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FOIE

Le foie (fig. 91 , F, et flg. 126. 11) est une glande destinée à la sécrétion de la bile ; il est d'un rouge brun plus ou moins foncé ; situé dans l'hypochondre droit, qu'il remplit entièrement, il s'avance dans la région épigastrique et jusque dans l'hypochondre gauche ; il se trouve fixé dans cette position par des replis du péritoine sur lesquels nous aurons occasion de revenir et par les vaisseaux qui le pénètrent ou qui en sortent.

Le foie est la plus volumineuse des glandes du corps humain ; il pèse de 1 kilogr. 500 grammes à 2kilogr. 11 a de 28 à 33 centimètres dans

kl

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son plus grand diamètre, qui est transversal ; il a de 15 à 28 centimètres dans son diamètre antéro-postérieur, de 12 à 14 dans son diamètre vertical. Les dimensions du foie sont d'ailleurs extrêmement variables chez les divers individus ; toutes choses égales d'ailleurs, il est beaucoup plus volumineux chez le fœtus que chez l'enfant.

Le foie a été comparé à un segment d'ovoïde coupé suivant son plus grand diamètre, épais à droite, plus mince à gauche ; on ne saurait toutefois lui assigner une forme exacte, non-seulement à cause de ses irrégularités normales, mais encore à cause des déformations qu'il est susceptible de subir.

On lui considère une face supérieure convexe, une face inférieure plane, et une circonférence que l'on peut diviser en un bord postérieur mousse, un bord antérieur tranchant, une grosse extrémité ou extrémité droite, une petite extrémité ou extrémité gauche.

Face supérieure. — Convexe, lisse, divisée en deux portions inégales par un repli falciforme, ligament suspenseur du foie. Elle est en rapport avec le diaphragme qui la sépare du poumon droit et des six dernières côtes ; la face convexe du foie déborde en bas le diaphragme et se trouve en rapport avec la paroi abdominale. Ces rapports sont plus étendus chez le fœtus et chez l'enfant nouveau-né que chez l'adulte.

F ace inférieure. — Elle regarde en bas et en arrière; elle présente des sillons qui circonscrivent plusieurs saillies qui ont été désignées sous le nom de lobes du foie. On trouve sur la face inférieure du foie : 1° Le sillon longitudi^ial, sillon de la veine ombilicale, sillon antéropostérieur, qui s'étend du bord antérieur au bord postérieur du foie ; il est divisé en deux parties par le sillon transverse : la partie antérieure, souvent échancrée au niveau du bord antérieur, loge la veine ombilicale ; la partie postérieure, qui s'incHne un peu à gauche, renferme un cordon fibreux qui n'est autre chose que le canal veineux du fœtus oblitéré chez l'adulte. Le sillon antéro-postérieur divise le foie en deux lobes : l'un droit, beaucoup plus volumineux, qui remplit l'hypochondre droit ; l'autre gauche, situé dans la région épigastrique et dans l'hypochondre gauche. Ces deux lobes sont délimités, mais d'une manière bien plus incomplète, sur la face supérieure du foie par le ligament suspenseur.

2° Le sillon transverse, sillon de la veine porte. — C'est par ce sillon que la veine porte et les vaisseaux hépatiques pénètrent dans le foie et que les vaisseaux biliaires sortent de cet organe; il occupe la partie moyenne de la face inférieure du foie ; il est limité à gauche par le sillon antéro-postérieur, à droite par la vésicule. Dans ce sillon on trouve la veine, l'artère et les conduits hépatiques, des nerfs, des vaisseaux lymphatiques et du tissu cellulaire. C'est dans ce sillon que s'attache l'épiploon gastro-hépatique.

De chaque côté du sillon antéro-postérieur on trouve : à gauche, la face inférieure gauche, concave, en rapport avec l'estomac, quelque-

fois avec la rate. A droite, en avant du sillon transverse, une fossette plus ou moins profonde qui loge la vésicule biliaire ; entre la fossette de la vésicule et le sillon, une saillie plus ou moins considérable désignée sous le nom à'éminence porte antérieure. En arrière du sillon transverse on trouve le petit lobe du foie, lobule de Spigel, éminence porte postérieure^ saillie de forme et de volume variables, située en arrière du sillon transverse entre le sillon du canal veineux et le sillon de la veine cave, à droite du cardia, embrassée par l'artère coronaire stomacbique et la petite courbure de l'estomac, en rapport avec le pancréas et les vaisseaux que fournit le tionc cœliaque ; de son extré^ mité antérieure part un prolongement qui se dirige obliquement en avant, à droite du sillon transverse ; de son extrémité postérieure une languette qui convertit en canal le sillon de la veine cave.

A droite du sillon antéro-postérieur on trouve encore [dusieurs dépressions désignées sous le nom ^'empreinte rénale, empreinte de la capsule, empreinte colique, (\w\ reçoivent le rein, la capsule surrénale, le côlon ; l'empreinte rénale est plus en arrière que l'empreinte colique. En arrière on trouve le sillon de la veine cave inférieure qui reçoit les veines sus-hépatiques.

Circonférence. — Elle présente : Un bord antérieur mince, tranchant, dirigé obliquement de bas en haut et de droite à gauche, présentant deux échancrures, l'une au niveau de la vésicule du fiel, l'autre au niveau de la veine ombilicale. Un bord postérieur très épais, plus épais à droite qu'à gauche ; ce bord est fixé au diaphragme par le ligament coronaire, formé par le péritoine ; il présente en outre un sillon dont nous avons déjà vu une partie sur la face inférieure du foie : c'est le sillon de la veine cave. Une grosse extrémité ou base sur laquelle on trouve un repli triangulaire du péritoine, ligament triangulaire droit. Une petite extrémité, ou somm.et, sur laquelle on trouve le ligament triangulaire gauche : cette extrémité arrive quelquefois jusqu'à la rate ; elle est légèrement échancrée pour recevoir l'extrémité inférieure de l'œsophage.

Structure du foie.

Le foie présente à étudier une enveloppe séreuse, le péritoine, une membrane fibreuse propre, la capsule de Glisson, un tissu propre dans lequel nous trouverons les nerfs et les vaisseaux du foie.

Tunique séreuse. — Le péritoine enveloppe le foie dans presque toute son étendue ; la fossette de la vésicule, le sillon transverse, celui de la veine cave, l'intervalle qui existe entre les feuillets du ligament coronaire et des ligaments triangulaire, en sont seuls dépourvus.

Tunique fibreuse. — Elle enveloppe toute la surface extérieure du foie, où elle présente une face externe adhérente au péritoine, une face profonde de laquelle se détachent de minces cloisons qui s'insinuent entre les lobules, mais ne pénètrent pas dans leur intérieur. La mem-

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brane fibreuse du foie est très mince, très transparente , elle présente toutefois une épaisseur un peu plus grande dans les points où la glande n'est pas recouverte par le péritoine. Au niveau du sillon transverse, la membrane fibreuse pénètre dans le tissu du foie, forme une gaine, capsule de Glisson, aux ramifications de la veine porte, de l'artère hépatique et des canaux biliaires ; cette gaine, peu adhérente aux vaisseaux, envoie par sa face profonde des prolongements qui se réunissent à ceux que nous avons déjà signalés. Sur le bord supérieur du foie, autour du point d'émergence des veines hépatiques, la tunique fibreuse très mince adhère à la circonférence de ces veines et se trouve comme perforée pour leur livrer passage.

Tissu propre du foie.

Si l'on divise le foie soit en le déchirant, soit en le coupant, on voit qu'il est composé d'une grande quantité de granulations ; on voit en outre que ces granulations se présentent sous deux aspects, les granulations rouges, les granulations jaunes. Cette distinction, sur laquelle on avait basé des théories que les travaux anatomiques n'ont pas justifiées, ne saurait être admise en tant que faisant admettre deux substances distinctes dans le tissu du foie. La surface de chaque granulation, vue par le bout non adhérent aux vaisseaux, présente l'aspect d'un anneau, dont le milieu ou le pourtour sont bruns ou rougeâtres et la portion intermédiaire jaune. La portion jaune est formée par les canalicules biliaires, la portion rouge ou brune par les vaisseaux ; elles varient de proportion suivant que les uns ou les autres de ces conduits sont plus ou moins distendus. Les portions jaunes des granulations voisines se touchent souvent, n'étant pas séparées par la substance rouge interlobulaire ; cela tient à ce que la couche vasculaire périphérique n'entoure pas toujours les réseaux biliaires (1). Le foie ne se trouve composé que d'une seule espèce de granulation ou lobule, et chaque lobule forme une petite glande isolée renfermée dans sa cellule propre, recevant ses nerfs, ses vaisseaux et pourvue de son canal excréteur. Pour décrire la substance propre du foie, il suffit donc de décrire la texture d'un seul lobule et de déterminer les rapports des lobules entre eux, et la disposition des vaisseaux dans l'intérieur de cet organe.

1° Disposition des lobules. — Les granulations sont de petits corps polyédriques au centre, enveloppés par la capsule de Glisson et disposés autour des vaisseaux qui pénètrent dans la substance du foie. Les granulations de la surface du foie diffèrent des granulations du centre en ce qu'elles ne sont pas pressées par une de leurs faces; elles sont planes par leur "partie superficielle ; elles reprennent la forme polyé-

(1) Bérard, Cours de physiologie, t. TI, p. 304,

drique par leur partie profonde ; les différents groupes de granulations forment les lobules.

2° Texture des lobules. — Chaque lobule est composé d'un grand nombre de granulations primitives d'acini et reçoit une radicule artérielle, une radicule de la veine porte; elle envoie une radicule des vaisseaux sus-hépatiques, une radicule des voies biliaires, et probablement un petit vaisseau lymphatique et un petit filet nerveux. M. Cruveilhier a constaté par ses injections que la veine sus- hépatique occupait l'intérieur de la granulation, et que du miHeu du cercle formé par ces vaisseaux partait le conduit biliaire, et qu'autour des veines sushépatiques se trouvaient les ramifications de la veine porte et de l'artère hépatique. Quant à la disposition de l'artère hépatique et de la veine porte , il considère la première comme servant uniquement à la nutrition du foie et destinée à se ramifier sur la veine porte et les canaux biliaires : il pense qu'elle ne contribue point à charrier les matériaux destinés à la sécrétion de la bile. 11 a constaté en outre qu'il y avait dans la granulation une partie spongieuse qui échappait à l'injection.

D'après Kiernan, la disposition des vaisseaux autour de la granulation serait un peu différente : chaque granulation ou lobule se trouverait composé d'un plexus biliaire lobulaire, d'un plexus veineux formé par les divisions de la veine porte et qui se termine dans une veine intra-lobulaire, branche d'une veine hépatique suhlobulaire et de petites artères. On peut présumer, dit-il, que des nerfs et des vaisseaux lymphatiques entrent dans leur ramification, mais on ne peut les y apercevoir.

Les travaux de M. Lambron l'ont conduit à un résultat un peu différent. Il a constaté par l'injection : que les ramifications de la veine porte sont situées à la circonférence des granulations, que cette veine s'est pour ainsi dire épuisée en la subdivisant dans la coiffe des lobules ; que l'injection pénètre dans tous les points de la granulation en circonscrivant de petites figures polygonales incolores. Chacun de ces espaces constitue, d'après M. Lambron, autant de cellules ou utricules qui sont disposés autour de la veine intralobulaire, veine qui est une des ramifications de la veine sus-hépatique, laquelle est située au centre des lobules, par conséquent des cellules hépatiques, tandis que les ramifications de la veine porte se subdivisent dans les espaces intercellulaires et vont à la rencontre des vaisseaux sus-hépatiques en traversant les parois des cellules. Il a démontré qu'il n'existe qu'un seul canal biliaire pour chaque granulation, qu'il pénètre la granulation par une de ses faces, et paraît se terminer dans une seule cellule ; toutefois, en injectant le canal biliaire, on injecte toutes les cellules de la granulation.

P. Bérard a donné une excellente description de la structure interne du foie. Selon cet habile anatomiste, les éléments anatomiques du foie sont : 1° les divisions de la veine porte ; 2° les divisions de l'artère

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hépatique ; 8" les divisions des veines sus-hépatiques ; 4" les canalicules biliaires sécréteurs, anastomosés en réseaux ; 5° les canalicules et conduits hépatiques ou excréteurs ; 6" des cellules d'épithélium cylindrique tapissant les canalicules excréteurs ; 7" les cellules hépatiques proprement dites, logées dans les canalicules sécréteurs ; et 8" le tissu cellulaire provenant de la capsule de Glisson.

Les cellules qui tapissent les conduits excréteurs ont le caractère de l'épithélium cylindrique, quelques-unes portent des cils vibratiles; elles ont une teinte jaune qu'elles empruntent à la bile qui les tapisse.

Les cellules hépatiques caractérisent la partie sécrétante des canalicules biliaires; elles sont irrégulièrement polygonales, contiennent des gouttelettes huileuses jaunâtres; elles tapissent la face interne des tubes biliaires sécréteurs , elles forment une sorte d'épithélium glandulaire.

Les conduits hépatiques, a partir du foie, vont en se divisant de plus en plus; arrivés à n'avoir plus que 0""°,060, ils commencent à s'anastomoser ensemble; à 0""", 030, ils forment déjà un réseau; à 0°'™,022, le réseau est très serré. Ce réseau est répandu dans tout le foie et accompagne les vaisseaux sanguins ; il n'y a nulle part de terminaison en cul-de-sac de ces tubes ramifiés et anastomosés, ni de communication entre les conduits biliaires et les vaisseaux sanguins. Quelques branches, d'un certain volume, s'anastomosent et ne se subdivisent point jusqu'à former des réseaux ; d'autres se terminent en cul-de-sac sans anastomose, ce sont les vasa aberrantia hepatis. Les canalicules ainsi anastomosés forment un vaste réseau dans toute l'étendue du foie ; ils sont formés par une membrane propre extrêmement mince ; lorsque les conduits sont volumineux, ils présentent des fibres musculeuses : cette disposition des conduits hépatiques a fait ranger le foie dans la classe des glandes réticulées. M. Sappey, après un très grand nombre d'injections, a constaté la disposition suivante des conduits biliaires. Les divisions des vaisseaux, réduites déjà aune extrême ténuité lorsqu'elles arrivent dans les espaces inteiiobulaires, se partagent en cinq ou six ramuscules, et chacun de ces lobules reçoit ainsi huit, dix, douze ramuscules, dont les ramifications devenues capillaires pénètrent dans son épaisseur ; à chacune de ces ramifications est accolé un ramuscule biliaire qui rampe avec lui sur la superficie du lobule. Quant à la disposition des lobules dans les acini, les recherches les plus minutieuses n'ont pas permis jusqu'à présent de la constater d'une manière certaine ; cependant il est permis de supposer que chacun de ces petits rameaux se divise à son tour pour se rendre dans un acini d'où il rapportera la bile qui y aura été élaborée.

Les conduits biliaires sont remarquables par les nombreuses anastomoses qui existent entre eux, et surtout par la multitude de glandes dont ils sont pourvus. M. Sappey nous a donné une excellente description de ces glandes qu'il a représentées dans des planches d'une exécution extrêmement remarquable. Ces glandes se montrent sur toute

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