut (lire qui existent ou qui sont existants ; d'où il suit que In phrase admel également le parllciiie présent et l'adjectif verbal.

ces immenses forêts, ont quelque chose de sauvage et de désolant. Ce ne sont pas, comme dans nos climats, des gazouillements ravissants, des ctidences brillantes et soutenues, annonçant une voix flexible : ce sont des chants plus graves et plus mesurés.

Suite du même sujet.

Tantôt c'est ime voix imitant les coups retenlissitnt sur renclumc résonnante, tantôt des sons ressemblant au bruit que font en se brisant les cordes vibrantes d'un vivolon. Ce sont ici les perruches joignant des silllements perçants h leur ramage; là, une multitude d'oiseaux de proie faisant entendre des sons funèbres et étourdissants, troublant la solitude de ces forêts. Ces chants sont imposants h l'heure où l'obscurité, remplaçant la lumière, dispose l'ame h la mélancolie, et agrandit la scène en frappant vivement l'imagination. Les quadrupèdes, poussant leurs derniers cris, semblent sahier les derniers layons du soleil qui va porter dans d'autres régions sa lumière et sa chaleur toujours existantes (*). Les animaux qui, par leur force et leur

(*j Le comiilcmenl circoiislanciel toujours qui précède existante annonce que celui-ci est un adjectif verbal

courage, se montrent les plus terribles, bondissant, rugissant, semblent célébrer leur Iriomplu* sur les victimes qu'ils ont immolées. Le jaguar et le tigre noir remplissent les forêts de leurs cris retentissants, eftVayanls et majestueux. Lt\"> animaux paisibles et tremblants se taisent lotità-coup, tremblant de mêler leurs voix h ces accents redoutables qui expriment la dominalion. Si les vents , s'engouffrant dans la profondeur des Ibrèts, agitent la cime éle\ée des arbres qu'il.» courbent eu grondant ou brisent en les l'rappanl avec violence, il sort de ces Ibrôls des bruits si funèbres, si attristants et semblant si extraordinaires, que l'admiration disparaît pour faire place, à la terreur.

Devant vous est le lac Majeur parsemé d'îles, dont deux principales renfermant des palais , et une troisième plus petite fréquentée par des pêcheurs habitant sur les bords du lac. Les rivages offrent des aspects agréables et diversifiés. Ici, des rochers se mirant dans les eaux et s'allongeant comme des fantômes, h mesure que les rayons du soleil, descendant vers l'horizon, se préparent h disparaître; Ih , des ])rairies s'étendant h perte de vue , et où des troupeaux pâturants trouvent une nourriture abondante; çh el 15, une infinité de villas se pressant sur quelque-

parties privilégiées da rivage pour jouir de la vue du lac, et recevoir les vapeurs rafraîchissantes s"exhalant le soir de ses eaux. Plus loin, des cabanes rustiques, mais propres, offrant aux voyageurs explorant ces sites enchanteurs des aspects riants, et réunissant tout ce qui peut contribuer au bien-être des êtres vivants qui les habitent, et qui , vivant contents au sein delà médiocrité, n'envient ni le luxe ni le faste rémiant daus les "irandes villes. De loin en loin on .iperçbit quelques clochers sonnant vers le soir, h l'heure où les troupeaux mugissants rentrent rlaos le village, les pâtres en tcle, chaulant de ces airs simples et sauvages retentissant (*) si souvent dans les monlagnes. Sur le lac tout est lepos : les bateaux, quoique mouvant, paraissent 'Urc immobiles comuio sur la terre ferme. Leurs voiles, h peine frémissantes, semblent être inutiles h ces barques légères, voguant au grt; des vagues et sillonnant imperceptiblement la surface des eaux. Tous les objets existant i^**) sur le lac semblent frappés de la baguette soporifique; vous seuls TOUS êtes vivants, vous seuls vous sentez dormant éveillés. Mais bientôt les chants

n C'esl-à-dire 71/1 retentissent , participe présent.

(•*) C'esl-à-dire qui existent , c'est un participe présent. On pourrait comprendre aussi qui sont existants, et ce serait lin adjectif verbal; mai.'? l'idée d'action se préjenle pins natiirellemeiit à l'esprit , et doit faire préférer le participe présent.

éclatants d'un pâlrc, ou bien la clochette tintanlc q»je secoue le bedeau accompagnant le curé dti village qui va porter le viatique à quelque villageois mourant, tous ces bruits retentissant à vojoreilles, frappant votre imagination, vous avertissent que le charme est levé, et que les être> ou les objets environnants sont existants ou vivants.

Les rayons vacillants du soleil, et leurs refli'ts pâlissant (*) comme les lueurs d'une lampe sépulcrale, éclairaient les impénétrables ibrêls servant de temples aux Druides. Les branche? touffues des chênes, en se croisant en tous sens, couvraient d une obscurité effrayante le sanctuaire que remplissaient les images grossières des divinités. C'est 15 que ces prêtres sanguinaires, revêtus d'une robe blanche et traînante, armés de faucilles brillant (**) d'or et d'argent, le front ceint de feailles de chênes et de bandeaux élincelant (***) de vives clartés, viennent, précédant

(*; Le mot en anf peut être employé ici comme participe présent ou comme adjeclirverlial , l'idée d'aclion ou d'étal convenanl également à la phrase Pâlissant , c'est-à-ilire qu> pàliss aient , parliciiic présent; pâlissants , c'est-à-dire qui étaient pâlissants.

[", On peut dire égaiemei'.t brillant, qui brillent, ou brillantes, qui sont brillantes.

(**•) l.a phrase admet également éf»nceIan(oué(ificeIafitM.

le peuple, chercher avec des cérémonies mystérieuses le gui sacré. C'est dans ces lieux imposants qu'en l'honneur d'Esus et de Tentâtes les sacrificateurs immolant les captils ou brûlant les fi^nros d'osier renfermant des victimes humaines,

viennent pour accomplir leur mmistèrc sanglant. Les Gaulois, se soumettant par la crainte h ce ciilt'î redoutable, pénètrent dans ces solitudes ailVcuses, les bras chargés de fers pesants comme d' s esclaves, et s'humiliant devant ces divinités. On les voit s'avancer en tremblant, se prosternant, et frappant la terre de leur? fronts tout couverts et dégouttants (*) d'une sueur froide. Souvent du milieu de ces forêts lugubres, où jamais ou n'entendit ni le bruit des oiseaux gazouillants, ni le souffle des vents rafraîchissants, sortaient tout-h coup des hurlements retentissants, des cris perçants, troublant seuls le silence de ces lieux, et qui, portant dans l'ame la consternation, ajoutaient à la frayeur dominant chez tous ceux qui visitaient ces bois sacrés. Puis tout à coup à ces cris déchirants succédait l'horreur du silence, peut-être plus effrayante encore. D'autres fois la nuit déchirait soudainement son voile : alors des arbres flamboyant [**), sans se consumer, répandaient dans ces impénétrables solitudes des clartés éblouissantes qui, illuminant

Cl Cesl-k-d\Te qui sont JéqfOMffaxtj, adjectif verbal. !**) Ces{-ài-d'\Te qui flamboyaient, participe présent.

ces lieux, faisaient apercevoir des dragons volants, des scorpions hideux et menaçants, des vipères impures ou rampant sur la torre', du s'enlrelaçant, se suspendant aux rameaux éblouissants des arbres; et des fantômes errants (*^ ', circulant h grands pas, effrayant les spectalehr<, et menaçant de les entraîner au milieu des feux ardents, brûlant comme autant de bûchers fàlendant les victimes qu'on devait sacrlfieri'"'*^

■". îJnono > aal «o:,

j.) »•>{•. '>in,-

>Quand on contemple la hauteur du Simplau, les précipices effrayants dont il est creusé en tant d'endroits, les torrents blanchissant d'écume le ravinant si profondément , les rochers menaçants se tenant comme suspendus en l'air, les avalanches descendant de ses innombrables sommets, la neige tombant par flocons, couvrant la terre h plusieurs pieds, et menaçant d'ensevelir les voyageurs errant au hasard au milieu de mille «langers renaissant h tous moments; quand on écoule, penché sur un abîme , le fracas des torrents mugissants coulant à des profondeurs immenses, ou roulant avec impéluosité de rocher

(*) C'est-à-dire qui étaient errants. On pourrait (tire- a»s-i irrant , gui erraient, mais l'adjectif verlial doit être préfère. attendu qu'il s'agit pIulOl de l'état des fantômes que de ici! «clion.

' u rocher, et l'ormant cent cascades «lont la chute étourdissant les voyageurs les rend encore pkis lÎQiides et plus Irerablanls; quand de plusieurs endroits de la montagne on se voit menacé par mille causes de destruction sans cesse se renouvelant , ou pour mieux dire toujours exislanies (*) , on ne peut trop admirer le génie do i homme qui se iraie un sentier h travers tous ces dangers pressants ; qui jette des ponts sur ces torrents semblables h des fleuves roulant avec i'urie, et entraînant avec une force irrésistible tous les objets placés sur leur passage; qui oppose des digues à ces masses de neige ressemblant à des montagnes mouvantes, courant avec la vitesse d'une flèche; qui passe sous celte roche penchante dont la chute peut être occasionnée par les vents impétueux souillant dans ces régions élevées; qui enfin lutte, à force d'attention et de soins constants, contre tant de périls résultant des innombrables caprices de la nature et des éléments toujours changeants dans les hautes montagnes.

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