APONÉVROSES DE LA MAIN
Les aponévroses de la main comprennent : 1" le ligament dorsal du carpe ; T Vaponévrose dorsale du métacarpe; 3" le ligament annulaire antérieur du carpe; V Vaponévrose palmaire; 5" les gaines fibreuses synoviales des tendons fléchisseurs ; 6° Vaponévrose interosseuse.
1" Ligament dorsal du carpe.
Au niveau du poignet, l'aponévrose antibrachiale est renforcée par un grand nombre de fibres transversales ; elle devient plus épaisse, et forme ce que l'on appelle le ligament dorsal du carpe.
Ce ligament s'insère en dedans à l'os pisiforme et à l'aponévrose palmaire, au cubitus et au pyramidal ; en dehors au bord du radius et à l'aponévrose antibrachiale ; son bord supérieur se continue avec l'aponévrose antibracbiale ; son bord inférieur avec l'aponévrose dorsale d* métacarpe; sa face postérieure est en rapport avec la peau. Sa face antérieure recouvre les tendons des muscles qui passent sous la face dorsale du poignet: de cette face antérieure partent des prolongements fibreux qui isolent les tendons et leur forment des gouttières spéciales.
Ces gouttières sont au nombre de six : elles sont, en procédant de dehors en dedans-
a. Une gouttière pour les tendons des long abducteur et court extenseur du pouce.
b. Une seconde pour les deux radiaux externes.
c. Une autre pour le long extenseur du pouce; ces deux dernières gouttières se réunissent en bas en une seule gaîne complètement fibreuse.
d. Une quatrième, la plus considérable de toutes, est destinée aux muscles extenseur commun des doigts et extenseur propre du doigt indicateur.
e. Une cinquième complètement fibreuse dans toute sa longueur pour le muscle extenseur propre du petit doigt.
f. Une sixième pour le tendon du muscle cubital antérieur qui se prolonge jusqu'au cinquième métacarpien.
Toutes ces gouttières sont tapissées par des membranes synoviales qui remontent assez haut, et qui se prolongent au-dessous de ce ligament ; quelques-unes de ces membranes synoviales se prolongent jusqu'à l'extrémité des tendons.
SYNOVIALES DV POIGNET, 285
2° Aponévrose dorsale du métacarpe.
L'aponévrose dorsale du métacarpe fait suite inférieurement au ligament dorsal du carpe; c'est une lamelle fibreuse composée de fibres transversales qui sépare les nerfs et les vaisseaux sous-cutanés des tendons des muscles extenseurs.
3° Ligament annulaire antérieur du carpe.
On désigne sous ce nom une bandelette fibreuse extrêmement résistanle qui passe en avant des os du carpe et complète la gouttière formée par ces os.
On lui considère : Une extrémité interne qui s'insère à l'os pisiforme et à l'os crochu : entre ces deux insertions passe le nerf cubital ; une extrémité externe qui s'attache au trapèze et au scaphoïde. Un bord supérieur qui se continue avec l'aponévrose antibrachiale ; un bord inférieur qui se continue au milieu avec l'aponévrose palmaire, et sur les parties latérales avec les lamelles fibreuses minces qui recouvrent les muscles des éminences thénar et hypothénar. Par son bord inférieur et par sa face antérieure ce ligament donne encore attache à un grand nombre de fibres des muscles de ces éminences. Une face antél'ieure, en rapport avec la peau, et avec le tendon du muscle petit palmaire qui confond ses fibres avec celles du ligament'; une face postérieure en rapport avec les tendons des muscles fléchisseurs de la main ; cette face postérieure est tapissée par la synoviale commune de ces muscles. Dans l'épaisseur de ce ligament se trouve la gaine du muscle grand palmaire, d'abord complètement fibreuse, et qui devient ostéo -fibreuse en passant dans la coulisse du trapèze.
4" Synoviales du poignet.
Les synoviales qui environnent les tendons de la face antérieure du poignet ne sont pas aussi distinctes que celles de la face postérieure ; aussi les auteurs ne sont-ils pas d'accord sur leur nombre.
M. Michon (I), à qui nous empruntons la description des synoviales du poignet, rapporte les opinions émises par les anatomistes, à trois principales : 1" 11 n'existe qu'une gaine synoviale commune au niveau du carpe (Bichat, M. Maslieurat-Lagemard) ; 2" il y a généralement deux synoviales au niveau du carpe, l'une commune aux fléchisseurs des doigts, l'autre propre au fléchisseur du pouce : Meckel, Winslow, MM. Cruveilhier, Velpeau, Leguey, Gosselin, admettent presque sans exception l'indépendance de ces deux synoviales ; 3" il existe un bien plus grand nombre de synoviales (Bourgery, Monro, etc.).
M. Michon, après avoir examiné avec soin les travaux des anato-
(1) Michon, Thèse de concours pour tine chaire de cUnique chirurgicale, 1851: Des tumeurs synoviales de la face palmaire de l'avant-bras, etc.
286 MYOLOGIE.
mistes que nous venons de nommer, et après avoir préparé par l'insufflation les synoviales du poignet, est arrivé à constater qu'il existe une synoviale indépendante destinée au muscle fléchisseur propre du pouce, et que ce n'est que dans des cas exceptionnels qu'il a trouvé plusieurs synoviales pour les muscles fléchisseurs des doigls.
La synoviale du fléchisseur propre du pouce, ou bourse externe, est située au-dessous des muscles de l'éminence thénar, passe sous le ligament annulaire du carpe, et monte à 3 ou 4 centimètres au-dessus de lui, entre le long supinateur et le fléchisseur commun des doigts ; au-dessous du ligament elle est entre l'apophyse du trapèze et le nerf médian. Elle est traversée par le tendon du fléchisseur propre du pouce, qui est libre dans toute son étendue et fixé à son extrémité supérieure par deux replis falciformes qui indiquent le point où la synoviale se réfléchit sur lui. En bas, elle se prolonge jusqu'à l'extrémité du tendon du fléchisseur propre du pouce.
La bourse synoviale des extenseurs communs^ ou bourse synoviale du carpe, présente la forme d'un bissac étranglé au niveau du ligament annulaire; son extrémité supérieure, arrondie, le dépasse en haut de 8 centimètres environ ; on la trouve d'abord entre le muscle cubital antérieur et le nerf médian; elle recouvre le faisceau des fléchisseurs qu'on aperçoit par transparence. En écartant le muscle cubital, on voit qu'elle s'enfonce sous le fléchisseur profond.
Au niveau du ligament annulaire, elle est étranglée et située entre l'apophyse de l'os crochu et le nerf médian.
Au-dessous du ligament annulaire, derrière l'aponévrose palmaire, on trouve le renflement inférieur dirigé un peu en dedans ; il se sépare de la boorse externe au niveau de la tête du deuxième métacarpien, et se termine par une extrémité arrondie vers le milieu de la main. De cette extrémité partent trois prolongements; les deux premiers sont très courts, pour les tendons de l'index et du médius; le troisième tantôt s'arrête à l'articulation métacarpo-phalangienne, tantôt s'étend jusqu'au petit doigt. Dans la cavité de cette synoviale, on trouve les tendons des muscles fléchisseurs; sur le côté externe, la membrane s'adosse à la synoviale externe; entre ces deux feuillets, à leur partie antérieure, se trouve le nerf médian.
Quelquefois il existe une communication entre les deux synoviales, d'autres fois on a rencontré une synoviale médiane destinée au tendon fléchisseur de l'index.
Dans l'intérieur des synoviales du poignet, on trouve souvent des replis qui divisent ces synoviales en autant de loges plus ou moins complètes.
Nous décrirons plus loin les synoviales des gaines tendineuses des doigts qui sont indépendantes de celles du poignet.
5*^ Aponévrose palmaire.
L'aponévrose palmaire forme une gaîne commune à tous les mus-