TROISIÈME VENTRICULE
Préparation, — La préparation la plus propre à montrer toutes les parties constituantes du troisième ventricule et qui est conseillée par M. Cruveilhier, consiste dans une coupe verticale antéro-postérieure qui tombe à droite ou à gauche de la ligne médiane de manière à laisser intactes les deux parois latérales du troisième ventricule.
Le troisième ventricule, ventricule moyen, est une cavité étroite plus large en haut qu'en bas, situé à la partie inférieure du cerveau, entre les couches optiques, en avant des tubercules quadrijumeaux; communiquant en avant avec les ventricules latéraux par les trous de Monro (fig. 107, 22), en arrière avec le quatrième ventricule par V aqueduc de Sylvius (fig. 107, 8), et, suivant quelques anatomistes, en haut avec le cinquième ventricule.
On lui décrit :
1° Une paroi supérieure, formée par la toile choroïdienne et la voûte à trois piliers; au-dessous de la toile choroïdienne, on trouve l'orifice antérieur du troisième ventricule, limité dans presque toute son étendue par un liseré blanc constitué par les pédoncules de la glande pinéale qui concourent à la formation du pilier antérieur de la voûte.
NÉVROLOGIE.
2° Une paroi inférieure, plus étroite, formée par les parties que nous avons examinées sur la base du cerveau, savoir : d'avant en arrière, le chiasma des nerfs optiques, le tuber cinereum, Vinfundibulum, les tubercules mamillaires, l'espace interpédoncuiairc.
3° Deux parois latérales, formées en haut et en arrière par la face interne des couches optiques ; en bas et en avant, par une lame de substance grise, que M. Cruveilhier appelle masse grise du troisième ventricule.
Cette masse grise, tapissée sur sa face interne par la membrane du troisième ventricule , correspond par sa face externe à l'hémisphère cérébral correspondant; en bas, elle se continue avec la substance grise du tuber cinereum; en haut, avec la lamelle du septum lucidum; en avant, elle se réunit au chiasma des nerfs optiques et forme la racine grise de ces nerfs.
Les deux parois latérales du troisième ventricule sont réunies entre elles par la commissure molle, commissure grise des couches optiques (fig. 107, 13) ; cette lamelle horizontale, quadrilatère, à base légèrement concave, se confond avec la masse grise que nous avons décrite plus haut; elle manque très rarement.
4° Une extrémité antérieure, qui présente les piliers antérieurs de la voûte. Au-devant de ceux-ci on trouve la partie moyenne de la commissure cérébrale antérieure (fig. 107, 14), cordon blanc, cylindrique, dirigé transversalement, long de 6 à 8 centimètres, qui traverse l'extrémité antérieure du corps strié, et dont les extrémités externes correspondent aux cornes latérales du corps calleux. Entre les piliers, et au-dessous de la commissure, on trouve une petite dépression, la vulve; c'est en ce point qu'on a supposé une communication entre le troisième et le cinquième ventricule. Derrière les piliers et au-dessus de la commissure, se voient deux orifices de communication avec les ventricules latéraux, désignés sous le nom de trous de Monro (fig. 107, 22); ils sont circonscrits par le bord antérieur de la couche optique correspondante, et par un des piliers de la voûte. Ils donnent passage aux deux extrémités de la toile choroïdienne qui se réunissent aux plexus choroïdes.
5° Une extrémité postérieure, sur laquelle on observe : la glande pinéale (fig. 107, 10), petit corps gris rougeâtre, situé au-dessous du bourrelet du corps calleux, en arrière de la commissure postérieure du cerveau, dans le sillon qui sépare les tubercules quadrijumeaux antérieurs, entre les deux feuillets de la toile choroïdienne. Elle a été comparée à une pomme de pin, d'où le nom de glande pinéale; son sommet dirigé en arrière est libre, ainsi que ses parties latérales ; sa base est réunie à l'encéphale : 1° par une commissure transversale située au-dessus de la commissure postérieure du cerveau; 2° par quatre prolongements blancs : deux supérieurs, freins ou rênes de la glande pinéale (fig. 107, 11), qui passent audessus des couches optiques et vont former une des racines des
VENTRICULES LATÉRAUX
piliers antérieurs de la voûte à trois piliers; deux inférieurs qui se portent verticalement en bas sur la partie la plus reculée de la paroi interne du troisième ventricule.
La glande pinéale est composée de quelques fibres blanches qui partent de ses pédoncules et de sa commissure transversale; entre ces fibres, on trouve de la substance grise. Cet organe est souvent creusé d'une cavité remplie d'un liquide visqueux, on y rencontre très souvent des concrétions calcaires jaunâtres ; il n'est pas rare de trouver des concrétions à l'extérieur et au milieu du tissu de la glande pinéale, lorsque ce corps ne présente pas de cavité. M. Cruveilhier en a rencontré plusieurs fois sur les pédoncules.
Au-dessous de la glande pinéale, on trouve la commissure postérieure (fig. 107, 15) du cerveau, moins longue et moins volumineuse que la commissure antérieure, et présentant, d'ailleurs, la même forme ; elle se perd dans l'épaisseur des couches optiques.
Au-dessous de cette commissure, on remarque l'orifice antérieur de l'aqueduc de Sylvius, Y anus.
V aqueduc de Sylvius est un canal qui établit la communication entre le troisième et le quatrième ventricule (fig. 107, 8). I! est situé sur la ligne médiane , au-dessous des tubercules quadrijumeaux. Oblique en bas et en arrière; il présente sur sa paroi supérieure une dépression médiane ; celle de la paroi supérieure fait suite au sillon longitudinal du calamus scriptorius.
VENTRICULES LATÉRAUX
Préparation. — Enlevez la portion des hémisphères qui surmonte le corps calleux, divisez le corps calleux d'avant en arrière sur les côtés de la ligne médiane. Pour étudier l'étage inférieur introduisez le manche d'un scalpel d'arrière en avant dans la portion réfléchie et incisez la paroi externe. On peut encore arriver dans la portion réfléchie par la hase du cerveau en écartant les bords de la grande fente cérébrale et en séparant la paroi inférieure de cette portion réfléchie par une incision pratiquée d'avant en arrière à partir de la scissure de Sylvius.
Les ventricules latéraux sont deux cavités considérables creusées dans les hémisphères cérébraux, séparés du troisième ventricule par le trigone cérébral, et l'un de l'autre par le septvm îucidum. Ils communiquent ensemble, et avec le troisième ventricule, par les trous de Monro. On peut les considérer comme formant un canal dans lequel font saillie les corps striés et les couches optiques, et présentant comme le corps calleux qui les circonscrit dans une grande étendue , trois prolongements : l'un antérieur ou frontal ; un autre postérieur ou occipital ; un troisième inférieur ou sphénoïdal.
Nous décrirons au troisième ventricule : 1 0 un étage supérieur formé par la partie située au-dessus du corps strié et de la couche optique, et par les prolongements antérieur et postérieur ; 2 1 un
NÉVROLOG1E.
étage inférieur, constitué par la portion réfléchie du ventricule autour de la couche optique, et par le prolongement sphénoïdal.
A. Étage supérieur des ventricules latéraux.
L'étage supérieur du ventricule latéral présente deux extrémités : Tune antérieure ou frontale, limitée en avant par le bourrelet du corps calleux ; l'autre postérieure, qui se prolonge dans le lobe postérieur du cerveau, sous le nom de cavité digitale ou ancyroide ; en dehors, le ventricule est limité par l'union du corps strié avec le corps calleux ; en dedans, il est séparé de son congénère par l'union du corps calleux avec la voûte, et par le septum lucidum; sa paroi supérieure, à concavité inférieure, est formée par la face inférieure du corps calleux ; sa paroi inférieure est constituée par la face ventriculaire du corps strié, et la face supérieure de la couche optique; entre ces deux saillies, on remarque un sillon dans lequel nons trouvons de haut en bas la lame cornée, la veine du corps strié, la bandelette demi-circulaire.
1° Corps strié.
Ainsi nommé à cause des nombreuses stries blanches qui traversent la substance qui le constitue, le corps strié (fig. 108, 1) est une masse grise, ovoïde, à convexité tournée en bas et en dehors ; son côté interne, qui fait saillie dans le ventricule latéral, a l'aspect d'une éminence pyriforme dont l'extrémité la plus volumineuse est située en avant et en dehors de la couche optique, et dont l'extrémité postérieure beaucoup plus grêle, se prolonge jusqu'à la portion réfléchie du ventricule latéral. Son côté externe, qui répond au lobule de Vinsula, est plus volumineux que l'interne et représente un segment d'ovoïde, dont la grosse extrémité est dirigée en avant.
Le corps strié présente les rapports suivants :
Il est recouvert en dehors par les circonvolutions de Vinsula; en dedans, il est en contact avec les couches optiques et avec la substance grise du troisième ventricule; en avant, il se prolonge dans l'épaisseur du lobe frontal et se trouve en rapport avec la portion réfléchie du corps calleux.
Le corps strié peut être énucléé dans la plus grande partie de son étendue, excepté en haut et en dehors, où il est traversé par de gros faisceaux blancs qui s'enfoncent dans la substance blanche des hémisphères cérébraux. Cette substance blanche, située sur le prolongement du pédoncule cérébral , est plus épaisse en arrière qu'en avant, et s'épanouit en haut et en dehors; elle sépare le corps strié en deux portions : l'une interne, qui fait saillie dans le ventricule latéral et qui constitue le noyau in traventriculaire ; l'autre externe, qui forme la portion insulaire du corps strié ou noyau exlra-ventri