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CADUQUE

grand que la cavité formée par le tissu propre de l'utérus, elle offre un grand nombre de plicatures qui figurent dos circonvolutions; devenue molle, tomenteuse, elle comble ainsi la majeure partie de la cavité de la matrice.

Toutes les fois qu'on pourra examiner la caduque à cette époque, on la verra former une large poche triangulaire représentant rigoureusement la forme de la cavité utérine, et offrant trois pertuis, dont l'inférieur n'est autre que l'ouverture naturelle qui sépare le col du corps, et dont les deux autres, postérieurs et latéraux, répondent aux orifices des trompes. Les choses en sont là quand l ovule fécondé parvient dans la matrice, il y arrive nécessairement par une des trompes ; à son entrée il ne tarde pas à rencontrer quelqu'une des anfractuosités de la caduque et il s'y arrête; c'est le plus communément au voisinage de la trompe qu'il élit domicile; sa fixité est bientôt assurée par un mécanisme remarquable clairement exposé par M. Coste, et qui explique, d'une manière très satisfaisante, la formation de ce que l'on appelle la caduque réfléchie. Tandis que la membrane vitelline émet des villosités nombreuses destinées à s'implanter dans la muqueuse, celle-ci végète de son côté tout autour de l'ovule, et commence à former, à la périphérie de ce dernier, un bourrelet circulaire ( fig. 142, 2, 2); ce bourrelet augmente incessamment , emprisonne l'ovule dans une sorte de cupule profonde , dont la circonférence libre dès qu'elle a dépassé cet ovule, se rétrécit peu à peu au-dessus de lui, et finit par l'envelopper complètement, comme une bourse qu'on ferme enveloppe son contenu. M. Coste a très heureusement comparé cette formation à ce qui se passe lorsque les bourgeons charnus exubérants d'un cautère enchâssent et recouvrent le pois placé dans la petite plaie.

La caduque réfléchie n'est donc autre chose qu'une végétation de la muqueuse utérine, on peut voir, pendant quelque temps, la trace du pertuis provenant de la soudure de la circonférence libre du bourrelet caducal.

Ainsi fixé, l'ovule grossit, il distend la nouvelle enveloppe qu'il vient d'acquérir; mais si l'on étudie ses nouveaux rapports, on voit qu'il n'est en contact avec la caduque réfléchie que dans les trois quarts environ de son étendue; en effet, il touche toujours la muqueuse primitive dans le point où il a commencé à se fixer; cette portion de caduque , si limitée d'abord , s'agrandira peu à peu à mesure que l'œuf grossira ; le développement vasculaire y deviendra excessif, et elle prendra enfin le nom de placenta maternel. Dans les premiers temps on désigne ce point particulier de la muqueuse utérine souslenom de caduque inter-utéro-placentaire{ûg. 162, a,b.)

En résumé, à la fin du premier mois, la muqueuse de la matrice aura, non seulement changé d'aspect dans sa totalité , mais encore donné naissance à des productions nouvelles, ou modifié son tissu

EMBRYOLOGIE

pour nourrir l'ovule, le fixer et assurer ultérieurement les connexions les plus intimes entre la mère et l'enfant ; on peut dès lors lui distinguer trois parties ou segments :

1° La caduque proprement dite, ou maternelle (fig. 142, 3);

2° La caduque réfléchie, ou fœtale (fig. 142, 2);

3° La caduque inter-utéro-fœtale, ou placentaire (fig. 142, a, b).

Nous allons en esquisser rapidement les principaux points.

Caduque maternelle. — Véritable chorion maternel externe , elle comprend la totalité de la muqueuse ancienne, moins la portion

Membrane caduque ; enchatonnement de l'ovule à son arrivée dans l'utérus; formation de la caduque réfléchie.

i. L'ovule revêtu, à sa surface, des villosités du premier chorion. — 2,2. Coupe du bourrelet circulaire qui végète tout autour de l'ovule, et qui formera la caduque réfléchie ou fœtale. — 3. Caduque maternelle formée par la muqueuse utérine hypertrophiée. — 4. Corps de l'utérus. — 5. Orifice inférieur de la caduque correspondant à l'ouverture du col utérin. — ■ G. Ouverture latérale et supérieure répondant à l'ouverture de la trompe. — 7. Cavité utérine. Ces orifices et cette cavité sont bouchés par l'épaississement considérable de la muqueuse, et par une sécrétion albumineuse épaisse, de a en b, portion de la caduque maternelle qui répond directement à l'ovule, et qui deviendra la caduque inter-utéro-placentaire. En c, point où l'ovule répond à la grande cavité utérine avant d'être complètement enchatonné par la caduque réfléchie.

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