PORTION DÏGESTIVE DU CANAL ALIMENTAIRE
Elle se compose de Veslomae, de la valvule pylorique, de Vinlestin grêle.
L'estomac est une vaste poche musculo-membraneuse située entre l'œsophage et le duodénum ; c'est dans cette poche que s'amassent les aliments et qu'ils y subissent le travail de la chymification.
Cet organe est situé dans l'hypochondre gauche qu'il l'cmplit presque entièrement ; il occupe encore la région épigastrique et s'avance un peu dans l'hypochondre droit ; il est maintenu en place par l'œsophage et le duodénum avec lesquels il se continue et par des feuillets séreux qui de l'estomac se rendent au foie et à la rate, épipîoons gaslro-hépa tique, gaslro-splénique-
11 est dirigé de haut en bas, de gauche à droite et d'avant en arrière. Il a une forme qui l'a fait comparer à une cornemuse ou à un cône recourbé sur lui-même.
Nous lui décrirons une surface extérieure et une surface intérieure.
Surface extérieure. — %l\e i^vésenie une face antérieure, une face piostérieure, une grande courbure ou hord convexe^ une petite cour hure ou hord concave, une grosse luhérosité, une extrémité œsophagienne,une extrémité cardiaque.
Face anléiieure (ûg. 126. 2). — En rapport avec le diaphragme, le foie, les six dernières côtes gauches, la paroi abdominale; dans l'élat de distension les rapports de l'eslornac avec la paroi abdominale sont beaucoup plus étendus et plus immédiats.
Face postérieure. — En rapport avec le mésocôlon transverse, la troisième portion du duodénum, le pancréas, l'aorte et les piliers du diaphragme et médiatement avec la colonne vertébrale.
Grande courbure , bord convexe, bord inférieur. — Il donne attache au grand épiploon ; il est en rapport avec les dernières côtes, la paroi abdominale et le côlon transverse.
Petite courbure, bord concave, bord supérieur. — Ce bord donne attache à l'épiploon gastro-hépatique ; il est en rapport avec l'aorte, les piliers du diaphragme, le tronc cœliaque, le lobule de Spigel, le plexus solaire.
Nous avons examiné les rapports des faces et des bords de l'estomac dans son état de vacuité; lorsque cet organe est distendu, et surtout
SPLANCHNOLOGIE.
FiG. 426. — Portion abdominale de l'appareil de la digestion. j Œsophage. — 2. Estomac. — 3, Orifice fiylorique de restomac. — ■ 4. Duodénum. — 5. Intestin grêle. — G. Osecuni. — 7. Côlon ascendant. — 8. Côlon transverse. — 9. Côlon descendant. — 10. Rectum. — 11. Foie. — 12. Vésicule biliaire coupée. — 13. Veines sus-liépaliques adhérentes an tissu du foie. — 14. Rate. — 15. Vessie, recouverte inconiplétemcut par le péritoine. — A. Aorte. — B. Veine cave inférieure. ■ — G, Diaphragme et les deux feuillets séreux qui recouvrent ses deux faces.
lorsque la paroi abdominale a été enlevée, les rapports sont un peu différents : ainsi la face antérieure devient supérieure, la face postérieure devient inférieure, le bord inférieur, ou grande courbure, devient antérieur, et le bord supérieur, ou petite courbure, devient postérieur. L'état de distension fait également varier l'angle d'insertion de l'extrémité cardiaque avec l'œsophage.
Gî^and cul-de-sac. — Formé par toute la portion située à gauche de l'extrémité cardiaque de l'estomac. Il donne attache à l'épiploon gastrosplénique, remplit l'hypochondre gauche, et est en rapport avec la moitié gauche du diaphragme et avec la rate ; en arrière il répond à l'extrémité gauche du pancréas, au rein et à la capsule surrénale gauche.
Petit cul-de-sac de l'estomac. — On donne ce nom et celui d'antre du pylore à une dilatation peu prononcée qu'on remarque à 6 centimètres environ de l'extrémité pylorique, sur la petite courbure de l'estomac, au moment où l'extrémité inférieure se recourbe pour se confondre avec la première portion du duodénum.
Exirémité œsophagienne. — Elle est en rapport avec le lobe gauche du foie en avant, en arrière avec le lobe de Spigel; cette extrémité est recouverte par le péritoine qui embrasse l'extrémité inférieure de l'œsephage et se replie sur le diaphragme.
Exirémité pijlorique. - — Elle occupe l'extrémité droite de l'estomac, regarde à droite, en arrière et en haut ; elle est en rapport à droite, avec la vésicule biliaire et le foie, en bas avec le grand épiploon, et avec la tête du pancréas.
Surface intérieure et valvule pylorique . — Celte surface est formée par la membrane muqueuse : on y remarque un très grand nombre de plis qui s'effacent par la distension ; elle présente d'important à considérer : Vorifice œsophagien, Vorifice duodénal et la valvule pylorique.
L'orifice œsophagien, orifice cardiaque, cardia, regarde directement en haut ; il est très dilatable, ne possède point de valvule ni de muscle sphincter ; il présente des plis radiés qui s'effacent par la distension, et un bord frangé formé par l'épithélium de la muqueuse œsophagienne ; le changement de coloration indique dans ce point la ligne de démarcation qui existe entre les membranes muqueuses de l'œsophage et celle de l'estomac. Cette dernière est beaucoup plus pâle.
Vorifice duodénal regarde en arrière et un peu en haut; beaucoup plus étroit que l'orifice cardiaque, il est peu dilatable; il présente en outre un repli valvulaire et circulaire formé par la membrane muqueuse de l'estomac et celle du duodénum, et doublé par un cercle musculaire, véritable muscle sphincter dont la contraction rétrécit l'orifice pylorique.
Structure de V estomac.
L'estomac est formé par quatre tuniques : une tunique séreuse, une musculeuse, une fibreuse, une muqueuse.
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Tunique séreuse. — Nous reviendrons sur cette tunique séreuse en décrivant le péritoine ; nous dirons ici seulement qu'elle recouvre l'estomac en entier, excepté à l'insertion des épiploons sur la grande et la petite courbure et sur le grand cul-de-sac; qu'elle est beaucoup moins adhérente au voisinage de l'insertion des épiploons que sur ses faces antérieure et postérieure, enfin que l'estomac se distend en écartant les feuillets qui constituent chaque épiploon.
Tunique musculeuse. — On admet généralement pour la membrane muqueuse de l'estomac trois plans de fibres :
1° Un plan superficiel, ou fibres longitudinales. Elles sont la continuation des fibres longitudinales de l'œsophage ; au niveau de l'orifice œsophagien elles se recourbent et vont en rayonnant et en diminuant de volume, sur le grand eul-de-sac et sur les deux faces de l'estomac, sur la grande et la petite courbure ; arrivées à l'orifice pylorique, elles se resserrent, la couche musculeuse devient plus épaisse ; elles se continuent avec les fibres longitudinales du duodénum.
D'après M. Noël Guéneau de Mussy, les fibres superficielles viendraient, les unes de l'œsophage et seraient perpendiculaires à l'axe de l'estomac, les autres du duodénum et seraient parallèles à Taxe de l'organe ; ces deux espèces de fibres se termineraient en s'entrecroisant avec des fibres plus profondes par de petites digitations.
2° Plan moyen, fibres circulaires. Elles coupent à angle droit l'axe de l'estomac ; elles sont peu volumineuses au niveau de la grande courbure; elles deviennent au contraire plus épaisses et plus nombreuses dans la portion droite de l'estomac, et surtout à l'orifice pylorique, où elles forment un anneau très considérable, un véritable muscle sphincter ; elles sont la continuation des fibres circulaires de l'œsophage et du duodénum. Ces deux espèces de fibres viendraient, d'apj'ès M. Guéneau de Mussy, se rencontrer perpendiculairement comme les fibres superficielles.
3° Plan interne, fibres obliques, fibres paraboliques. Ces fibres embrassent par leur concavité la grosse tubérosité de l'estomac et vont se rendre par leur extrémité sur les deux faces et les deux courbures de l'estomac, où elles se perdent ou plutôt se continuent avec les fibres circulaires.
Bien que nous ayons décrit à l'estomac trois plans de fibres, bien que nous ayons dit que les fibres étaient la continuation des fibres de l'œsophage et qu'elles se prolongeaient sur le duodénum, nous devons faire remarquer que cette disposition n'est pas aussi simple que pourrait le faire supposer notre description. En effet, les fibres musculaires de ces divers plans s'entrecroisent et s'insèrent sur tous les points de la tunique fibreuse. Au lieu donc de trois plans de fibres très réguliers, on observe un tissu musculaire que l'on pourrait comparer pour l'entrecroisement de ses fibres au tissu d'une étoffe.
Tunique fibreuse-celluleuse. — Elle est épaisse, résistante, très extensible et très adhérente à la tunique musculeuse ; elle est unie à
la muqueuse par du tissu cellulaire lâche, et présente une plus grande épaisseur à l'extrémité pylorique.
Tunique muqueuse. — Elle est peu adhérente à la tunique fibreuse, et présente dans l'état de vacuité un grand nombre de plis transversaux et verticaux qui s'effacent par la distension ; on trouve en outre de petits sillons flexueux qui laissent sur la muqueuse de petits espaces plus ou moins réguliers.
La membrane muqueuse de l'estomac présente un aspect un peu différent dans sa moitié cardiaque et dans sa moitié pylorique. Ces deux portions sont limitées par une ligne circulaire qui paraît diviser l'estomac en deux portions. Il n'est pas rare de voir un rétrécissement au niveau de cette ligne, l'estomac prend alors la forme biloculaire. La couche épithéliale de la membrane muqueuse n'est pas la même dans les deux parties de l'estomac : ainsi, dans la région pylorique, elle est complètement cylindrique, tandis que dans la portion cardiaque, l'épithélium présente quelques-uns des caractères del'épithélium pavimenteux, et peut être considéré comme un épithélium de transition.
La muqueuse de la portion œsophagienne est plus molle, plus vasculaire, beaucoup plus mince, se ramollit très rapidement après la m'ort par Faction du suc gastrique. Celle de la portion pylorique est plus résistante et plus blanche, plus épaisse, et peut plus facilement être détachée des tuniques qui la supp-rlent.
La muqueuse de l'estomac est d'un blanc rosé. Si l'individu a succombé pendant le travail de la digestion, elle prend une coloration plus vive ; par la putréfaction elle devient brune, d'un rouge lie de vin ; elle est quelquefois teinte en jaune verdàtre quand l'estomac contient de la bile.
On trouve, dans l'épaisseur de la membrane muqueuse de l'estomac, des glandules tubuleuses simples, dont M. Sappey nous a donné une bonne figure et une excellente description ; elles sont excessivement nombreuses: M. Sappey en a compté 100 à 150 par millimètre carré, ce qui ferait plus de 5 millions pour toute la surface de l'estomac. Leur longueur est d'un millimètre environ, tandis que leur épaisseur à l'extérieur n'est que de 6 centièmes de millimèlre ; leur extrémité libre présente un léger renflement; leur orifice n'est visible qu'au microscope. Elles sont constituées par une membrane propre et une gaine épithéliale ; la première est finement granuleuse, résistante, extrêmement mince et transparente : c'est dans son épaisseur que viennent se rendre les dernières ramifications des artères de l'estomac, et d'où partent les nombreux vaisseaux lymphatiques de la muqueuse gastrique. La gaîne épithéliale est très épaisse, elle se compose de noyaux ovoïdes surmontés de 2 ou 3 nucléoles et formant plusieurs couches superposées.
On a signalé sur la surface de l'estomac un grand nombre de follicules muqueux, développés surtout dans le voisinage de l'orifice œsophagien et le long de la petite courbure de l'estomac. Ces follicules
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sont arrondis, aplatis, percés d'un trou central souvent visible à l'œil nu. lis sont situés dans l'épaisseur de la membrane muqueuse. Ils appartiennent à la section des glandes en grappe.
Enfin on a décrit des papilles et des villo^ités sur la surface de l'estomac. Par leur structure et leur disposition, ces petits organes seraient semblables aux villosités intestinales ; il résulterait des recherches de M. Sappey que les papilles s'arrêtent à l'orifice œsophagien et que les villosités proprement dites ne commencent qu'au côté droit de l'orifice pylorique.
Artères. — Très nombreuses, elles sont fournies par la coronaire stomachique, les gastro-épiploïques droite et gauche, la pylorique et les vaisseaux courts qui viennent de l'artère splénique.
Veines. — Elles portent le même nom et se jettent dans le système de la veine porte.
Vaisseaux lymphatiques. — Ils se rendent aux ganglions qu'on trouve au niveau des deux courbures de l'estomac.
Nerfs. — Les nerfs viennent du pneumogastrique et du grand sympathique par des filets qui partent du plexus solaire.
VALVULE PYLORIQUE.
On désigne sous le nom de pylore, une ouverture circulaire pourvue d'une valvule située entre l'estomac et le duodénum. La valvule pylorique, dont on peut parfaitement déterminer la disposition sur un estomac insufflé et desséché, est en général circulaire, large d'un centimètre; quelquefois elle est ovale, alors sa partie inférieure est la plus large; d'autres fois elle a la forme de deux demi-lunes, l'une supérieure, l'autre inférieure ; enfin, elle représente dans quelques cas une simple demi-lune. Elle est formée par un repli de la membrane muqueuse, et un anneau musculaire très fort, espèce de sphincter qui fait relief sur la face interne de l'orifice pylorique. La surface de la muqueuse de la valvule présente du côté de l'estomac tous les caractères de la muqueuse stomacale ; du côté du duodénum, les caractères de la muqueuse intestinale. Nous devons ajouter qu'à l'extérieur de l'estomac, on constate exactement la position de la valvule, car l'estomac présente à son niveau un petit enfoncement annulaire auquel prend part la tunique péritonéale elle-même.