DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES EN GÉNÉRAL. 4S
5° Dans le tissu musculaire. — L'origine des vaisseaux lymphatiques a élé constatée sur le diaphragme. M. Sappey pense que les vaisseaux lymphatiques observés sur la surface des viscères musculeux appartiennent non à l'enveloppe séreuse, mais au tissu musculaire de l'organe; enfui l'origine des vaisseaux lymphatiques a été constatée dans les muscles de la vie de relation, dans les intercostaux, le grand pectoral, etc.
6° Dans le tissu fibreux, dans les es. — Les tissus fibreux, tendons, aponévroses, dure-mère, etc., donnent naissance à un petit nombre de vaisseaux lymphatiques que l'on a pu démontrer par l'injection Si les os possèdent des vaisseaux lymphatiques, ceux-ci ne sont probablement qu'en petit nombre ; ils sont surtout d'une préparalion difficile. M. Gros dit avoir vu un vaisseau lymphatique distendu par les gaz, étendu du conduit nourricier du tibia au creux poplité. M. Sappey a injecté sur la membrane médullaire du fémur un vaisseau qu'il croit être un vaisseau lymphatique; mais les parties molles ayant élé enlevées, il n'a pu le suivre jusqu'à un ganglion.
7° Dans les glandes. — Le système glandulaire possède un grand nombre de vaisseaux lymphatiques ; celles qui en possèdent le plus sont les glandes à réservoir, le foie, le rein, le testicule, etc., puis viennent les glandes sans réservoir, le pancréas, les glandes salivaires, puis les glandes simples, les amygdales.
Le thymus, le corps thyroïde, les capsules surrénales possèdent un grand nombre de ces vaisseaux.
Trajet, anastomoses et terminaisons.
Des différents réseaux que nous venons de signaler, les vaisseaux lymphatiques se rendent dans des organes glandiformes qui sont désignés sous le nom de ganglions lymphatiques.
Les vaisseaux qui naissent des réseaux superficiels, les réseaux sous-cutanés, sous-muqueux, constituent les vaisseauœ lymphatiques superficiels; ceux qui naissent delà profondeur de nos organes, des muscles, de l'intérieur des glandes, par exemple, constituent les vaisseaux lymphatiques profonds.
Les premiers, dans les membres, suivent les veines superficielles ; dans les viscères, ils sont situés entre la surface de l'organe et la membrane séreuse. Les seconds suivent le trajet des vaisseaux profonds de chaque côté desquels ils se placent.
Les vaisseaux lymphatiques convergent vers des ganglions ; ceux qui arrivent à ces ganglions sont appelés vaisseaux afférents, ceux qui en partent sont désignés sous le nom de vaisseaux efférents. Les premiers paraissent s'épuiser dans ce ganglion ; mais bientôt il se reforme d'autres vaisseaux qui, comme eux, se rendent à un second ganglion, puis à un troisième, et tous finissent par se rendre dans les veines, les uns par le canal thoracique, les autres par la grande veine lym-
/il.
486 ANGIOLOGIE.
phalique. Il est à remarquer que jamais un vaisseau ne se rend dans le canal thoracique ou dans la grande veine lymphatique sans avoir traversé un ganglion.
Ces vaisseaux suivent dans leur trajet une direction rectiligne ; il est rare de rencontrer des vaisseaux flexueux.
Ils s'anastomosent rarement entre eux, cependant on observe des communications entre les lymphatiques superficiels et les profonds ; ils s'anastomosent, au contraire, très largement dans l'épaisseur des ganglions.
Quelle que soit la longueur d'un vaisseau lymphatique, il n'augmente pas sensiblement de volume entre le réseau et le premier ganglion ; ainsi les vaisseaux lymphatiques du pli de l'aine sont à peine plus volumineux que ceux qu'on observe autour des malléoles.
Nous avons dit plus haut que les vaisseaux lymphatiques se terminaient par le canal thoracique dans la veine sous-clavière gauche, par la grande veine lymphatique dans la même veine du côté droit. Mais en raison de l'élroitesse du calibre du canal thoracique et de la grande veine lymphatique, on a supposé et l'on a cherché d'autres communications des vaisseaux lymphatiques avec différents points du système veineux.
Lauth et Fohmann ont supposé que les vaisseaux lymphatiques communiquaient avec les radicules du système veineux, mais aucun fait anatomique n'est venu confirmer cette assertion. Ils ont admis encore des communications dans l'épaisseur des ganglions, entre les veines et vaisseaux lymphatiques : à la vérité, on a vu le mercure injecté dans les lymphatiques passer dans les veines ; mais on a démontré que les ganghons avaient subi dans leur texture une altération pathologique ou dépendante de la putréfaction.
Enfin M. Lippi a publié un mémoire dans lequel il décrit des communications entre les vaisseaux lymphatiques et la veine porte, la veine honteuse interne, la veine rénale, etc. Ces communications n'ont pas été retrouvées, même par M. Lippi lui-même.