MUSCLES DE LA PAUME DE LA MAIN
LOMBRICAUX.
Petites languettes charnues, au nombre de quatre, désignées par les noms numériques de premier, deuxième, etc., en allant de dehors en dedans (fig. 77. 4).
(1) Béraud, loc.cit., 1. 1, p. 291.
282 MYOLOGIE.
Ils naissent des tendons du fléchisseur profond après qu'ils ont franchi le ligament annulaire ; les deux premiers naissent de la partie antérieure des tendons destinés à l'index et au médius, le troisième entre le tendon du médius et celui de l'annulaire, le quatrième entre celui de l'annulaire et du petit doigt. Ces petits muscles se portent, les moyens verticalement, les deux autres obliquement, pour gagner le côté externe de l'articulation métacarpo-phalangienne des doigts correspondant aux tendons extenseurs, et se terminent par une languette assez large qui complète la gaine de ces tendons. Leur tendon s'unit à celui du muscle interosseux et au tendon de l'extenseur correspondants.
Rapports. — Ils ont les mêmes rapports que les tendons du fléchisseur profond à la paume de la main.
Action. — M. Cruveilhier pense qu'ils ont pour usage de maintenir les tendons extenseurs appliqués contre les phalanges, de servir de lien entre les extenseurs et les fléchisseurs. Theile les considère comme des fléchisseurs.
M. Parise leur assigne les usages suivants : 1° ils sont, par l'intermédiaire du tendon de l'extenseur commun, extenseurs des deux dernières phalanges ; 2° en prenant leur point d'appui sur les tendons extenseurs, ils relâchent les fléchisseurs ; 3" ils inclinent les quatre derniers doigts vers le bord radial de la main, en leur communiquant un léger mouvement de rotation.
« Cette rotation des doigts sur la tête des métacarpiens complète les caractères enarlhrodiaux des articulations métacarpo-phalangiennes, que nous ne saurions classer avec Boyer parmi les arthrodies, et avec M. Cruveilhier parmi les condylarthroses ; car elles présentent tout ce qui constitue l'énarthrose : une tête sphérique, une cavité articulaire dont un fibro-cartilage agrandit la capacité en bordant sa circonférence, des mouvergents de flexion, d'extension, d'adduction, d'abduction, de circumduction, et enfin de rotation (1). »
INTEROSSEUX.
Préparation. — Enlevez les tendons extenseurs et fle'chisseurs au niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne ; détactiez le carpe du métacarpe et séparez les os du carpe en coupant les ligaments transverses.
Petits muscles prismatiques, triangulaires, situés dans les espaces interosseux, divisés en dorsaux ou palmaires en raison de leur situation rapprochée du dos ou de la paume de la main, désignés sous le nom numérique de premier, second, etc., en allant de dehors en dedans (fig. 78. 6).
INTEROSSEUX DORSAUX.
Beaucoup plus volumineux que les interosseux palmaires , ils (1) Sappey, Manuel d'analomie descriptive, t. l", p. 270. Paris, 4847.
INTEROSSEUX PALMAIRES. 283
occupent toute la partie postérieure et la moitié antérieure des espaces interosseux; ils sont au nombre de quatre.
Insertions. — Us s'insèrent en haut des deux métacarpiens entre lesquels ils sont placés ; leur double insertion est séparée par l'artère radiale pour le premier interosseux, les artères perforantes pour les trois autres. Une de ces insertions est bornée à la partie postérieure de la face latérale d'un des métacarpiens, l'autre occupe toute la longueur de la partie latérale de l'autre métacarpien. Broc a fait remarquer que l'insertion à toute la longueur de la face latérale du métacarpien existe toujours du côté de la phalange à laquelle s'insère le muscle; inférieurement, ces muscles s'insèrent par un tendon à l'extrémité supérieure de la première phalange et au bord du tendon extenseur correspondant.
Rapports. — Ils sont recouverts en arrière parla peau, les tendons extenseurs, en avant par les interosseux palmaires et les tendons du fléchisseur profond.
INTEROSSEUX PALMAIRES.
Plus petits que les précédents, au nombre de trois seulement, le premier interosseux palmaire étant représenté par l'adducteur du pouce.
Insertions. — Ils s'insèrent, le premier à la face interne du second métacarpien, les deux autres à la face externe du troisième et du quatrième ; de là ces muscles se portent veiticalemeut en bas, et s'attachent, le premier au côté interne de l'extrémité supérieure de la première phalange du doigt indicateur, les deux autres au côté externe de la première phalange de l'tjnnulaire et du petit doigt. Tous ces muscles s'insèrent en outre aux tendons extenseurs correspondants.
Rapports. — En arrière, avec les interosseux dorsaux; en avant, avec les tendons des fléchisseurs, les muscles adducteur du pouce et court fléchisseur du petit doigt, les nerfs et les vaisseaux de la paume de la main.
Action des interosseux. — Ils président aux mouvements de latéralité en vertu desquels les doigts s'écartent ou se rapprochent les uns des autres. Si, à l'exemple de M. Cruveilhier, on examine l'action des muscles interosseux en les supposant situés de chaque côté d'une ligne qui passerait par l'axe de la main, on voit que tous les interosseux dorsaux sont abducteurs, et les palmaires adducteurs par rapport à cet axe et non à celui du corps. Ainsi le doigt médius, qui forme l'axe de la main, reçoit-il deux interosseux dorsaux qui le portent en dehors relativement à une ligne qui passerait par son milieu, et ne reçoit-il pas de muscle interosseux palmaire. Le doigt indicateur a son interosseux dorsal inséré au côté externe, son interosseux palmaire au côté interne de la phalange, le doigt annulaire et le petit doigt leurs interosseux dorsaux au côté interne, leurs interosseux palmaires au côté externe de leur première phalange.
284 MYOLOGIE.
Les artères des muscles de l'éminence hypothénar et des muscles interosseux sont fournies : 1° par la transverse dorsale du carpe, brandie de la radiale ; 2° par l'artère antérieure du carpe, branche de la cubitale ; 3*^ par le rameau cubito-radial, branche de la cubitale.
Les nerfs sont tous fournis par le cubital,