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MUSCLES EN GÉNÉRAL

d'insertion fixe celle qui, le plus souvent, sert de point d'appui.

L'insertion fixe d'un muscle est généralement plus large que son insertion mobile; elle se confond fort souvent avec celle des muscles voisins : exemple, les muscles demi-membraneux, demi-tendineux, biceps, grand adducteur, qui tous s'attachent en confondant leurs insertions à la tubérosité ischiatique. L'insertion mobile, au contraire, est plus souvent isolée, mieux déterminée, et souvent indépendante.

Les muscles s'insèrent sur les rugosités, les saillies des os, plus rarement dans les dépressions osseuses. Ces insertions se font par l'intermédiaire des parties fibreuses désignées sous le nom de tendons ; ceux-ci sont plus ou moins épais, plus ou moins grêles, plus ou moins larges. Les tendons larges et minces sont appelés aponévroses d'insertion. Cette disposition a pour but de diminuer considérablement l'étendue du point d'attache osseux sans diminuer la puissance musculaire. Les tendons se montrent principalement à l'extrémité des muscles longs; les aponévroses d'insertion, sur les bords des muscles arges.

Il nous reste à parler de l'insertion des fibres musculaires sur les parties fibreuses. Le tendon d'origine d'un muscle, ou bien se prolonge sous forme de bandelette sur la surface du muscle, ou bien pénètre dans son intérieur. C'est de cette surface que naissent les fibres musculaires. La disposition est exactement la même pour le tendon de terminaison : ce tendon, placé tantôt à la surface du muscle , d'autres fois caché dans l'épaisseur des libres, reçoit, dans tous les points de son étendue, les insertions des fibres musculaires, de telle sorte que les points d'origine des fibres musculaires se font à des hauteurs différentes, et que leur terminaison présente exactement le même caractère. De là, l'apparence penniforme , semipenniforme, ou fusiforme des muscles. Dans le premier cas, le tendon est apparent au milieu des muscles, les fibres musculaires s'attachent obliquement de chaque côté du tendon ; dans le second, les fibres musculaires s'insèrent sur un seul côté du tendon; dans le troisième, enfin, le tendon est caché dans l'épaisseur des fibres. Dans certains cas, le tendon s'épanouit en une bandelette fibreuse qui enveloppe l'extrémité inférieure du muscle ; alors les fibres musculaires s'attachent sur la face profonde du tendon épanoui. Elles sont, pour ainsi dire, reçues dans un cône creux. MM. Gerdy et Theile ont démontré que les fibres musculaires et les fibres tendineuses affectaient à leurs deux extrémités une disposition inverse. Ainsi, si à une des extrémités d'un muscle, les fibres musculaires sont reçues dans un cône creux, à l'autre extrémité le tendon se prolonge dans l'épaisseur du muscle, et les fibres musculaires s'attachent sur la superficie du tendon ; si une lame aponévrotique recouvre à une extrémité la face postérieure d'un muscle f à l'autre extrémité elle se trouvera placée à sa face antérieure.

MYOLOGIE.

Enfin; il est quelques muscles dont les fibres tendineuses sont le prolongement des fibres musculaires. Cette disposition se rencontre lorsque le nature a pu disposer d'une surface d'insertion considérable : le muscle trapèze, par exemple, se trouve dans ce cas.

Les fibres musculaires sont intimement unies aux parties fibreuses qui leur servent d'attache. Cette adhérence est telle, que les fibres musculaires et les fibres tendineuses peuvent se rompre isolément , et que l'on observe rarement des cas dans lesquels les fibres musculaires aient été séparées par la violence des tendons sur lesquels elles viennent s'implanter.

Dans chaque muscle, on décrit un corps ou ventre, une extrémité d'origine ou tête , et une terminaison ou queue. Il ne faut pas confondre la tète du muscle avec son extrémité fixe , et la queue avec son extrémité mobile. Si la tête du muscle est le point fixe dans la plupart des muscles et dans presque tous les cas , il arrive souvent que le point qui était le plus mobile dans certaines circonstances devient le point fixe. On détermine la tête du muscle de la manière suivante : On suppose la colonne vertébrale comme un centre d'où partent les muscles ; le point d'origine sera le point le plus rapproché de la colonne vertébrale; le point de terminaison sera le point le plus éloigné. Cependant il est des muscles qui s'attachent à des os du même nom , les intercostaux, par exemple, ou entre des os analogues au sternum et à l'os hyoïde, ou bien aux apophyses transverses des vertèbres, d'une part; d'autre part, à d'autres apophyses transverses. Il est impossible de déterminer la tête du muscle, en ayant égard à la colonne vertébrale , puisque les deux extrémités en sont également éloignées. Il faut alors considérer comme point d'origine celui qui est le point fixe dans les mouvements les plus ordinaires.

Le ventre d'un muscle est généralement simple, quelquefois il est coupé par des intersections aponévrotiques : exemple, le droit antérieur de l'abdomen. D'autres fois, le corps du muscle est séparé par un véritable tendon, sur lequel s'insèrent les fibres musculaires des deux portions du muscle : exemple, le digastrique, etc.

La tête du muscle est le plus souvent simple, quelquefois multiple. Dans ce dernier cas, les fibres musculaires se réunissent en un ventre commun : exemple , les biceps, les triceps, etc. Quelquefois, ces extrémités d'origine des muscles sont désignées sous le nom de dîgitations.

La queue est bien plus souvent multiple que la tète. On désigne ces terminaisons sous le nom de digitalions ou de faisceaux, lorsqu'elles sont formées en partie par la fibre charnue.

Rapports des muscles.

1° Avec la peau. — A l'exception des muscles peauciers, les muscles ne sont point en rapport avec la peau , ils en sont séparés par une

lame fibreuse aponévrotique, et par une couche de tissu cellulaire graisseux plus ou moins abondante suivant les sujets. Toutefois cette couche de tissu cellulaire n'est pas assez épaisse pour que chez presque tous les sujets le corps charnu des muscles ne puisse faire saillie à l'extérieur.

2° Avec les os. — La partie la plus épaisse des muscles se trouve au niveau de la partie la plus grêle des os; les muscles profonds enveloppent l'os dans toute son étendue; les muscles superficiels , au contraire, n'adhèrent aux os que par leurs extrémités d'insertion . leurs tendons glissent dans des gaines particulières plus ou moins longtemps avant de s'attacher sur les surfaces osseuses voisines des articulations. Les mouvements de glissement des tendons et des muscles sur les os sont favorisés par des bourses synoviales sur lesquelles nous nous arrêterons plus loin.

3° Rapport des muscles entre eux. — A l'exception des points où les muscles se confondent par une de leur origine , les muscles sont constamment isolés; ils sont séparés par des aponévroses qui les enveloppent de toute part, leur servent de gaine. Ces gaines fibreuses, réunies à une grande gaine commune qui enveloppe toute une partie, un membre, par exemple, constituent les aponévroses proprement dites , bien différentes des aponévroses d'insertion qui sont de véritables tendons aplatis.

La force et la résistance de la gaine fibreuse est en raison de la force du muscle et de sa tendance au déplacement. Aussi, plus les muscles sont rapprochés de la superficie des membres , plus leurs gaines sont fortes.

Les muscles sont juxtaposés , serrés les uns contre les autres , et , en général, la forme des uns détermine la forme des autres ; cependant il existe souvent entre les muscles de petits espaces triangulaires remplis par du tissu cellulaire graisseux: ces espaces, ou interstices, sont très importants à connaître en anatomie chirurgicale ; c'est au milieu d'eux que l'on va chercher les vaisseaux dont on veut pratiquer la ligature.

4° Rapports avec les vaisseaux et avec les nerfs. — Les muscles servent de protection aux nerfs et aux vaisseaux, et les garantissent par leur épaisseur contre les violences extérieures; d'un autre côté, ceux-ci sont renfermés, dans l'intervalle des muscles, dans des gaines celluleuses qui les protègent contre les contractions musculaires. Les grosses artères marchent parallèlement à un muscle auquel M. Cruveilhier a donné le nom de muscle satellite : ainsi le muscle biceps est le muscle satellite de l'artère humérale, etc.

Structure des muscles.

Les muscles sont formés : 1° de fibres rouges contractiles qui constituent le tissu musculaire proprement dit, 2° de fibres blan-

MYOLOGIE.

clies non contractiles : ce sont les tendons et les aponévroses d'msertion.

Tissu musculaire. — Il est fascicule , d'un rouge vif chez les sujets vigoureux, plus pâle chez l'enfant et les sujets affaiblis; d'une consistance très considérable pendant la vie, il se déchire facilement après la mort.

Le tissu musculaire peut être divisé en faisceaux prismatiques de forme variable et parfaitement visibles à l'œil nu; chacun de ces faisceaux peut être divisé à son tour en faisceaux plus petits, jusqu'à ce qu'on soit arrivé à la fibre élémentaire qui , sous le microscope , paraît comme rubanée, striée. La fibre élémentaire a été divisée eu fibres primitives , qui ont reçu le nom de fibrilles.

Nous avons déjà vu plus haut que chaque muscle se trouvait enveloppé dans une gaine fibreuse qui l'isolait complètement. Cette gaine envoie dans l'intérieur du muscle des cloisons celluleuses plus minces qui isolent les faisceaux, et de la paroi interne desquelles partent d'autres prolongements qui isolent les fibres élémentaires et réunissent les fibres primitives. Cette enveloppe des fibres élémentaires ne s'applique pas sur leur extrémité; elle se soude, au contraire, intimement à l'aponévrose d'insertion, et la gaîne des fibres se proonge sur le tissu fibreux d'insertion et se confond avec lui.

D'après Berzelius , la fibre musculaire est composée de :

Artères. — Les muscles reçoivent de nombreuses artères, dont le nombre et le volume sont en raison de l'étendue du muscle. Elles pénètrent perpendiculairement dans les muscles larges et dans les muscles longs du bras et de la cuisse , obliquement dans les muscles de l'avant-bras et de la jambe. Ces vaisseaux se divisent à l'infini dans l'épaisseur du muscle ; chaque petit rameau se loge entre les di vers faisceaux.

Veines. — Les artères des muscles sont accompagnées de deux veines situées de chaque côté de l'artère; ces veines sont pourvues de valvules plus nombreuses que les veines superficielles.

Nerfs. — Les muscles reçoivent des nerfs qui viennent du centre nerveux encéphalo-rachidien, se divisent dans l'épaisseur du muscle, et, suivant certains anatomistes, se terminent en formant des anses; suivant d'autres, ils s'épuisent dans le système musculaire.

Fibrine

Cruor et albumine .

Gélatine

Osmazôme

Ptyaline

Phosphate de soude, Phosphate de chaux.

Eau

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