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SYNTAXE DU PARTICIPE PRÉSENT

208. Le participe présent est toujours invariable : un Jwmme TRAVAILLANT, une femme travaillant, des hommes travaillant, des femmes TRA- VAILLANT.

La mer mugissant ressemblait à une personne qui , ayant été long-temps irritée, n'a plus qu'un reste de trouble. (Fénkl.)

Il entend les serpents , il croit les voir rampant autour de lui. [Id.)

L'autre esquive le coup, et l'assiette volant. S'en va frapper le mur, et revient en roulant.

(Bon.)

Un peuple de beautés, un peuple de vainqueurs, Foulant d'qn pied léger les gazons et les fleurs.

(TnOMAS.)

J'e::tcnds drs cris de guerre au milieu des naufrages, Et les sons de l'airain se mêlant aux orages.

(La Harpe.)

209. Il ne faut pas confondre le participe présent avec l'adjectif verbal , Q^d\Qvc\QX\i terminé par ««?, mais qui s'accorde en genre et en nombre avec le mot qu'il modifie : des hommes confiants, des femmes AIMANTES , une eau dormante, des ondes MU- GISSANTES.

Celle plaintive voix, ces sons lents et funèbres, Plus déchirants encore au milieu des ténèbres.

(Chéxier.^^

Je tâcherai de lui faire des chansons intéressantes pour son âge. (J.-J. Rouss.)

J'ai porte mon courroux, ma lionte et mes regrets, Dans les sables mouvants, dans le fond des forèis.

(Volt.)

La nature a tracé dans ses regards mourants Un si grand caractère, et des traits si touchants.

(Id.)

210. Le participe présent exprime l'action, l'ad' jcctif verbal marque l'état.

211. Il y a action, lorsqu'il s'agit d'un acte accidentel , instantané , ou d'une durée courte et limitée.

212. Il y a état, quand il s'agit d'une qualité habituelle, inhérente au sujet; d'une aptitude, d'une disposition à agir^ plutôt que d'une action; enfin d'une manière d'être qui résulte d'une action prc- JQDgée ou fréquemment répétée.

213. Ainsi l'on dira avec le participe présent: des éclairs sillonnant la nue; des soldats combattant avec acharnement ; les l'ayons du soleil échauffant la terre pendant /'e'fe, parce que , dans ces exemples , sillon7ia7it , combattant, échauffant, expriment des actions : en effet, sillonnant marque un acte instantané, car les nues ne peuvent être sillonnées qu'un moment par la lumière fugitive des éclairs ; combattant exprime un acte dont la durée ne peut être longue, l'épuisement des forces ou les chances de la guerre amenant bientôt la fin du combat; cn^a échauffant énonce un acte qui est limité, puisqu'il a pour terme la fin de l'été.

214. Mais on dira avec l'adjectif verbal : des enfants caressants , des avocats plaidants, des essaims BOURDONNANTS, attendu que caressants, plaidants, bourdonnants , expriment ici un état. Effectivement caressants désigne une qualité habituelle , inhérente au sujet, c'est-à-dire qui tient à sa nature; plaidants marque l'aptitude, la disposition : des avocats plaidants peuvent ne pas plaider , mais ils ont les qualités requises pour cela ; enfin bourdonnants désigne une manière d'être produite par une action, ou pour mieux dire, par une multitude d'actions qui se succèdent pour ainsi dire sans interruption.

215. C'est d'après cette distinction qu'on dit avec le participe présent :

J'ai vu ces enfants intéressant leurs maîtres , irem-

blant de leur déplaire, et pleurant au moindre reproche qu'ils en recevaient.

Parce que, dans cet exemple , dit un de nos bons grammairiens, M. Bon i face , les mots intéressant, tremblant, pleurant, expriment des actes, des actions instantanées ou d'une durée courte , limitée.

Et avec l'adjectif verbal':

Les rues sont remplies de ces enfants intéressants ^ tremblants de froid, mourants de faim, et sans cesse pleurants.

Ici le mot intéressants, dit le même grammairien, n'exprime plus un acte, une action momentanée, mais bien l'état, la manière d'être du substantif; et, quoique les mots tremblant, mourant clpleurant, réveillent plus que le mot intéressants l'idée d'une action, ils n'en sont pas moins dans la même analogie , puisque cette action se présente à l'esprit comme permanente , continue ou prolongée , et constitue alors un état, une manière d'être. Ce qui prouve qu'ils sont de véritables adjectifs verbaux, c'est qu'on peut les remplacer par des adjectifs qualificatifs ; par exemple , tremblants de froid, par transis,motirants de faim par affamés, pleurants par éplorés; l'expression est diiîérente , mais l'idée est au fond la même.

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