‹ Nouveau traité élémentaire d'anatomie descriptive et de préparations anatomiquesChapitre 163 sur 670 · A. LIGNE BLANCHE · texte numérisé non relu

A. LIGNE BLANCHE

On donne le nom de ligne blanche à un raphé fibreux étendu de l'appendice xiphoïde à la sympliyse des pubis ; on peut considérer cette ligne blanche comme la continuation du sternum, qui, chez certains animaux, se prolonge jusqu'au pubis. Latéralement, la ligne blanche est comprise entre les bords internes des muscles droits de l'abdomen ; il résulte de la disposition de ces muscles que la ligne blanche est beaucoup plus large à sa partie supérieure qu'à sa partie inférieure, et qu'elle est beaucoup plus large chez les personnes hydropiques ou chez les femmes qui ont eu beaucoup d'enfants.

La ligne blanche présente un assez grand nombre de trous qui donnent passage aux nerfs et aux vaisseaux ; l'ouverture la plus importante que l'on trouve sur son trajet est Vanneau ombilical, qui donne passage chez le fœtus aux vaisseaux ombilicaux. Cet orifice se cicatrise après la naissance, et ce n'est que dans des cas exceptionnels qu'il reste permanent.

Ombilic.

Vombilic est situé à peu près à la partie moyenne de l'abdomen, plutôt même un peu au-dessous de ce point : il existe d'ailleurs des différences assez notables suivant les sujets. La cicatrice qui résulte de la réunion des vaisseaux qui, chez le fœtus, passent par l'ombilic, est très solide. L'ouverture ombilicale est constituée par l'écartement des fibres de la ligne blanche ; cet écartement est comblé, à l'état

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normal, par la réunion des trois vaisseaux ombilicaux et par l'ouraque oblitérés. La peau est très adhérente au pourtour fibreux de l'anneau.

L'anatomie de la région ombilicale a été parfaitement exposée par M. Kichet (1). Il a fait connaître l'exacte disposition des parties qui concourent à former l'anneau ombilical, et donné l'explication des diverses formes de hernies que l'on observe dans ce point. Nous allons exposer aussi succinctement que possible le résultat de ces importants travaux. Vu à l'extérieur, l'anneau ombilical se présente sous la forme d'un anneau irrégulièrement quadrilatère, à angles très mousses, et dont les bords sont constitués par des faisceaux fibreux formés par les aponévroses abdominales qui s'entre-croisent de manière à limiter l'espace qui doit laisser passer le cordon. A la face postérieure de l'anneau sont deux faisceaux de fibres curvilignes semi-circulaires qui embrassent l'un la demi-circonférence supérieure de l'anneau, l'autre la demi-circonférence inférieure et s'enire-croisent suivant le diamètre transversal de cet orifice. Quelle est l'origine de ces faisceaux? Lorsqu'on dissèque l'ouverture ombilicale chez les sujets nouveau-nés qui ont succombé dans les huit jours qui suivent la naissance, on peut voir que le contour de l'anneau, à sa face péritonéale, est surmonté d'une sorte de bourrelet rougeâtre dont l'épaisseur est variable. Il est formé par des fibres pâles ayant l'apparence des fibres musculaires de la vie organique. L'examen au microscope fait voir qu'ils sont constitués par des fibres élastiques aplaties, sinueuses, non striées en travers, ayant beaucoup d'analogie avec celles de la tunique moyenne des artères.

Dans l'ouverture circonscrite par ces fibres passent l'ouraque et les vaisseaux ombilicaux, et l'on peut voir sur les enfants morts quarante ou cinquante heures après la naissance, que sur ces vaisseaux, dans le point qui correspond à cette espèce de sphincter, existe déjà une rainure circulaire , quelquefois même un commencement de division indiquant nettement le rôle qu'il est appelé à jouer. Sur les enfanta chez lesquels la section de ce cordon est sur le point de s'achever, ces fibres ensèrent la veine, mais surtout les artères et l'ouraque, dans une sorte de collet contractile, et les éléments du cordon commencent de leur côté à contracter adhérence avec l'infundibulum de la peau attirée vers l'ouverture ombilicale. Sur les enfants plus âgés, les faisceaux deviennent de moins en moins saillants, les fibres sont plus blanches, adhèrent de plus en plus aux fibres tendineuses avec lesquelles elles finissent par se confondre, constituant une sorte d'anneau profond qui double et renforce celui qui est formé par les aponévroses abdominales entre-croisées.

Ces fibres élastiques constituent un véritable sphincter ombilical qui se resserre insensiblement, et les vaisseaux se trouvent progressivement coupés comme ils le seraient par une ligature. A la fin de la

(i) Piicliet, Traité pratique d'anatomle médico-chirurgicale, 1857, p. 540,

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