STRUCTURE DE L'ESTOMAC
l'orifice œsophagien elles se recourbent et vont en rayonnant et en diminuant de volume, sur le grand cul-de-sac et sur les deux faces de l'estomac, sur la grande et la petite courbure; arrivées à l'orifice pylorique elles, se resserrent, la couche musculeuse devient plus épaisse; elles se continuent avec les fibres longitudinales du duodénum.
D'après M. Noël Guéneau de Mussy, les fibres superficielles viendraient, les unes de l'œsophage et seraient perpendiculaires à l'axe de l'estomac , les autres du duodénum et seraient parallèles à l'axe de l'estomac; ces deux espèces de fibres se termineraient en s'entrecroisant avec des fibres plus profondes par de petites digitations.
2° Plan moyen , fibres circulaires. Elles coupent à angle droit l'axe de l'estomac ; elles sont peu volumineuses au niveau de là grande courbure; elles deviennent au contraire plus épaisses et plus nombreuses dans la portion droite de l'estomac et surtout à l'orifice pylorique, où elles forment un anneau très considérable, un véritable muscle sphincter; elles sont la continuation des fibres circulaires de l'œsophage et du duodénum. Ces deux espèces de fibres viendraient, d'après M. Guéneau de Mussy, se rencontrer perpendiculairement comme les fibres superficielles.
3" Plan interne, fibres obliques, fibres paraboliques. Ces fibres embrassent par leur concavité la grosse tubérosité de l'estomac et vont se rendre par leur extrémité sur les deux faces et les deux courbures de l'estomac, où elles se perdent ou plutôt se continuent avec les fibres circulaires.
Bien que nous ayons décrit à l'estomac trois plans de fibres, bien que nous ayons dit que les fibres étaient la continuation des fibres de l'œsophage et qu'elles se prolongeaient sur le duodénum , nous devons faire remarquer que cette disposition n'est pas aussi simple que pourrait le faire supposer notre description. En effet, les fibres musculaires de ces divers plans s'entrecroisent et s'insèrent sur tous les points de la tunique fibreuse. Au lieu donc de trois plans de fibres très réguliers , on observe un tissu musculaire que l'on pourrait comparer pour l'entrecroisement de ses fibres au tissu d'un e étoffe.
Tunique fibreuse. — Elle est épaisse, résistante, et très adhérente à la tunique musculeuse; elle est unie à la muqueuse par du tissu cellulaire lâche, et présente une plus grande épaisseur à l'extrémité pylorique.
Tunique muqueuse. — Elle est peu adhérente à la tunique fibreuse, et présente dans l'état de vacuité un grand nombre de plis transversaux et verticaux qui s'effacent par la distension ; on trouve en outre de petits sillons fïexueux qui laissent sur la muqueuse de petits espaces plus ou moins réguliers.
La membrane muqueuse de l'estomac présente un aspect très différent dans sa moitié cardiaque et dans sa moitié pylorique. Ces deux portions sont exactement limitées par une ligne circulaire qui parait
diviser l'estomac en deux portions. Il n'est pas rare de voir un rétrécissement au niveau de cette ligne, l'estomac prend alors la forme biloculaire. La couche épithéliale de la membrane muqueuse n'est pas la même dans les deux parties de l'estomac : ainsi, dans la région pylorique, elle est complètement cylindrique, tandis que dans la portion cardiaque, l'épithélium qui se continue avec celui de l'œsophage présente quelques uns des caractères de l'épithélium pavimenteux, et peut être considéré comme un épithélium de transition.
La muqueuse de la portion œsophagienne est plus molle, plus vasculaire, beaucoup plus mince, se ramollit très rapidement après la mort par l'action du suc gastrique. Celle de la portion pylorique est plus résistante et plus blanche, plus épaisse, et peut plus facilement être détachée des tuniques qui la supportent.
La muqueuse de l'estomac est d'un blanc rosé; si l'individu a succombé pendant le travail de la digestion, elle prend une coloration plus vive ; par la putréfaction elle devient brune, d'un rouge lie de vin; elle est quelquefois teinte en jaune verdâtre quand Pestomae contient de la bile.
La membrane muqueuse de l'estomac présente un grand nombre de glandules tubuleuses simples; celles-ci sont plus nombreuses a la région pylorique qu'à la région œsophagienne. Ces glandes ne sont autre chose que les follicules de Lieberkuhn que nous étudierons avec plus de développement en décrivant la muqueuse de l'intestin.
On a signalé sur la surface de l'estomac un grand nombre de follicules muqueux, développés surtout dans le voisinage de l'orifice œsophagien et le long de la petite courbure de l'estomac. Ces follicules sont arrondis, aplatis, percés d'un trou central souvent visible à l'œil nu. lis sont situés dans l'épaisseur de la membrane muqueuse. Ils appartiennent à la section des glandes en grappe.
Enfin on a décrit des villosités sur la surface de la muqueuse de l'estomac. Par leur structure et leur disposition , ces petits organes sont semblables aux villosités intestinales; nous les étudierons un peu plus loin.
Artères. — Très nombreuses, elles sont fournies par la coronaire stomachique, les gastro-épiploïques droite et gauche, la pylorique et les vaisseaux courts qui viennent de l'artère splénique.
Veines. — Elles portent le même nom et se jettent dans le système de la veine porte.
Vaisseaux lymphatiques. — Us se rendent aux ganglions qu'on trouve au niveau des deux courbures de l'estomac.
Nerfs. — Les nerfs viennent du pneumogastrique et du grand sympathique par des filets qui partent du plexus solaire.