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Le participe présent, marquant, de même

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que le verbe , une action, peut se remplacer par un temps du verbe précédé du pronom relatif qui , ou d'une des conjoncùons comme^ quand, pitisque^parce que : c'est un homme excellent, obligeant ses amis quand l'occasion s'en présente; — les personnes aimant tout le monde n'aiment ordinairement personne; on peut dire : c'est wn homme excellent, qui oblige ses amis, etc. Les personnes QUI aiment tout le monde, etc. De même au lieu de : cet homme, prévoyant le danger, se mit sur ses gardes ; — Ces enfants, aimant l'étude, feront des progrès , on peut ainsi tourner la phrase : Cet homme, comme il prévoyait le danger, etc.; ces enfants, PUISQU'ILS aiment l'étude, feront, etc.

217. L'adjeclifverbal, marquant la manière d'être, et conséquemment étant un véritable adjectif, peut, comme celui-ci , être précédé d'un des temps du verbe être : ce sont des hotnmes obligeants ; — les personnes aimantes ont plus de jouissances que les autres; — Ces hotnmes prévojants ont aperçu le danger ; on peut dire : ce sont des hommes qui sont obligeants; — Les personnes qui SONT aimantes ont 2ylus de jouissances que les autres ; — Ces hommes qui SOIST prévoyants ont aperçu le danger.

21 8. Le mot en ant est participe présent quand il a un complément direct, parce qu'alors il y a action , ce complément étant toujours l'objet d'une action :

Ce sont les grâces cl les talents embellissant la boaiité

(Marmont.)

Celte réflexion embarrassant notre homme , On ne dorl point, dit-il, quand on a tant d'esprit.

(La Fûxt.)

I Un peuple de beautés Foulant d'un pied léger les gazons et les fleurs.

(Thomas.)

On n'entendit plus les coups des terribles inarlcaux qui, frappant Venclumc , faisaient gémir les pnifondes cavernes. ;Fi'..\ei-.J

La nature de verdure et de fleurs égayant ses altraiis.

(Delille.)

Je hais la cruauté de ces peuples perfides Qui , donnant au hasard leur haine et leurs faveurs, S'immolent tour à tour leurs plus chers défenseurs.

(Decaux.)

Ces arbres renversés, façonnés avec art,

De leur digue à la vague opposant le rempart.

(Delille.)

Tels, traversant les airs, les bataillons de grues. De leur vol à grands cris obscurcissent les nues.

(Id.)

Bientôt vous la verrez prodiguant les miracles. Du Styx, de l'Achéron peindre les noirs torrent>-.

(Boil.)

219. L'invariabilité du participe a également lieu, quoique le complément direct le précède :

Les dames, le voyant arriver à la cour,

Dirent d'abord : Est ce là ce Narcisse

Qui prëlendait tous nos cœurs enchaîner? Lv Font.)

Les morts se ranimant à la voix d'Elysée.

(Racine.)

Le laurier, le jasmin, s'arrondissaiU en voûte, De leur ombre odorante embellissaient les routes.

(Castel.)

Regarde ces Drusus s'élançant vers la gloire.

(Delille.)

D'où il suit que les exemples suivants ne sont pas corrects :

N'étant point de ces rats qui les livres rongeants.

(La Font.)

Et plus loin des laquais l'un l'autre s'agaçants.

(BoiL.)

Les spectateurs en foule se pressants.

220. Le mot en ant est ordinairement adjectif verbal quand il n'a aucune espèce de complément , parce qu'alors il exprime presque toujours l'état : des hommes entreprenants, des médecins consdl- TA,NTS, des bruits alarmants, rfes récits amus.ants, une éloquence entraînante, une beaitté ébloxjis- SANTE, les campagnes environnantes, des paroles offensantes.

Bientôt l'heureux reflux des mers obéissantes Apportera vers lui leurs dépouilles flottantes.

(Volt.)

Ce formidable amas d'armes étincelantes.

Cet or, ce fer brillant, ces lances éclatantes, Méfiaient dans les champs les rayons du soleil. (Id.)

Ses soldats, à ses pieds étendus et mourants, Le mettaient à l'abri de leurs corps expirants.

Rag.)

Sur ses genoux tremblants il tombe à cet aspect.

(BOIL

Ses compagnes tremblantes Rappelaient ses esprits sur ses lèvres mourantes.

Volt.)

Pour elle se courbant en agrafe brillante, L'or rassemble les plis de sa robe flottante.

(Delille.)

Là, des glaives conquis, des dards étincelants, Et des chars qui volaient sur leurs essieux brûlants.

(Delille.)

Les Troyens ont reçu les superbes présents , De cent noirs sangliers les hures menaçantes , De cent agneaux suivis de leurs mères bêlantes.

ild.)

Ainsi parlait ce monstre, et la voûte tremblante Répétait les accents de sa voix effrayante.

(Rac.)

Il partit, et depuis sa destinée errante Ramena sur nos bords sa fortune flottante.

(Id.) Et les vents au milieu de la foudre éclatante Portèrent jusqu'à moi cette voix effrayante.

On n'entend que le bruit de la proue écumante Qui fend d'un cours heureux la mcrobeissante.

(Volt.) Dérobez votre fllle accablée, exidranle, A tout cet appareil, à la foule insultante. (Id.)

221. Le mot en ant qui n'a qu'un complément indirect est ou participe présent ou adjectif verbal.

222. Il est participe présent, quand c'est l'action qu'on a en vue :

La forêt, retentissant du son du cor et dos cris des chasseurs, était abandonnée par ses timides liabitanls.

Il s'agit ici d'un biuit instantané , interrompu ; retentissant est participe présent. On peut dire d'ailleurs : la forêt qui retentissait du son du cor. C'est pour le même motif qu'on dira :

IN'oui entendions les bombes èclataxt avec fracas.

(Bescher.)

Le sens est : nous entendions les bombes gci éclataient avec fracas.

Des bataillons armés combattant dans les imes.

(Volt.)

Le sens permet de dire : qdi combattaient dans les nues.

On aurait cru voir le dieu Pan avec une foule de satyres et de faunes dansant au son de îa llùte.

(Féxel.)

On peut dire : qui dansaient au son de la flûte.

Que d'oiseaux différents et d'instincts et de voix , Habitant sous l'ardoise, ou la tuile, ou le chaume.

(Oelille.)

Le sens est : que d'oiseaux différents et d'instincts et de voix qui habitent sous l'ardoise, etc.

Poignards à double lame, et frappant en deux sens.

(Volt.)

On peut dire : et qui frappent en deux sens.

Nous considérions avec plaisir les moutons paissant sur le pcncirjnt d'une colline. (Fénel.)

Le sens est : nous considérions avec plaisir les moutons qui PAISSAIENT sur le penchant d'une colline.

223. Il est adjectif verbal, lorsque c'est l'étaf qu'on veut exprimer :

Enicndez-voiis ces sons mornes et répétés, Retenlissanls autour de nos toits attristés?

Dans cet exemple on veut peindre une conlinuilé de sons , un bruit permanent , une action prolongée qui se change en état. On peut dire d'ailleurs : entendez-vous ces sons mornes et répétés, qui sont retentissants autour de nos toits attristés? C'est pourquoi on dira également avec l'adjectif verbal :

Voyoï la jeune Isaure éclatante de beauté.

(Legouvé.)

Le sens est : voyez la jeune Isaure qui est écla ■ Xante de beauté.

Cette plaintive voix ces sons lents et funèbres , Plus déchirants encore au milieu des ténèbres.

(Chénier.)

Le sens permet de dire : cette plaintive voix , ces sons lents et funèbres qui SO^T plus déchirants encore, etc.

La Russie est aujourd'hui la puissance dominante sur le continent. (Volt.)

On peut dire : la Russie est aujourd'hui la puissance QUI EST dominante sur le continent.

Je me borne à l'examen de ces usages étonnants pour nous. {Id.)

Le sens est : je me borne à l'examen de ces usages QUI SONT étonnants pour nous.

On apercevait de nombreux motifs pour écarter cette appréhension fléirissante pour l'esprit et le cœur.

(De Pradt.)

On peut dire : cette appréhension qui était flétrissante pour l'esprit et le cœur.

Des discours outrageants pour un homme d'honneur.

(Bescher.)

Le sens est : des discours qui sont outrageants pour un homme d'honneur

Des reproches humiliants pour celui qui les fait et celui qui les reçoit. (Marmont.j

On peut dire : des reproches qui SONT humiliants pour celui qui les fait, etc.

La musique était pour moi une autre passion non moins consumante par l'ardeur avec laquelle je m'y livrais. (J.-J. Rouss.)

Le sens permet de dire : une autre passion, qui ÉTAIT non moins consumante par l'ardeur avec laquelle je m'y livrais.

224. La distinction entre le participe présent et l'adjectif verbal, accompagnés d'un complément indirect, existe également dans les exemples suivants, quoique au premier abord elle soit plus difficile à saisir :

On voyait les débris flottant vers la côte. Calypso aperçut des cordages flottants sur la côte.

La première phrase indique des objets en mouvement , franchissant un espace et tendant vers un but : on voyait des débris qui flottaient vers la côte. La seconde phrase les représente seulement comme surnageant, sans mouvement certain, sans direction, sans but. L'une peint l'action, qui doit avoir un terme probable dans un temps donné ; l'autre indique ïétat, la situation, dont la durée est illimitée.

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