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Doit-on écrire avec accord

On les a supposés coupables, parce qu'on les n vus embarrassés.

Ou sans accord :

On les a supposé coupables, parce qu'on les a vu embarrassés.

81, Dans cette phrase, le'pronom les est complément direct, car telle est la fonction des pronoms que, le, la, les, placés sous l;i dépendance d'un verbe actif, et comme ici ce complément précède le participe , accord , d'après la troisième règle : on les a SUPPOSKS coupables , parce qu'on les a vos embarrassés. Il est vrai que le complément direct les est modifié par l'adjectif coupables , et par le participe emban'assés , et que ces deux modificatifs font, en quelque sorte, partie du complément direct, et sont énoncés après les participes supposés et mis. Mais ils ne constituent pas, pour cela, le complément direct : un modificatif , employé comme tel, ne peut être ni sujet, ni complément, et aux questions : on a supposé qui? on a vu qui? on n'obtiendrait pas pour réponse , coupables , embarrassés, car ces mots, ainsi séparés de celui qu'ils modifient , les , ne signifient rien, n'ont aucune fonction grammaticale. Dans les phrases ci-dessus , les modifications coupables et embarrassés ne constituent pas plus le complément direct de on a sttpposé , on a vu , que l'adjectif vertueux ne forme le complément direct du verbe estimer dans celui-ci : nous estimons l'homme vertueux.

D'où résulte cette règle :

82. Le participe passé, précédé de son complément direct, s'accorde toujours avec ce complément, bien qu'il soit suivi immédiatement d'un adjectif ou d'un autre participe passé modifiant le complément direct. Exemples :

Les a-t-on vus mutins? les a-t-on vtis rebelles?

(Crébii..)

Vous êtes nés dans un climat qui vous a 7'endus robustes. (Volt.)

Henri de Navarre et Henri de Condé s'ëtaicnl faits catholiques. (Id.)

Ecoutez ceux qui ont approché de ces hommes que la gloire des succès a rendus célèhres. (!Massil,)

On l'aurait crue morte, sans quelques soupirs qui lui échappèrent. (La Foxt.)

Les Athéniens se seraient trouvés asservis sans s'en apercevoir. (Barthél.)

Des coquillages qu'on a trouvés ensevelis à des profondeurs considérables. (IJuff.)

Le long usage des plaisirs les leur a rendus inutiles.

CMassil.)

Il passa par des chemins qu'on avait toujours crus impraticables. (Fkxel.

Les Perses, adorateurs du soleil, ne souffraient point les idoles ni les rois qu'on avait faits dieux. (Boss.)

J'ai vu la mort de près, et je l'ai ime horrible.

(YOLT.)

Ces perfides, tous deux, se sont dits aujourd'hui, Et subornés par vous, et subornés par lui.

(Id.)

Ces chefs-d'œuvre vantés, vous les avez vus tous; Ils ont mérité vos suffrages. {Id.j

Il les a retrouvés tous sans force et sans vertu.

(Rac.)

La Grèce en ma faveur est trop inquiétée, De soins plus importants je l'ai crue agitée.

(Id.)

Je les aurais sauvés ou combattus toux deux.

(Id.)

On ne peut s'écarter des préjugés que l'opinion a ren* dus sacrés. (Volt.)

Elle considère que si elle est juste, c'est Dieu qui l'a faite telle. Koss.)

83. Remarque. On doit considérer comme modificatif tout substantif placé après le participe , et qui se rapporte au complément direct énoncé avant le participe : Je les ai crus vos rivaux, ils se sont rendus les esclaves de leurs passions. Dans ces phrases , les substantifs vos rivaux , les esclaves , modifient les compléments directs les , se ; ils en sont ce qu'on appelle l'attribut , mais ils ne forment pas le complément direct, et alors le participe passé s'accorde

comme s'il y avait : Je les ai crus rivanœ, ils se sont rendus esclaves , phrases dans lesquelles les mots rivaux et esclaves sont employés comme adjectifs. Citons quelques exemples à l'appui de cette remarque :

Voilà ceux que j'ai faits les maîtres des humains.

(Volt.)

C'est ainsi qu'elle s'est rendue la dominatrice de l'Europe. (/d.)

Tous ceux que nous avons vus les ndmiraleurs des anciens. (La h.)

Il ose former le dessein de commander à des iiommes que j'ai faits mes égaux. (Montesq.)

Vous, les maîtres des nations, vous vous êtes rendus les esclaves des hommes frivoles que vous aviez vaincus.

(J.-J. Rouss.)

Combien de fois a-t-elle remercié Dieu de l'avoir faite reine malheureuse. (Boss.)

Ces temps appelés héroïques à cause de ceux que les poètes ont appelés les enfants des dieux et des héros.

[Jd.)

Tous ceux qui s'étaient faits princes héréditaires en Germanie, faisaient ces élections. (Volt.)

On m'a faite. Dieu merci,

$a sœur et non sa suivante. (La Font,)

84. L'accord diï participe se fait de même, lorsque, au lieu d'un substantif, c'est un pronom qui se rapporte au complément direct placé avant le participe :

Il y a grande apparence que la nature les a faits les uns pour les autres. (Buff.)

J'ai rendu service à la patrie que mon attachement pour le roi de Prusse avait rendue la mienne.

(Volt.)

Cette doctrine qu'on a crue celle des Grecs remonte à une époque bien plus reculée. (Barthél.)

85. Dans cette phrase : je l'ai échappé belle, l'adjectif belle étant au féminin , il semble que le promim V soit de ce genre, c'est-à-dire , pour la, et qu'on doive écrire conséquemment :je l'ai échappée belle, comme on écrirait : je l'ai trouvée belle. L'usage en a décidé autrement: /a médecine l'a échappé belle (Molière). Je l'ai échappé belle, depuis que je ne t'ai i-» (Le Sage). Il l'a échappé belle (Acad.),

86. Suivant les auteurs de la Grammaire nationale, celte locution est elliptique ; je l'ai échappé belle est l'abrégé de je l'ai échappé d'une belle manière, et le pronom l' mis pour le, se rapporte au fait, à l'événement, au malheur dont il a été question précédemment. Ainsi, je l'ai échappé belle esl l'équivalent, ou pour mieux dire, l'abrégé de j'ai échappé d'une ffelle manière le malheur, lepéril qui me menaçait.

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