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LANGUE

parabolique que décrit l'arcade dentaire inférieure. Elle est horizontale dans sa partie antérieure, qui est la plus considérable ; vers sa partie postérieure elle se recourbe brusquement et se porte en arrière et en bas : c'est dans ce point qu'elle présente sa plus grande épaisseur; vers la pointe son épaisseur est bien moins considérable ; elle va encore en s'amincissant en arrière pour s'attacher à l'os h\oïde.

On considère à la langue une face supérieure, une face inférieure, deux bords latéraux, une base et un sommet.

Face supérieure — Elle est inégale, raboteuse, libre dans toute son étendue. Les inégalités qu'on remarque sont :

1* Des plis, saillants surtout à la face postérieure et sur les bords de la langue; sur la partie moyenne on remarque un sillon longitudinal très considérable chez quelques sujets.

2" Bes papilles extrêmement nombreuses; elles recouvrent toute la face dorsale de la langue. On en décrit plusieurs espèces; ce sont :

A. Les grosses papille^, situées à la base et disposées sur deux séries linéaires, obliques, qui se touchent pai' leur extrémité et représentent un V dont la pointe regarde en arrière ; au nombre de seize à vingt, elles ont la forme d'un cône tronqué, libre par sa base, adhérent par son sommet, d'où le nom de papilles à tête qui leur a été donné par Bover ; elles sont entourées d'une rigole circulaire, c'est ce qui les a fait désigner par M. Cruveilhier sous le nom de papilles caliciformes (fig. 12o, D).

A la réunion des deux branches du V, on trouve une pdpille moins développée logée dans une cupule beaucoup plus profonde que les autres. Cette petite cavité est désignée sous le nom de foramen cœcUm de Morgagni.

B. Les petites papilles sont divisées en fongiformes, coroUifOrmes, filiformes ei coniques ; ces dernières senties pltls tiotnbreuses. Ces diverses papilles sont disséminées sur la surface de la langue (fig. 1 25, E, Fj. Enfin M. Sappey a décrit et figuré des papilles hémisphériques encore plus petites que les précédentes ; on les rencontre entre les pfiipilles fongiformes et corollifdfmes dans les sillons qui les séparent.

3° Les glandes. En arrière des papilles caliciformes on trouve un assez grand nombre de glandes, glandes anus muqueuses, disposées en forme de V concentrique au V des papilles caliciformes (fig. 125, C). On trouve des glandes intermusculaires qui commencent en arrière au niveau des glandes sous-muqueuses et qui se prolongeht de chaque côté jusqu'au voisinage de la pointe de la langue.

Face inférieure. — La face inférieure de la langue n'est libre que dans son tiers antérieur; ses deux tiers postérieurs sont occupés par les muscles qui la fixent aux parties voisines. Sur la portion libre de la face inférieure on remarque un sillon médian occupé en arrière par un repli niuqueux, le frein de la langue ou plet ; de chaque côté du sillon on voit la saillie des muscles linguaux et deux saillies bleuâtres formées par les veines ranines.

SPLANCHNOLOGIE.

Les bords vont en augmentant d'épaisseur de la pointe vers la base de la langue; les papilles se rencontrent dans toute la moitié supérieure de ces bords.

La base est lixée à l'os hyoïde.

La pointe conserve souvent les traces du sillon médian des faces supérieure et inférieure.

Struclure. — La langue est formée : 1" de muscles intrinsèques et extrinsèques qui s'attachent sur des parties fibreuses et cartilagineuses formant, avec l'os hyoïde, la charpente de l'organe; 2" d'une membrane muqueuse ; 3° de vaisseaux et de nerfs.

Charpenle de la langue.

L'os hyoïde, que nous avons déjà décrit, donne attache par sa lèvre postérieure à une membrane fibreuse, membrane hyo-glossienne, sur laquelle s'implantent les fibres de la langue.

Sur la ligne médiane, on trouve une petite lame fibreuse verticale, plus épaisse en arrière qu'en avant, située entre les génio-glosses, et

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FiG. 125. — Langiie.

A. Os liyoïde. — B. Artère linguale. — G. Glandules de la base de la langue. — D,D. Papilles caliciformes. — E,E,E. Papilles fungiformes. — F, F. Papilles filiformes. — i. Muscle génio-hyoïdien. — 2,2. M. mylo-hyoïdien. — 3. M. lingual profond ou inférieur. — 4. M. génio-glosse. — 5. M. stylo-glosse. — 6, G. M. hyo-glosse.

STÎLO-GLOSSE. 521

donnant, par ses deux faces, attache à des fibres musculaires. Cette membrane a été décrite par Blandin sous le nom de fibro-cartilage médian de la langue.

Enfin le derme de la membrane muqueuse de la langue est extrêmement épais; il adhère au tissu musculaire et peut être également considéré comme faisant partie de la charpente de la langue.

Muscles de la langue.

Ces muscles sont intrinsèques, ce sont les muscles linguaux, et extrinsèques, les stylo-glosse, hyogloose et génio-glosse; trois muscles enfin partant des organes avec lesquels la langue est en connexion, ce sont le pharyngo-glosse, le palato-glosse, ou glosso-taphylin déjà décrit avec le voile du palais, enfin l'amygdalo-glosse.

Muscle lingual.

On désigne sous le nom de muscle lingual un grand nombre de fibres musculaires qui s'entrecroisent avec les muscles extrinsèques de la langue.

Gerdy, qui a disséqué et décrit avec beaucoup de soin les muscles de la langue, signale :

1° Un muscle lingual superficiel, lingual supérieur, qui recouvre la face supérieure et les bords de la langue, adhère fortement au derme de la muqueuse sur laquelle il se fixe ; en arrière, ce muscle s'attache au tissu fibreux jaune qui a été signalé à la base de la langue.

2° Deux linguaux profonds placés entre les hyo-glosses et les génioglosses et qui se fixent en arrière au tissu jaune M. Cruveilhier désigne ce faisceau sous le nom de lingual inférieur (fig. 125. 3).

3° Des linguaux transverses, placés sous le lingual superficiel; traversant toute la longueur de la langue, passant entre les fibres latérales du lingual superficiel, qu'ils croisent à angle droit.

D'après M. Cruveilhier, le muscle lingual des auteurs est un petit faisceau musculaire couché le long de la face inférieure de la langue entre le stylo-glosse et l'hyo-glosse ; il naît en arrière de l'os hyoïde, se dirige d'arrière en avant avec les fibres transversales du styloglosse et du génio-glosse, puis redevient libre antérieurement et se termine à la pointe de la langue, en s'unissant aux fibres antérieures du stylo-glosse.

Le lingual raccourcit la langue et abaisse sa pointe.

Slylo-glosse.

Petit muscle grêle (fig. 125. 5) qui s'insère eu haut à la partie inférieure de l'apophyse styloïde et à l'aponévrose stylo-maxillaire, se porte en bas, en dedans et en avant ; parvenu à la base de la langue, il se

522 SPLANCHNOLOGIE.

divise en deux portions : l'une^ antéro-postérieure, qui longe le bord correspondant de la langue; l'autre, transverse ou supérieure, qui s'unit à celui du côté opposé et se confond avec les fibres transverses de la langue.

Rapports. — En dehors avec la glande parotide, le muscle ptérygoïdien interne, la glande sublinguale, le nerf lingual; en dedans avec le stylo-hyoïdien, le constricteur supérieur du pharynx et l'hyoglosse.

Action. — Il porte la langue en haut, l'élargit et la porte en arrière,

Hyo~glosse,

Petit muscle quadrilatère (fig. 125. 6) qui s'insère au corps de l'os hyoïde hasio-glosse, à la petite corne et à toute la longueur de la grande corne céralo-glosse ; de là ses fibres se portent verticalement en haut et se terminent sur les côtés de la langue, entre le styloglosse et le lingual; le cérato-glosse présente souvent un faisceau accessoire qui naît à l'extrémité de la grande corne de l'os hyoïde, et, se réunissant au stylo-glosse, arrive jusqu'à la pointe de la langue.

Rapports. — En dehors avec le stylo-glosse, le mylo-hyoïdien, le digastrique, les nerfs lingual et grand hypoglosse, la glande sublinguale ; en dedans il répond à l'artère linguale, au génio-glosse et au constricteur moyen du pharynx.

Action. — Il porte la langue en arrière et la rétrécit dans son diamètre transversal.

Génio-gloS:^e.

Le plus volumineux des muscles de la langue, de forme radiée (fig. 125. 4); il s'insère aux apophyses géni supérieures ; de là ses fibres vont dans diverses directions : les postérieures se portent vers l'os hyoïde : quelques-unes vont se terminer sur les côtés du pharynx ; les antérieures, les plus nombreuses, sont destinées à la langue ; les fibres les plus antérieures de cette portion senties plus courtes et se portent à la pointe de l'organe ; les autres se terminent à la face profonde, sur la couche dermique de la muqueuse linguale ; les faisceaux externes s'infléchissent en dehors et s'implantent à la membrane muqueuse qui recouvre les bords de la langue ; les faisceaux internes s'entrecroisent sur la ligne médiane avec ceux du côté opposé, de telle sorte que les fibres du côté droit passent dans la moitié gauche de la langue, et réciproquement.

Rapports. — En dehors, avec la glande sublinguale et les autres muscles de la langue; en dedans avec son congénère.

Action. — Il porte la langue hors de la bouche par ses fibres postérieures ; par ses fibres antérieures il ramène la langue dans la cavité buccale.

AMYGDALO-GLOSSE. 523

Pharyngo-glosse.

On donne ce nom aux fibres musculaires, que le constricteur supérieur du pharynx envoie à la langue. Ce faisceau, d'abord situé entre l'amygdale de la glosse et le stylo-glosse, arrive au niveau du bord postérieur de l'hyo-glosse et se réunit partie au stylo-glosse, partie au génio-glosse et au lingual inférieur.

Amygdalo-glosse.

M. Broca a décrit et figuré (l) ce cinquième muscle extrinsèque de la langue. Ce f;iisceau musculaire, qu'on met facilement à découvert en enlevant la membrane muqueuse qui existe entre le bord inférieur de l'amygdale et la partie correspondante du bord de la langue, se compose : en dedans, de fibres transversales qui pénètrent dans la langue au-dessous du muscle lingual superficiel, et peuvent être suivies Jusque sur la ligne médiane où elles s'entrecroisent avec le muscle du coté opposé ; en dehors, de fibres verticales qui remontent le long de la face externe de l'amygdale. Ce muscle forme donc une anse à concavité tournée en haut et en avant.

Rapporls. — Par sa face concave et supérieure avec l'amygdale, la muqueuse buccale et le muscle lingual superficiel ; par sa face convexe et inférieure, dans sa partie interne et horizontale avec les fibres propres de la langue, dans sa partie externe ou verticale avec les fibres du constricteur supérieur du pharynx qui se jettent dans la langue, se confondant en partie avec le génio-glosse, fibres dont on a fait un muscle particulier sous le nom de pharyngo-glosse et que nous avons décrit plus haut ; ses bords antérieur et postérieur sont séparés par un espace celluleux de .3 à 4 millimètres, le premier du glosso-stuphylin, le second du pharyngo-staphylin.

Action. — Il est élévateur de la base de la langue et constricteur de l'isthme du gosier. ^

Il existe un sixième muscle extrinsèque de la langue, c'est le glossoslaphylin., pilier antérieur du voile du palais que nous avons décrit plus haut.

Membrane muqueuse. — La muqueuse de la langue est très mince dans toute sa partie non papillaire ; dans sa partie papillaire elle est doublée d'une lame épiderraique cornée très épaisse qui forme à chaque papille une espèce d'étui.

Artères — Elles sont fournies par l'artère linguale.

Veines — Les veines profondes suivent le trajet de l'artère linguale

(i) Bonamy, Broca et Beau, Atlas d'anatomie detcriptive, i. III, pi. vu bis.

524 SPLANCHNOLOGIE.

et portent le même nom qu'elles ; les veines superficielles, veines ranines, peuvent être facilement aperçues sur la face inférieure de la langue.

Vaisseaux lymphatiques. — Ils sont très multipliés et vont se rendre dans les ganglions de la partie latérale et moyenne du cou.

Nerfs. — Le nerf grand hypoglosse est destiné aux muscles de la langue ; le nerf lingual, leglosso-pharyngien, sont destinés à la membrane muqueuse ; la corde du tympan se rend selon certains auteurs à la muqueuse et suivant d'autres au tissu musculaire de la portion antérieure de la langue; le nerf laryngé supérieur envoie un petit rameau à la langue enfin la langue reçoit encore des filets du grand sympathique qui viennent du plexus carotidien et accompagnent l'artère linguale.

Fleischmann a décrit entre la muqueuse linguale et les muscles de la langue près du frein deux petites bourses séreuses plus développées chez le vieillard et chez l'adulte que chez l'enfant.

GLANDES SALIVATRES.

Autour de la mâchoire inférieure se trouvent de chaque côté trois glandes salivaires destinées à sécréter un liquide transparent désigné sous le nom de salive. Ces trois glandes sont : 1" la parotide, 2" la sous-maxillaire, 3° la sublinguale.

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