DES MUSCLES EN GÉNÉRAL
Les muscles sont des organes composés de fibres contractiles. Ils sont destinés, les uns à faire mouvoir, en se raccourcissant, les différentes pièces du squelette ; les autres , en diminuant par leur contraction la capacité des canaux autour desquels ils sont disposés, servent à déplacer les substances contenues dans les viscères.
Les premiers se contractent sous l'influence de la volonté : ce sont les muscles de la vie animale, de la vie de relation .
Les seconds, au contraire, dont la contraction est involontaire , sont désignés sous le nom de muscles de la vie organique.
Les muscles de la vie animale seront seuls décrits dans ce chai pitre ; nous décrirons en même temps le tissu fibreux qui leur sert d'enveloppe, les aponévroses. Les muscles de la vie organique, intimement liés aux viscères dont ils font partie, seront décrits avec la spïanchnologie.
Dispositions générales. — De tous les systèmes organiques, il n'eu est aucun qui tienne autant de place dans l'économie que le système musculaire de la vie de relation; il n'en est aussi aucun qui varie autant selon la constitution , l'âge , le sexe , l'état de santé ou de maladie.
Le système musculaire extérieur est formé d'un grand nombre de masses distinctes, différentes par leur volume, par la direction de leurs fibres, par leurs attaches, par leurs fonctions ; ces masses musculaires sont réunies par des fibres résistantes, désignées sous le nom d'aponévroses, et qui en constituent une annexe. Non seulement les aponévroses réunissent les diverses parties du système musculaire, mais encore se présentent sous la forme de cloisons plus ou moins résistantes, qui séparent les muscles les uns des autres, de telle sorte que chacun d'eux se trouve enveloppé dans une gaine particulière.
Le nombre des muscles ne saurait être déterminé d'une manière rigoureuse. En effet, un assez grand nombre démuselés se confondent à une de leurs extrémités, et, parmi les anatomistes, les uns considèrent comme autant de muscles particuliers des faisceaux que d'autres réunissent dans une description commune.
Le nom des muscles est déduit : 1" de leur usage , comme les
MUSCLES EN GENERAL. loT
muscles abducteur, adducteur, fléchisseur, etc.; 2° de leur forme : muscles deltoïde, pyramidal, etc.; 3° des divisions qu'ils présentent : muscles biceps, triceps, etc.; 4° de leur direction : muscles droits, obliques, etc.; 5° de leur volume : muscles grand, petit, moyen, etc.; 6° de leur situation : muscle radial, cubital ; 7° de leurs attaches : muscles sler no-hyoïdien, etc. Ce dernier mode de nomenclature, généralisé par Chaussier, a été adopté pour beaucoup de muscles.
Les muscles ont été divisés d'après les rapports de leurs trois dimensions, en muscles longs, muscles larges, muscles courts.
1" Muscles longs. —Us sont disposés autour des membres ; les plus longs sont les plus superficiels ; les muscles de la couche profonde sont beaucoup plus courts; ils sont beaucoup plus épais à leur partie moyenne qu'à leurs extrémités, où elles se présentent presque toujours sous la forme d'un tendon assez grêle. Cette disposition opposée à celle des os offre l'avantage de superposer les fibres charnues au niveau des parties les plus grêles du squelette ; au contraire, le peu de volume des tendons d'origine et de terminaison des muscles permet à ceux-ci de s'insérer sur une surface peu étendue, et de se réfléchir sur les saillies osseuses, disposition qui diminue le parallélisme qui existe entre les organes passifs et actifs de la locomotion.
2° Muscles larges. — Us sont situés autour des grandes cavités splanchniques qu'ils concourent à former ; ils sont presque toujours disposés sur plusieurs couches. Dans ce cas, ils s'entrecroisent ; cette disposition augmente beaucoup la résistance des parois.
3° Muscles courts. — On les rencontre partout où l'on trouve des os courts à mouvoir ; les muscles de la plante du pied, ceux de la paume des mains, les élévateurs de la mâchoire, ceux des gouttières sacro-vertébrales, sont des muscles courts.
Direction. — C'est seulement par la connaissance exacte des in sortions et de la direction des muscles, que l'on peut en déterminer exactement les usages.
Parmi les muscles, les uns sont complètement rectilignes. Pour ceux-ci, l'effet se produit suivant une ligne qui passerait par l'axe des muscles ; d'autres muscles ont une direction curviligne ; les premiers effets produits par la contraction de ces muscles, est de les ramener en ligne droite. Il est alors facile d'en déterminer l'action qui se produira suivant une ligne droite qui passerait par l'axe du muscle. D'autres, enfin, éprouvent des déviations autour des articulations ; cette déviation favorise l'action des muscles en diminuant le parallélisme : pour comprendre l'action de ces muscles, on doit négliger la direction primitive des muscles et ne tenir compte que de la portion réfléchie.
D'après la direction de leurs fibres, les muscles ont été classés en :
MYOLOGIE.
1° Muscles à fibres parallèles. Cette catégorie renferme presque tous les muscles. — 2° Muscles à fibres rayonnées, chez lesquels les fibres partent comme autant de rayons de la périphérie d'un plan limité, et convergent vers un point qui fait partie de ce plan : exemple, le diaphragme. — 3° Muscles à fibres circulaires. Ceux-ci sont situés aux orifices ou à l'embouchure des canaux ; les fibres sont contournées et reviennent sur elles-mêmes ; elles ont pour fonction de rétrécir ou de fermer ces orifices : exemple, le sphincter de l'anus, l'orbiculaire des paupières , etc. Il est à remarquer qu'en général une portion seulement du muscle présente une disposition annulaire. Il est quelquefois des muscles chez lesquels cette disposition en anneau est incomplète; les fibres alors se recourbent en arc autour du canal qu'elles doivent entourer, et se fixent aux parties solides environnantes. Tels sont les muscles du pharynx.
La direction des muscles doit être étudiée suivant l'axe du corps, et surtout suivant la direction du levier qu'ils doivent mouvoir; il faut observer, en outre, que le rapport entre la direction du muscle et celle du bras de levier est variable, et que, selon les attitudes du membre, elle s'écarte ou se rapproche plus ou moins du parallélisme.
La différence de direction des fibres musculaires qui composent un muscle doit être examinée avec soin, si l'on veut déterminer l'action de ce muscle. Si les fibres musculaires s'insèrent obliquement sur un tendon étroit, la direction du muscle sera celle du tendon. Si, au contraire, les fibres musculaires s'insèrent suivant plusieurs directions sur une large surface fibreuse, la direction du muscle sera déterminée par la résultante de tous les faisceaux musculaires qui le composent.
Insertions. — Les muscles s'attachent par leurs deux extrémités à des os; mais quelquefois aussi à une aponévrose, dont ils sont tenseurs, ou bien à la peau, comme le muscle peaucier et les muscles de la face, ou bien à un viscère, comme les muscles de l'œil, le muscle ischio-caverneux, etc.
C'est à tort que l'on a supposé que des fibres musculaires s'inséraient à d'autres fibres musculaires. On a été induit en erreur par l'entrecroisement des faisceaux qui entrent dans la structure de la langue, de la partie charnue de la face.
Les insertions des muscles ont été divisées en insertions fixes et en insertions mobiles. Cette division, rigoureuse pour un assez petit nombre de muscles, cesse de l'être pour la plupart d'entre eux. Les muscles qui s'attachent, d'une part, directement aux os qui concourent à former la partie supérieure de la face et le crâne, d'autre part à la peau, ont une insertion complètement fixe, puisque ces os n'exécutent aucun mouvement les uns sur les autres. Mais dans les autres muscles, la fixité d'une des attaches musculaires ne doit pas être prise dans un sens absolu, et l'on a l'habitude de désigner sous le nom