‹ Nouveau traité élémentaire d'anatomie descriptive [electronic resource]Chapitre 168 sur 617 · RÉGION ABDOMINALE SUPÉRIEURE, OU DIAPHRAGMATIQUE · texte numérisé non relu

RÉGION ABDOMINALE SUPÉRIEURE, OU DIAPHRAGMATIQUE

DIAPHRAGME

Préparation. — Faites une incision cruciale à la paroi abominale antérieure ; enlevez tous les viscères contenus dans la cavité abdominale, en ayant soin de

DIAPHRAGME

comprendre l'œsophage et le rectum entre deux ligatures, afin d'empêcher l'écoulement des matières dans la cavité abdominale ; placez un billot à la région lombaire à l'effet de renverser le thorax : de cette manière on voit mieux le diaphragme, et l'on prévient l'écoulement du sang qui du cœur descend dans la veine cave infé-. rieure. Le diaphragme sera facilement disséqué dans toute sa portion horizontale ; il faut redoubler de précaution pour bien isoler les insertions et surtout la portion verticale ou pilier du diaphragme.

Nous ne saurions trop recommander d'éviter de perforer ce muscle, car il s'affaisserait et ne pourrait être étudié que très difficilement. Un sujet dont la poitrine aurait été ouverte ne conviendrait pas à la préparation du diaphragme.

Ce muscle forme une cloison musculensc qui sépare la cavité thoracique de la cavité abdominale.

Insertions. — Il s'insère : en avant, à la face postérieure du sternum et à la base de l'appendice xiphoïde, en laissant sur la ligne médiane un intervalle triangulaire qui fait communiquer quelquefois la cavité abdominale avec la cavité thoracique; sur les parties latérales, à la face interne et au bord supérieur des cartilages des six dernières côtes, par des digitations qui s'entrecroisent avec celles des muscles transverses de l'abdomen ; en bas, il s'attache à deux arcades aponévrotiques. L'une, interne (fig. 23, 7 ), qui part du tendon d'origine des piliers, et se fixe à la base de l'apophyse trans verse de la première vertèbre lombaire; cette arcade laisse passer l'extrémité supérieure du muscle psoas. L'autre, externe, plus large, concave, connue sous le nom de ligament cintré du diaphragme (fig. 23, 6), va de l'extrémité externe de la première arcade au bord inférieur et à l'extrémité antérieure de la dernière côte ; cette arcade donne passage à l'extrémité du carré des lombes. Enfin, en bas et sur la ligne médiane, des fibres tendineuses s'insèrent à la deuxième et à la troisième vertèbre lombaire, se confondent avec les fibres du ligament vertébral antérieur, et donnent naissance à deux gros faisceaux charnus : ce sont les piliers du diaphragme. De ces différentes insertions les fibres musculaires se rendent dans diverses directions , s'attachent à une large aponévrose nommée centre phrénique. Les antérieures, très courtes, se portent en arrière; les fibres latérales se portent en dedans et un peu obliquement; les fibres qui s'attachent aux deux arcades aponévrotiques se portent d'arrière en avant; enfin, les fibres charnues qui constituent les piliers du diaphragme se portent verticalement

Muscles de la région abdominale supérieure, on diaphragmatiqne.

1,1. Muscle diaphragme. — 2,2,2. Centre phrénique. — 3. Orifice œsophagien. — 4. Orifice aortique. — 5. Orifice de la veine cave ascendante. — 6. Ligament cintré. — 7. Arcade interne sous laquelle passe le psoas. — 8. Muscle psoas. — 8'. Portion iliaque du psoas. — 9. Tendon du psoas et de l'iliaque réunis. — 10. Muscle petit psoas. — 14. M. carré des lombes. — 42. M. transverse da l'abdomen. — 13. M. obturateur externe. — 14. M. pyramidal. — 15. M. couturier.— 16. M. droit interne. — 17. M. premier adducteur ou adducteur moyen. — 18. M. pectiné. — 19. M. fascia lata. — 20. M. droit antérieur delà enisse.

MYOLOGIE.

en haut, et vont se terminer à l'écuancrure postérieure du centre phrénique.

Les piliers du diaphragme et le centre phrénique méritent une description particulière.

Piliers du diaphragme. —Le pilier droit descend plus bas que le gauche. Il est plus volumineux; il occupe la partie moyenne des vertèbres lombaires; le gauche, au contraire, occupe leur face latérale ; c'est entre les deux piliers que passent les nerfs grands sympathiques. Bientôt, ces piliers s'envoient réciproquement des faisceaux musculaires et laissent entre eux deux ouvertures, l'une inférieure, aponévrotique, formée en arrière par la première vertèbre lombaire ; sur les parties latérales, par les tendons des piliers; en haut, par une arcade fibreuse qui va d'un pilier à l'autre : c'est Vorifice aortique du diaphragme (fig. 23, 4). Cette ouverture donne passage à l'aorte, au canal thoracique, à la veine azygos, quelquefois au grand sympathique gauche. L'ouverture supérieure est musculaire . c'est Vorifice œsophagien (fig. 23, 3); elle donne passage à l'œsophage et aux nerfs pneumogastriques.

Centre phrénique (fig. 23, 2). — Il occupe la partie moyenne du diaphragme, il a à peu près la forme d'une feuille de trèfle. La foliole moyenne est la plus large ; la foliole gauche est la plus petite ; entre la foliole moyenne et la droite, on rencontre une ouverture fibreuse régulièrement quadrilatère , qui donne passage à la veine cave inférieure (fig. 23, 5).

Rapports. — Dans la cavité^ thoracique, le cœur, le péricarde, les deux poumons, la plèvre, sont en rapport avec le diaphragme. L'adhérence du péricarde au centre phrénique a fait considérer cette membrane comme l'origine de toutes les aponévroses du corps humain ; mais chez l'enfant, le péricarde peut être facilement séparé du centre phrénique. Dans la cavité abdominale, ilesten rapport avec l'estomac, le foie, la rate, les reins; le pancréas et le duodénum sont en contact avec les piliers.

Les artères du diaphragme sont fournies parles diaphragmatiques inférieures, branches qui naissent directement de l'aorte; les diaphragmatiques antérieures, qui viennent de la mammaire interne ; enfin, par les branches terminales externes de la mammaire interne.

Les nerfs viennent du nerf phrénique, branche du plexus cervical ; du plexus soléaire , comme l'ont démontré les concurrents pour la place d'aide d'anatomie en 1851.

Action. — Par son abaissement, il agrandit le diamètre vertical de la poitrine. MM. Beau et Maissiat ont démontré qu'en même temps il augmentait le diamètre transversal en projetant les dernières côtes en dehors en même temps qu'il les élève.

PETIT PSOAS,

Page 1