On dira également avec le participe invariable
Nous avons gémi dans la captivité.
lis ont péri sur le champ de bataille. Nous lui avons répondu.
Elle a chanté.
Les pariicipes gémi, péri, ne varient pas, parce que gémir qI périr , étant neutres , ne sauraient avoir de complément direct. Ici les questions qui? quoi? ne peuvent avoir lieu ; puisqu'on ne dit point //e»i<V quelqu'un j gémir quelqtte chose; périr quelqu'un, périr quelque chose , il est évident qu'on ne saurait
( *8 ) dire : nous avons gémi qui? nous avons gémi quoi? ils ont péri qui ? ils ont péri quoi?
Les participes répondu, chatité, sont également invariables , parce que les verbes répondre et chanter, employés ici neutralement , n'ont pas non plus de complément direct. Les questions qui? quoi? n'amènent aucune réponse : 7ious lui avons répondu quoi? elle a chanté quoi?
C'est d'après ces motifs que le participe est invariable dans les exemples qui suivent :
La discorde a toujours régné dans l'Univers.
(La Font.)
"Vous riez? Écrivez qu'elle a ri. (Rac.)
Où lii mouche a paxsé le moucheron demeure.
(La Foxt.)
Mes amis ont parlé, les cœurs sont attendris.
rS'OLT.)
Voilà qu'elle a fini; l'ouvrage aux yeux s'expose.
(Mol 'ÈRE.)
Nos imprudents aïeux n'ont vaincu que pour lu .
fS'OLT.)
Pourquoi donc, madame, avez-vous différé?
(Molière.)
Les plus granfJs empires ont péri. (Acad.)
Dans aucun de ces exemples le participe n'a de complément direct, soit parce qu'il est neutre,
( 29) comme dans les quatre premiers exemples ; soit parce qu'il appartient à un verbe actif employé neutralemenl, comme dans les quatre derniers exemples.
66. Ainsi certains verbes , qui, d'après le sens , sont précédés d'un complément direct ou d'un complément indirect, ont leur participe variable ou invariable, selon la nature du complément. C'est ce qui a lieu dans les exemples suivants :
Ces domestiques nous ont fidèlement servis, c'est-àdire ont tidèlement servi nous.
Ce livre nous a bien servi, c'est-à-dire a bien servi à nous.
Il nous a applaudis, quand nous avons parlé, c'est-àdire il a applaudi nous.
Il nous a applaudi d'avoir agi ainsi , c'est-à-dire il a applaudi à 7wus.
On nous a commandés pour midi, c'est-à-dire on a commandf^ nous.
On nous a commandé de sortir, c'est-à-dire on a commandé à nous.
Il nous a msu/^e's grossièrement, c'est-à-dire il a insulté nous.
Il nous a insulté par son luxe, c'est-à-dire il a insulté à nous.
Il nous a visés et nous a manques, c'est-à-dire il a manqué nous.
Le temps nous a manqué, c'csl-à-dire a manqué à nous.
67. Il suit de ce' qui vient d'être dit sur le participe accompagné de l'auxiliaire avoir :
1<» Que le sujet n'exerce aucune influence sur le participe conjugué avec avoir; et qu'ainsi on doit écrire avec le participe invariable : nous avons étudié , ILS ont ri, ELLE a plu;
2° Qu'il en est de même du complément indirect; et que pour cette raison , on doit écrire sans faire accorder le participe : il nous a nui , je leur ai parlé, elle nous a plu, elle vous a souri ; je LUI ai répondu, je LEUR ai écrit.