QUATORZIÈME OBSERVATION
Participe passé précédé du pronom EN.
184. Le pronom en, mot vague qui signifie de ceci, de cela, est toujours complément' indirect, et ne saurait, pour cette raison, exercer aucune influence sur le participe.
185. Il suit de là que le participe accompagné du pronom en suit la règle qui lui est particulière, c'està-dire , qu'alors, si le participe est conjugué avec être, il s'accorde avec son sujet ; que s'il est conjugué avec avoir ou que le verbe soit pronominal , il s'accorde avec le complément direct placé avant le participe, et qu'il reste invariable, quand le complément direct suit ou qu'il n'y en a pas ; enfin que, si le verbe est unipersonnel, le participe est toujours invariable.
Ainsi l'on dira avec accord :
1° Nous en sommes flattés.
2" Ils en furent récompensés.
5° Ma fille , je vous en ai remerciée. (Sévig)
4" Pour la guerre, Barmécide nous en a préserves.
(Volt.) S° Elle a outragé la religion, et les dieux l'en ont punie.
(La H.j
6° Je n'oublierai jamais les conclusions que j'en ai tirées. (J.-J. Rouss.)
7° Cependant nous nous en étions flattés.
(Le Sage.)
8» Elle s'en est vantée assez publiquement. (Rac.)
9° Ils ne s'en sont pas repentis jusqu'à présent.
(Volt.)
10° Sa bonté venait de l'habitude qu'elle s'en était faite.
(Boss.)
Dans les deux premiers exentples, le participe est conjugué avec être, et il s'accorde avec son sujet nous, ils.
Dans les quatre exemples suivants , le participe est conjugué avec avoir, et il s'accorde avec son complément direct vous, nous, la, que, placé avant le participe.
Dans les quatre derniers exemples , le verbe est pronominal, et le participe s'accorde, attendu qu'il est précédé de son complément direct nous, se.
Cette règle est confirmée par les exemples qui suivent :
Nous ne sentons tout le prix d'un bien que quand nous en sommes privés. (J.-J. Rouss.)
Leur imaginalion en fut si vivement frappée qu'ils ne purent répondre. (Mahmom.)
Les duchesses de Verneuil et d'Arpajon veulent me réjouir, je les en ai remerciées. ( M'"" de Sévig.)
Il y remarqua beaucoup d'impies hypocrites qui, faisant semblant d'aimer la religion , s'en étaient servis comme d'un beau prétexte. (Féxelon.)
Elle prit l'ile de Corse sur les Arabes qui s'en étaient emparés. (Volt.)
La Bible n'était pas traduite en langue vulgaire ou du moins les traductions qu'on en avait faites dans peu de pays étaient ignorées. (Id.)
Nous ajouterons à celte description quelques traits tirés de la relation qu'en a donnée M. Crantz.