‹ Nouveau traité élémentaire d'anatomie descriptive et de préparations anatomiquesChapitre 443 sur 670 · VESSIE · texte numérisé non relu

VESSIE

On donne ce nom à une cavité musciilo-membraneuse qui sert de réservoir à l'urine (fig. 37).

La vessie est située dans la cavité du petit bassin ; elle a une plus grande capacité chez les personnes qui ont l'habitude de conserver longtemps leur urine ; aussi les femmes ont-elles la vessie plus grande que les hommes. On lui considère une surface externe et une surface interne.

Surface externe. — Elle présente une face antérieure, une face postérieure, deux faces latérales, un bas-fond et un sommet.

Face antérieure. — Dépourvue de péritoine dans sa partie inférieure, elle répond au pubis, aux muscles obturateurs internes ; deux bandelettes fibreuses dépendent de l'aponévrose pelvienne, s'étendent de la sympliyse à la partie inférieure de cet organe, et sent désignées sous le nom de ligaments de la vessie. Chez la femme, la région antérieure dépasse la symphyse des pubis. Dans l'état de plénitude et chez le jeune enfant, la vessie répond par sa face antérieure à la paroi abdominale ; elle peut remonter très haut dans les cas de distensions considérables.

Face postérieure. — Recouverte par le péritoine, elle répond chez l'homme au rectum, chez la femme à l'utérus.

Faces latérales. — Également recouvertes par le péritoine, elles sont côtoyées par les artères ombilicales, chez l'homme par le canal déférent.

Face inférieure, bas-fond, de la vessie. — 1" Chez l'homme, elle est en rapport avec lo rectum dont elle est séparée par les vésicules séminales, les canaux déférents ; elle est en partie recouverte par le péritoine qui forme sur la ligne médiane le cul-de-sac recto-vésical, et de chaque côté deux replis désignés sous le nom de ligaments postérieurs de la vessie. Les parties latérales du bas-fond de la vessie sont embrassées par l'aponévrose pelvienne et le muscle releveur de l'anus.

2" Chez la femme, le bas-fond de la vessie répond au vagin et à la partie inférieure du col de l'utérus.

Sommet. — Dirigé en avant et en haut, il est revêtu par le péritoine ; de ce sommet part un cordon fibreux, Vouraque, qui s'étend jusqu'à l'ombilic.

Surface intérieure de la vessie. — Revêtue par la membrane muqueuse, elle est remarquable par des saillies : les unes s'effacent par la distension, les autres sont produites par des faisceaux de la membrane musculeuse et constituent les vessies dites à colonnes ; lorsque la muqueuse s'enfonce dans les espaces aréolaires compris entre ces colonnes, la vessie est dite à cellules,

La base de la vessie présente trois ouvertures occupant les angles d'un triangle équilatéral : ce sont les orifices des deux uretères et

602 SPLANCHNOLOGIE.

celui du canal de l'urèthre. Cet espace est désigné sous le nom de Irigone vésical, ou de Lieutaud. Son bord postérieur est formé par une iigne qui va d'un uretère à l'autre ; celte ligne se prolonge de chaque côlé et est limitée par le point où l'uretère pénètre entre les tuniques de la vessie; la membrane muqueuse soulevée porte le nom de valvule deVurelère ; les bords latéraux sont constitués par les lignes qui vont de l'uretère au canal de l'urèthre.

On a signalé et décrit sous le nom de luelle vésicale un petit tubercule situé à la partie inférieure de l'orifice uréthral ; il n'existe que dans les cas d'hypertrophie de la partie moyenne de la prostate.

On appelle col de la vessie le point où commence le canal de l'urèthre ; il est habituellement froncé.

Structure de la vessie.

La vessie est composée de trois tuniques : une séreuse ou périlonéale, une musculeuse, unemuqueuse. Des vaisseaux, des nerfs entrent encore dans la structure de cet organe.

Tunique péritonéale. — Le péritoine tapisse incomplètement la vessie. Nous avons vu que les faces latérales, la face supérieure et le bas-fond de la vessie en sont seuls pourvus.

Tunique musculeuse. — On distingue à la vessie deux couches de fibres musculaires dont l'épaisseur varie suivant les sujets. Les fibres longitudinales constituent la couche la plus externe, semblent partir du col delà vessie, et recouvrent la poche urinaire dans toutes les directions ; quelques-unes paraissent venir du releveur de l'anus. Les fibres circulaires, plus épaisses et plus profondes que les longitudinales, forment des anneaux circulaires autour de la vessie ; ces anneaux sont plus ou moins parallèles, quelques faisceaux s'entrecroisent à angles aigus. Les fibres les plus régulières sont celles qui se trouvent au bas-fond et au col de la vessie ; dans ce dernier point elles forment un anneau musculaire décrit sous le nom de muscle sphincter de la vessie et dont l'épaisseur ne justifie pas le nom qui lui a été donné. Au niveau du trigone vésical, les fibres transversales sont lisses, parallèles et forment un plan parfaitement régulier ; le faisceau étendu entre les embouchures des uretères a reçu le nom de muscles des uretères. Ce faisceau, en se contractant, élargit les orifices de ces canaux.

Tunique muqueuse. — La muqueuse de la vessie fait suite à la muqueuse des uretères et se continue avec celle de l'urèthre. Elle ne présente de remarquable que les enfoncements qui se trouvent entre les colonnes charnues très épaissies. Elle est pourvue au voisinage du col et du trigone vésical de follicules extrêmement petits qui ne peuvent être vus que quand ils sont remplis de mucus.

Artères. — Elles viennent de l'hypogastrique ou des branches collatérales de cette artère.

CAPSULES SURRÉNALES. 603

Veines. — Elles se jettent dans la veine hypogaslrique; elles forment au niveau du bas-fond de la vessie un plexus très considérable.

Vaisseatix lymphatiques. — Ils se joltenl dans les g-anglions hypogaslriques.

Nerfs. — Ils viennent des plexus bypogasiriques formés par le grand sympathique et les nerfs rachidiens, et directement du plexus sacré.

Capsules surrénales.

On désigne sous ce nom deux petits organes glanduliformes situés au-dessus du rein, dont ils sont complètement indépendants et qu'ils n'accompagnent pas dans ses déplacements; les anomalies du rein ne modifient en rien la forme, le volume, le nombre et la position des capsules surrénales.

Elles ont généralement la forme d'un bonnet phrygien ; on leur considère :

1" Une face antérieure en rapport à droite avec le foie, à gauche avec la rate, le pancréas et la grosse tubérosité de l'estumac; 2" une face postérieure appliquée sur les piliers du diaphragme, au niveau de la deuxième vertèbre dorsale, en rapport avec*les nerfs des plexus splanchniques ; à droite, avec la veine cave inférieure; 3" un bord externe et un bordinterne ; 4° une base concave fixée par du tissu cellulaire lâche au bord supérieur du rein correspondant: les rapports de la partie antérieure de cette base ont bien plus d'étendue sur la face antérieure du rein que sur la lace postérieure ; 5" un sommet qui regarde en haut, en dedans et en avant; 6" une catuVe tapissée par une membrane rougeâtre beaucoup plus foncée que la face externe de la capsule : cette surface interne est comme inégale et comme déchirée.

Structure. — La capsule surrénale est enveloppée par une membrane fibreuse très résistante qui envoie par sa face interne des prolongements dans le tissu propre de la capsule. Elle se trouve, en outre, composée de deux substances: l'une externe, très épaisse, jaunâtre, striée; l'autre interne, présentant souvent l'aspect d'une couche molle d'un brun marron, mais qui, à l'état sain, et d'après Kolliker est plus pâle que la substance externe.

Artères. — Très nombreuses, elles sont distinguées en supérieure, moyenne et inférieure, et viennent des diaphragmatiques, de l'aorte et de la rénale.

Veines. — Elles se jettent à droite dans la veine cave, à gauche dans la veine rénale.

Nerfs. — Très nombreux, ils viennent des plexus solaires et rénaux.

On n'a pas trouvé de canal excréteur aux capsules surrénales.

Le canal de Vurèthre, qui fait partie de l'appareil urinaire, sera décrit avec Tappareil génital.

60 i SPLANCHNOLOGIE.

APFAREII. GEMITAï..

L'appareil géniLal étant essentiellement différent chez l'homme et chez la lemme, nous le décrirons dans deux chapitres distincts.

Page 1