ARTÈRES INTERCOSTALES
Les branches intercostales qui naissent de l'aorte ont reçu le nom d'intercostales aortiques, pour les distinguer des intercostales supérieures, formées par la première intercostale, branche de la sous-clavière et des intercostales antérieures, qui viennent de la mammaire interne.
Artères intercostales.
Elles sont au nombre de neuf ou dix paires, les deux ou trois intercostales supérieures étant fournies par l'artère sous-clavière. Elles naissent de la paitie postérieure de l'aorte ; elles présentent le même calibre à droite qu'à gauche, en haut qu'en bas. Les artères du côté droit (lig. 90. 17) sont plus longues que celles du côté gauche (fig. 90. 16) ; en effet, nous avons déjà dit que, dans le thorax, l'aorte était située sur la partie gauche de la colonne vertébrale ; aussi les intercostales droites contournent-elles les corps de chaque vertèbre dorsale, passant derrière l'œsophage, le canal thoracique, la veine azygos, et gagnent l'espace intercostal correspondant ; dans leur trajet elles fournissent quelques rameaux qui pénètrent dans le corps de la vertèbre dorsale qui les supporte. Les artères intercostales gauches, au contraire, se jettent immédiatement dans l'espace intercostal correspondant ; à partir de ce point, elles offrent, deS deux côtés, une disposition tout à fait identique.
Elles sont en rapport avec la plèvre et les ganglions du grand sympathique ; les deux dernières intercostales des deux côtés sont en rapport avec les piliers du diaphragme.
Arrivées à l'espace intercostal, elles se divisent en deux branches : ime branche postérieure 0[i dorso-spinale, une branche antérieure ou intercostale proprement d/ie, que l'on peut considérer comme la continuation de l'artère.
A. Branches postérieures ou dorso-spinales. — Elles se portent en arrière, entre les apophyses transverses des vertèbres et se divisent en deux rameaux :
i"^ Un raineau spinal, qui pénètre dans le trou de conjugaison qui lui correspond, et se divise en un rameau osseux, qui pénètre dans l'intérieur de la vertèbre et s'anastomose avec les rameaux vertébraux antérieurs qui viennent du tronc des intercostales droites, et un ramea>i médullaire, qui gagne la dure-mère, la traverse avec les nerfs rachidiens, et envoie sur chaque racine antérieure et postérieure un rameau qui se distribue sur les faces antérieure et postérieure de la moelle épinière, se divisant en un rameau ascendant, qui s'anastomose avec les artères situées au-dessus, et en un rameau descendant, qui s'anastomose avec celles qui sont situées au-dessous.
2° Un rameau musculaire ou dorsal, qui se divise aussi en deux branches : une externe, qui s'épuise dans les muscles sacro-lombaire et long dorsal ; un rameauinterne, qui passe entre le long dorsal et le
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transversaire épineux, se distribue à ces muscles, fournissant aux muscles superficiels et aux téguments du dos.
B. Branches inler costales proprement dites. — D'abord situées au milieu de l'espace intercostal, entre la plèvre et le muscle intercostal interne, elles se placent ensuite entre les deux muscles intercostaux ; puis, gagnant la gouttière située à la partie interne et inférieure de la côte, qu'elles occupent par leur partie moyenne, elles se replacent dans leur tiers antérieur au milieu de l'espace intercostal. Dans tout le trajet elles sont en rapport avec la veine intercostale et le nerf du même nom.
Les artères intercostales fournissent des rameaux aux muscles intercostaux, aux côtes et à leur périoste, aux muscles et aux téguments de la partie antérieure du thorax, enfin aux mamelles. Ces rameaux mammaires sont plus volumineux chez la femme que chez l'homme ; ils peuvent acquérir un grand développement pendant l'allaitement et dans certaines maladies du sein.
Elles se terminent en s'anastomosant avec les intercostales antérieures qui viennent de la mammaire interne, avec les branches qui fournissent aux muscles de la partie antérieure du thorax, avec l'épigastrique et avec les diaphragmatiques inférieures.
Vers le huitième espace intercostal, les artères abandonnent dans leur tiers antérieur l'espace intercostal, et se jettent, à la manière des artères lombaires, dans les muscles larges de l'abdomen.
Artères lombaires.
Leur nombre est variable, et en raison du développement de l'artère iiio-lombaire ; elles sont en général au nombre de quatre. Elles naissent de la partie postérieure de l'aorte, se portent à droite et à gauche sur la moitié droite ou gauche de la vertèbre lombaire qui leur correspond, passent, les premières, c'est-à-dire les supéiieures, sous les piliers du diaphragme, les suivantes dans les anneaux fibreux du psoas, fournissent des rameaux qui se perdent dans le tissu de l'os, et, parvenues au niveau de la base des apophyses transverses, se divisent en deux branches : l'une, dorso-spmale, qui offre exactement la même disposition que la branche dorso-spinale des intercostales; Vautre, antérieure, qui se perd dans les muscles de la paroi antérieure de l'abdomen, s'anastomosant avec l'épigastrique, l'iléo-lombaire, la sous-cutanée abdominale. La première artère lombaire se divise en deux rameaux dont le supérieur longe la dernière côte, l'inférieure longe la crête iUaque, et envoie des rameaux aux muscles fessiers, à l'os iliaque et aux muscles de l'abdomen.
Pour compléter la description des artères pariétales de l'abdomen fournies par l'aorte, il nous reste à parler des artères diaphragmatiques inférieures =
TRONC BRACIIJO-CÉPHALIQUE. 369
ARTÈRES DIAPHRAGMATIQUES INFÉRIEURES.
Préparation. —Enlevez avec soin le péritoine qui recouvre la face inférieure du diaphragme.
Ces artères sont au nombre de deux (fig. 90. 18, et fig. 91. 2), l'une à droite, l'autre à gauche. Elles naissent de la partie antérieure de l'aorte, quelquefois du tronc cœliaque, d'autres fois de la coronaire stomachique ou des rénales. Quelle que soit lei"ir origine, elles se portent d'arrière en avant, au niveau du pilier du diaphragme correspondant, envoient un rameau à la capsule surrénale, artère capsulaire fiupérieure, et se divisent en deux branches. L'une, interne^ s'anastomose en arcade avec celle du côté opposé, autour du centre plirénique et de l'orifice œsophagien ; l'artère du côté gauche envoie à l'œsophage un rameau qui s'anastomose avec les artères œsophagiennes qui Tiennent de l'aorte : elles envoient toutes deux des rameaux inférieurs qui se portent au pancréas, à l'estomac. L'autre, erlerne, beaucoup plus volumineuse, se porte vers les attaches du diaphragme, et s'anastomose avec les intercostales et la mammaire interne : elle forme sur la partie supérieure du diaphragme une troisième arcade artérielle en s'anastomosant avec l'artère du côté opposé.
ARTÈRES QUI NAISSENT DE LA CROSSE DE l'aORTE.
Préparation de la crosse de V aorte et des vaisseaux qui en partent. — Enlevez la partie supérieure du sternum, les cartilages des trois premières côtes, l'extrémité interne des clavicules ; avez soin "de ménager l'artère mammaire interne qui rampe sur la face postérieure dos cartilages costaux. Conservez les rapports de l'aorte avec les vaisseaux pulmonaires et avec la trachée.
Nous avons déjà dit que, de la convexité de la crosse de l'aorte, naissaient trois gros vaisseaux, qui sont de droite à gauche et d'avant en arrière: le tronc hrachio-céphaliqiie , Varlère carotide primitive gauche, l'artère sous-clavière gauclic.
Ces trois artères présentent dans leur origine de nombreuses variétés sur lesquelles nous ne pouvons nous aiTêter.
TRONC BRÂCIIIO-CÉPHALIQUE.
Désigné encore sous le nom de tronc innominé, le tronc hrachiocéphatiqiie (fig. 90. 6) naît de la portion la plus élevée et la plus antérieure de la crosse de l'aorte ; sa longueur est de 3 centimètres environ. 11 s'étend depuis la crosse aortique jusqu'au niveau de la fourchette sternale, qu'il déborde quelquefois chez le vieillard.
Rapports. — En avant, avec le sternum et l'extrémité inférieure des muscles qui s'attachent à cet os, avec le tronc veineux brachio-
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céphalique droit ; en arrière, avec la trachée-artère ; en dehors, avec le poumon droit dont il est séparé par la plèvre ; en dedans, avec l'artère carotide primitive gauche, qui en est assez rapprochée en bas, et qui s'en éloigne supérieurement.
4u niveau de la fourchette sternale, le tronc brachio-céphalique se divise en deux branches : l'artère carotide 'primitive droite et Vartère sous-clavière droite. 11 ne fournit pas de branches collatérales ; ce n'est que dans des cas très rares qu'on l'a vu donner naissance à la thijro'idienne de Neubaiier.